ST.JEAN PAUL II - DIVES IN MISERICORDIA Incarnation ed la miséricorde
Dieu, «qui habite une lumière inaccessible» 8, parle aussi à l'homme à travers l'image du cosmos: en effet, «ce qu'il a d'invisible depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité» 9. Cette connaissance indirecte et imparfaite, œuvre de l'intelligence qui cherche Dieu dans le monde visible à travers ses créatures, n'est pas encore la «vision du Père». «Nul n'a jamais vu Dieu», écrit saint Jean pour donner plus de relief à la vérité selon laquelle «le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a révélé» 10. Cette «révélation» manifeste Dieu dans l'insondable mystère de son être -un et trine- entouré «d'une lumière inaccessible» 11; cependant, dans cette «révélation» du Christ, nous connaissons Dieu d'abord dans son amour envers l'homme, dans sa «philanthropie» 12. Là, «ses perfections invisibles» deviennent «visibles», incomparablement plus visibles qu'à travers toutes les autres œuvres «accomplies par lui»: elles deviennent visibles dans le Christ et par le Christ, dans ses actions et ses paroles, et enfin dans sa mort sur la croix et sa résurrection.
Ainsi, dans le Christ et par le Christ, Dieu devient visible dans sa miséricorde, c'est-à-dire qu'est mis en relief l'attribut de la divinité que l'Ancien Testament, à travers différents termes et concepts, avait déjà défini comme la «miséricorde». Le Christ confère à toute la tradition vétéro-testamentaire de la miséricorde divine sa signification définitive. Non seulement il en parle et l'explique à l'aide d'images et de paraboles, mais surtout il l'incarne et la personnife. Il est lui-même, en un certain sens, la miséricorde. Pour qui la voit et la trouve en lui, Dieu devient «visible» comme le Père «riche en miséricorde» 13.
Plus peut-être que celle de l'homme d'autrefois, la mentalité contemporaine semble s'opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. Le mot et l'idée de miséricorde semblent mettre mal à l'aise l'homme qui, grâce à un développement scientifique et technique inconnu jusqu'ici, est devenu maître de la terre qu'il a soumise et dominée 14. Cette domination de la terre, entendue parfois de façon unilatérale et superficielle, ne laisse pas de place, semble-t-il, à la miséricorde. A ce sujet, cependant, nous pouvons nous référer avec profit à l'image «de la condition de l'homme dans le monde contemporain» telle qu'elle est tracée au début de la constitution Gaudium et Spes. On y lit entre autres: «Ainsi le monde moderne apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire, et le chemin s'ouvre devant lui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine. D'autre part, l'homme prend conscience que de lui dépend la bonne orientation des forces qu'il a mises en mouvement et qui peuvent l'écraser ou le servir» 15.
La situation du monde contemporain ne manifeste pas seulement des transformations capables de faire espérer pour l'homme un avenir terrestre meilleur, mais elle révèle aussi de multiples menaces, bien pires que celles qu'on avait connues jusqu'ici. Sans cesser de dénoncer ces menaces en diverses circonstances (comme dans les interventions à l'ONU, à l'UNESCO, à la FAO et ailleurs), l'Eglise doit les regarder en même temps à la lumière de la vérité reçue de Dieu.
Devant ses compatriotes, à Nazareth, le Christ se réfère aux paroles du prophète Isaïe: «L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a consacré par l'onction pour porter la bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur» 19. Selon saint Luc, ces phrases constituent sa première déclaration messianique, qui sera suivie des faits et des paroles que nous fait connaître l'Evangile. Par ces faits et ces paroles, le Christ rend le Père présent parmi les hommes. Il est hautement significatif que ces hommes soient surtout les pauvres, qui n'ont pas de moyens de subsistance, ceux qui sont privés de la liberté, les aveugles qui ne voient pas la beauté de la création, ceux qui vivent dans l'affliction du cœur ou qui souffrent à cause de l'injustice sociale, et enfin les pécheurs. C'est surtout à l'égard de ces hommes que le Messie devient un signe particulièrement lisible du fait que Dieu est amour; il devient un signe du Père. Dans ce signe visible, les hommes de notre époque, tout comme ceux d'alors, peuvent aussi voir le Père.
Il est révélateur que Jésus, lorsque les messagers envoyés par Jean-Baptiste le rejoignirent pour lui demander: «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?» 20, se soit référé au témoignage par lequel il avait inauguré son enseignement à Nazareth et leur ait répondu: «Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres», et qu'il ait ensuite conclu: «et heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet» 21.
Jésus a révélé, surtout par son style de vie et ses actions, comment l'amour est présent dans le monde où nous vivons, l'amour actif, l'amour qui s'adresse à l'homme et embrasse tout ce qui forme son humanité. Cet amour se remarque surtout au contact de la souffrance, de l'injustice, de la pauvreté, au contact de toute la «condition humaine» historique, qui manifeste de diverses manières le caractère limité et fragile de l'homme, aussi bien physiquement que moralement. Or la manière dont l'amour se manifeste et son domaine sont, dans le langage biblique, appelés: «miséricorde».
Ainsi le Christ révèle Dieu qui est Père, qui est «amour», comme saint Jean le dira dans sa première Lettre 22; il révèle Dieu «riche en miséricorde», comme nous le lisons dans saint Paul 23. Plus que le thème d'un enseignement, cette vérité est une réalité qui nous est rendue présente par le Christ. Manifester le Père comme amour et miséricorde c'est, dans la conscience du Christ lui-même, exprimer la vérité fondamentale de sa mission de Messie; les paroles, prononcées d'abord dans la synagogue de Nazareth, puis devant ses disciples et les envoyés de Jean-Baptiste, nous le confirment.
S'appuyant sur cette manière de manifester la présence de Dieu qui est Père, amour et miséricorde, Jésus fait de la miséricorde un des principaux thèmes de sa prédication. Comme d'habitude, ici encore il enseigne surtout «en paraboles», car celles-ci expriment mieux l'essence même des choses. Il suffit de rappeler la parabole de l'enfant prodigue 24, ou encore celle du bon samaritain 25, mais aussi - par contraste - la parabole du serviteur sans pitié 26. Nombreux sont les passages de l'enseignement du Christ qui manifestent l'amour-miséricorde sous un aspect toujours nouveau. Il suffit d'avoir devant les yeux le bon pasteur, qui part à la recherche de la brebis perdue 27, ou encore la femme qui balaie la maison à la recherche de la drachme perdue 28. L'évangéliste qui traite particulièrement ces thèmes dans l'enseignement du Christ est saint Luc, dont l'Evangile a mérité d'être appelé «l'Evangile de la miséricorde».
Au sujet de cette prédication, se présente un problème d'importance capitale, celui de la signification des termes et du contenu du concept, surtout du concept de miséricorde (en relation avec le concept d'«amour»). Leur compréhension est la clé qui permet de comprendre la réalité même de la miséricorde. Et c'est cela qui nous importe le plus. Toutefois, avant de consacrer une autre partie de nos considérations à ce sujet, c'est-à-dire avant d'établir la signification des mots et le contenu propre du concept de «miséricorde», nous devons constater que le Christ, en révélant l'amour-miséricorde de Dieu, exigeait en même temps des hommes qu'ils se laissent aussi guider dans leur vie par l'amour et la miséricorde. Cette exigence fait partie de l'essence même du message messianique, et constitue l'essence de la morale - de l'ethos - évangélique. Le Maître l'exprime aussi bien au moyen du commandement défini par lui comme «le plus grand» 29 que sous forme de bénédiction, lorsqu'il proclame dans le Sermon sur la montagne: «Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde» 30.
De la sorte, le message messianique sur la miséricorde a une dimension divine et humaine particulière. En devenant l'incarnation de l'amour qui se manifeste avec une force particulière à l'égard de ceux qui souffrent, des malheureux et des pécheurs, le Christ -accomplissement des prophéties messianiques- rend présent et révèle aussi plus pleinement le Père, qui est le Dieu «riche en miséricorde». En même temps, devenant pour les hommes le modèle de l'amour miséricordieux envers les autres, le Christ proclame, par ses actes plus encore que par ses paroles, l'appel à la miséricorde qui est une des composantes essentielles de la morale de l'Evangile. Il ne s'agit pas seulement ici d'accomplir un commandement ou une exigence de nature éthique, mais de remplir une condition d'importance capitale pour que Dieu puisse se révéler dans sa miséricorde envers l'homme: «Les miséricordieux... obtiendront miséricorde». ST.JEAN PAUL II
S. FAUSTI - Le Fils, accomplie sa mission, est présent dans les frères avec le don de son Esprit, pour poursuivre son travail: témoigner l'amour de son Père, qui est aussi nôtre Père. De cette façon, la Pentecôte, déjà anticipée sur la croix, a lieu le même soir de Pâques. L'Evangile de Jean est tout un enchaînement de anticipations et de réalisations de la même réalité. Comme dans le tissu de notre existence, ce qui aujourd'hui est donné, c' est présage et graine de ce qui demain est en train de fleurir et mûrir. C 'est un texte très dense, qui est comme un lien raccorde l'heure du Fils et celle des frères, entre le temps de Jésus et le temps de l'Église. Le protagoniste est toujours l'Esprit. Au début, Il se posa et demeura sur l'Agneau de Dieu qui enlève le péché. Maintenant, Il est également épanché sur nous, parce que nous continuons son travail de réconciliation. L'èpoque de l'Esprit, qui a été inaugurée dans la chair de Jésus, continue en nous: la gloire du Fils est envoyée à la communauté des frères. À la présence du Ressuscité le tombeau de nos craintes s' ouvre à la paix et à la joie. La Parole a été faite chair en Jésus et est revenue Parole dans l' Evangile, maintenant anime notre chair aussi. Sa Parole est Esprit et Vie (6:63). Les disciples, tout en sachant que le tombeau est vide et en ayant reçu l'annonce de la Madeleine, n' ont pas encore rencontré le Ressuscité. C'est “nécessaire” mais pas suffisante, que quelqu'un L'ait vu et annoncé. Il faut venir à la rencontre avec Lui. Le chemin de Pâques est graduel. C'est premièrement le chercher Jèsus dans le tombeau et le trouver vide, c'est contempler les signes de son Corps absent, c'est en voir le sens et croire en Lui et en ses Paroles; puis c'est le rencontrer, l'embrasser et l' être envoyés à l'annoncer. Maintenant, il y a Son retour définitif avec le don de l'Esprit, qui fait nous nouvelles créatures, capables d'aimer comme Il a aimé. De «comment» ils se sont rencontrés, on va voir «ce» qui se passe dans la rencontre. Sans ce don, nous sommes encore dans les fermé nos peurs. Le bon berger entre dans notre tombeau, nous montre dans ses mains et dans son côté les signes de son amour et nous tire hors de la prison. Le crucifiè n'est pas un raté, vaincu par le mal: vainqueur de la mort, Il réellement présent parmi nous dans sa gloire Il nous montre les plaies d'où jaillit notre salut. Sont les mêmes que nous témoigne l'Évangile, parce que nous aussi les contemplons et le touchons . En ces blessures , nous voyons le Seigneur, d' elles flue celle paix qui déborde en joie. Et cette joie est notre résurrection. En fait, la joie du Seigneur est notre force pour une nouvelle vie: elle nous fait sortir de la tombe, nous donne le «parfum » du Christ ressuscité et nous fait vivre de son amour pour nous.
L'Eglise sort de la tombe en contemplant, à travers les blessures, l'amour de son Epoux: naît du sang et de l'eau, du don de la vie de Jésus et de son Esprit, qui l'envoie à témoigner au monde l'amour du Père dans le pardon des frères. Sa «naissance» indique sa «nature» permanente..
ST.JEAN PAUL II - DIVES IN MISERICORDIA
RispondiEliminaIncarnation ed la miséricorde
Dieu, «qui habite une lumière inaccessible» 8, parle aussi à l'homme à travers l'image du cosmos: en effet, «ce qu'il a d'invisible depuis la création du monde se laisse voir à l'intelligence à travers ses œuvres, son éternelle puissance et sa divinité» 9. Cette connaissance indirecte et imparfaite, œuvre de l'intelligence qui cherche Dieu dans le monde visible à travers ses créatures, n'est pas encore la «vision du Père». «Nul n'a jamais vu Dieu», écrit saint Jean pour donner plus de relief à la vérité selon laquelle «le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l'a révélé» 10. Cette «révélation» manifeste Dieu dans l'insondable mystère de son être -un et trine- entouré «d'une lumière inaccessible» 11; cependant, dans cette «révélation» du Christ, nous connaissons Dieu d'abord dans son amour envers l'homme, dans sa «philanthropie» 12. Là, «ses perfections invisibles» deviennent «visibles», incomparablement plus visibles qu'à travers toutes les autres œuvres «accomplies par lui»: elles deviennent visibles dans le Christ et par le Christ, dans ses actions et ses paroles, et enfin dans sa mort sur la croix et sa résurrection.
Ainsi, dans le Christ et par le Christ, Dieu devient visible dans sa miséricorde, c'est-à-dire qu'est mis en relief l'attribut de la divinité que l'Ancien Testament, à travers différents termes et concepts, avait déjà défini comme la «miséricorde». Le Christ confère à toute la tradition vétéro-testamentaire de la miséricorde divine sa signification définitive. Non seulement il en parle et l'explique à l'aide d'images et de paraboles, mais surtout il l'incarne et la personnife. Il est lui-même, en un certain sens, la miséricorde. Pour qui la voit et la trouve en lui, Dieu devient «visible» comme le Père «riche en miséricorde» 13.
Plus peut-être que celle de l'homme d'autrefois, la mentalité contemporaine semble s'opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. Le mot et l'idée de miséricorde semblent mettre mal à l'aise l'homme qui, grâce à un développement scientifique et technique inconnu jusqu'ici, est devenu maître de la terre qu'il a soumise et dominée 14. Cette domination de la terre, entendue parfois de façon unilatérale et superficielle, ne laisse pas de place, semble-t-il, à la miséricorde. A ce sujet, cependant, nous pouvons nous référer avec profit à l'image «de la condition de l'homme dans le monde contemporain» telle qu'elle est tracée au début de la constitution Gaudium et Spes. On y lit entre autres: «Ainsi le monde moderne apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire, et le chemin s'ouvre devant lui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine. D'autre part, l'homme prend conscience que de lui dépend la bonne orientation des forces qu'il a mises en mouvement et qui peuvent l'écraser ou le servir» 15.
La situation du monde contemporain ne manifeste pas seulement des transformations capables de faire espérer pour l'homme un avenir terrestre meilleur, mais elle révèle aussi de multiples menaces, bien pires que celles qu'on avait connues jusqu'ici. Sans cesser de dénoncer ces menaces en diverses circonstances (comme dans les interventions à l'ONU, à l'UNESCO, à la FAO et ailleurs), l'Eglise doit les regarder en même temps à la lumière de la vérité reçue de Dieu.
. Quand le Christ commença à agir et à enseigner
RispondiEliminaDevant ses compatriotes, à Nazareth, le Christ se réfère aux paroles du prophète Isaïe: «L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a consacré par l'onction pour porter la bonne nouvelle aux pauvres; il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur» 19. Selon saint Luc, ces phrases constituent sa première déclaration messianique, qui sera suivie des faits et des paroles que nous fait connaître l'Evangile. Par ces faits et ces paroles, le Christ rend le Père présent parmi les hommes. Il est hautement significatif que ces hommes soient surtout les pauvres, qui n'ont pas de moyens de subsistance, ceux qui sont privés de la liberté, les aveugles qui ne voient pas la beauté de la création, ceux qui vivent dans l'affliction du cœur ou qui souffrent à cause de l'injustice sociale, et enfin les pécheurs. C'est surtout à l'égard de ces hommes que le Messie devient un signe particulièrement lisible du fait que Dieu est amour; il devient un signe du Père. Dans ce signe visible, les hommes de notre époque, tout comme ceux d'alors, peuvent aussi voir le Père.
Il est révélateur que Jésus, lorsque les messagers envoyés par Jean-Baptiste le rejoignirent pour lui demander: «Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?» 20, se soit référé au témoignage par lequel il avait inauguré son enseignement à Nazareth et leur ait répondu: «Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres», et qu'il ait ensuite conclu: «et heureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet» 21.
Jésus a révélé, surtout par son style de vie et ses actions, comment l'amour est présent dans le monde où nous vivons, l'amour actif, l'amour qui s'adresse à l'homme et embrasse tout ce qui forme son humanité. Cet amour se remarque surtout au contact de la souffrance, de l'injustice, de la pauvreté, au contact de toute la «condition humaine» historique, qui manifeste de diverses manières le caractère limité et fragile de l'homme, aussi bien physiquement que moralement. Or la manière dont l'amour se manifeste et son domaine sont, dans le langage biblique, appelés: «miséricorde».
Ainsi le Christ révèle Dieu qui est Père, qui est «amour», comme saint Jean le dira dans sa première Lettre 22; il révèle Dieu «riche en miséricorde», comme nous le lisons dans saint Paul 23. Plus que le thème d'un enseignement, cette vérité est une réalité qui nous est rendue présente par le Christ. Manifester le Père comme amour et miséricorde c'est, dans la conscience du Christ lui-même, exprimer la vérité fondamentale de sa mission de Messie; les paroles, prononcées d'abord dans la synagogue de Nazareth, puis devant ses disciples et les envoyés de Jean-Baptiste, nous le confirment.
S'appuyant sur cette manière de manifester la présence de Dieu qui est Père, amour et miséricorde, Jésus fait de la miséricorde un des principaux thèmes de sa prédication. Comme d'habitude, ici encore il enseigne surtout «en paraboles», car celles-ci expriment mieux l'essence même des choses. Il suffit de rappeler la parabole de l'enfant prodigue 24, ou encore celle du bon samaritain 25, mais aussi - par contraste - la parabole du serviteur sans pitié 26. Nombreux sont les passages de l'enseignement du Christ qui manifestent l'amour-miséricorde sous un aspect toujours nouveau. Il suffit d'avoir devant les yeux le bon pasteur, qui part à la recherche de la brebis perdue 27, ou encore la femme qui balaie la maison à la recherche de la drachme perdue 28. L'évangéliste qui traite particulièrement ces thèmes dans l'enseignement du Christ est saint Luc, dont l'Evangile a mérité d'être appelé «l'Evangile de la miséricorde».
RispondiEliminaAu sujet de cette prédication, se présente un problème d'importance capitale, celui de la signification des termes et du contenu du concept, surtout du concept de miséricorde (en relation avec le concept d'«amour»). Leur compréhension est la clé qui permet de comprendre la réalité même de la miséricorde. Et c'est cela qui nous importe le plus. Toutefois, avant de consacrer une autre partie de nos considérations à ce sujet, c'est-à-dire avant d'établir la signification des mots et le contenu propre du concept de «miséricorde», nous devons constater que le Christ, en révélant l'amour-miséricorde de Dieu, exigeait en même temps des hommes qu'ils se laissent aussi guider dans leur vie par l'amour et la miséricorde. Cette exigence fait partie de l'essence même du message messianique, et constitue l'essence de la morale - de l'ethos - évangélique. Le Maître l'exprime aussi bien au moyen du commandement défini par lui comme «le plus grand» 29 que sous forme de bénédiction, lorsqu'il proclame dans le Sermon sur la montagne: «Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde» 30.
De la sorte, le message messianique sur la miséricorde a une dimension divine et humaine particulière. En devenant l'incarnation de l'amour qui se manifeste avec une force particulière à l'égard de ceux qui souffrent, des malheureux et des pécheurs, le Christ -accomplissement des prophéties messianiques- rend présent et révèle aussi plus pleinement le Père, qui est le Dieu «riche en miséricorde». En même temps, devenant pour les hommes le modèle de l'amour miséricordieux envers les autres, le Christ proclame, par ses actes plus encore que par ses paroles, l'appel à la miséricorde qui est une des composantes essentielles de la morale de l'Evangile. Il ne s'agit pas seulement ici d'accomplir un commandement ou une exigence de nature éthique, mais de remplir une condition d'importance capitale pour que Dieu puisse se révéler dans sa miséricorde envers l'homme: «Les miséricordieux... obtiendront miséricorde».
ST.JEAN PAUL II
S. FAUSTI - Le Fils, accomplie sa mission, est présent dans les frères avec le don de son Esprit, pour poursuivre son travail: témoigner l'amour de son Père, qui est aussi nôtre Père. De cette façon, la Pentecôte, déjà anticipée sur la croix, a lieu le même soir de Pâques.
RispondiEliminaL'Evangile de Jean est tout un enchaînement de anticipations et de réalisations de la même réalité.
Comme dans le tissu de notre existence, ce qui aujourd'hui est donné, c' est présage et graine de ce qui demain est en train de fleurir et mûrir.
C 'est un texte très dense, qui est comme un lien raccorde l'heure du Fils et celle des frères, entre le temps de Jésus et le temps de l'Église.
Le protagoniste est toujours l'Esprit.
Au début, Il se posa et demeura sur l'Agneau de Dieu qui enlève le péché. Maintenant, Il est également épanché sur nous, parce que nous continuons son travail de réconciliation.
L'èpoque de l'Esprit, qui a été inaugurée dans la chair de Jésus, continue en nous: la gloire du Fils est envoyée à la communauté des frères.
À la présence du Ressuscité le tombeau de nos craintes s' ouvre à la paix et à la joie.
La Parole a été faite chair en Jésus et est revenue Parole dans l' Evangile, maintenant anime notre chair aussi.
Sa Parole est Esprit et Vie (6:63).
Les disciples, tout en sachant que le tombeau est vide et en ayant reçu l'annonce de la Madeleine, n' ont pas encore rencontré le Ressuscité. C'est “nécessaire” mais pas suffisante, que quelqu'un L'ait vu et annoncé. Il faut venir à la rencontre avec Lui.
Le chemin de Pâques est graduel.
C'est premièrement le chercher Jèsus dans le tombeau et le trouver vide, c'est contempler les signes de son Corps absent, c'est en voir le sens et croire en Lui et en ses Paroles; puis c'est le rencontrer, l'embrasser et l' être envoyés à l'annoncer. Maintenant, il y a Son retour définitif avec le don de l'Esprit, qui fait nous nouvelles créatures, capables d'aimer comme Il a aimé.
De «comment» ils se sont rencontrés, on va voir «ce» qui se passe dans la rencontre.
Sans ce don, nous sommes encore dans les fermé nos peurs.
Le bon berger entre dans notre tombeau, nous montre dans ses mains et dans son côté les signes de son amour et nous tire hors de la prison.
Le crucifiè n'est pas un raté, vaincu par le mal: vainqueur de la mort, Il réellement présent parmi nous dans sa gloire
Il nous montre les plaies d'où jaillit notre salut. Sont les mêmes que nous témoigne l'Évangile, parce que nous aussi les contemplons et le touchons . En ces blessures , nous voyons le Seigneur, d' elles flue celle paix qui déborde en joie. Et cette joie est notre résurrection.
En fait, la joie du Seigneur est notre force pour une nouvelle vie: elle nous fait sortir de la tombe, nous donne le «parfum » du Christ ressuscité et nous fait vivre de son amour pour nous.
L'Eglise sort de la tombe en contemplant, à travers les blessures, l'amour de son Epoux:
naît du sang et de l'eau, du don de la vie de Jésus et de son Esprit, qui l'envoie à témoigner au monde l'amour du Père dans le pardon des frères.
Sa «naissance» indique sa «nature» permanente..