Livre d'Isaïe 6,1-2a.3-8. L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »
Psaume 138(137) 1-2a.2bc-3.4-5.7c-8. De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne.
Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force.
Tous les rois de la terre te rendent grâce quand ils entendent les paroles de ta bouche. Ils chantent les chemins du Seigneur : « Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! »
Ta droite me rend vainqueur. Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l’œuvre de tes mains.
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,1-11.
Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon, c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants. Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –, ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis. Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi. Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous croyez.
En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules. Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient. À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.» Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
ANGÉLUS 6 février 2022 Chers frères et sœurs, bonjour !
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui nous emmène sur les rives du Lac de Galilée. La foule se presse autour de Jésus, tandis que quelques pêcheurs déçus, dont Simon Pierre, lavent leurs filets après une nuit de pêche qui n’a pas été bonne. Et voilà que Jésus monte directement sur la barque de Simon ; puis il l’invite à avancer en eau profonde et à jeter à nouveau ses filets (cf. Lc 5, 1-4). Arrêtons-nous sur ces deux actions de Jésus : d’abord il monte sur la barque et ensuite il invite à prendre le large. C’est une nuit qui n’a pas été bonne, sans poissons, mais Pierre a confiance et avance en eau profonde.
Tout d’abord, Jésus monte sur la barque de Simon. Pour quoi faire ? Pour enseigner. Il choisit précisément cette barque, qui n’est pas pleine de poissons, mais qui est revenue vide sur la rive, après une nuit de labeur et de déception. C’est une belle image pour nous aussi. Chaque jour, la barque de notre vie quitte les rives de notre maison pour voguer sur la mer des activités quotidiennes ; chaque jour, nous essayons de « pêcher au large », de cultiver des rêves, de poursuivre des projets, de vivre l’amour dans nos relations. Mais souvent, comme Pierre, nous faisons l’expérience de la « nuit des filets vides » — la nuit des filets vides —, de la déception d’un engagement important qui ne porte pas les résultats désirés : « Nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre » (v. 5), dit Simon. Combien de fois, nous aussi, nous nous retrouvons avec un sentiment de défaite, tandis que la déception et l’amertume naissent dans nos cœurs. Deux sentiments très dangereux.
Que fait alors le Seigneur ? Il choisit de monter dans notre barque. De là, il veut proclamer l’Evangile. Cette barque vide, symbole de notre incapacité, devient la « chaire » de Jésus, le pupitre d’où il proclame la Parole. C’est ce que le Seigneur aime faire — le Seigneur est le Seigneur des surprises, des miracles dans les surprises — : monter dans la barque de notre vie quand nous n’avons rien à lui offrir ; entrer dans nos vides et les remplir de sa présence ; se servir de notre pauvreté pour annoncer sa richesse, de nos misères pour proclamer sa miséricorde. Souvenons-nous de ceci : Dieu ne veut pas d’un bateau de croisière, une pauvre barque « déglinguée » lui suffit, pourvu que nous l’accueillions. Cela oui, l’accueillir, peu importe sur quelle barque, il faut l’accueillir. Mais nous — je me pose la question — le laissons-nous monter sur la barque de notre vie ? Mettons-nous à sa disposition le peu que nous avons ? Parfois, nous nous sentons indignes de Lui parce que nous sommes pécheurs. Mais c’est une excuse qui ne plait pas au Seigneur, car elle l’éloigne de nous ! Il est le Dieu de la proximité, de la compassion, de la tendresse, et il ne cherche pas le perfectionnisme, il cherche l’accueil. A toi aussi, il dit : « Laisse-moi monter sur la barque de ta vie » — « Mais Seigneur, regarde... » — « Laisse-moi monter, telle qu’elle est ». Pensons-y.
C’est ainsi que le Seigneur reconstruit la confiance de Pierre. Après être monté sur sa barque, après avoir prêché, il lui dit : « Avance en eau profonde » (v. 4). L’heure n’était pas propice à la pêche, il faisait jour, mais Pierre fait confiance à Jésus. Il ne s’appuie pas sur les stratégies des pêcheurs, qu’il connaissait bien, mais il se base sur la nouveauté de Jésus. Cet émerveillement qui le poussait à faire ce que Jésus lui disait. Il en va de même pour nous : si nous accueillons le Seigneur sur notre barque, nous pouvons avancer en eau profonde. Avec Jésus, nous naviguons sur la mer de la vie sans crainte, sans céder à la déception lorsque nous n’attrapons rien, et sans céder au « il n’y a plus rien à faire ». Toujours, dans la vie personnelle comme dans la vie de l’Eglise et de la société, il y a quelque chose de beau et de courageux que l’on peut faire, toujours. Nous pouvons toujours recommencer, le Seigneur nous invite toujours à nous remettre en jeu car il ouvre des nouvelles possibilités. Acceptons donc l’invitation : chassons le pessimisme et la méfiance et prenons le large avec Jésus ! Même notre petite barque vide participera à une prise miraculeuse. Prions Marie qui, comme aucune autre, a accueilli le Seigneur sur la barque de la vie : qu’elle nous encourage et intercède pour nous.
La liturgie de ce cinquième dimanche du temps ordinaire nous présente le thème de l'appel divin. Dans une vision majestueuse, Isaïe se trouve en présence du Seigneur trois fois saint et il est pris d'une grande crainte et d'un sentiment profond de sa propre indignité. Mais un séraphin purifie ses lèvres avec un charbon ardent et efface son péché, et lui, se sentant prêt à répondre à l'appel s'exclame : "Me voici, Seigneur, envoie-moi !" (cf. Is 6, 1-2.3-8). La même succession de sentiments est présente dans l'épisode de la pêche miraculeuse dont nous parle le passage de l'Évangile d'aujourd'hui. Invités par Jésus pour jeter les filets, malgré une nuit infructueuse, Simon Pierre et les autres disciples, se fiant à sa parole, obtiennent une pêche surabondante. Face à un tel prodige, Simon Pierre ne se jette pas au cou de Jésus pour exprimer la joie de cette pêche inattendue mais, comme l'évangéliste Luc le raconte, il se jette à genoux en disant : "Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur !". Alors Jésus le rassure : "Sois sans crainte ; désormais ce sont des hommes que tu prendras" (cf. Lc 5, 10) ; et lui, quittant tout, le suit.
Paul aussi, se souvenant d'avoir été un persécuteur de l'Église, se professe indigne d'être appelé apôtre, mais il reconnaît que la grâce de Dieu a accompli en lui des merveilles et, malgré ses limites, lui a confié le devoir et l'honneur de prêcher l'Évangile (cf. 1 Co 15, 8-10). Dans ces trois expériences, nous voyons comment la rencontre authentique avec Dieu conduit l'homme à reconnaître sa pauvreté et son inaptitude, ses limites et son péché. Mais malgré cette fragilité, le Seigneur, riche en miséricorde et en pardon, transforme la vie de l'homme et l'appelle à le suivre. L'humilité témoignée par Isaïe, par Pierre et par Paul invite tous ceux qui ont reçu le don de la vocation divine à ne pas se concentrer sur leurs propres limites, mais à garder le regard fixé sur le Seigneur et sur sa surprenante miséricorde, pour convertir leur cœur et continuer avec joie à "tout quitter" pour Lui. Il ne regarde pas, en effet, ce qui est important pour l'homme : "L'homme regarde à l'apparence, mais le Seigneur regarde au cœur" (1 S 16, 7), et il transforme des hommes pauvres et faibles, mais qui ont foi en Lui, en apôtres intrépides qui annoncent le salut.
En cette Année sacerdotale, prions le Maître de la moisson afin qu'il envoie des ouvriers pour sa moisson et que tous ceux qui entendent l'invitation du Seigneur à le suivre, après un discernement nécessaire, sachent répondre avec générosité, non pas en comptant sur leurs propres forces mais en s'ouvrant à l'action de sa grâce. J'invite en particulier tous les prêtres à ranimer leur généreuse disponibilité à répondre chaque jour à l'appel du Seigneur avec la même humilité et la même foi qu'Isaïe, que Pierre et Paul.
Confions à la Vierge Sainte toutes les vocations, particulièrement celles à la vie religieuse et sacerdotale. Que Marie suscite en chacun le désir de prononcer son propre "oui" au Seigneur avec une joie et un dévouement total.
FAUSTI - La foule se rassemble autour de Jésus pour entendre la Parole de Dieu au bord de la mer. Jésus se tient devant ce peuple prêt à l'écoute et à l'exode : Il est comme le berger qui rassemble les brebis pour les conduire au pâturage. Les disciples sont déjà sur le bateau d'où Jésus parle. Ce bateau est une figure de l'Église, une petite communauté qui flotte sur l'abîme et fait son exode. C'est déjà le point d'arrivée de Sa mission, c'est pourquoi Il s'assoit et de là se tourne vers les autres qui sont encore sur la rive. Pierre reçoit de Jésus l'ordre de conduire le bateau au large. La pêche représente la mission Apostolique qui commence maintenant, et qui s'étendra jusqu'aux confins lointains, jusqu'aux extrémités de la terre. Ils se retrouvent au large après une nuit de travail inutile et ils font l'expérience, dans l'obéissance à Sa Parole, de l'abondance des fruits de la bénédiction promise. Les filets que les Apôtres lâchent, dit saint Ambroise de manière suggestive dans son commentaire, sont l'annonce fait par l'entrelacement des mots, l'élargissement du discours et la profondeur des réponses qui prennent dans leurs mailles, sans perdre ceux que l'on prend. Ils ne tuent pas ceux qui y sont pris, mais ils les gardent en vie, ils les attirent des profondeurs vers la lumière et des profondeurs ils conduisent ceux qui ont été submergés à la surface. Combien de fois les filets ont-ils été tendus inutilement ! La même nuit, ils n'avaient rien pris. L' ordre de Jésus, adressé aux pêcheurs professionnels, semble un peu offensif, aussi bien qu'insensé. Ne connaissent-ils pas bien leur métier et ne pêchent-ils pas la nuit ? Ils devront comprendre que ce n'est pas par la force et la volonté qu'ils agissent, et que l'action est féconde précisément dans la journée, parce qu'ils obéissent au "soleil" qui s'est levé pour illuminer ceux qui étaient encore dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort. La vaine fatigue de la nuit indique la futilité de tous les efforts humains faits par leur propre volonté pour établir le Royaume de Dieu. Parce que c'est à Dieu ! L'obéissance à la Parole du Seigneur, dont ils ont entendu et vu la puissance, est la seule raison d'espérer l'impossible qu'elle promet à ceux qui obéissent. La foi n'a pas d'autre soutien. Elle porte le fruit infaillible et débordant de cette pêche, qui dépasse toutes les attentes et les capacités humaines. Les filets se brisent presque parce qu'ils sont incapables de contenir la réalisation de la promesse, qui est supérieure à toute renommée, mais rien n'est perdu ! Outre la barque de Pierre, il y a aussi une autre barque associée à la pêche ; toutes deux sont remplies, symbole de la bénédiction de Dieu, jusqu'à ce qu'elles coulent, mais ne coulent pas. Devant la Vérité de Dieu et Son don de Miséricorde, l'homme découvre sa propre vérité. Pierre se sent loin - c'est pourquoi il Lui dit de s'éloigner de lui - et il se sent perdu : il sait qu'il n'est pas comme il devrait être et il se sent indigne . Il n'y a pas de révélation de Dieu sans conscience de son propre péché. Sa hauteur infinie est connue en même temps que notre infinie bassesse, et seulement par la même. Pierre reçoit sa mission en se reconnaissant lui-même comme pécheur, son cheminement de découverte du pardon dans le péché et de la fidélité dans l'infidélité sera typique de tout croyant. Simon deviendra Pierre et sera chargé de confirmer ses frères et sœurs dans la foi au moment même où il aura pleinement consommé son expérience de faiblesse. La mission de Pierre, qui a expérimenté la Miséricorde du Seigneur qui l'a tiré du péché, consistera dans la pêche des hommes.
Livre d'Isaïe 6,1-2a.3-8.
RispondiEliminaL’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple.
Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler.
Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée.
Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! »
L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel.
Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »
J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »
Psaume 138(137)
1-2a.2bc-3.4-5.7c-8.
De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.
Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.
Tous les rois de la terre te rendent grâce
quand ils entendent les paroles de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur :
« Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! »
Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n'arrête pas l’œuvre de tes mains.
Première lettre de saint Paul Apôtre
aux Corinthiens 15,1-11.
Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon,
c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,
et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures,
il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –,
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu.
Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi.
Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous croyez.
Évangile de Jésus-Christ
Eliminaselon saint Luc 5,1-11
En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
PAPE FRANÇOIS
RispondiEliminaANGÉLUS 6 février 2022
Chers frères et sœurs, bonjour !
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui nous emmène sur les rives du Lac de Galilée. La foule se presse autour de Jésus, tandis que quelques pêcheurs déçus, dont Simon Pierre, lavent leurs filets après une nuit de pêche qui n’a pas été bonne. Et voilà que Jésus monte directement sur la barque de Simon ; puis il l’invite à avancer en eau profonde et à jeter à nouveau ses filets (cf. Lc 5, 1-4). Arrêtons-nous sur ces deux actions de Jésus : d’abord il monte sur la barque et ensuite il invite à prendre le large. C’est une nuit qui n’a pas été bonne, sans poissons, mais Pierre a confiance et avance en eau profonde.
Tout d’abord, Jésus monte sur la barque de Simon. Pour quoi faire ? Pour enseigner. Il choisit précisément cette barque, qui n’est pas pleine de poissons, mais qui est revenue vide sur la rive, après une nuit de labeur et de déception. C’est une belle image pour nous aussi. Chaque jour, la barque de notre vie quitte les rives de notre maison pour voguer sur la mer des activités quotidiennes ; chaque jour, nous essayons de « pêcher au large », de cultiver des rêves, de poursuivre des projets, de vivre l’amour dans nos relations. Mais souvent, comme Pierre, nous faisons l’expérience de la « nuit des filets vides » — la nuit des filets vides —, de la déception d’un engagement important qui ne porte pas les résultats désirés : « Nous avons peiné toute une nuit sans rien prendre » (v. 5), dit Simon. Combien de fois, nous aussi, nous nous retrouvons avec un sentiment de défaite, tandis que la déception et l’amertume naissent dans nos cœurs. Deux sentiments très dangereux.
Que fait alors le Seigneur ? Il choisit de monter dans notre barque. De là, il veut proclamer l’Evangile. Cette barque vide, symbole de notre incapacité, devient la « chaire » de Jésus, le pupitre d’où il proclame la Parole. C’est ce que le Seigneur aime faire — le Seigneur est le Seigneur des surprises, des miracles dans les surprises — : monter dans la barque de notre vie quand nous n’avons rien à lui offrir ; entrer dans nos vides et les remplir de sa présence ; se servir de notre pauvreté pour annoncer sa richesse, de nos misères pour proclamer sa miséricorde. Souvenons-nous de ceci : Dieu ne veut pas d’un bateau de croisière, une pauvre barque « déglinguée » lui suffit, pourvu que nous l’accueillions. Cela oui, l’accueillir, peu importe sur quelle barque, il faut l’accueillir. Mais nous — je me pose la question — le laissons-nous monter sur la barque de notre vie ? Mettons-nous à sa disposition le peu que nous avons ? Parfois, nous nous sentons indignes de Lui parce que nous sommes pécheurs. Mais c’est une excuse qui ne plait pas au Seigneur, car elle l’éloigne de nous ! Il est le Dieu de la proximité, de la compassion, de la tendresse, et il ne cherche pas le perfectionnisme, il cherche l’accueil. A toi aussi, il dit : « Laisse-moi monter sur la barque de ta vie » — « Mais Seigneur, regarde... » — « Laisse-moi monter, telle qu’elle est ». Pensons-y.
EliminaC’est ainsi que le Seigneur reconstruit la confiance de Pierre. Après être monté sur sa barque, après avoir prêché, il lui dit : « Avance en eau profonde » (v. 4). L’heure n’était pas propice à la pêche, il faisait jour, mais Pierre fait confiance à Jésus. Il ne s’appuie pas sur les stratégies des pêcheurs, qu’il connaissait bien, mais il se base sur la nouveauté de Jésus. Cet émerveillement qui le poussait à faire ce que Jésus lui disait. Il en va de même pour nous : si nous accueillons le Seigneur sur notre barque, nous pouvons avancer en eau profonde. Avec Jésus, nous naviguons sur la mer de la vie sans crainte, sans céder à la déception lorsque nous n’attrapons rien, et sans céder au « il n’y a plus rien à faire ». Toujours, dans la vie personnelle comme dans la vie de l’Eglise et de la société, il y a quelque chose de beau et de courageux que l’on peut faire, toujours. Nous pouvons toujours recommencer, le Seigneur nous invite toujours à nous remettre en jeu car il ouvre des nouvelles possibilités. Acceptons donc l’invitation : chassons le pessimisme et la méfiance et prenons le large avec Jésus ! Même notre petite barque vide participera à une prise miraculeuse.
Prions Marie qui, comme aucune autre, a accueilli le Seigneur sur la barque de la vie : qu’elle nous encourage et intercède pour nous.
BENOÎT XVI ANGÉLUS
RispondiEliminaDimanche 7 février 2010
La liturgie de ce cinquième dimanche du temps ordinaire nous présente le thème de l'appel divin. Dans une vision majestueuse, Isaïe se trouve en présence du Seigneur trois fois saint et il est pris d'une grande crainte et d'un sentiment profond de sa propre indignité. Mais un séraphin purifie ses lèvres avec un charbon ardent et efface son péché, et lui, se sentant prêt à répondre à l'appel s'exclame : "Me voici, Seigneur, envoie-moi !" (cf. Is 6, 1-2.3-8). La même succession de sentiments est présente dans l'épisode de la pêche miraculeuse dont nous parle le passage de l'Évangile d'aujourd'hui. Invités par Jésus pour jeter les filets, malgré une nuit infructueuse, Simon Pierre et les autres disciples, se fiant à sa parole, obtiennent une pêche surabondante. Face à un tel prodige, Simon Pierre ne se jette pas au cou de Jésus pour exprimer la joie de cette pêche inattendue mais, comme l'évangéliste Luc le raconte, il se jette à genoux en disant : "Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur !". Alors Jésus le rassure : "Sois sans crainte ; désormais ce sont des hommes que tu prendras" (cf. Lc 5, 10) ; et lui, quittant tout, le suit.
Paul aussi, se souvenant d'avoir été un persécuteur de l'Église, se professe indigne d'être appelé apôtre, mais il reconnaît que la grâce de Dieu a accompli en lui des merveilles et, malgré ses limites, lui a confié le devoir et l'honneur de prêcher l'Évangile (cf. 1 Co 15, 8-10). Dans ces trois expériences, nous voyons comment la rencontre authentique avec Dieu conduit l'homme à reconnaître sa pauvreté et son inaptitude, ses limites et son péché. Mais malgré cette fragilité, le Seigneur, riche en miséricorde et en pardon, transforme la vie de l'homme et l'appelle à le suivre. L'humilité témoignée par Isaïe, par Pierre et par Paul invite tous ceux qui ont reçu le don de la vocation divine à ne pas se concentrer sur leurs propres limites, mais à garder le regard fixé sur le Seigneur et sur sa surprenante miséricorde, pour convertir leur cœur et continuer avec joie à "tout quitter" pour Lui. Il ne regarde pas, en effet, ce qui est important pour l'homme : "L'homme regarde à l'apparence, mais le Seigneur regarde au cœur" (1 S 16, 7), et il transforme des hommes pauvres et faibles, mais qui ont foi en Lui, en apôtres intrépides qui annoncent le salut.
En cette Année sacerdotale, prions le Maître de la moisson afin qu'il envoie des ouvriers pour sa moisson et que tous ceux qui entendent l'invitation du Seigneur à le suivre, après un discernement nécessaire, sachent répondre avec générosité, non pas en comptant sur leurs propres forces mais en s'ouvrant à l'action de sa grâce. J'invite en particulier tous les prêtres à ranimer leur généreuse disponibilité à répondre chaque jour à l'appel du Seigneur avec la même humilité et la même foi qu'Isaïe, que Pierre et Paul.
Confions à la Vierge Sainte toutes les vocations, particulièrement celles à la vie religieuse et sacerdotale. Que Marie suscite en chacun le désir de prononcer son propre "oui" au Seigneur avec une joie et un dévouement total.
FAUSTI - La foule se rassemble autour de Jésus pour entendre la Parole de Dieu au bord de la mer. Jésus se tient devant ce peuple prêt à l'écoute et à l'exode : Il est comme le berger qui rassemble les brebis pour les conduire au pâturage. Les disciples sont déjà sur le bateau d'où Jésus parle.
RispondiEliminaCe bateau est une figure de l'Église, une petite communauté qui flotte sur l'abîme et fait son exode. C'est déjà le point d'arrivée de Sa mission, c'est pourquoi Il s'assoit et de là se tourne vers les autres qui sont encore sur la rive.
Pierre reçoit de Jésus l'ordre de conduire le bateau au large.
La pêche représente la mission Apostolique qui commence maintenant, et qui s'étendra jusqu'aux confins lointains, jusqu'aux extrémités de la terre.
Ils se retrouvent au large après une nuit de travail inutile et ils font l'expérience, dans l'obéissance à Sa Parole, de l'abondance des fruits de la bénédiction promise.
Les filets que les Apôtres lâchent, dit saint Ambroise de manière suggestive dans son commentaire, sont l'annonce fait par l'entrelacement des mots, l'élargissement du discours et la profondeur des réponses qui prennent dans leurs mailles, sans perdre ceux que l'on prend. Ils ne tuent pas ceux qui y sont pris, mais ils les gardent en vie, ils les attirent des profondeurs vers la lumière et des profondeurs ils conduisent ceux qui ont été submergés à la surface.
Combien de fois les filets ont-ils été tendus inutilement !
La même nuit, ils n'avaient rien pris.
L' ordre de Jésus, adressé aux pêcheurs professionnels, semble un peu offensif, aussi bien qu'insensé. Ne connaissent-ils pas bien leur métier et ne pêchent-ils pas la nuit ? Ils devront comprendre que ce n'est pas par la force et la volonté qu'ils agissent, et que l'action est féconde précisément dans la journée, parce qu'ils obéissent au "soleil" qui s'est levé pour illuminer ceux qui étaient encore dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort.
La vaine fatigue de la nuit indique la futilité de tous les efforts humains faits par leur propre volonté pour établir le Royaume de Dieu.
Parce que c'est à Dieu !
L'obéissance à la Parole du Seigneur, dont ils ont entendu et vu la puissance, est la seule raison d'espérer l'impossible qu'elle promet à ceux qui obéissent.
La foi n'a pas d'autre soutien. Elle porte le fruit infaillible et débordant de cette pêche, qui dépasse toutes les attentes et les capacités humaines. Les filets se brisent presque parce qu'ils sont incapables de contenir la réalisation de la promesse, qui est supérieure à toute renommée, mais rien n'est perdu ! Outre la barque de Pierre, il y a aussi une autre barque associée à la pêche ; toutes deux sont remplies, symbole de la bénédiction de Dieu, jusqu'à ce qu'elles coulent, mais ne coulent pas.
Devant la Vérité de Dieu et Son don de Miséricorde, l'homme découvre sa propre vérité. Pierre se sent loin - c'est pourquoi il Lui dit de s'éloigner de lui - et il se sent perdu : il sait qu'il n'est pas comme il devrait être et il se sent indigne . Il n'y a pas de révélation de Dieu sans conscience de son propre péché. Sa hauteur infinie est connue en même temps que notre infinie bassesse, et seulement par la même.
Pierre reçoit sa mission en se reconnaissant lui-même comme pécheur, son cheminement de découverte du pardon dans le péché et de la fidélité dans l'infidélité sera typique de tout croyant. Simon deviendra Pierre et sera chargé de confirmer ses frères et sœurs dans la foi au moment même où il aura pleinement consommé son expérience de faiblesse.
La mission de Pierre, qui a expérimenté la Miséricorde du Seigneur qui l'a tiré du péché, consistera dans la pêche des hommes.