Livre de la Genèse 14,18-20. En ces jours-là, Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut. Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ; et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. Psaume 110(109),1.2.3.4. Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. »
De Sion, le Seigneur te présente le sceptre de ta force : « Domine jusqu'au cœur de l'ennemi. »
Le jour où paraît ta puissance, tu es prince, éblouissant de sainteté : « Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré. »
Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek. » Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-26. Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,11b-17. En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. » Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. » Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. » Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.
FAUSTI - L'expérience quotidienne de l'Eucharistie nous transfère au huitième jour, l'aujourd'hui de la transfiguration, car Elle nous rend présents à son don d'amour éternel. Son pain est notre vie et il nous permet, comme à Elie, de faire le long voyage de quarante jours vers la montagne de la révélation de Dieu (1 Rois 19:8). Le lieu où Jésus est reconnu n'est pas la curiosité d'Hérode, qui veut Le contrôler et Le tenir dans sa main, mais le parfum du pain et l'étonnement du disciple qui l'apprécie. La fraction du pain est une révélation objective de Son Amour pour moi. Je m'en souviens, je le porte à mon cœur, au centre de moi-même et je me laisse interroger par Lui, en essayant d'y répondre. La foi est ce dialogue qui devient vie commune, son amour qui devient mon pain et me nourrit. La lecture par Luc de ce banquet strictement christologique marque le point d'arrivée de la mission : l'activité apostolique conduit à la connaissance du Seigneur Jésus et a son "sommet" et couronnement dans l'Eucharistie, qui est aussi son "origine". C'est le fondement et ensamble l'accomplissement de l'Église , son commencement et son achèvement ! L'histoire a pour tonalité de fond l'attente du banquet messianique dans le désert, semblable à celui que Dieu a préparé pour son peuple (Is.25,6... Os 11,4). A la fin, Il se révèle complètement, il nous laisse entrer dans son mystère de mort et de résurrection, et Il nous emmène avec Lui dans son voyage à Jérusalem.C'est la danse qui, au lieu de pleurer, conclut maintenant la fatigue humaine. Tous les verbes sont aoristes (action précise, une fois pour toutes), " prendre, enlever les yeux , bénir, briser, donner aux disciples, offrir, manger et être rassasiés." Le don est à l'imparfait : il a commencé alors et continue encore et toujours entre les mains des disciples, qui ont succédé aux douze, qui distribuent toujours le seul Pain qui satisfait la faim de tout être vivant. Tout l'Évangile est un commentaire de ces Paroles, une catéchèse sur l'Eucharistie, l'arrivée et le départ de la mission, le sommet et la source de la vie chrétienne...... Elle introduit chaque homme dans les mystères de Dieu, en le familiarisant avec Lui et en le faisant participer au dialogue Père/Fils, jusqu'à ce que (avec l'annonce et l'Eucharistie) Dieu soit tout en tous et Sa Gloire soit témoin jusqu'aux extrémités de la terre. Elle place ceux qui la célèbrent au cœur du mystère de Dieu, dans la mémoire de sa passion pour nous, dans l'attente de la résurrection et de Son retour. Les apôtres, les douze, alors appelés disciples, comme ceux qui continueront l'action, sont les serviteurs de ce banquet : ils invoquent, reçoivent et distribuent à tous le pain rompu et donné par le Seigneur. Le surplus n'est pas rangé (comme la manne en Ex. 16,32) mais c'est ce que les disciples ont toujours en réserve pour donner à tous et pour toujours. Contrairement à la manne qui périt, ce-ci ne périt jamais. Au contraire, a le pouvoir de préserver de la mort ceux qui en mangent. En ceci, le Seigneur veut et peut enfin révéler le mystère de l'amour au Père et pour nous. Ce Pain nous place au centre de la Trinité, comme enfants dans le Fils, et nous fait ressembler à Lui, auditeurs de la Parole du Père qui transfigure le visage. La pièce centrale de ce passage c' est dire les Paroles de la Dernière Cène. Or, la présence du Dieu qui rassasie son peuple dans l'Exode est remplacée par le Christ qui brise le pain. Le fait que les disciples donnent de la nourriture à tous, sur l'ordre du Seigneur, fait écho au "Faites ceci en mémoire de moi" (de chaque prière eucharistique dans le don sans mesure de la Consécration).
Dimanche 23 juin 2019 La Parole de Dieu nous aide aujourd’hui à redécouvrir deux verbes simples, deux verbes essentiels pour la vie de chaque jour : dire et donner.
Dire. Melchisédech, dans la première Lecture, dit : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut et béni soit le Dieu très-haut » (Gn 14, 19-20). Le dire de Melchisédech est de bénir. Il bénit Abraham, celui en qui seront bénies toutes les familles de la terre (cf. Gn 12, 3 ; Ga 3, 8). Tout part de la bénédiction : les paroles de bien engendrent une histoire de bien. La même chose arrive dans l’évangile : avant de multiplier les pains, Jésus les bénit : « il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples » (Lc 9, 16). La bénédiction fait des cinq pains la nourriture pour une multitude : il fait jaillir une cascade de bien.
Pourquoi bénir fait du bien ? Parce que c’est transformer la parole en don. Quand on bénit, on ne fait pas quelque chose pour soi, mais pour les autres. Bénir n’est pas dire de belles paroles, ce n’est pas utiliser des paroles de circonstance : non ; c’est dire du bien, dire avec amour. Melchisédech a fait ainsi, en disant spontanément du bien d’Abraham, sans que celui ait dit ou fait quelque chose pour lui. Ainsi a fait Jésus, en montrant la signification de la bénédiction avec la distribution gratuite des pains. Combien de fois nous aussi, nous avons été bénis, à l’église ou dans nos maisons, combien de fois nous avons reçu des paroles qui nous ont fait du bien, ou un signe de croix sur le front…Nous sommes devenus bénis le jour de notre Baptême, et à la fin de chaque Messe nous sommes bénis. L’Eucharistie est une école de bénédiction. Dieu dit du bien de nous, ses enfants aimés, et ainsi il nous encourage à aller de l’avant. Et nous bénissons Dieu dans nos assemblées (cf. Ps 68, 27), en retrouvant le goût de la louange qui libère et guérit le cœur. Nous venons à la Messe avec la certitude d’être bénis par le Seigneur et nous sortons pour bénir à notre tour, pour être des canaux de bien dans le monde.
Pour nous aussi : il est important que, nous les Pasteurs, nous nous souvenions de bénir le peuple de Dieu. Chers prêtres, n’ayez pas peur de bénir, bénir le peuple de Dieu ; chers prêtres, allez de l’avant avec la bénédiction : le Seigneur désire dire du bien de son peuple, il est heureux de faire sentir son amour pour nous. Et seulement en tant que bénis nous pouvons bénir les autres avec la même onction d’amour. C’est triste en revanche de voir avec quelle facilité aujourd’hui on fait le contraire : on maudit, on méprise, on insulte. Pris par trop de frénésie, on ne se contient pas et on déverse sa colère sur tout et sur tous. Souvent malheureusement, celui qui crie le plus et plus fort, celui qui est le plus en colère semble avoir raison et créer un consensus. Ne nous laissons pas contaminer par l’arrogance, ne nous laissons pas envahir par l’amertume, nous qui mangeons le Pain qui porte en soi toute douceur. Le peuple de Dieu aime la louange, il ne vit pas de plaintes ; il est fait pour les bénédictions, non pour les lamentations. Devant l’Eucharistie, Jésus qui s’est fait Pain, ce Pain humble qui contient le tout de l’Église, apprenons à bénir ce que nous avons, à louer Dieu, à bénir et à ne pas maudire notre passé, à offrir de bonnes paroles aux autres.
-->Le second verbe est donner. Au “dire” fait suite le “donner”, comme Abraham qui, béni par Melchisédech, « lui donna le dixième de tout » (Gn 14, 20). Comme pour Jésus qui, après avoir récité la bénédiction, donnait le pain pour qu’il fût distribué, en dévoilant ainsi la signification la plus belle : le pain n’est pas seulement un produit de consommation, c’est un moyen de partage. En fait, de manière surprenante, dans le récit de la multiplication des pains, on ne parle jamais de multiplier. Au contraire, les verbes utilisés sont : “rompre, donner, distribuer” (cf. Lc 9, 16). En somme, on ne souligne pas la multiplication, mais le partage. C’est important : Jésus ne fait pas de magie, il ne transforme pas les cinq pains en cinq mille pour dire après : “Maintenant distribuez-les”. Non. Jésus prie, bénit ces cinq pains et commence à les rompre, en se confiant au Père. Et ces cinq pains ne finissent plus. Ce n’est pas de la magie, c’est la confiance en Dieu et en sa providence.
Dans le monde, on cherche toujours à augmenter les gains, à gonfler les factures…Oui, mais à quelle fin ? C’est le donner ou l’avoir ? Le partager ou l’accumuler ? L’“économie” de l’Évangile multiplie en partageant, nourrit en distribuant, ne satisfait pas la voracité de quelques-uns, mais donne la vie au monde (cf. Jn 6, 33). Ce n’est pas avoir, mais donner le verbe de Jésus.
Elle est péremptoire la demande qu’il fait à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9, 13). Essayons d’imaginer les raisonnements qu’ont dû faire les disciples : “Nous n’avons pas de pain pour nous et nous devons penser aux autres ? Pourquoi devons-nous leur donner à manger, s’ils sont venus écouter notre Maître ? S’ils n’ont pas porté à manger, qu’ils rentrent chez eux, c’est leur problème, ou bien qu’ils nous donnent de l’argent et nous achèterons”. Ce ne sont pas des raisonnements faux, mais ce ne sont pas ceux de Jésus, qui ne veut rien entendre : donnez-leur vous-mêmes à manger. Ce que nous avons porte du fruit si nous le donnons – voilà ce que veut nous dire Jésus – ; et peu importe que cela soit peu ou beaucoup. Le Seigneur fait de grandes choses avec notre petitesse, comme avec les cinq pains. Il n’accomplit pas de prodiges par des actions spectaculaires, il n’a pas de baguette magique, mais il agit avec des choses humbles. Dieu est une toute-puissance humble, faite seulement d’amour. Et l’amour fait de grandes choses avec des petites choses. L’Eucharistie nous l’enseigne : là, il y a Dieu contenu dans un morceau de pain. Simple, essentiel, Pain rompu et partagé, l’Eucharistie que nous recevons nous transmet le mode de pensée de Dieu. Et elle nous amène à nous donner nous-mêmes aux autres. C’est l’antidote contre le “ça me plaît, mais ça ne me regarde pas”, contre le “je n’ai pas de temps, je ne peux pas, ce n’est pas mon affaire”. Contre le fait de fermer les yeux.
Dans notre ville affamée d’amour et d’attention, qui souffre de dégradation et d’abandon, face à de nombreuses personnes âgées seules, à des familles en difficulté, à des jeunes qui ont du mal à gagner leur vie et à alimenter leurs rêves, le Seigneur te dit : “ Donne-leur toi-même à manger”. Et tu peux répondre : “J’ai peu de choses, je ne suis pas capable pour ce genre de chose”. Ce n’est pas vrai, ton peu de choses est beaucoup aux yeux de Jésus, si tu ne le gardes pas pour toi, si tu le mets en jeu. Toi aussi, mets-toi en jeu. Et tu n’es pas seul : tu as l’Eucharistie, le Pain du chemin, le Pain de Jésus. Même ce soir nous serons nourris par son Corps donné. Si nous l’accueillons avec le cœur, ce Pain libèrera en nous la force de l’amour : nous nous sentirons bénis et aimés, et nous voudrons bénir et aimer, en commençant par ici, par notre ville, par les rues que ce soir nous emprunterons. Le Seigneur vient dans nos rues pour dire-du bien, dire du bien de nous et pour donner du courage, nous donner du courage. Il nous demande d’être bénédiction et don.
BENOÎT XVI ANGÉLUS Place Saint-Pierre Dimanche 10 juin 2012 Chers frères et sœurs !
Aujourd’hui, en Italie et dans de nombreux autres pays, on célèbre le Corpus Domini (Fête-Dieu), c’est-à-dire la fête solennelle du Corps et du Sang du Seigneur, l’Eucharistie. En ce jour, la tradition toujours vivante est d’effectuer des processions solennelles du Très Saint Sacrement, dans les rues et sur les places. À Rome, cette procession s’est déjà déroulée jeudi dernier au niveau diocésain, le jour précis de cette fête, qui chaque année renouvelle chez les chrétiens la joie et la gratitude pour la présence eucharistique de Jésus parmi eux.
La fête du Corpus Domini est un grand acte de culte public de l’Eucharistie, le sacrement dans lequel le Seigneur est présent également au-delà du temps de la célébration, pour être toujours avec nous, au fil des heures et des jours. Saint Justin, qui nous a laissé l’un des témoignages les plus anciens sur la liturgie eucharistique, affirme déjà que, après la distribution de la communion aux personnes présentes, le pain consacré était aussi apporté par les diacres aux absents (cf. Apologia, 1, 65). C’est pourquoi, dans les églises, le lieu le plus sacré est précisément celui dans lequel on conserve l’Eucharistie. À ce propos, je ne peux manquer de penser avec émotion aux nombreuses églises qui ont été gravement endommagées par le récent tremblement de terre en Émilie Romagne, au fait que le Corps eucharistique du Christ, dans le Tabernacle, est lui aussi resté sous les décombres dans certains cas. Je prie avec affection pour les communautés qui, avec leurs prêtres, doivent se réunir en plein air ou sous de grandes tentes pour la Messe ; je les remercie pour leur témoignage et pour ce qu’elles accomplissent en faveur de la population tout entière. C’est une situation qui souligne encore davantage l’importance d’être unis au nom du Seigneur, et la force qui provient du Pain eucharistique, appelé aussi « pain des pèlerins ». Du partage de ce pain naît et se renouvelle la capacité de partager également la vie et les biens, de porter les poids les uns des autres, d’être hospitaliers et accueillants.
La solennité du Corps et du Sang du Seigneur nous repropose aussi la valeur de l’adoration eucharistique. Le serviteur de Dieu Paul VI rappelait que l’Église catholique professe le culte de l’Eucharistie « non seulement durant la Messe mais aussi en dehors de sa célébration ; elle conserve avec le plus grand soin les hosties consacrées et les présente aux fidèles pour qu'ils les vénèrent avec solennité » (Enc. Mysterium fidei, n. 62). La prière d’adoration peut être accomplie aussi bien de manière personnelle, en s’arrêtant pour se recueillir devant le tabernacle, que de façon communautaire, également avec des psaumes et des chants, mais toujours en privilégiant le silence, dans lequel écouter intérieurement le Seigneur vivant et présent dans le sacrement. La Vierge Marie est également la maîtresse de cette prière, car aucune autre personne n’a su plus et mieux qu’elle contempler Jésus avec un regard de foi et accueillir dans son cœur les échos intimes de sa présence humaine et divine. Par son intercession, que se diffuse et grandisse dans chaque communauté ecclésiale une foi authentique et profonde dans le Mystère eucharistique.
Livre de la Genèse 14,18-20.
RispondiEliminaEn ces jours-là, Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut.
Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ;
et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris.
Psaume 110(109),1.2.3.4.
Oracle du Seigneur à mon seigneur :
« Siège à ma droite,
et je ferai de tes ennemis
le marchepied de ton trône. »
De Sion, le Seigneur te présente
le sceptre de ta force :
« Domine jusqu'au cœur de l'ennemi. »
Le jour où paraît ta puissance,
tu es prince, éblouissant de sainteté :
« Comme la rosée qui naît de l'aurore,
je t'ai engendré. »
Le Seigneur l'a juré
dans un serment irrévocable :
« Tu es prêtre à jamais
selon l'ordre du roi Melkisédek. »
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-26.
Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,11b-17.
En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.
FAUSTI - L'expérience quotidienne de l'Eucharistie nous transfère au huitième jour, l'aujourd'hui de la transfiguration, car Elle nous rend présents à son don d'amour éternel.
RispondiEliminaSon pain est notre vie et il nous permet, comme à Elie, de faire le long voyage de quarante jours vers la montagne de la révélation de Dieu (1 Rois 19:8). Le lieu où Jésus est reconnu n'est pas la curiosité d'Hérode, qui veut Le contrôler et Le tenir dans sa main, mais le parfum du pain et l'étonnement du disciple qui l'apprécie.
La fraction du pain est une révélation objective de Son Amour pour moi.
Je m'en souviens, je le porte à mon cœur, au centre de moi-même et je me laisse interroger par Lui, en essayant d'y répondre.
La foi est ce dialogue qui devient vie commune, son amour qui devient mon pain et me nourrit.
La lecture par Luc de ce banquet strictement christologique marque le point d'arrivée de la mission : l'activité apostolique conduit à la connaissance du Seigneur Jésus et a son "sommet" et couronnement dans l'Eucharistie, qui est aussi son "origine".
C'est le fondement et ensamble l'accomplissement de l'Église , son commencement et son achèvement !
L'histoire a pour tonalité de fond l'attente du banquet messianique dans le désert, semblable à celui que Dieu a préparé pour son peuple (Is.25,6... Os 11,4).
A la fin, Il se révèle complètement, il nous laisse entrer dans son mystère de mort et de résurrection, et Il nous emmène avec Lui dans son voyage à Jérusalem.C'est la danse qui, au lieu de pleurer, conclut maintenant la fatigue humaine.
Tous les verbes sont aoristes (action précise, une fois pour toutes),
" prendre,
enlever les yeux ,
bénir,
briser,
donner aux disciples,
offrir,
manger et être rassasiés."
Le don est à l'imparfait : il a commencé alors et continue encore et toujours entre les mains des disciples, qui ont succédé aux douze, qui distribuent toujours le seul Pain qui satisfait la faim de tout être vivant.
Tout l'Évangile est un commentaire de ces Paroles, une catéchèse sur l'Eucharistie, l'arrivée et le départ de la mission, le sommet et la source de la vie chrétienne......
Elle introduit chaque homme dans les mystères de Dieu, en le familiarisant avec Lui et en le faisant participer au dialogue Père/Fils, jusqu'à ce que (avec l'annonce et l'Eucharistie) Dieu soit tout en tous et Sa Gloire soit témoin jusqu'aux extrémités de la terre.
Elle place ceux qui la célèbrent au cœur du mystère de Dieu, dans la mémoire de sa passion pour nous, dans l'attente de la résurrection et de Son retour.
Les apôtres, les douze, alors appelés disciples, comme ceux qui continueront l'action, sont les serviteurs de ce banquet : ils invoquent, reçoivent et distribuent à tous le pain rompu et donné par le Seigneur.
Le surplus n'est pas rangé (comme la manne en Ex. 16,32) mais c'est ce que les disciples ont toujours en réserve pour donner à tous et pour toujours.
Contrairement à la manne qui périt, ce-ci ne périt jamais. Au contraire, a le pouvoir de préserver de la mort ceux qui en mangent. En ceci, le Seigneur veut et peut enfin révéler le mystère de l'amour au Père et pour nous.
Ce Pain nous place au centre de la Trinité, comme enfants dans le Fils, et nous fait ressembler à Lui, auditeurs de la Parole du Père qui transfigure le visage.
La pièce centrale de ce passage c' est dire les Paroles de la Dernière Cène.
Or, la présence du Dieu qui rassasie son peuple dans l'Exode est remplacée par le Christ qui brise le pain.
Le fait que les disciples donnent de la nourriture à tous, sur l'ordre du Seigneur, fait écho au "Faites ceci en mémoire de moi" (de chaque prière eucharistique dans le don sans mesure de la Consécration).
HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS
RispondiEliminaDimanche 23 juin 2019
La Parole de Dieu nous aide aujourd’hui à redécouvrir deux verbes simples, deux verbes essentiels pour la vie de chaque jour : dire et donner.
Dire. Melchisédech, dans la première Lecture, dit : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut et béni soit le Dieu très-haut » (Gn 14, 19-20). Le dire de Melchisédech est de bénir. Il bénit Abraham, celui en qui seront bénies toutes les familles de la terre (cf. Gn 12, 3 ; Ga 3, 8). Tout part de la bénédiction : les paroles de bien engendrent une histoire de bien. La même chose arrive dans l’évangile : avant de multiplier les pains, Jésus les bénit : « il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples » (Lc 9, 16). La bénédiction fait des cinq pains la nourriture pour une multitude : il fait jaillir une cascade de bien.
Pourquoi bénir fait du bien ? Parce que c’est transformer la parole en don. Quand on bénit, on ne fait pas quelque chose pour soi, mais pour les autres. Bénir n’est pas dire de belles paroles, ce n’est pas utiliser des paroles de circonstance : non ; c’est dire du bien, dire avec amour. Melchisédech a fait ainsi, en disant spontanément du bien d’Abraham, sans que celui ait dit ou fait quelque chose pour lui. Ainsi a fait Jésus, en montrant la signification de la bénédiction avec la distribution gratuite des pains. Combien de fois nous aussi, nous avons été bénis, à l’église ou dans nos maisons, combien de fois nous avons reçu des paroles qui nous ont fait du bien, ou un signe de croix sur le front…Nous sommes devenus bénis le jour de notre Baptême, et à la fin de chaque Messe nous sommes bénis. L’Eucharistie est une école de bénédiction. Dieu dit du bien de nous, ses enfants aimés, et ainsi il nous encourage à aller de l’avant. Et nous bénissons Dieu dans nos assemblées (cf. Ps 68, 27), en retrouvant le goût de la louange qui libère et guérit le cœur. Nous venons à la Messe avec la certitude d’être bénis par le Seigneur et nous sortons pour bénir à notre tour, pour être des canaux de bien dans le monde.
Pour nous aussi : il est important que, nous les Pasteurs, nous nous souvenions de bénir le peuple de Dieu. Chers prêtres, n’ayez pas peur de bénir, bénir le peuple de Dieu ; chers prêtres, allez de l’avant avec la bénédiction : le Seigneur désire dire du bien de son peuple, il est heureux de faire sentir son amour pour nous. Et seulement en tant que bénis nous pouvons bénir les autres avec la même onction d’amour. C’est triste en revanche de voir avec quelle facilité aujourd’hui on fait le contraire : on maudit, on méprise, on insulte. Pris par trop de frénésie, on ne se contient pas et on déverse sa colère sur tout et sur tous. Souvent malheureusement, celui qui crie le plus et plus fort, celui qui est le plus en colère semble avoir raison et créer un consensus. Ne nous laissons pas contaminer par l’arrogance, ne nous laissons pas envahir par l’amertume, nous qui mangeons le Pain qui porte en soi toute douceur. Le peuple de Dieu aime la louange, il ne vit pas de plaintes ; il est fait pour les bénédictions, non pour les lamentations. Devant l’Eucharistie, Jésus qui s’est fait Pain, ce Pain humble qui contient le tout de l’Église, apprenons à bénir ce que nous avons, à louer Dieu, à bénir et à ne pas maudire notre passé, à offrir de bonnes paroles aux autres.
-->Le second verbe est donner. Au “dire” fait suite le “donner”, comme Abraham qui, béni par Melchisédech, « lui donna le dixième de tout » (Gn 14, 20). Comme pour Jésus qui, après avoir récité la bénédiction, donnait le pain pour qu’il fût distribué, en dévoilant ainsi la signification la plus belle : le pain n’est pas seulement un produit de consommation, c’est un moyen de partage. En fait, de manière surprenante, dans le récit de la multiplication des pains, on ne parle jamais de multiplier. Au contraire, les verbes utilisés sont : “rompre, donner, distribuer” (cf. Lc 9, 16). En somme, on ne souligne pas la multiplication, mais le partage. C’est important : Jésus ne fait pas de magie, il ne transforme pas les cinq pains en cinq mille pour dire après : “Maintenant distribuez-les”. Non. Jésus prie, bénit ces cinq pains et commence à les rompre, en se confiant au Père. Et ces cinq pains ne finissent plus. Ce n’est pas de la magie, c’est la confiance en Dieu et en sa providence.
RispondiEliminaDans le monde, on cherche toujours à augmenter les gains, à gonfler les factures…Oui, mais à quelle fin ? C’est le donner ou l’avoir ? Le partager ou l’accumuler ? L’“économie” de l’Évangile multiplie en partageant, nourrit en distribuant, ne satisfait pas la voracité de quelques-uns, mais donne la vie au monde (cf. Jn 6, 33). Ce n’est pas avoir, mais donner le verbe de Jésus.
Elle est péremptoire la demande qu’il fait à ses disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9, 13). Essayons d’imaginer les raisonnements qu’ont dû faire les disciples : “Nous n’avons pas de pain pour nous et nous devons penser aux autres ? Pourquoi devons-nous leur donner à manger, s’ils sont venus écouter notre Maître ? S’ils n’ont pas porté à manger, qu’ils rentrent chez eux, c’est leur problème, ou bien qu’ils nous donnent de l’argent et nous achèterons”. Ce ne sont pas des raisonnements faux, mais ce ne sont pas ceux de Jésus, qui ne veut rien entendre : donnez-leur vous-mêmes à manger. Ce que nous avons porte du fruit si nous le donnons – voilà ce que veut nous dire Jésus – ; et peu importe que cela soit peu ou beaucoup. Le Seigneur fait de grandes choses avec notre petitesse, comme avec les cinq pains. Il n’accomplit pas de prodiges par des actions spectaculaires, il n’a pas de baguette magique, mais il agit avec des choses humbles. Dieu est une toute-puissance humble, faite seulement d’amour. Et l’amour fait de grandes choses avec des petites choses. L’Eucharistie nous l’enseigne : là, il y a Dieu contenu dans un morceau de pain. Simple, essentiel, Pain rompu et partagé, l’Eucharistie que nous recevons nous transmet le mode de pensée de Dieu. Et elle nous amène à nous donner nous-mêmes aux autres. C’est l’antidote contre le “ça me plaît, mais ça ne me regarde pas”, contre le “je n’ai pas de temps, je ne peux pas, ce n’est pas mon affaire”. Contre le fait de fermer les yeux.
Dans notre ville affamée d’amour et d’attention, qui souffre de dégradation et d’abandon, face à de nombreuses personnes âgées seules, à des familles en difficulté, à des jeunes qui ont du mal à gagner leur vie et à alimenter leurs rêves, le Seigneur te dit : “ Donne-leur toi-même à manger”. Et tu peux répondre : “J’ai peu de choses, je ne suis pas capable pour ce genre de chose”. Ce n’est pas vrai, ton peu de choses est beaucoup aux yeux de Jésus, si tu ne le gardes pas pour toi, si tu le mets en jeu. Toi aussi, mets-toi en jeu. Et tu n’es pas seul : tu as l’Eucharistie, le Pain du chemin, le Pain de Jésus. Même ce soir nous serons nourris par son Corps donné. Si nous l’accueillons avec le cœur, ce Pain libèrera en nous la force de l’amour : nous nous sentirons bénis et aimés, et nous voudrons bénir et aimer, en commençant par ici, par notre ville, par les rues que ce soir nous emprunterons. Le Seigneur vient dans nos rues pour dire-du bien, dire du bien de nous et pour donner du courage, nous donner du courage. Il nous demande d’être bénédiction et don.
BENOÎT XVI
RispondiEliminaANGÉLUS Place Saint-Pierre
Dimanche 10 juin 2012
Chers frères et sœurs !
Aujourd’hui, en Italie et dans de nombreux autres pays, on célèbre le Corpus Domini (Fête-Dieu), c’est-à-dire la fête solennelle du Corps et du Sang du Seigneur, l’Eucharistie. En ce jour, la tradition toujours vivante est d’effectuer des processions solennelles du Très Saint Sacrement, dans les rues et sur les places. À Rome, cette procession s’est déjà déroulée jeudi dernier au niveau diocésain, le jour précis de cette fête, qui chaque année renouvelle chez les chrétiens la joie et la gratitude pour la présence eucharistique de Jésus parmi eux.
La fête du Corpus Domini est un grand acte de culte public de l’Eucharistie, le sacrement dans lequel le Seigneur est présent également au-delà du temps de la célébration, pour être toujours avec nous, au fil des heures et des jours. Saint Justin, qui nous a laissé l’un des témoignages les plus anciens sur la liturgie eucharistique, affirme déjà que, après la distribution de la communion aux personnes présentes, le pain consacré était aussi apporté par les diacres aux absents (cf. Apologia, 1, 65). C’est pourquoi, dans les églises, le lieu le plus sacré est précisément celui dans lequel on conserve l’Eucharistie. À ce propos, je ne peux manquer de penser avec émotion aux nombreuses églises qui ont été gravement endommagées par le récent tremblement de terre en Émilie Romagne, au fait que le Corps eucharistique du Christ, dans le Tabernacle, est lui aussi resté sous les décombres dans certains cas. Je prie avec affection pour les communautés qui, avec leurs prêtres, doivent se réunir en plein air ou sous de grandes tentes pour la Messe ; je les remercie pour leur témoignage et pour ce qu’elles accomplissent en faveur de la population tout entière. C’est une situation qui souligne encore davantage l’importance d’être unis au nom du Seigneur, et la force qui provient du Pain eucharistique, appelé aussi « pain des pèlerins ». Du partage de ce pain naît et se renouvelle la capacité de partager également la vie et les biens, de porter les poids les uns des autres, d’être hospitaliers et accueillants.
La solennité du Corps et du Sang du Seigneur nous repropose aussi la valeur de l’adoration eucharistique. Le serviteur de Dieu Paul VI rappelait que l’Église catholique professe le culte de l’Eucharistie « non seulement durant la Messe mais aussi en dehors de sa célébration ; elle conserve avec le plus grand soin les hosties consacrées et les présente aux fidèles pour qu'ils les vénèrent avec solennité » (Enc. Mysterium fidei, n. 62). La prière d’adoration peut être accomplie aussi bien de manière personnelle, en s’arrêtant pour se recueillir devant le tabernacle, que de façon communautaire, également avec des psaumes et des chants, mais toujours en privilégiant le silence, dans lequel écouter intérieurement le Seigneur vivant et présent dans le sacrement. La Vierge Marie est également la maîtresse de cette prière, car aucune autre personne n’a su plus et mieux qu’elle contempler Jésus avec un regard de foi et accueillir dans son cœur les échos intimes de sa présence humaine et divine. Par son intercession, que se diffuse et grandisse dans chaque communauté ecclésiale une foi authentique et profonde dans le Mystère eucharistique.