Livre de la Sagesse 11,22-26.12,1-2. Seigneur, le monde entier est devant toi comme un rien sur la balance, comme la goutte de rosée matinale qui descend sur la terre. Pourtant, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent. Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres ; si tu avais haï quoi que ce soit, tu ne l’aurais pas créé. Comment aurait-il subsisté, si tu ne l’avais pas voulu ? Comment serait-il resté vivant, si tu ne l’avais pas appelé ? En fait, tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes les vivants, toi dont le souffle impérissable les anime tous. Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et croient en toi, Seigneur. Psaume 145(144),1-2.8-9.10-11.13cd-14. Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais.
Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres.
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits.
Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit, fidèle en tout ce qu'il fait. Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés. Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1,11-12.2,1-2. Frères, nous prions pour vous à tout moment afin que notre Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé ; par sa puissance, qu’il vous donne d’accomplir tout le bien que vous désirez, et qu’il rende active votre foi. Ainsi, le nom de notre Seigneur Jésus sera glorifié en vous, et vous en lui, selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ. Frères, nous avons une demande à vous faire à propos de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui : si l'on nous attribue une inspiration, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n'allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. » Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,1-10. En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
FAUSTI - La rencontre entre Jésus et Zachée apporte le salut, impossible pour tous, mais pas pour Dieu, avec qui "rien n'est impossible" (1, 37). Enfin, le désir de l'homme de voir le Fils de l'homme remplit son "devoir" de demeurer et de reposer avec lui. Enfin, Dieu et l'homme trouvent un foyer l'un dans l'autre et peuvent cesser leurs travaux. C'est le face à face avec le Sauveur, auquel chacun est appelé. Anticipée maintenant par un seul, elle s'étendra alors à tous, jusqu'aux extrémités de la terre. En Zachée (=Dieu se souvient) ce Dieu qui pourvoit aussi aux besoins des petits corbeaux qui crient vers Lui (S 147,9) se souvient de chacun, aussi petit et impur soit-il, et le purifie, afin qu'il puisse faire le saint chemin. Chaque Parole est allusive et permet à chacun des thèmes chers à l'évangéliste du salut universel de résonner, de ceux de la crèche de Bethléem à ceux du bois du Calvaire. Le centre est le "désir de voir" de Zachée et le regard de Jésus sur lui. De cette rencontre des regards jaillit aujourd'hui le salut : le Sauveur naît dans le cœur de l'homme pour qui il est mort. Zachée, irrécupérable par excellence, trouva le Fils de l'Homme, venu chercher ce qui était perdu : "il faut" que "aujourd'hui" et "vite" "demeure" "dans ta maison". L'insurmontable a la seule prérogative nécessaire au salut : il voit sa propre misère et "essaie de voir passer" la Miséricorde du Seigneur. C'est le principe de toute illumination. Zachée - une figure d'Adam qui s'est caché de la face de son Seigneur - est un Jéricho inexpugnable. Jésus s'approche d'abord de lui et guérit son œil, toujours malade d'envie mortelle. Il peut alors voir Son regard qui séduit tout le monde. Après avoir ouvert la fenêtre de son cœur, il y entra et prit possession de lui. De même que l'aveugle a levé les yeux vers son Seigneur, de même Celui qui est devenu le plus petit de tous lève les yeux vers Zachée. Aussi petit qu'il soit, il est toujours plus haut que lui, comme tous ses disciples. En fait, il s'est humilié plus que tout, afin de pouvoir servir tout le monde. Seuls les humbles rencontrent Dieu, parce que Dieu est Humble. L'amour fait que l'autre soit consideré supérieur à lui-même. (Phil 2:3). Nicolas de Flue, à la fin de sa vision de Jésus, le pèlerin qui supplie l'homme de l'aimer, écrit : "Quand le pèlerin était à quatre pas, il se retourna. Il avait son chapeau sur la tête (dans lequel il avait déjà reçu l'aumône de Nicolas) ; il l'enleva et s'inclina devant l'homme (Nicolas lui-même). Alors l'homme comprit l'amour que le Pèlerin avait pour lui, et il fut choqué, voyant qu'il n'en était pas digne. Il savait par l'Esprit que le visage du Pèlerin, ses yeux, tout son Corps, étaient remplis d'une humilité pleine d'Amour, comme un vase si plein de miel qu'il ne pouvait en ajouter une goutte. A ce moment-là, il ne voyait plus le Pèlerin. Mais elle était tellement payée qu'elle n'attendait plus rien. Il lui semblait que tout ce qui était au ciel et sur la terre lui avait été révélé. Le grand mystère sur lequel nous devons être éclairés est l'humilité de Dieu que Jésus nous révèle pour nous sauver. Nous avons tous une maison pour accueillir Jésus. Dieu est pure acceptation, et tout ce que Dieu cherche, c'est d'être accepté. Le Père dans le Fils accueille tous, et tous ceux qui accueillent le Fils sont avec Lui accueillis dans le Père. La sixième œuvre de Jésus - celle qui rend à l'homme sa nature originelle - est de lui ouvrir sa main fermée et rétrécie, afin qu'il puisse recevoir le Don de Dieu, Dieu Lui-même. Toute la Bible raconte la recherche de Dieu pour l'homme. Dans Son Amour, Il se dépouille de tout, même de Lui-même et s'abaisse à toute humiliation pour le trouver. Mais il ne peut trouver que ceux qui Le cherchent déjà. Et seuls ceux qui ont déjà été trouvés et guéris par Lui dans les yeux Le cherchent, afin qu'ils Le désirent. Maintenant Jésus peut entrer à Jérusalem et faire ce qu'Il est venu faire. Zachée en est l'anticipation.
BENOÎT XVI ANGÉLUS 31 octobre 2010 L'Évangéliste saint Luc réserve une attention particulière au thème de la miséricorde de Jésus. Nous trouvons en effet dans son récit certains épisodes qui mettent en relief l'amour miséricordieux de Dieu et du Christ, qui affirme être venu appeler non les justes mais les pécheurs (cf. Lc 5, 32). Parmi les récits typiques de Luc se trouve celui de la conversion de Zachée, qu'on lit lors de la liturgie de ce dimanche. Zachée est un « publicain », ou plutôt le chef des publicains de Jéricho, une ville importante près du Jourdain. Les publicains étaient les percepteurs des impôts que les juifs devaient payer à l'empereur romain, et pour cette raison déjà ils étaient considérés comme des pécheurs publics. En outre, ils profitaient souvent de leur position pour extorquer de l'argent aux personnes. C'est pourquoi Zachée était très riche, mais méprisé de ses concitoyens. Par conséquent, lorsque en traversant Jéricho, Jésus s'arrête justement chez Zachée, il suscite un scandale général. Mais le Seigneur savait très bien ce qu'il faisait. Il a en quelque sorte voulu prendre le risque et il a gagné son pari : profondément touché par la visite de Jésus, Zachée décide de changer de vie et promet de rendre le quadruple de ce qu'il a volé. Jésus dit : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison », et il conclut : « Le Fils de l'homme est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu ». Dieu n'exclut personne, ni les pauvres ni les riches. Dieu ne se laisse pas conditionner par nos préjugés humains, mais il voit en chacun une âme à sauver et il est spécialement attiré par celles qui sont considérées comme perdues et qui se considèrent comme telles. Jésus Christ, incarnation de Dieu, a manifesté cette immense miséricorde, qui n'enlève rien à la gravité du péché, mais vise toujours à sauver le pécheur, et à lui offrir la possibilité de se racheter, de recommencer à zéro, de se convertir. Dans un autre passage de l'Évangile, Jésus affirme qu'il est très difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux (cf. Mt 19, 23). Dans le cas de Zachée, nous voyons justement que ce qui semble impossible se réalise : « Il a donné sa richesse, commente saint Jérôme, et il l'a immédiatement remplacée par la richesse du Royaume des cieux » (Homélie sur le Psaume 83, 3). Et saint Maxime de Turin ajoute : « Pour les sots, les richesses alimentent la malhonnêteté, pour les sages au contraire, elles aident à la vertu : à ceux-ci, elles offrent une occasion de salut, aux autres un obstacle qui les perd » (Sermons, 95). Chers amis, Zachée a accueilli Jésus et s'est converti, parce que Jésus l'avait, le premier, accueilli chez lui ! Il ne l'avait pas condamné, mais il était allé au-devant de son désir de salut. Prions la Vierge Marie, modèle parfait de communion avec Jésus, afin que nous aussi nous puissions faire l'expérience de la joie d'être visités par le Fils de Dieu, d'être renouvelés par son amour, et de transmettre aux autres sa miséricorde.
PAPE FRANÇOIS ANGÉLUS 3 novembre 2019 L’Evangile d’aujourd’hui (cf. Lc 19, 1-10) nous place à la suite de Jésus, qui sur son chemin vers Jérusalem, fait étape à Jéricho. Il y avait une grande foule pour l’accueillir, parmi laquelle un homme du nom de Zachée, chef des «publicains», c’est-à-dire de ces juifs qui recevaient les taxes pour le compte de l’empire romain. Il était riche, non pas grâce à un revenu honnête, mais parce qu’il prenait des «pot-de-vin», et cela ne faisait qu’accroître le mépris à son égard. Zachée «cherchait à voir qui était Jésus » (v. 3); il ne voulait pas le rencontrer, mais il était curieux: il voulait voir ce personnage dont il avait entendu dire des choses extraordinaires. Il était curieux. Et étant petit de nature, «pour voir Jésus» (v. 4) il monte sur un arbre. Quand Jésus s’approche, il lève le regard et le voit (cf. v. 5). Et cela est important: le premier regard n’est pas celui de Zachée, mais de Jésus, qui parmi tant de visages qui l’entouraient — la foule — cherche justement celui-là. Le regard miséricordieux du Seigneur nous rejoint avant que nous nous rendions compte que nous en avions besoin pour être sauvés. Et avec ce regard du divin Maître, commence le miracle de la conversion du pécheur. En effet, Jésus l’appelle, et il l’appelle par son nom: «Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi» (v. 5). Il ne le réprimande pas, il ne lui fait pas de «sermon»; il lui dit qu’il doit aller chez lui: «il faut», parce que c’est la volonté du Père. Malgré les murmures des gens, Jésus choisit de s’arrêter dans la maison de ce publicain pécheur. Nous aussi aurions été scandalisés par ce comportement de Jésus. Mais le mépris et la fermeture envers le pécheur ne font que l’isoler et le pousser au mal qu’il accomplit contre lui-même et contre la communauté. Au contraire, Dieu condamne le péché, mais cherche à sauver le pécheur, il va le chercher pour le ramener sur le juste chemin. Qui ne s’est jamais senti cherché par la miséricorde de Dieu, a du mal à comprendre la grandeur extraordinaire des gestes et des paroles avec lesquels Jésus aborde Zachée. L’accueil et l’attention de Jésus à son égard conduisent cet homme à un net changement de mentalité: en un instant, il se rend compte de la mesquinerie d’une vie entièrement occupée par l’argent, passée à voler les autres et à recevoir leur mépris. Avoir le Seigneur là, chez lui, lui fait voir tout avec des yeux différents, et aussi avec un peu de la tendresse avec laquelle Jésus l’a regardé. Et sa façon de voir et d’utiliser l’argent change aussi: au geste d’empocher, se substitue celui de donner. En effet, il décide de donner la moitié de ce qu’il possède aux pauvres et de rendre le quadruple à ceux qu’il a volés (cf. v. 8). Zachée découvre de Jésus qu’il est possible d’aimer gratuitement: jusqu’alors, il était avare, à présent, il devient généreux; il avait le goût d’amasser, à présent, il se réjouit de distribuer. En rencontrant l’Amour, en découvrant qu’il est aimé malgré ses péchés, il devient capable d’aimer les autres, en faisant de l’argent un signe de solidarité et de communion. Que la Vierge Marie nous obtienne la grâce de sentir toujours sur nous le regard miséricordieux de Jésus, pour aller avec miséricorde à la rencontre de ceux qui se sont trompés, afin qu’eux aussi puissent accueillir Jésus, qui «est venu chercher et sauver ce qui était perdu» (v. 10).
Livre de la Sagesse 11,22-26.12,1-2.
RispondiEliminaSeigneur, le monde entier est devant toi comme un rien sur la balance, comme la goutte de rosée matinale qui descend sur la terre.
Pourtant, tu as pitié de tous les hommes, parce que tu peux tout. Tu fermes les yeux sur leurs péchés, pour qu’ils se convertissent.
Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres ; si tu avais haï quoi que ce soit, tu ne l’aurais pas créé.
Comment aurait-il subsisté, si tu ne l’avais pas voulu ? Comment serait-il resté vivant, si tu ne l’avais pas appelé ?
En fait, tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes les vivants,
toi dont le souffle impérissable les anime tous.
Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et croient en toi, Seigneur.
Psaume 145(144),1-2.8-9.10-11.13cd-14.
Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi,
je bénirai ton nom toujours et à jamais !
Chaque jour je te bénirai,
je louerai ton nom toujours et à jamais.
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.
Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1,11-12.2,1-2.
Frères, nous prions pour vous à tout moment afin que notre Dieu vous trouve dignes de l’appel qu’il vous a adressé ; par sa puissance, qu’il vous donne d’accomplir tout le bien que vous désirez, et qu’il rende active votre foi.
Ainsi, le nom de notre Seigneur Jésus sera glorifié en vous, et vous en lui, selon la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ.
Frères, nous avons une demande à vous faire à propos de la venue de notre Seigneur Jésus Christ et de notre rassemblement auprès de lui :
si l'on nous attribue une inspiration, une parole ou une lettre prétendant que le jour du Seigneur est arrivé, n'allez pas aussitôt perdre la tête, ne vous laissez pas effrayer. »
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,1-10.
En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
FAUSTI - La rencontre entre Jésus et Zachée apporte le salut, impossible pour tous, mais pas pour Dieu, avec qui "rien n'est impossible" (1, 37). Enfin, le désir de l'homme de voir le Fils de l'homme remplit son "devoir" de demeurer et de reposer avec lui.
RispondiEliminaEnfin, Dieu et l'homme trouvent un foyer l'un dans l'autre et peuvent cesser leurs travaux.
C'est le face à face avec le Sauveur, auquel chacun est appelé.
Anticipée maintenant par un seul, elle s'étendra alors à tous, jusqu'aux extrémités de la terre.
En Zachée (=Dieu se souvient) ce Dieu qui pourvoit aussi aux besoins des petits corbeaux qui crient vers Lui
(S 147,9) se souvient de chacun, aussi petit et impur soit-il, et le purifie, afin qu'il puisse faire le saint chemin. Chaque Parole est allusive et permet à chacun des thèmes chers à l'évangéliste du salut universel de résonner, de ceux de la crèche de Bethléem à ceux du bois du Calvaire.
Le centre est le "désir de voir" de Zachée et le regard de Jésus sur lui.
De cette rencontre des regards jaillit aujourd'hui le salut : le Sauveur naît dans le cœur de l'homme pour qui il est mort.
Zachée, irrécupérable par excellence, trouva le Fils de l'Homme, venu chercher ce qui était perdu : "il faut" que "aujourd'hui" et "vite" "demeure" "dans ta maison".
L'insurmontable a la seule prérogative nécessaire au salut : il voit sa propre misère et "essaie de voir passer" la Miséricorde du Seigneur.
C'est le principe de toute illumination.
Zachée - une figure d'Adam qui s'est caché de la face de son Seigneur - est
un Jéricho inexpugnable.
Jésus s'approche d'abord de lui et guérit son œil, toujours malade d'envie mortelle.
Il peut alors voir Son regard qui séduit tout le monde.
Après avoir ouvert la fenêtre de son cœur, il y entra et prit possession de lui.
De même que l'aveugle a levé les yeux vers son Seigneur, de même Celui qui est devenu le plus petit de tous lève les yeux vers Zachée. Aussi petit qu'il soit, il est toujours plus haut que lui, comme tous ses disciples. En fait, il s'est humilié plus que tout, afin de pouvoir servir tout le monde.
Seuls les humbles rencontrent Dieu, parce que Dieu est Humble.
L'amour fait que l'autre soit consideré supérieur à lui-même. (Phil 2:3).
Nicolas de Flue, à la fin de sa vision de Jésus, le pèlerin qui supplie l'homme de l'aimer, écrit : "Quand le pèlerin était à quatre pas, il se retourna. Il avait son chapeau sur la tête (dans lequel il avait déjà reçu l'aumône de Nicolas) ; il l'enleva et s'inclina devant l'homme (Nicolas lui-même). Alors l'homme comprit l'amour que le Pèlerin avait pour lui, et il fut choqué, voyant qu'il n'en était pas digne.
Il savait par l'Esprit que le visage du Pèlerin, ses yeux, tout son Corps, étaient remplis d'une humilité pleine d'Amour, comme un vase si plein de miel qu'il ne pouvait en ajouter une goutte.
A ce moment-là, il ne voyait plus le Pèlerin.
Mais elle était tellement payée qu'elle n'attendait plus rien. Il lui semblait que tout ce qui était au ciel et sur la terre lui avait été révélé.
Le grand mystère sur lequel nous devons être éclairés est l'humilité de Dieu que Jésus nous révèle pour nous sauver.
Nous avons tous une maison pour accueillir Jésus.
Dieu est pure acceptation, et tout ce que Dieu cherche, c'est d'être accepté.
Le Père dans le Fils accueille tous, et tous ceux qui accueillent le Fils sont avec Lui accueillis dans le Père. La sixième œuvre de Jésus - celle qui rend à l'homme sa nature originelle - est de lui ouvrir sa main fermée et rétrécie, afin qu'il puisse recevoir le Don de Dieu, Dieu Lui-même.
Toute la Bible raconte la recherche de Dieu pour l'homme.
Dans Son Amour, Il se dépouille de tout, même de Lui-même et s'abaisse à toute humiliation pour le trouver.
Mais il ne peut trouver que ceux qui Le cherchent déjà.
Et seuls ceux qui ont déjà été trouvés et guéris par Lui dans les yeux Le cherchent, afin qu'ils Le désirent.
Maintenant Jésus peut entrer à Jérusalem et faire ce qu'Il est venu faire.
Zachée en est l'anticipation.
BENOÎT XVI ANGÉLUS 31 octobre 2010
RispondiEliminaL'Évangéliste saint Luc réserve une attention particulière au thème de la miséricorde de Jésus. Nous trouvons en effet dans son récit certains épisodes qui mettent en relief l'amour miséricordieux de Dieu et du Christ, qui affirme être venu appeler non les justes mais les pécheurs (cf. Lc 5, 32). Parmi les récits typiques de Luc se trouve celui de la conversion de Zachée, qu'on lit lors de la liturgie de ce dimanche. Zachée est un « publicain », ou plutôt le chef des publicains de Jéricho, une ville importante près du Jourdain. Les publicains étaient les percepteurs des impôts que les juifs devaient payer à l'empereur romain, et pour cette raison déjà ils étaient considérés comme des pécheurs publics. En outre, ils profitaient souvent de leur position pour extorquer de l'argent aux personnes. C'est pourquoi Zachée était très riche, mais méprisé de ses concitoyens. Par conséquent, lorsque en traversant Jéricho, Jésus s'arrête justement chez Zachée, il suscite un scandale général. Mais le Seigneur savait très bien ce qu'il faisait. Il a en quelque sorte voulu prendre le risque et il a gagné son pari : profondément touché par la visite de Jésus, Zachée décide de changer de vie et promet de rendre le quadruple de ce qu'il a volé. Jésus dit : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison », et il conclut : « Le Fils de l'homme est venu pour chercher et sauver ce qui était perdu ».
Dieu n'exclut personne, ni les pauvres ni les riches. Dieu ne se laisse pas conditionner par nos préjugés humains, mais il voit en chacun une âme à sauver et il est spécialement attiré par celles qui sont considérées comme perdues et qui se considèrent comme telles. Jésus Christ, incarnation de Dieu, a manifesté cette immense miséricorde, qui n'enlève rien à la gravité du péché, mais vise toujours à sauver le pécheur, et à lui offrir la possibilité de se racheter, de recommencer à zéro, de se convertir. Dans un autre passage de l'Évangile, Jésus affirme qu'il est très difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux (cf. Mt 19, 23). Dans le cas de Zachée, nous voyons justement que ce qui semble impossible se réalise : « Il a donné sa richesse, commente saint Jérôme, et il l'a immédiatement remplacée par la richesse du Royaume des cieux » (Homélie sur le Psaume 83, 3). Et saint Maxime de Turin ajoute : « Pour les sots, les richesses alimentent la malhonnêteté, pour les sages au contraire, elles aident à la vertu : à ceux-ci, elles offrent une occasion de salut, aux autres un obstacle qui les perd » (Sermons, 95).
Chers amis, Zachée a accueilli Jésus et s'est converti, parce que Jésus l'avait, le premier, accueilli chez lui ! Il ne l'avait pas condamné, mais il était allé au-devant de son désir de salut.
Prions la Vierge Marie, modèle parfait de communion avec Jésus, afin que nous aussi nous puissions faire l'expérience de la joie d'être visités par le Fils de Dieu, d'être renouvelés par son amour, et de transmettre aux autres sa miséricorde.
PAPE FRANÇOIS ANGÉLUS 3 novembre 2019
RispondiEliminaL’Evangile d’aujourd’hui (cf. Lc 19, 1-10) nous place à la suite de Jésus, qui sur son chemin vers Jérusalem, fait étape à Jéricho. Il y avait une grande foule pour l’accueillir, parmi laquelle un homme du nom de Zachée, chef des «publicains», c’est-à-dire de ces juifs qui recevaient les taxes pour le compte de l’empire romain. Il était riche, non pas grâce à un revenu honnête, mais parce qu’il prenait des «pot-de-vin», et cela ne faisait qu’accroître le mépris à son égard. Zachée «cherchait à voir qui était Jésus » (v. 3); il ne voulait pas le rencontrer, mais il était curieux: il voulait voir ce personnage dont il avait entendu dire des choses extraordinaires. Il était curieux. Et étant petit de nature, «pour voir Jésus» (v. 4) il monte sur un arbre. Quand Jésus s’approche, il lève le regard et le voit (cf. v. 5).
Et cela est important: le premier regard n’est pas celui de Zachée, mais de Jésus, qui parmi tant de visages qui l’entouraient — la foule — cherche justement celui-là. Le regard miséricordieux du Seigneur nous rejoint avant que nous nous rendions compte que nous en avions besoin pour être sauvés. Et avec ce regard du divin Maître, commence le miracle de la conversion du pécheur. En effet, Jésus l’appelle, et il l’appelle par son nom: «Zachée, descends vite, car il me faut aujourd'hui demeurer chez toi» (v. 5). Il ne le réprimande pas, il ne lui fait pas de «sermon»; il lui dit qu’il doit aller chez lui: «il faut», parce que c’est la volonté du Père. Malgré les murmures des gens, Jésus choisit de s’arrêter dans la maison de ce publicain pécheur.
Nous aussi aurions été scandalisés par ce comportement de Jésus. Mais le mépris et la fermeture envers le pécheur ne font que l’isoler et le pousser au mal qu’il accomplit contre lui-même et contre la communauté. Au contraire, Dieu condamne le péché, mais cherche à sauver le pécheur, il va le chercher pour le ramener sur le juste chemin. Qui ne s’est jamais senti cherché par la miséricorde de Dieu, a du mal à comprendre la grandeur extraordinaire des gestes et des paroles avec lesquels Jésus aborde Zachée.
L’accueil et l’attention de Jésus à son égard conduisent cet homme à un net changement de mentalité: en un instant, il se rend compte de la mesquinerie d’une vie entièrement occupée par l’argent, passée à voler les autres et à recevoir leur mépris. Avoir le Seigneur là, chez lui, lui fait voir tout avec des yeux différents, et aussi avec un peu de la tendresse avec laquelle Jésus l’a regardé. Et sa façon de voir et d’utiliser l’argent change aussi: au geste d’empocher, se substitue celui de donner. En effet, il décide de donner la moitié de ce qu’il possède aux pauvres et de rendre le quadruple à ceux qu’il a volés (cf. v. 8). Zachée découvre de Jésus qu’il est possible d’aimer gratuitement: jusqu’alors, il était avare, à présent, il devient généreux; il avait le goût d’amasser, à présent, il se réjouit de distribuer. En rencontrant l’Amour, en découvrant qu’il est aimé malgré ses péchés, il devient capable d’aimer les autres, en faisant de l’argent un signe de solidarité et de communion.
Que la Vierge Marie nous obtienne la grâce de sentir toujours sur nous le regard miséricordieux de Jésus, pour aller avec miséricorde à la rencontre de ceux qui se sont trompés, afin qu’eux aussi puissent accueillir Jésus, qui «est venu chercher et sauver ce qui était perdu» (v. 10).