Livre des Actes des Apôtres 5,27b-32.40b-41. En ces jours-là, les Apôtres comparaissaient devant le Conseil suprême. Le grand prêtre les interrogea : « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! » En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice. C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés. Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » ils rappelèrent alors les Apôtres et, après les avoir fait fouetter, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent. Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.
Psaume 30(29) 3-4.5-6ab.6cd.12.13. Quand j'ai crié vers toi, Seigneur, mon Dieu, tu m'as guéri ; Seigneur, tu m'as fait remonter de l'abîme et revivre quand je descendais à la fosse.
Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles, rendez grâce en rappelant son nom très saint. Sa colère ne dure qu'un instant, sa bonté, toute la vie.
Avec le soir, viennent les larmes, mais au matin, les cris de joie. Tu as changé mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie.
Que mon cœur ne se taise pas, qu'il soit en fête pour toi, et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce !
Livre de l'Apocalypse 5,11-14. Moi, Jean, j’ai vu : et j’entendis la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens ; ils étaient des myriades de myriades, par milliers de milliers. Ils disaient d’une voix forte : « Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange. » Toute créature dans le ciel et sur la terre, sous la terre et sur la mer, et tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis proclamer : « À celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, la louange et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. » Et les quatre Vivants disaient : « Amen ! » ; et les Anciens, se jetant devant le Trône, se prosternèrent.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,1-19. En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »
REGINA CAELI Place Saint-Pierre Dimanche, 1er mai 2022
Chers frères et sœurs, bon dimanche !
L'Evangile de la liturgie de ce jour (Jn 21, 1-19) raconte la troisième apparition de Jésus ressuscité aux apôtres. C'est une rencontre qui a lieu au bord du lac de Galilée et qui implique surtout Simon Pierre. Tout commence lorsqu'il dit aux autres disciples : « Je vais pêcher » (v. 3). Rien d'étrange, c’était un pêcheur, mais il avait abandonné cette profession depuis qu'il avait laissé ses filets sur la rive de ce lac pour suivre Jésus. Et maintenant, alors que le Ressuscité se fait attendre, Pierre, peut-être un peu découragé, propose aux autres de retourner à sa vie antérieure. Et les autres acceptent : « Nous venons avec toi, nous aussi ». Mais « cette nuit-là, ils ne prirent rien » (v. 3).
Il peut nous arriver à nous aussi, par fatigue, par déception, peut-être par paresse, d'oublier le Seigneur et de négliger les grands choix que nous avons faits, pour nous contenter d'autre chose. Par exemple, nous ne consacrons pas de temps à nous parler en famille, préférant les loisirs personnels ; nous oublions la prière, nous laissant prendre par nos propres besoins; nous négligeons la charité, avec l'excuse des urgences quotidiennes. Mais, ce faisant, on se retrouve déçu : c'est précisément la déception qu'a eue Pierre, avec des filets vides, comme lui. C'est une route qui nous fait aller en arrière et qui ne nous satisfait pas.
Et que fait Jésus avec Pierre ? Il revient à nouveau sur la rive du lac où il l’avait choisi lui, André, Jacques et Jean, tous les quatre, il les avaient choisis là. Il ne fait pas de reproches — Jésus ne fait pas de reproches, il touche le cœur, toujours — mais il appelle les disciples avec tendresse : « Mes enfants » (v. 5). Puis il les invite, comme auparavant, à jeter à nouveau leurs filets, avec courage. Et une fois de plus, les filets sont remplis à ras bord. Frères et sœurs, lorsque dans la vie nos filets sont vides, ce n'est pas le moment de s'apitoyer sur notre sort, de prendre du temps pour nous, de revenir à de vieux passe-temps. Il est temps de recommencer avec Jésus, il est temps de trouver le courage de recommencer, il est temps de reprendre le large avec Jésus. Trois verbes : recommencer, repartir, prendre le large. Toujours, face à une déception, ou à une vie qui a perdu un peu de sens — « aujourd’hui, j'ai l'impression d'avoir reculé... » — recommencez avec Jésus, recommencez, prendre le large ! Jésus t’attend. Et il ne pense qu'à toi, à moi, à chacun d'entre nous.
Pierre avait besoin de ce « choc ». Quand il entend Jean crier : « C’est le Seigneur !» (v. 7), il plonge immédiatement dans l'eau et nage vers Jésus. C'est un geste d'amour, car l'amour va au-delà de l'utile, du commode et du dû ; l'amour suscite l'émerveillement, inspire des élans créatifs et libres. Ainsi, alors que Jean, le plus jeune, reconnaît le Seigneur, c'est Pierre, le plus âgé, qui plonge vers lui. Dans cette plongée, il y a tout l'enthousiasme retrouvé de Simon-Pierre.
Chers frères et sœurs, aujourd'hui, le Christ ressuscité nous invite à un nouvel élan, tous, chacun d'entre nous, il nous invite à plonger dans le bien sans avoir peur de perdre quelque chose, sans trop calculer, sans attendre que les autres commencent. Pourquoi ? Ne pas attendre les autres, parce que pour rencontrer Jésus, il faut prendre des risques. Nous devons prendre des risques avec courage, reprendre et risquer. Demandons-nous : suis-je capable d'un élan de générosité, ou est-ce que je freine les élans de mon cœur et me ferme par habitude ou par peur ? Sauter, plonger. Telle est la parole de Jésus aujourd'hui.
-->Puis, à la fin de cet épisode, Jésus pose à Pierre, à trois reprises, la question : « M’aimes-tu ? » (vv. 15.16). Le Seigneur Ressuscité nous demande à nous aussi aujourd’hui : M'aimes-tu ? Parce qu'à Pâques, Jésus veut que notre cœur aussi ressuscite ; parce que la foi n'est pas une question de connaissance, mais d'amour. M'aimes-tu ? te demande Jésus à toi, à moi, à nous, qui avons des filets vides et avons souvent peur de recommencer ; à toi, à moi, à nous tous, qui n'avons pas le courage de plonger et avons peut-être perdu l'élan. M'aimes-tu ? demande Jésus. Dès lors, Pierre a cessé à jamais de pêcher et s'est consacré au service de Dieu et de ses frères et sœurs, au point de donner sa vie ici, où nous nous trouvons maintenant. Et nous, voulons-nous aimer Jésus ?
Que la Vierge, qui a immédiatement dit « oui » au Seigneur, nous aide à retrouver l'élan du bien.
Chapelle Pauline du Palais Apostolique Vatican Jeudi 15 avril 2010
La parole, la phrase que je voudrais proposer à la méditation commune est cette grande affirmation de saint Pierre: "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes" (Ac 5, 29). Saint Pierre se trouve devant l'institution religieuse suprême, à laquelle on devrait normalement obéir, mais Dieu se trouve au-dessus de cette institution et Dieu lui a donné un autre "règlement": il doit obéir à Dieu. L'obéissance à Dieu est la liberté, l'obéissance à Dieu lui donne la liberté de s'opposer à l'institution. Et les exégètes attirent ici notre attention sur le fait que la réponse de saint Pierre au Sanhédrin est presque ad verbum identique à la réponse de Socrate au juge du tribunal d'Athènes. Le tribunal lui offre la liberté, la libération, à condition cependant qu'il ne continue pas à rechercher Dieu. Mais rechercher Dieu, la recherche de Dieu est pour lui un mandat supérieur, il vient de Dieu lui-même. Et une liberté achetée en renonçant au chemin vers Dieu ne serait plus une liberté. Il doit donc obéir non pas à ces juges - il ne doit pas acheter sa vie en se perdant lui-même - mais il doit obéir à Dieu. L'obéissance à Dieu a la primauté.
Il est important de souligner ici qu'il s'agit d'obéissance et que c'est précisément l'obéissance qui donne la liberté. L'époque moderne a parlé de la libération de l'homme, de sa pleine autonomie, et donc également de sa libération de l'obéissance à Dieu. L'obéissance ne devrait plus exister, l'homme est libre, il est autonome: rien d'autre. Mais cette autonomie est un mensonge: c'est un mensonge ontologique, car l'homme n'existe pas par lui-même et pour lui-même, et c'est également un mensonge politique et pratique, car la collaboration, le partage de la liberté est nécessaire. Et si Dieu n'existe pas, si Dieu n'est pas une instance accessible à l'homme, il ne reste comme instance suprême que le consensus de la majorité. En conséquence, le consensus de la majorité devient le dernier mot auquel nous devons obéir. Et ce consensus - nous le savons depuis l'histoire du siècle dernier - peut également être un "consensus du mal".
Nous voyons ainsi que la soi-disant autonomie ne libère pas véritablement l'homme. L'obéissance à Dieu est la liberté, car elle est la vérité, elle est l'instance qui nous place face à toutes les instances humaines. Dans l'histoire de l'humanité, ces paroles de Pierre et de Socrate sont le véritable phare de la libération de l'homme, qui sait voir Dieu et, au nom de Dieu, peut et doit obéir non pas tant aux hommes, mais à Lui, et se libérer ainsi du positivisme de l'obéissance humaine. Les dictatures ont toujours été contre cette obéissance à Dieu. La dictature nazie, comme la dictature marxiste, ne peuvent pas accepter un Dieu qui soit au-dessus du pouvoir idéologique; et la liberté des martyrs, qui reconnaissent Dieu, précisément dans l'obéissance au pouvoir divin, est toujours l'acte de libération à travers lequel nous parvient la liberté du Christ.
---->Aujourd'hui, grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous une dictature, mais il existe des formes subtiles de dictatures: un conformisme qui devient obligatoire, penser comme tout le monde, agir comme tout le monde, et les agressions subtiles contre l'Eglise, ainsi que celles plus ouvertes, démontrent que ce conformisme peut réellement être une véritable dictature. Pour nous vaut cette règle: on doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Dieu n'est pas un prétexte pour la propre volonté, mais c'est réellement Lui qui nous appelle et nous invite, si cela était nécessaire, également au martyre....Nous prions surtout de connaître Dieu, de connaître humblement et vraiment Dieu et, en connaissant Dieu, d'apprendre la véritable obéissance qui est le fondement de la liberté humaine.
Choisissons une deuxième parole de la Première lecture: saint Pierre dit que Dieu a élevé le Christ à sa droite comme chef et sauveur (cf. v. 31). Chef est la traduction du terme grec archegos, qui implique une vision beaucoup plus dynamique: archegos est celui qui montre la route, qui précède, c'est un mouvement, un mouvement vers le haut. Dieu l'a élevé à sa droite - parler du Christ comme archegos veut donc dire que le Christ marche devant nous, nous précède et nous montre la route. Et être en communion avec le Christ signifie être en chemin, monter avec le Christ, suivre le Christ, c'est cette montée vers le haut, suivre l'archegos, celui qui est déjà passé, qui nous précède et qui nous montre la voie. Il est ici bien évidemment important que l'on nous dise où arrive le Christ et où nous devons arriver nous aussi: hyposen - en haut - monter à la droite du Père. La "sequela" du Christ n'est pas seulement l'imitation de ses vertus, n'est pas seulement le fait de vivre dans ce monde, pour autant que cela nous soit possible, semblables au Christ, selon sa parole; mais c'est un chemin qui a un objectif. Et l'objectif est la droite du Père. Il y a ce chemin de Jésus, cette "sequela" de Jésus qui termine à la droite du Père. C'est à l'horizon de cette "sequela" qu'appartient tout le chemin de Jésus, également arriver à la droite du Père. En ce sens, l'objectif de ce chemin est la vie éternelle à la droite du Père en communion avec le Christ. Aujourd'hui, nous avons souvent un peu peur de parler de la vie éternelle. Nous parlons des choses qui sont utiles pour le monde, nous montrons que le christianisme aide également à améliorer le monde, mais nous n'osons pas dire que son objectif est la vie éternelle et que de cet objectif proviennent ensuite les critères de la vie. Nous devons comprendre à nouveau que le christianisme demeure un "fragment" si nous ne pensons pas à cet objectif, qui est de suivre l'archegos à la hauteur de Dieu, à la gloire du Fils qui nous rend fils dans le Fils et nous devons à nouveau reconnaître que ce n'est que dans la grande perspective de la vie éternelle que le christianisme révèle tout son sens. Nous devons avoir le courage, la joie, la grande espérance que la vie éternelle existe, qu'elle est la vraie vie et que de cette vraie vie provient la lumière qui illumine également ce monde.
On peut dire que, même en faisant abstraction de la vie éternelle, de la promesse des Cieux, il est mieux de vivre selon les critères chrétiens, car vivre selon la vérité et l'amour, même face à de nombreuses persécutions, est un bien en soi-même et mieux que tout le reste. C'est précisément cette volonté de vivre selon la vérité et selon l'amour qui doit également nous ouvrir à toute l'ampleur du projet de Dieu à notre égard, au courage d'éprouver la joie dans l'attente de la vie éternelle, de la montée en suivant notre archegos. Et Soter est le Sauveur, qui nous sauve de l'ignorance, qui recherche les choses ultimes. Le Sauveur nous sauve de la solitude, nous sauve d'un vide qui demeure dans la vie sans l'éternité, il nous sauve en nous donnant l'amour dans sa plénitude. Il est le guide. Le Christ, l'archegos, nous sauve en nous donnant la lumière, en nous donnant la vérité, en nous donnant l'amour de Dieu.
S.JEAN PAUL II - 26/4/98 1. "C'est le Seigneur !" (Jn 21:7). Cette exclamation de l'apôtre Jean souligne l'émotion intense ressentie par les DISCIPLES lorsqu'ils ont reconnu Jésus ressuscité, qui leur est apparu pour la troisième fois sur les rives de la mer de Tibériade. Jean est le porte-parole des sentiments de Pierre et des autres apôtres en présence du Seigneur ressuscité. Après une longue nuit de solitude et de fatigue, l'aube est arrivée et son apparition a tout changé radicalement : l'obscurité a été vaincue par la lumière, le travail infructueux est devenu une pêche facile et abondante, le sentiment de fatigue et de solitude s'est transformé en joie et en paix. Ces mêmes sentiments ont animé l'ÉGLISE depuis lors. Même si, à première vue, il peut parfois sembler que les ténèbres du mal et la fatigue de la vie quotidienne ont le dessus, l'ÉGLISE sait avec certitude que la lumière de Pâques brille désormais éternellement sur ceux qui suivent CHRIST. La Grande ANNONCE de la Résurrection instille dans le cœur des CROYANTS une joie intérieure et une espérance renouvelée. Le livre des Actes des Apôtres, que la Liturgie nous fait relire en ce temps de Pâques, décrit la vitalité missionnaire, pleine de joie, qui animait la première communauté chrétienne, malgré les difficultés et les obstacles de toutes sortes. Cette même vitalité s'est prolongée au cours des siècles grâce à l'action du SAINT-ESPRIT et à la coopération docile et généreuse des CROYANTS. Aujourd'hui, nous lisons dans la première lecture : "Nous et le SAINT-ESPRIT sommes TÉMOINS de ces faits" (Actes 5:32). Le SAINT-ESPRIT anime l'engagement APOSTOLIQUE des DISCIPLES DE CHRIST, les soutenant dans leurs épreuves, les éclairant dans leurs choix, assurant l'efficacité de leur ANNONCE du Mystère Pascal. 3. CHRIST est vraiment RESSORT ! Hallelujah ! Aujourd'hui encore, l'ÉGLISE continue de proposer la même ANNONCE festive. "Ces mots sont un cri de joie et une invitation à l'espoir. Si CHRIST est Ressuscité, observe saint Paul, notre foi n'est pas vaine. Si avec CHRIST nous sommes morts, avec lui nous sommes ressuscités : nous devons maintenant vivre comme des ressuscités. ...En ce troisième dimanche de Pâques, faisons nôtres les paroles de la liturgie céleste tirées de l'Apocalypse. En contemplant la gloire du Ressuscité, demandons au Seigneur d'accorder à ta Communauté un avenir plus serein et plein d'espoir. Que le Seigneur rende chacun de vous toujours plus conscient de sa mission au service de l'Évangile. Chers frères et sœurs, que le CHRIST Ressuscité, vous donne le courage de l'amour ; qu'il fasse de vous ses TÉMOINS ! Qu'il vous remplisse de Son Esprit pour qu'avec toute l'EGLISE, soutenue par l'intercession de Marie, vous puissiez proclamer le cantique de gloire des rédemptés : "A Celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau, louange, honneur, gloire et puissance" (Ap 5,13). Amen !
FAUSTI - "M'aimes-tu ?" Ce sont les Paroles de Jésus, mort et ressuscité, à Pierre. Chacun les entend les adresser à soi-même, comme fin ou, mieux encore, comme début de tout l'Evangile. Jésus demande à Pierre s'il L'aime "plus" que les autres pour réduire sa prétention d'être meilleur que les autres. Mais pas seulement : l'amour a pour source le "plus". L'amour est toujours un amour de "plus" - s'il ne grandit pas, il diminue - dans l'humilité et le dévouement. C'est notre participation au "magis, plus" de la majesté de l'Amour de Dieu, à l'image duquel nous sommes créés. En fait, notre cœur est animé par le désir insatiable d'en avoir de plus sans fin. Ce qui finit est fini, mais pas parfait. Ce "plus", marque divine de l'homme, est son destin tourmenté, de bonheur ou de damnation : il marque le progrès de son histoire quand il est investi dans l'amour, et la régression quand il est investi dans l'égoïsme. La réponse affirmative de Pierre n'est pas basée sur son assurance de donner sa vie pour Jésus. Elle est basée sur ce que le Seigneur sait : Il avait prédit sa défection, mais aussi qu'il Le suivra plus tard. Pour la troisième fois, sa confiance est confirmée. Cette dernière réponse de Jésus résume les deux autres : il dit "paître" comme la première fois et "mes brebis" comme la seconde ; Pierre, avec et comme le beau Pasteur, paît ses brebis dans l'amour, afin qu'il y ait toujours un troupeau ,libre, et un seul Pasteur... Le terme "pâturer" est lié au pacage, la nourriture à donner à ce troupeau. La vraie nourriture est la chair de Celui qui a donné la vie pour ses frères et sœurs. La Parole et le Pain sont les aliments à garantir : cette Parole qui est devenue le Pain et ce Pain que la Parole elle-même donne. Pierre doit conduire le troupeau à ce pâturage où le Seigneur est le Pasteur et le Pâturage. Jésus parle toujours de "mes" agneaux et de "mes" brebis. Les agneaux et les brebis sont toujours et seulement du Fils et du Père, et non de Pierre. Le troupeau est de Dieu Lui-même, qui communique à tous et à chacun la Gloire. Le service de Pierre est de donner l'exemple et de préserver l'unité dans la diversité ; en effet, être "un" dans l'amour est le témoignage du monde de la Gloire. Il a l'initiative de la mission et garde l'union, afin que l'être " un " des sauvés ne se déchire pas. Dans l'épisode que nous avons entendu, il y a la répétition suivante de cette ondée que Jésus a mise en marche : maintenant elle affecte les disciples et, à travers eux, elle s'étend à l'infini, animant le monde entier par son Esprit. Maintenant, les disciples sont à l'œuvre. Ils ne sont plus le soir et à l'intérieur à Jérusalem, mais le matin et à l'extérieur ,sur le lac de Tibériade, le lieu de la vie quotidienne, eux et Jésus. Le temps et le lieu sont importants : l'aube est la limite entre le jour et la nuit, la côte est la limite entre la mer et la terre. Le lever du soleil et la côte sont le temps et le lieu typique de l'homme, placé entre deux réalités opposées, il est appelé à franchir le seuil des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie. Les disciples sont sortis de là où le Seigneur leur a lavé les pieds et ont affronté le monde avec Lui et comme Lui. Après le don de Jésus qui les a aimés au point de se donner et de retourner, se montrant vainqueur de la mort et prince de la Vie, le jour du Seigneur commence : il est chaque jour, à vivre maintenant dans l'amour du Père et de nos frères et sœurs. C'est pour cette raison que les sectes vont à "pêcher pour les hommes pour la vie". Comme Jésus, ils enlèvent aussi les frères de l'eau où ils se noient, pour leur communiquer la source d'eau vive.
Livre des Actes des Apôtres
RispondiElimina5,27b-32.40b-41.
En ces jours-là, les Apôtres comparaissaient devant le Conseil suprême. Le grand prêtre les interrogea :
« Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! »
En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes.
Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice.
C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés.
Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
ils rappelèrent alors les Apôtres et, après les avoir fait fouetter, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les relâchèrent.
Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus.
Psaume 30(29)
3-4.5-6ab.6cd.12.13.
Quand j'ai crié vers toi, Seigneur,
mon Dieu, tu m'as guéri ;
Seigneur, tu m'as fait remonter de l'abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.
Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu'un instant,
sa bonté, toute la vie.
Avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie.
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie.
Que mon cœur ne se taise pas,
qu'il soit en fête pour toi,
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !
Livre de l'Apocalypse
5,11-14.
Moi, Jean, j’ai vu : et j’entendis la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens ; ils étaient des myriades de myriades, par milliers de milliers.
Ils disaient d’une voix forte : « Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange. »
Toute créature dans le ciel et sur la terre, sous la terre et sur la mer, et tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis proclamer : « À celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, la louange et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. »
Et les quatre Vivants disaient : « Amen ! » ; et les Anciens, se jetant devant le Trône, se prosternèrent.
Évangile de Jésus-Christ
Eliminaselon saint Jean 21,1-19.
En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples.
Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui.
Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. »
Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons.
Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau.
Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. »
Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur.
Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »
PAPE FRANÇOIS
RispondiEliminaREGINA CAELI
Place Saint-Pierre
Dimanche, 1er mai 2022
Chers frères et sœurs, bon dimanche !
L'Evangile de la liturgie de ce jour (Jn 21, 1-19) raconte la troisième apparition de Jésus ressuscité aux apôtres. C'est une rencontre qui a lieu au bord du lac de Galilée et qui implique surtout Simon Pierre. Tout commence lorsqu'il dit aux autres disciples : « Je vais pêcher » (v. 3). Rien d'étrange, c’était un pêcheur, mais il avait abandonné cette profession depuis qu'il avait laissé ses filets sur la rive de ce lac pour suivre Jésus. Et maintenant, alors que le Ressuscité se fait attendre, Pierre, peut-être un peu découragé, propose aux autres de retourner à sa vie antérieure. Et les autres acceptent : « Nous venons avec toi, nous aussi ». Mais « cette nuit-là, ils ne prirent rien » (v. 3).
Il peut nous arriver à nous aussi, par fatigue, par déception, peut-être par paresse, d'oublier le Seigneur et de négliger les grands choix que nous avons faits, pour nous contenter d'autre chose. Par exemple, nous ne consacrons pas de temps à nous parler en famille, préférant les loisirs personnels ; nous oublions la prière, nous laissant prendre par nos propres besoins; nous négligeons la charité, avec l'excuse des urgences quotidiennes. Mais, ce faisant, on se retrouve déçu : c'est précisément la déception qu'a eue Pierre, avec des filets vides, comme lui. C'est une route qui nous fait aller en arrière et qui ne nous satisfait pas.
Et que fait Jésus avec Pierre ? Il revient à nouveau sur la rive du lac où il l’avait choisi lui, André, Jacques et Jean, tous les quatre, il les avaient choisis là. Il ne fait pas de reproches — Jésus ne fait pas de reproches, il touche le cœur, toujours — mais il appelle les disciples avec tendresse : « Mes enfants » (v. 5). Puis il les invite, comme auparavant, à jeter à nouveau leurs filets, avec courage. Et une fois de plus, les filets sont remplis à ras bord. Frères et sœurs, lorsque dans la vie nos filets sont vides, ce n'est pas le moment de s'apitoyer sur notre sort, de prendre du temps pour nous, de revenir à de vieux passe-temps. Il est temps de recommencer avec Jésus, il est temps de trouver le courage de recommencer, il est temps de reprendre le large avec Jésus. Trois verbes : recommencer, repartir, prendre le large. Toujours, face à une déception, ou à une vie qui a perdu un peu de sens — « aujourd’hui, j'ai l'impression d'avoir reculé... » — recommencez avec Jésus, recommencez, prendre le large ! Jésus t’attend. Et il ne pense qu'à toi, à moi, à chacun d'entre nous.
Pierre avait besoin de ce « choc ». Quand il entend Jean crier : « C’est le Seigneur !» (v. 7), il plonge immédiatement dans l'eau et nage vers Jésus. C'est un geste d'amour, car l'amour va au-delà de l'utile, du commode et du dû ; l'amour suscite l'émerveillement, inspire des élans créatifs et libres. Ainsi, alors que Jean, le plus jeune, reconnaît le Seigneur, c'est Pierre, le plus âgé, qui plonge vers lui. Dans cette plongée, il y a tout l'enthousiasme retrouvé de Simon-Pierre.
Chers frères et sœurs, aujourd'hui, le Christ ressuscité nous invite à un nouvel élan, tous, chacun d'entre nous, il nous invite à plonger dans le bien sans avoir peur de perdre quelque chose, sans trop calculer, sans attendre que les autres commencent. Pourquoi ? Ne pas attendre les autres, parce que pour rencontrer Jésus, il faut prendre des risques. Nous devons prendre des risques avec courage, reprendre et risquer. Demandons-nous : suis-je capable d'un élan de générosité, ou est-ce que je freine les élans de mon cœur et me ferme par habitude ou par peur ? Sauter, plonger. Telle est la parole de Jésus aujourd'hui.
-->Puis, à la fin de cet épisode, Jésus pose à Pierre, à trois reprises, la question : « M’aimes-tu ? » (vv. 15.16). Le Seigneur Ressuscité nous demande à nous aussi aujourd’hui : M'aimes-tu ? Parce qu'à Pâques, Jésus veut que notre cœur aussi ressuscite ; parce que la foi n'est pas une question de connaissance, mais d'amour. M'aimes-tu ? te demande Jésus à toi, à moi, à nous, qui avons des filets vides et avons souvent peur de recommencer ; à toi, à moi, à nous tous, qui n'avons pas le courage de plonger et avons peut-être perdu l'élan. M'aimes-tu ? demande Jésus. Dès lors, Pierre a cessé à jamais de pêcher et s'est consacré au service de Dieu et de ses frères et sœurs, au point de donner sa vie ici, où nous nous trouvons maintenant. Et nous, voulons-nous aimer Jésus ?
EliminaQue la Vierge, qui a immédiatement dit « oui » au Seigneur, nous aide à retrouver l'élan du bien.
HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
RispondiEliminaChapelle Pauline du Palais Apostolique Vatican
Jeudi 15 avril 2010
La parole, la phrase que je voudrais proposer à la méditation commune est cette grande affirmation de saint Pierre: "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes" (Ac 5, 29). Saint Pierre se trouve devant l'institution religieuse suprême, à laquelle on devrait normalement obéir, mais Dieu se trouve au-dessus de cette institution et Dieu lui a donné un autre "règlement": il doit obéir à Dieu. L'obéissance à Dieu est la liberté, l'obéissance à Dieu lui donne la liberté de s'opposer à l'institution.
Et les exégètes attirent ici notre attention sur le fait que la réponse de saint Pierre au Sanhédrin est presque ad verbum identique à la réponse de Socrate au juge du tribunal d'Athènes. Le tribunal lui offre la liberté, la libération, à condition cependant qu'il ne continue pas à rechercher Dieu. Mais rechercher Dieu, la recherche de Dieu est pour lui un mandat supérieur, il vient de Dieu lui-même. Et une liberté achetée en renonçant au chemin vers Dieu ne serait plus une liberté. Il doit donc obéir non pas à ces juges - il ne doit pas acheter sa vie en se perdant lui-même - mais il doit obéir à Dieu. L'obéissance à Dieu a la primauté.
Il est important de souligner ici qu'il s'agit d'obéissance et que c'est précisément l'obéissance qui donne la liberté. L'époque moderne a parlé de la libération de l'homme, de sa pleine autonomie, et donc également de sa libération de l'obéissance à Dieu. L'obéissance ne devrait plus exister, l'homme est libre, il est autonome: rien d'autre. Mais cette autonomie est un mensonge: c'est un mensonge ontologique, car l'homme n'existe pas par lui-même et pour lui-même, et c'est également un mensonge politique et pratique, car la collaboration, le partage de la liberté est nécessaire. Et si Dieu n'existe pas, si Dieu n'est pas une instance accessible à l'homme, il ne reste comme instance suprême que le consensus de la majorité. En conséquence, le consensus de la majorité devient le dernier mot auquel nous devons obéir. Et ce consensus - nous le savons depuis l'histoire du siècle dernier - peut également être un "consensus du mal".
Nous voyons ainsi que la soi-disant autonomie ne libère pas véritablement l'homme. L'obéissance à Dieu est la liberté, car elle est la vérité, elle est l'instance qui nous place face à toutes les instances humaines. Dans l'histoire de l'humanité, ces paroles de Pierre et de Socrate sont le véritable phare de la libération de l'homme, qui sait voir Dieu et, au nom de Dieu, peut et doit obéir non pas tant aux hommes, mais à Lui, et se libérer ainsi du positivisme de l'obéissance humaine. Les dictatures ont toujours été contre cette obéissance à Dieu. La dictature nazie, comme la dictature marxiste, ne peuvent pas accepter un Dieu qui soit au-dessus du pouvoir idéologique; et la liberté des martyrs, qui reconnaissent Dieu, précisément dans l'obéissance au pouvoir divin, est toujours l'acte de libération à travers lequel nous parvient la liberté du Christ.
---->Aujourd'hui, grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous une dictature, mais il existe des formes subtiles de dictatures: un conformisme qui devient obligatoire, penser comme tout le monde, agir comme tout le monde, et les agressions subtiles contre l'Eglise, ainsi que celles plus ouvertes, démontrent que ce conformisme peut réellement être une véritable dictature. Pour nous vaut cette règle: on doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Dieu n'est pas un prétexte pour la propre volonté, mais c'est réellement Lui qui nous appelle et nous invite, si cela était nécessaire, également au martyre....Nous prions surtout de connaître Dieu, de connaître humblement et vraiment Dieu et, en connaissant Dieu, d'apprendre la véritable obéissance qui est le fondement de la liberté humaine.
EliminaChoisissons une deuxième parole de la Première lecture: saint Pierre dit que Dieu a élevé le Christ à sa droite comme chef et sauveur (cf. v. 31). Chef est la traduction du terme grec archegos, qui implique une vision beaucoup plus dynamique: archegos est celui qui montre la route, qui précède, c'est un mouvement, un mouvement vers le haut. Dieu l'a élevé à sa droite - parler du Christ comme archegos veut donc dire que le Christ marche devant nous, nous précède et nous montre la route. Et être en communion avec le Christ signifie être en chemin, monter avec le Christ, suivre le Christ, c'est cette montée vers le haut, suivre l'archegos, celui qui est déjà passé, qui nous précède et qui nous montre la voie.
Il est ici bien évidemment important que l'on nous dise où arrive le Christ et où nous devons arriver nous aussi: hyposen - en haut - monter à la droite du Père. La "sequela" du Christ n'est pas seulement l'imitation de ses vertus, n'est pas seulement le fait de vivre dans ce monde, pour autant que cela nous soit possible, semblables au Christ, selon sa parole; mais c'est un chemin qui a un objectif. Et l'objectif est la droite du Père. Il y a ce chemin de Jésus, cette "sequela" de Jésus qui termine à la droite du Père. C'est à l'horizon de cette "sequela" qu'appartient tout le chemin de Jésus, également arriver à la droite du Père.
En ce sens, l'objectif de ce chemin est la vie éternelle à la droite du Père en communion avec le Christ. Aujourd'hui, nous avons souvent un peu peur de parler de la vie éternelle. Nous parlons des choses qui sont utiles pour le monde, nous montrons que le christianisme aide également à améliorer le monde, mais nous n'osons pas dire que son objectif est la vie éternelle et que de cet objectif proviennent ensuite les critères de la vie. Nous devons comprendre à nouveau que le christianisme demeure un "fragment" si nous ne pensons pas à cet objectif, qui est de suivre l'archegos à la hauteur de Dieu, à la gloire du Fils qui nous rend fils dans le Fils et nous devons à nouveau reconnaître que ce n'est que dans la grande perspective de la vie éternelle que le christianisme révèle tout son sens. Nous devons avoir le courage, la joie, la grande espérance que la vie éternelle existe, qu'elle est la vraie vie et que de cette vraie vie provient la lumière qui illumine également ce monde.
On peut dire que, même en faisant abstraction de la vie éternelle, de la promesse des Cieux, il est mieux de vivre selon les critères chrétiens, car vivre selon la vérité et l'amour, même face à de nombreuses persécutions, est un bien en soi-même et mieux que tout le reste. C'est précisément cette volonté de vivre selon la vérité et selon l'amour qui doit également nous ouvrir à toute l'ampleur du projet de Dieu à notre égard, au courage d'éprouver la joie dans l'attente de la vie éternelle, de la montée en suivant notre archegos. Et Soter est le Sauveur, qui nous sauve de l'ignorance, qui recherche les choses ultimes. Le Sauveur nous sauve de la solitude, nous sauve d'un vide qui demeure dans la vie sans l'éternité, il nous sauve en nous donnant l'amour dans sa plénitude. Il est le guide. Le Christ, l'archegos, nous sauve en nous donnant la lumière, en nous donnant la vérité, en nous donnant l'amour de Dieu.
S.JEAN PAUL II - 26/4/98
Elimina1. "C'est le Seigneur !" (Jn 21:7). Cette exclamation de l'apôtre Jean souligne l'émotion intense ressentie par les DISCIPLES lorsqu'ils ont reconnu Jésus ressuscité, qui leur est apparu pour la troisième fois sur les rives de la mer de Tibériade.
Jean est le porte-parole des sentiments de Pierre et des autres apôtres en présence du Seigneur ressuscité. Après une longue nuit de solitude et de fatigue, l'aube est arrivée et son apparition a tout changé radicalement : l'obscurité a été vaincue par la lumière, le travail infructueux est devenu une pêche facile et abondante, le sentiment de fatigue et de solitude s'est transformé en joie et en paix.
Ces mêmes sentiments ont animé l'ÉGLISE depuis lors. Même si, à première vue, il peut parfois sembler que les ténèbres du mal et la fatigue de la vie quotidienne ont le dessus, l'ÉGLISE sait avec certitude que la lumière de Pâques brille désormais éternellement sur ceux qui suivent CHRIST. La Grande ANNONCE de la Résurrection instille dans le cœur des CROYANTS une joie intérieure et une espérance renouvelée.
Le livre des Actes des Apôtres, que la Liturgie nous fait relire en ce temps de Pâques, décrit la vitalité missionnaire, pleine de joie, qui animait la première communauté chrétienne, malgré les difficultés et les obstacles de toutes sortes. Cette même vitalité s'est prolongée au cours des siècles grâce à l'action du SAINT-ESPRIT et à la coopération docile et généreuse des CROYANTS.
Aujourd'hui, nous lisons dans la première lecture : "Nous et le SAINT-ESPRIT sommes TÉMOINS de ces faits" (Actes 5:32). Le SAINT-ESPRIT anime l'engagement APOSTOLIQUE des DISCIPLES DE CHRIST, les soutenant dans leurs épreuves, les éclairant dans leurs choix, assurant l'efficacité de leur ANNONCE du Mystère Pascal.
3. CHRIST est vraiment RESSORT ! Hallelujah ! Aujourd'hui encore, l'ÉGLISE continue de proposer la même ANNONCE festive. "Ces mots sont un cri de joie et une invitation à l'espoir. Si CHRIST est Ressuscité, observe saint Paul, notre foi n'est pas vaine. Si avec CHRIST nous sommes morts, avec lui nous sommes ressuscités : nous devons maintenant vivre comme des ressuscités.
...En ce troisième dimanche de Pâques, faisons nôtres les paroles de la liturgie céleste tirées de l'Apocalypse. En contemplant la gloire du Ressuscité, demandons au Seigneur d'accorder à ta Communauté un avenir plus serein et plein d'espoir. Que le Seigneur rende chacun de vous toujours plus conscient de sa mission au service de l'Évangile.
Chers frères et sœurs, que le CHRIST Ressuscité, vous donne le courage de l'amour ; qu'il fasse de vous ses TÉMOINS ! Qu'il vous remplisse de Son Esprit pour qu'avec toute l'EGLISE, soutenue par l'intercession de Marie, vous puissiez proclamer le cantique de gloire des rédemptés : "A Celui qui est assis sur le trône et à l'Agneau, louange, honneur, gloire et puissance" (Ap 5,13). Amen !
FAUSTI -
RispondiElimina"M'aimes-tu ?" Ce sont les Paroles de Jésus, mort et ressuscité, à Pierre.
Chacun les entend les adresser à soi-même, comme fin ou, mieux encore, comme début de tout l'Evangile.
Jésus demande à Pierre s'il L'aime "plus" que les autres pour réduire sa prétention d'être meilleur que les autres.
Mais pas seulement : l'amour a pour source le "plus".
L'amour est toujours un amour de "plus" - s'il ne grandit pas, il diminue - dans l'humilité et le dévouement.
C'est notre participation au "magis, plus" de la majesté de l'Amour de Dieu, à l'image duquel nous sommes créés.
En fait, notre cœur est animé par le désir insatiable d'en avoir de plus sans fin.
Ce qui finit est fini, mais pas parfait.
Ce "plus", marque divine de l'homme, est son destin tourmenté, de bonheur ou de damnation : il marque le progrès de son histoire quand il est investi dans l'amour, et la régression quand il est investi dans l'égoïsme.
La réponse affirmative de Pierre n'est pas basée sur son assurance de donner sa vie pour Jésus.
Elle est basée sur ce que le Seigneur sait : Il avait prédit sa défection, mais aussi qu'il Le suivra plus tard.
Pour la troisième fois, sa confiance est confirmée.
Cette dernière réponse de Jésus résume les deux autres : il dit "paître" comme la première fois et "mes brebis" comme la seconde ; Pierre, avec et comme le beau Pasteur, paît ses brebis dans l'amour, afin qu'il y ait toujours un troupeau ,libre, et un seul Pasteur... Le terme "pâturer" est lié au pacage, la nourriture à donner à ce troupeau.
La vraie nourriture est la chair de Celui qui a donné la vie pour ses frères et sœurs.
La Parole et le Pain sont les aliments à garantir : cette Parole qui est devenue le Pain et ce Pain que la Parole elle-même donne.
Pierre doit conduire le troupeau à ce pâturage où le Seigneur est le Pasteur et le Pâturage.
Jésus parle toujours de "mes" agneaux et de "mes" brebis.
Les agneaux et les brebis sont toujours et seulement du Fils et du Père, et non de Pierre. Le troupeau est de Dieu Lui-même, qui communique à tous et à chacun la Gloire. Le service de Pierre est de donner l'exemple et de préserver l'unité dans la diversité ; en effet, être "un" dans l'amour est le témoignage du monde de la Gloire.
Il a l'initiative de la mission et garde l'union, afin que l'être " un " des sauvés ne se déchire pas.
Dans l'épisode que nous avons entendu, il y a la répétition suivante de cette ondée que Jésus a mise en marche : maintenant elle affecte les disciples et, à travers eux, elle s'étend à l'infini, animant le monde entier par son Esprit.
Maintenant, les disciples sont à l'œuvre. Ils ne sont plus le soir et à l'intérieur à Jérusalem, mais le matin et à l'extérieur ,sur le lac de Tibériade, le lieu de la vie quotidienne, eux et Jésus.
Le temps et le lieu sont importants : l'aube est la limite entre le jour et la nuit, la côte est la limite entre la mer et la terre.
Le lever du soleil et la côte sont le temps et le lieu typique de l'homme, placé entre deux réalités opposées, il est appelé à franchir le seuil des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie.
Les disciples sont sortis de là où le Seigneur leur a lavé les pieds et ont affronté le monde avec Lui et comme Lui.
Après le don de Jésus qui les a aimés au point de se donner et de retourner, se montrant vainqueur de la mort et prince de la Vie, le jour du Seigneur commence : il est chaque jour, à vivre maintenant dans l'amour du Père et de nos frères et sœurs.
C'est pour cette raison que les sectes vont à "pêcher pour les hommes pour la vie".
Comme Jésus, ils enlèvent aussi les frères de l'eau où ils se noient, pour leur communiquer la source d'eau vive.