Livre d'Amos 8,4-7. Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays, car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances. Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! » Le Seigneur le jure par la Fierté de Jacob : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.
Psaume 113(112)
Louez, serviteurs du Seigneur, louez le nom du Seigneur ! Béni soit le nom du Seigneur, maintenant et pour les siècles des siècles !
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ? Lui, il siège là-haut. Il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre. De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre pour qu'il siège parmi les princes, parmi les princes de son peuple.
Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,1-8.
Bien-aimé, j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes, pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité. Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur, car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité. En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus, qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. Aux temps fixés, il a rendu ce témoignage, pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’apôtre – je dis vrai, je ne mens pas – moi qui enseigne aux nations la foi et la vérité. Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,1-13.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.” Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.” Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.” Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.” Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. » Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
PAROLES DU SAINT PÈRE Nous sommes appelés à répondre à cette ruse mondaine par la ruse chrétienne, qui est un don de l’Esprit Saint. Il s’agit de s’éloigner de l’esprit et des valeurs du monde, qui plaisent tant au démon, pour vivre selon l’Évangile. Et la mondanité, comment se manifeste-t-elle? La mondanité se manifeste par des attitudes de corruption, de tromperie, d’abus, et constitue la voie la plus fausse, la voie du péché, parce que l’une te conduit à l’autre! C’est comme une chaîne, même si — c’est vrai — c’est la voie la plus commode à parcourir, généralement. Au contraire, l’esprit de l’Évangile exige un style de vie sérieux — sérieux mais joyeux, plein de joie! (Angélus, 18 septembre 2016)
FAUSTI - La parabole du chapitre 15 dit combien Celui ,qui est bienveillant envers tous les malheureux et les méchants, fait pour nous. Cela répond à la question : "Que devons-nous faire", appelés à devenir comme Lui ? La réponse est implicite dans les deux termes utilisés pour désigner Dieu et l'homme, appelés respectivement le Seigneur et l'administrateur. Mais l'homme est un administrateur injuste, parce qu'il a maîtrisé ce qui n'est pas à lui. Mais maintenant il connaît Dieu : il sait que tout Il donne et que tout pardonne. Par conséquent, il sait aussi "quoi faire". Remettre ce qui n'est pas à lui, après tout. La scène a toujours lieu à cette table où Jésus mange avec les pécheurs. Après avoir révélé le cœur du Père au "juste" qui le critique, il révèle maintenant à ses disciples le juste usage des biens du monde. Qui sait que le jugement de Dieu en Jésus n'est plus comme le sot propriétaire qui se trompe quand il sait "quoi faire". Illuminé par la sagesse de l'Evangile, est comme le fidèle et sage administrateur associé à la gloire du Seigneur. Le centre du passage est l'éloge de l'administrateur, ce qui résulte en dans l' exhortation à agir comme lui. La parabole nous enseigne que même les biens matériels doivent être gérés tels qu'ils sont, selon leur nature de dons. Luc sait que ce que nous avons accumulé est le fruit de l'injustice ; nous ne l'avons pas fait correctement par pur amour de Dieu et du prochain. Il sait aussi que nous continuons à vivre dans un monde qui avance sur la même voie. Dans une telle situation, nous sommes appelés à vivre avec le critère opposé à celui de l'égoïsme. Nous avons compris "quoi faire". Les biens sont un don du Père à partager entre nos frères et sœurs. Cette parabole déconcerte un peu les lecteurs et commentateurs. Cela semble obscur. En réalité, c'est clair : le Seigneur a loué le sage administrateur qui a commencé à donner, comme Il a blâmé la sottise du maître insipide qui a continué à faire ses réserves. L'histoire est probablement dérivée d'un fait de actualité : un administrateur, accusé d'une cupidité excessive devenue insoutenable, trouve opportun commencer un nouveau type de voie dans la relation, celle du don.Il en aura besoin pour vivre quand son administration sera terminée. Cette ruse de l'un des enfants de ce monde, nous révèle la vraie sagesse qui aux soi-disant enfants de lumière manque et illustre le thème de la miséricorde, cher à Luc : ceux qui pardonnent, seront pardonnés, à ceux qui donnent, il sera donné. Nous savons aussi que la charité couvre une multitude de péchés, parce que celui qui donne aux pauvres, fait un prêt à Dieu (Pr 19,17). C'est pourquoi "mieux vaut faire l'aumône que mettre de l'or de côté". En effet, "sauve de la mort et purifie-toi de tout péché" (Tb 12,9). La foi en Dieu se joue dans la fidélité à ce qu'Il nous a confié. Il y a un fausse ruse qui nous fait placer notre confiance, plutôt que dans le Créateur, dans les créatures. C'est une perversion qui fait des moyens le fin, et nous réduit à les servir au lieu de les utiliser. La vraie ruse est de ceux qui savent que tout ce qui est au monde c' est un don de Dieu, et c'est un moyen d'entrer en communion avec le Père et avec les frères et sœurs. En effet, "sauve de la mort et purifie-toi de tout péché" (Tb 12,9). La foi en Dieu se joue dans la fidélité à ce qu'Il nous a confié. Il y a un faux tour qui nous fait placer notre confiance, plutôt que dans le Créateur, dans les créatures. C'est une perversion qui fait des moyens le fin, et nous réduit à les servir au lieu de les utiliser. La vraie ruse est de ceux qui savent que tout ce qui est au monde est un don de Dieu, et c'est un moyen d'entrer en communion avec le Père et avec leurs frères et sœurs. C'est pourquoi il vit dans l'action de grâce et dans l'esprit du partage. L'échec de l'homme consiste en l' aimer ce qui n'est pas l'objet de son cœur.
Aujourd'hui, la liturgie nous propose de méditer à nouveau sur le chapitre 15 de l'Évangile de Luc, l'une des pages les plus importantes et les plus émouvantes de toute l'Écriture Sainte. Il est beau de penser que dans le monde entier, partout où la communauté chrétienne se rassemble pour célébrer l'Eucharistie du dimanche, retentit en ce jour cette Bonne Nouvelle de vérité et de salut : Dieu est amour miséricordieux. L'évangéliste Luc a réuni dans ce chapitre trois paraboles sur la miséricorde divine : les deux plus brèves, qu'il a en commun avec Matthieu et Marc, sont celles de la brebis égarée et de la drachme perdue ; la troisième, plus longue et développée, et propre à lui seul, est la célèbre parabole du Père miséricordieux, dite traditionnellement de l'"enfant prodigue". Dans cette page évangélique, on a presque l'impression d'entendre la voix de Jésus, qui nous révèle le visage de son Père et de notre Père. Au fond, c'est pour cela qu'il est venu au monde, pour nous parler du Père, pour nous le faire connaître, à nous, enfants égarés, et susciter à nouveau dans nos cœurs la joie de lui appartenir, l'espérance d'être pardonnés et de retrouver notre pleine dignité, le désir d'habiter pour toujours dans sa maison, qui est également notre maison.
Jésus raconta les trois paraboles de la miséricorde parce que les Pharisiens et les scribes le critiquaient, voyant qu'il se laissait approcher par les pécheurs et qu'il mangeait même avec eux (cf. Lc 15, 1-3). Alors, Il expliqua, avec son langage typique, que Dieu ne veut pas que même un seul de ses enfants se perde et que son âme déborde de joie lorsqu'un pécheur se convertit. La véritable religion consiste alors à entrer en harmonie avec ce Cœur "riche de miséricorde", qui nous demande d'aimer chacun, même ceux qui sont éloignés et nos ennemis, à l'image du Père céleste qui respecte la liberté de chacun et attire tous à lui à travers la force invincible de sa fidélité. Telle est la voie que Jésus montre à ceux qui veulent être ses disciples : "Ne jugez pas... Ne condamnez pas... remettez et il vous sera remis; donnez et l'on vous donnera... Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant" (Lc 6, 36-38). Nous trouvons dans ces paroles des indications très concrètes pour notre comportement quotidien de croyants.
À notre époque, l'humanité a besoin que soit proclamée et témoignée avec force la miséricorde de Dieu. Le bien-aimé Jean-Paul II, qui fut un grand Apôtre de la Miséricorde, perçut cette urgence pastorale de façon prophétique. Il consacra sa deuxième Encyclique au Père miséricordieux et tout au long de son Pontificat, il se fit missionnaire de l'amour de Dieu auprès de toutes les nations. Après les tragiques événements du 11 septembre 2001, qui obscurcissent l'aube du troisième millénaire, il invita les chrétiens et les hommes de bonne volonté à croire que la Miséricorde de Dieu est plus forte que tout mal, et que ce n'est que dans la Croix du Christ que se trouve le salut du monde. Que la Vierge Marie, Mère de Miséricorde, que nous avons contemplée hier dans la Vierge des Douleurs au pied de la Croix, nous obtienne le don de placer toujours notre confiance dans l'amour de Dieu et qu'elle nous aide à être miséricordieux comme notre Père qui est aux cieux.
Aujourd’hui, Jésus nous fait réfléchir sur deux styles de vie opposés : le style mondain et le style de l’Évangile. L’esprit du monde n’est pas l’esprit de Jésus. Et il le fait à travers le récit de la parabole de l’administrateur infidèle et corrompu, qui est loué par Jésus malgré sa malhonnêteté (cf. Lc 16, 1-13). Il faut préciser tout de suite que cet administrateur n’est pas présenté comme un modèle à suivre, mais comme un exemple de fourberie. Cet homme est accusé de la mauvaise gestion des affaires de son maître et, avant d’être renvoyé, il cherche habilement à s’attirer la bienveillance des débiteurs, en leur remettant une partie de leur dette pour assurer ainsi son avenir. En commentant ce comportement, Jésus observe : « Les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière » (v. 8).
Nous sommes appelés à répondre à cette ruse mondaine par la ruse chrétienne, qui est un don de l’Esprit Saint. Il s’agit de s’éloigner de l’esprit et des valeurs du monde, qui plaisent tant au démon, pour vivre selon l’Évangile. Et la mondanité, comment se manifeste-t-elle? La mondanité se manifeste par des attitudes de corruption, de tromperie, d’abus, et constitue la voie la plus fausse, la voie du péché, parce que l’une te conduit à l’autre! C’est comme une chaîne, même si — c’est vrai — c’est la voie la plus commode à parcourir, généralement. Au contraire, l’esprit de l’Évangile exige un style de vie sérieux — sérieux mais joyeux, plein de joie! —, sérieux et difficile, caractérisé par l’honnêteté, la correction, le respect des autres et de leur dignité, le sens du devoir. C’est cela, la ruse chrétienne!
Le parcours de la vie comporte nécessairement un choix entre deux chemins : entre honnêteté et malhonnêteté, entre fidélité et infidélité, entre égoïsme et altruisme, entre bien et mal. On ne peut pas osciller entre l’un et l’autre, car ils suivent des logiques différentes et opposées. Le prophète Elie disait au peuple d’Israël qui marchait sur ces deux chemins : « Mais vous boitez des deux pieds! » (cf. 1 R 18, 21). C’est une belle image. Il est important de décider quelle direction prendre et puis, une fois le juste chemin choisi, de marcher avec élan et détermination, en se confiant à la grâce du Seigneur et au soutien de l’Esprit. La conclusion du passage évangélique est forte et catégorique : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre » (Lc 16, 13).
A travers cet enseignement, Jésus nous exhorte aujourd’hui à faire un choix clair entre l’esprit du monde et Lui, entre la logique de la corruption, de l’abus et de l’avidité et celle de la rectitude, de la douceur et du partage. Certains se comportent avec la corruption comme avec les drogues: ils pensent pouvoir l’utiliser et arrêter quand ils veulent. On commence par peu de choses: un pourboire par-ci, un pot-de-vin par-là... Et entre l’un et l’autre, lentement, on perd sa liberté. La corruption aussi produit une accoutumance, et engendre la pauvreté, l’exploitation, la souffrance. Combien de victimes y a-t-il aujourd’hui dans le monde! Combien de victimes de cette corruption répandue. Quand, en revanche, nous cherchons à suivre la logique évangélique de l’intégrité, de la limpidité dans les intentions et dans les comportements, de la fraternité, nous devenons artisans de justice et nous ouvrons des horizons d’espérance pour l’humanité. Dans la gratuité et dans le don de nous-mêmes à nos frères, nous servons le maître juste : Dieu.
Que la Vierge Marie nous aide à choisir en toute occasion et à tout prix le chemin juste, en trouvant également le courage d’aller à contre-courant, pour suivre Jésus et son Évangile.
VISITE PASTORALE AU KAZAKHSTAN HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II
23 septembre 2001
1. "Car Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s'est livré en rançon pour tous" (1 Tm 2, 5).
Dans cette expression de l'Apôtre Paul, tirée de la Lettre à Timothée, est contenue la vérité centrale de la foi chrétienne. Je suis heureux de pouvoir aujourd'hui vous l'annoncer, très chers frères et soeurs du Kazakhstan. Je suis en effet venu parmi vous comme apôtre et témoin du Christ; je suis venu parmi vous comme l'ami de chaque homme de bonne volonté. A tous et à chacun, je viens offrir la paix et l'amour de Dieu le Père, Fils et Esprit Saint.
Je connais votre histoire. Je connais les souffrances auxquelles un grand nombre d'entre vous ont été soumis, lorsque le régime totalitaire qui a précédé les a arrachés à leur terre d'origine et les a déportés ici dans des situations d'immenses difficultés et de privations. Je suis heureux de pouvoir me trouver ici aujourd'hui parmi vous, pour vous dire que le coeur du Pape est proche de vous. Chers frères dans l'épiscopat et le sacerdoce, j'embrasse avec affection chacun de vous. Je salue.....
2. "Car Dieu est unique". L'Apôtre affirme tout d'abord l'unicité absolue de Dieu. Les chrétiens ont hérité cette vérité des fils d'Israël et ils la partagent avec les fidèles musulmans: c'est la foi dans l'unique Dieu, "Seigneur du ciel et de la terre" (Lc 10, 21), tout-puissant et miséricorideux.
Au nom de cet unique Dieu, je m'adresse au peuple aux antiques et profondes traditions religieuses, qui vit au Kazakhstan. Je m'adresse également à ceux qui n'adhèrent pas à une foi religieuse et à ceux qui sont à la recherche de la vérité. Je voudrais leur répéter les célèbres paroles de saint Paul, que j'ai eu la joie de réécouter au mois de mai dernier sur l'aréopage d'Athènes: "Dieu n'est pas loin de chacun de nous. C'est en lui en effet que nous avons la vie, le mouvement et l'être" (fc. Ac 17, 27-28). Il me revient à l'esprit ce qu'écrivit votre grand poète Abai Kunanbai: "Peut-on douter de son existence / si chaque chose sur la terre en est le témoignage?" (Poésie 14).
3. "Unique aussi est le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus" Après avoir indiqué le mystère de Dieu, l'Apôtre tourne son regard vers le Christ, unique médiateur du salut. Une médiation - souligne Paul dans une autre de ses lettres - qui s'est réalisée dans la pauvreté: "Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était" .
Jésus "ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu" (Ph 2, 6); il ne voulut pas se présenter à notre humanité, qui est fragile et indigente, avec son écrasante supériorité. S'il l'avait fait, il n'aurait pas obéi à la logique de Dieu, mais à celle des puissants de ce monde, dénoncée sans détours par les prophètes d'Israël, comme Amos, dans le livre duquel la première lecture d'aujourd'hui a été tirée .
La vie de Jésus a été cohérente avec le dessein salvifique du Père, "lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Tm 2, 4). Il a fidèlement témoigné de cette volonté, en se livrant "en rançon pour tous". En se donnant tout entier par amour, il nous a procuré l'amitié avec Dieu, perdue à cause du péché. Il nous suggère à nous aussi cette "logique de l'amour", en nous demandant de l'appliquer en particulier à travers la générosité envers les indigents. Il s'agit d'une logique qui peut rassembler les chrétiens et les musulmans, en les engageant à construire ensemble la "civilisation de l'amour". Il s'agit d'une logique qui dépasse toutes les ruses de ce monde et qui nous permet de nous procurer des amis véritables, qui nous accueillent "dans les demeures éternelles" dans la "patrie" du Ciel.
-->4. La patrie de l'humanité est le Royaume de Dieu!....Comme enseigne le Concile Vatican II, il existe un rapport entre l'histoire humaine et le Royaume de Dieu, entre les réalisations partielles de la coexistence civile et l'objectif ultime auquel, sur une libre initiative de Dieu, l'humanité est appelée ( Gaudium et spes). Le 10^ anniversaire de l'indépendance du Kazakhstan, nous conduit à réfléchir dans cette perspective. Quel rapport existe-t-il entre cette patrie terrestre avec ses valeurs et ses objectifs, et la patrie céleste, dans laquelle, en surmontant toute injustice et conflit, la famille humaine tout entière est appelée à entrer? La réponse du Concile est illuminante: "C'est pourquoi, s'il faut soigneusement distinguer le progrès terrestre de la croissance du Royaume du Christ, ce progrès à cependant beaucoup d'importance pour le Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société humaine" . 5. Les chrétiens sont à la fois des habitants du monde et des citoyens du Royaume des cieux. Ils s'engagent sans réserves à l'édification de la société terrestre, mais ils restent orientés vers les biens éternels, se référant presque à un modèle supérieur, transcendant, afin de le réaliser toujours davantage et toujours mieux dans l'existence de chaque jour. Le christianisme n'est pas une aliénation de l'engagement sur terre. Si parfois, dans certaines situations particulières, il donne cette impression, cela est dû à l'incohérence de nombreux chrétiens. En réalité, le christianisme authentiquement vécu est comme un levain pour la société: il la fait croître et mûrir sur le plan humain et l'ouvre à la dimension transcendante du Royaume du Christ, une réalisation parfaite de l'humanité nouvelle. 2 ^ Lecture : C'est ce que nous désirons faire au cours de cette célébration en priant pour le Kazakhstan et ses habitants, afin que ce grand pays, dans la variété de ses composantes ethniques, culturelles et religieuses, progresse dans la justice, dans la solidarité et dans la paix. Qu'il progresse notamment grâce à la collaboration de chrétiens et de musulmans, engagés chaque jour, côte-à-côte, dans l'humble recherche de la volonté de Dieu.
6. La prière doit toujours être accompagnée d'oeuvres cohérentes. L'Eglise, fidèle à l'exemple du Christ, ne sépare jamais l'évangélisation de la promotion humaine, et exhorte ses fidèles à être, dans chaque milieu, des promoteurs de renouveau et de progrès sociale.
Très chers... puisse la "Mère Patrie" du Kazakhstan trouver en vous des fils pieux et zélés, fidèles au patrimoine spirituel et culturel hérité des pères et capables de l'adapter aux nouvelles exigences.
Distinguez-vous, selon le modèle évangélique, par votre humilité et votre cohérence, en faisant fructifier vos talents au service du bien commun et en privilégiant les personnes les plus faibles et les plus déshéritées. Le respect des droits de chacun, même si les convictions personnelles sont différentes, est le présupposé de toute coexistence authentiquement humaine.
Vivez un profond et effectif esprit de communion entre vous et avec tous, en vous inspirant de ce que les Actes des Apôtres attestent de la première communauté des croyants (Ac 2, 44-45; 4, 32). Vous devez témoigner de la charité, que vous alimentez à la Table eucharistique, dans l'amour fraternel et dans le service aux pauvres, aux malades, aux exclus. Soyez des artisans de rencontre, de réconciliation et de paix entre personnes et groupes différents, en cultivant le dialogue authentique, afin que la vérité apparaisse toujours.
7. Aimez la famille! Défendez et promouvez cette cellule fondamentale de l'organisme social; ayez soin de ce sanctuaire primordial de la vie. Accompagnez avec sollicitude le chemin des fiancés et des jeunes époux, afin qu'ils constituent, pour leurs enfants et toute la communauté, un signe éloquent de l'amour de Dieu.
... j'ai répétée à plusieurs reprises en ce début de millénaire: Duc in altum!
Livre d'Amos 8,4-7.
RispondiEliminaÉcoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays,
car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances.
Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
Le Seigneur le jure par la Fierté de Jacob : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.
Psaume 113(112)
Louez, serviteurs du Seigneur,
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !
Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Lui, il siège là-haut.
Il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre.
De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes,
parmi les princes de son peuple.
Première lettre de saint Paul Apôtre
à Timothée 2,1-8.
Bien-aimé, j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes,
pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.
Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur,
car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité.
En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus,
qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. Aux temps fixés, il a rendu ce témoignage,
pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’apôtre – je dis vrai, je ne mens pas – moi qui enseigne aux nations la foi et la vérité.
Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute.
Évangile de Jésus-Christ selon
saint Luc 16,1-13.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.”
Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.”
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?”
Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.”
Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.”
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »
Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
PAROLES DU SAINT PÈRE
RispondiEliminaNous sommes appelés à répondre à cette ruse mondaine par la ruse chrétienne, qui est un don de l’Esprit Saint. Il s’agit de s’éloigner de l’esprit et des valeurs du monde, qui plaisent tant au démon, pour vivre selon l’Évangile. Et la mondanité, comment se manifeste-t-elle? La mondanité se manifeste par des attitudes de corruption, de tromperie, d’abus, et constitue la voie la plus fausse, la voie du péché, parce que l’une te conduit à l’autre! C’est comme une chaîne, même si — c’est vrai — c’est la voie la plus commode à parcourir, généralement. Au contraire, l’esprit de l’Évangile exige un style de vie sérieux — sérieux mais joyeux, plein de joie! (Angélus, 18 septembre 2016)
FAUSTI - La parabole du chapitre 15 dit combien Celui ,qui est bienveillant envers tous les malheureux et les méchants, fait pour nous. Cela répond à la question : "Que devons-nous faire", appelés à devenir comme Lui ?
RispondiEliminaLa réponse est implicite dans les deux termes utilisés pour désigner Dieu et l'homme, appelés respectivement le Seigneur et l'administrateur.
Mais l'homme est un administrateur injuste, parce qu'il a maîtrisé ce qui n'est pas à lui.
Mais maintenant il connaît Dieu : il sait que tout Il donne et que tout pardonne. Par conséquent, il sait aussi "quoi faire".
Remettre ce qui n'est pas à lui, après tout. La scène a toujours lieu à cette table où Jésus mange avec les pécheurs. Après avoir révélé le cœur du Père au "juste" qui le critique, il révèle maintenant à ses disciples le juste usage des biens du monde.
Qui sait que le jugement de Dieu en Jésus n'est plus comme le sot propriétaire qui se trompe quand il sait "quoi faire". Illuminé par la sagesse de l'Evangile, est comme le fidèle et sage administrateur associé à la gloire du Seigneur. Le centre du passage est l'éloge de l'administrateur, ce qui résulte en dans l' exhortation à agir comme lui. La parabole nous enseigne que même les biens matériels doivent être gérés tels qu'ils sont, selon leur nature de dons.
Luc sait que ce que nous avons accumulé est le fruit de l'injustice ; nous ne l'avons pas fait correctement par pur amour de Dieu et du prochain.
Il sait aussi que nous continuons à vivre dans un monde qui avance sur la même voie.
Dans une telle situation, nous sommes appelés à vivre avec le critère opposé à celui de l'égoïsme.
Nous avons compris "quoi faire". Les biens sont un don du Père à partager entre nos frères et sœurs.
Cette parabole déconcerte un peu les lecteurs et commentateurs. Cela semble obscur.
En réalité, c'est clair : le Seigneur a loué le sage administrateur qui a commencé à donner, comme Il a blâmé la sottise du maître insipide qui a continué à faire ses réserves.
L'histoire est probablement dérivée d'un fait de actualité : un administrateur, accusé d'une cupidité excessive devenue insoutenable, trouve opportun commencer un nouveau type de voie dans la relation, celle du don.Il en aura besoin pour vivre quand son administration sera terminée.
Cette ruse de l'un des enfants de ce monde, nous révèle la vraie sagesse qui aux soi-disant enfants de lumière manque et illustre le thème de la miséricorde, cher à Luc : ceux qui pardonnent, seront pardonnés, à ceux qui donnent, il sera donné. Nous savons aussi que la charité couvre une multitude de péchés, parce que celui qui donne aux pauvres, fait un prêt à Dieu (Pr 19,17). C'est pourquoi "mieux vaut faire l'aumône que mettre de l'or de côté". En effet, "sauve de la mort et purifie-toi de tout péché" (Tb 12,9).
La foi en Dieu se joue dans la fidélité à ce qu'Il nous a confié.
Il y a un fausse ruse qui nous fait placer notre confiance, plutôt que dans le Créateur, dans les créatures.
C'est une perversion qui fait des moyens le fin, et nous réduit à les servir au lieu de les utiliser.
La vraie ruse est de ceux qui savent que tout ce qui est au monde c' est un don de Dieu, et c'est un moyen d'entrer en communion avec le Père et avec les frères et sœurs. En effet, "sauve de la mort et purifie-toi de tout péché" (Tb 12,9).
La foi en Dieu se joue dans la fidélité à ce qu'Il nous a confié.
Il y a un faux tour qui nous fait placer notre confiance, plutôt que dans le Créateur, dans les créatures.
C'est une perversion qui fait des moyens le fin, et nous réduit à les servir au lieu de les utiliser.
La vraie ruse est de ceux qui savent que tout ce qui est au monde est un don de Dieu, et c'est un moyen d'entrer en communion avec le Père et avec leurs frères et sœurs.
C'est pourquoi il vit dans l'action de grâce et dans l'esprit du partage.
L'échec de l'homme consiste en l' aimer ce qui n'est pas l'objet de son cœur.
BENOÎT XVI
RispondiEliminaANGÉLUS
Dimanche 16 septembre 2007
Aujourd'hui, la liturgie nous propose de méditer à nouveau sur le chapitre 15 de l'Évangile de Luc, l'une des pages les plus importantes et les plus émouvantes de toute l'Écriture Sainte. Il est beau de penser que dans le monde entier, partout où la communauté chrétienne se rassemble pour célébrer l'Eucharistie du dimanche, retentit en ce jour cette Bonne Nouvelle de vérité et de salut : Dieu est amour miséricordieux. L'évangéliste Luc a réuni dans ce chapitre trois paraboles sur la miséricorde divine : les deux plus brèves, qu'il a en commun avec Matthieu et Marc, sont celles de la brebis égarée et de la drachme perdue ; la troisième, plus longue et développée, et propre à lui seul, est la célèbre parabole du Père miséricordieux, dite traditionnellement de l'"enfant prodigue". Dans cette page évangélique, on a presque l'impression d'entendre la voix de Jésus, qui nous révèle le visage de son Père et de notre Père. Au fond, c'est pour cela qu'il est venu au monde, pour nous parler du Père, pour nous le faire connaître, à nous, enfants égarés, et susciter à nouveau dans nos cœurs la joie de lui appartenir, l'espérance d'être pardonnés et de retrouver notre pleine dignité, le désir d'habiter pour toujours dans sa maison, qui est également notre maison.
Jésus raconta les trois paraboles de la miséricorde parce que les Pharisiens et les scribes le critiquaient, voyant qu'il se laissait approcher par les pécheurs et qu'il mangeait même avec eux (cf. Lc 15, 1-3). Alors, Il expliqua, avec son langage typique, que Dieu ne veut pas que même un seul de ses enfants se perde et que son âme déborde de joie lorsqu'un pécheur se convertit. La véritable religion consiste alors à entrer en harmonie avec ce Cœur "riche de miséricorde", qui nous demande d'aimer chacun, même ceux qui sont éloignés et nos ennemis, à l'image du Père céleste qui respecte la liberté de chacun et attire tous à lui à travers la force invincible de sa fidélité. Telle est la voie que Jésus montre à ceux qui veulent être ses disciples : "Ne jugez pas... Ne condamnez pas... remettez et il vous sera remis; donnez et l'on vous donnera... Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant" (Lc 6, 36-38). Nous trouvons dans ces paroles des indications très concrètes pour notre comportement quotidien de croyants.
À notre époque, l'humanité a besoin que soit proclamée et témoignée avec force la miséricorde de Dieu. Le bien-aimé Jean-Paul II, qui fut un grand Apôtre de la Miséricorde, perçut cette urgence pastorale de façon prophétique. Il consacra sa deuxième Encyclique au Père miséricordieux et tout au long de son Pontificat, il se fit missionnaire de l'amour de Dieu auprès de toutes les nations. Après les tragiques événements du 11 septembre 2001, qui obscurcissent l'aube du troisième millénaire, il invita les chrétiens et les hommes de bonne volonté à croire que la Miséricorde de Dieu est plus forte que tout mal, et que ce n'est que dans la Croix du Christ que se trouve le salut du monde. Que la Vierge Marie, Mère de Miséricorde, que nous avons contemplée hier dans la Vierge des Douleurs au pied de la Croix, nous obtienne le don de placer toujours notre confiance dans l'amour de Dieu et qu'elle nous aide à être miséricordieux comme notre Père qui est aux cieux.
PAPE FRANÇOIS
RispondiEliminaANGÉLUS
Dimanche 18 -9- 2016
Aujourd’hui, Jésus nous fait réfléchir sur deux styles de vie opposés : le style mondain et le style de l’Évangile. L’esprit du monde n’est pas l’esprit de Jésus. Et il le fait à travers le récit de la parabole de l’administrateur infidèle et corrompu, qui est loué par Jésus malgré sa malhonnêteté (cf. Lc 16, 1-13). Il faut préciser tout de suite que cet administrateur n’est pas présenté comme un modèle à suivre, mais comme un exemple de fourberie. Cet homme est accusé de la mauvaise gestion des affaires de son maître et, avant d’être renvoyé, il cherche habilement à s’attirer la bienveillance des débiteurs, en leur remettant une partie de leur dette pour assurer ainsi son avenir. En commentant ce comportement, Jésus observe : « Les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière » (v. 8).
Nous sommes appelés à répondre à cette ruse mondaine par la ruse chrétienne, qui est un don de l’Esprit Saint. Il s’agit de s’éloigner de l’esprit et des valeurs du monde, qui plaisent tant au démon, pour vivre selon l’Évangile. Et la mondanité, comment se manifeste-t-elle? La mondanité se manifeste par des attitudes de corruption, de tromperie, d’abus, et constitue la voie la plus fausse, la voie du péché, parce que l’une te conduit à l’autre! C’est comme une chaîne, même si — c’est vrai — c’est la voie la plus commode à parcourir, généralement. Au contraire, l’esprit de l’Évangile exige un style de vie sérieux — sérieux mais joyeux, plein de joie! —, sérieux et difficile, caractérisé par l’honnêteté, la correction, le respect des autres et de leur dignité, le sens du devoir. C’est cela, la ruse chrétienne!
Le parcours de la vie comporte nécessairement un choix entre deux chemins : entre honnêteté et malhonnêteté, entre fidélité et infidélité, entre égoïsme et altruisme, entre bien et mal. On ne peut pas osciller entre l’un et l’autre, car ils suivent des logiques différentes et opposées. Le prophète Elie disait au peuple d’Israël qui marchait sur ces deux chemins : « Mais vous boitez des deux pieds! » (cf. 1 R 18, 21). C’est une belle image. Il est important de décider quelle direction prendre et puis, une fois le juste chemin choisi, de marcher avec élan et détermination, en se confiant à la grâce du Seigneur et au soutien de l’Esprit. La conclusion du passage évangélique est forte et catégorique : « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre » (Lc 16, 13).
A travers cet enseignement, Jésus nous exhorte aujourd’hui à faire un choix clair entre l’esprit du monde et Lui, entre la logique de la corruption, de l’abus et de l’avidité et celle de la rectitude, de la douceur et du partage. Certains se comportent avec la corruption comme avec les drogues: ils pensent pouvoir l’utiliser et arrêter quand ils veulent. On commence par peu de choses: un pourboire par-ci, un pot-de-vin par-là... Et entre l’un et l’autre, lentement, on perd sa liberté. La corruption aussi produit une accoutumance, et engendre la pauvreté, l’exploitation, la souffrance. Combien de victimes y a-t-il aujourd’hui dans le monde! Combien de victimes de cette corruption répandue. Quand, en revanche, nous cherchons à suivre la logique évangélique de l’intégrité, de la limpidité dans les intentions et dans les comportements, de la fraternité, nous devenons artisans de justice et nous ouvrons des horizons d’espérance pour l’humanité. Dans la gratuité et dans le don de nous-mêmes à nos frères, nous servons le maître juste : Dieu.
Que la Vierge Marie nous aide à choisir en toute occasion et à tout prix le chemin juste, en trouvant également le courage d’aller à contre-courant, pour suivre Jésus et son Évangile.
VISITE PASTORALE AU KAZAKHSTAN HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II
RispondiElimina23 septembre 2001
1. "Car Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même, qui s'est livré en rançon pour tous" (1 Tm 2, 5).
Dans cette expression de l'Apôtre Paul, tirée de la Lettre à Timothée, est contenue la vérité centrale de la foi chrétienne. Je suis heureux de pouvoir aujourd'hui vous l'annoncer, très chers frères et soeurs du Kazakhstan. Je suis en effet venu parmi vous comme apôtre et témoin du Christ; je suis venu parmi vous comme l'ami de chaque homme de bonne volonté. A tous et à chacun, je viens offrir la paix et l'amour de Dieu le Père, Fils et Esprit Saint.
Je connais votre histoire. Je connais les souffrances auxquelles un grand nombre d'entre vous ont été soumis, lorsque le régime totalitaire qui a précédé les a arrachés à leur terre d'origine et les a déportés ici dans des situations d'immenses difficultés et de privations. Je suis heureux de pouvoir me trouver ici aujourd'hui parmi vous, pour vous dire que le coeur du Pape est proche de vous.
Chers frères dans l'épiscopat et le sacerdoce, j'embrasse avec affection chacun de vous. Je salue.....
2. "Car Dieu est unique". L'Apôtre affirme tout d'abord l'unicité absolue de Dieu. Les chrétiens ont hérité cette vérité des fils d'Israël et ils la partagent avec les fidèles musulmans: c'est la foi dans l'unique Dieu, "Seigneur du ciel et de la terre" (Lc 10, 21), tout-puissant et miséricorideux.
Au nom de cet unique Dieu, je m'adresse au peuple aux antiques et profondes traditions religieuses, qui vit au Kazakhstan. Je m'adresse également à ceux qui n'adhèrent pas à une foi religieuse et à ceux qui sont à la recherche de la vérité. Je voudrais leur répéter les célèbres paroles de saint Paul, que j'ai eu la joie de réécouter au mois de mai dernier sur l'aréopage d'Athènes: "Dieu n'est pas loin de chacun de nous. C'est en lui en effet que nous avons la vie, le mouvement et l'être" (fc. Ac 17, 27-28). Il me revient à l'esprit ce qu'écrivit votre grand poète Abai Kunanbai: "Peut-on douter de son existence / si chaque chose sur la terre en est le témoignage?" (Poésie 14).
3. "Unique aussi est le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus" Après avoir indiqué le mystère de Dieu, l'Apôtre tourne son regard vers le Christ, unique médiateur du salut. Une médiation - souligne Paul dans une autre de ses lettres - qui s'est réalisée dans la pauvreté: "Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, de riche qu'il était" .
Jésus "ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu" (Ph 2, 6); il ne voulut pas se présenter à notre humanité, qui est fragile et indigente, avec son écrasante supériorité. S'il l'avait fait, il n'aurait pas obéi à la logique de Dieu, mais à celle des puissants de ce monde, dénoncée sans détours par les prophètes d'Israël, comme Amos, dans le livre duquel la première lecture d'aujourd'hui a été tirée .
La vie de Jésus a été cohérente avec le dessein salvifique du Père, "lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité" (1 Tm 2, 4). Il a fidèlement témoigné de cette volonté, en se livrant "en rançon pour tous". En se donnant tout entier par amour, il nous a procuré l'amitié avec Dieu, perdue à cause du péché. Il nous suggère à nous aussi cette "logique de l'amour", en nous demandant de l'appliquer en particulier à travers la générosité envers les indigents. Il s'agit d'une logique qui peut rassembler les chrétiens et les musulmans, en les engageant à construire ensemble la "civilisation de l'amour". Il s'agit d'une logique qui dépasse toutes les ruses de ce monde et qui nous permet de nous procurer des amis véritables, qui nous accueillent "dans les demeures éternelles" dans la "patrie" du Ciel.
-->4. La patrie de l'humanité est le Royaume de Dieu!....Comme enseigne le Concile Vatican II, il existe un rapport entre l'histoire humaine et le Royaume de Dieu, entre les réalisations partielles de la coexistence civile et l'objectif ultime auquel, sur une libre initiative de Dieu, l'humanité est appelée ( Gaudium et spes).
RispondiEliminaLe 10^ anniversaire de l'indépendance du Kazakhstan, nous conduit à réfléchir dans cette perspective. Quel rapport existe-t-il entre cette patrie terrestre avec ses valeurs et ses objectifs, et la patrie céleste, dans laquelle, en surmontant toute injustice et conflit, la famille humaine tout entière est appelée à entrer? La réponse du Concile est illuminante: "C'est pourquoi, s'il faut soigneusement distinguer le progrès terrestre de la croissance du Royaume du Christ, ce progrès à cependant beaucoup d'importance pour le Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société humaine" .
5. Les chrétiens sont à la fois des habitants du monde et des citoyens du Royaume des cieux. Ils s'engagent sans réserves à l'édification de la société terrestre, mais ils restent orientés vers les biens éternels, se référant presque à un modèle supérieur, transcendant, afin de le réaliser toujours davantage et toujours mieux dans l'existence de chaque jour.
Le christianisme n'est pas une aliénation de l'engagement sur terre. Si parfois, dans certaines situations particulières, il donne cette impression, cela est dû à l'incohérence de nombreux chrétiens. En réalité, le christianisme authentiquement vécu est comme un levain pour la société: il la fait croître et mûrir sur le plan humain et l'ouvre à la dimension transcendante du Royaume du Christ, une réalisation parfaite de l'humanité nouvelle.
2 ^ Lecture : C'est ce que nous désirons faire au cours de cette célébration en priant pour le Kazakhstan et ses habitants, afin que ce grand pays, dans la variété de ses composantes ethniques, culturelles et religieuses, progresse dans la justice, dans la solidarité et dans la paix. Qu'il progresse notamment grâce à la collaboration de chrétiens et de musulmans, engagés chaque jour, côte-à-côte, dans l'humble recherche de la volonté de Dieu.
6. La prière doit toujours être accompagnée d'oeuvres cohérentes. L'Eglise, fidèle à l'exemple du Christ, ne sépare jamais l'évangélisation de la promotion humaine, et exhorte ses fidèles à être, dans chaque milieu, des promoteurs de renouveau et de progrès sociale.
Très chers... puisse la "Mère Patrie" du Kazakhstan trouver en vous des fils pieux et zélés, fidèles au patrimoine spirituel et culturel hérité des pères et capables de l'adapter aux nouvelles exigences.
Distinguez-vous, selon le modèle évangélique, par votre humilité et votre cohérence, en faisant fructifier vos talents au service du bien commun et en privilégiant les personnes les plus faibles et les plus déshéritées. Le respect des droits de chacun, même si les convictions personnelles sont différentes, est le présupposé de toute coexistence authentiquement humaine.
Vivez un profond et effectif esprit de communion entre vous et avec tous, en vous inspirant de ce que les Actes des Apôtres attestent de la première communauté des croyants (Ac 2, 44-45; 4, 32). Vous devez témoigner de la charité, que vous alimentez à la Table eucharistique, dans l'amour fraternel et dans le service aux pauvres, aux malades, aux exclus. Soyez des artisans de rencontre, de réconciliation et de paix entre personnes et groupes différents, en cultivant le dialogue authentique, afin que la vérité apparaisse toujours.
7. Aimez la famille! Défendez et promouvez cette cellule fondamentale de l'organisme social; ayez soin de ce sanctuaire primordial de la vie. Accompagnez avec sollicitude le chemin des fiancés et des jeunes époux, afin qu'ils constituent, pour leurs enfants et toute la communauté, un signe éloquent de l'amour de Dieu.
... j'ai répétée à plusieurs reprises en ce début de millénaire: Duc in altum!