Livre de Malachie 3,19-20a. Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme la fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, – dit le Seigneur de l’univers –, il ne leur laissera ni racine ni branche. Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement. »
Psaume 98(97) 5-6.7-8.9. Jouez pour le Seigneur sur la cithare, sur la cithare et tous les instruments ; au son de la trompette et du cor, acclamez votre roi, le Seigneur !
Que résonnent la mer et sa richesse, le monde et tous ses habitants ; que les fleuves battent des mains, que les montagnes chantent leur joie.
Acclamez le Seigneur, car il vient pour gouverner la terre, pour gouverner le monde avec justice et les peuples avec droiture !
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 3,7-12. Frères, vous savez bien, vous, ce qu’il faut faire pour nous imiter. Nous n’avons pas vécu parmi vous de façon désordonnée ; et le pain que nous avons mangé, nous ne l’avons pas reçu gratuitement. Au contraire, dans la peine et la fatigue, nuit et jour, nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous. Bien sûr, nous avons le droit d’être à charge, mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter. Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cet ordre : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Or, nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire. À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc C 21,5-19. En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. » Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »
Les paroles des Papes Aujourd’hui encore, de faux « sauveurs » cherchent à remplacer Jésus : des chefs religieux, des hommes saints, voire des sorciers, autant de figures qui veulent captiver l’esprit et le cœur des jeunes, surtout des plus jeunes. Jésus nous met en garde : « Ne les suivez pas ! » Et le Seigneur nous aide aussi à ne pas avoir peur. Du front de la guerre à la révolution, mais aussi des catastrophes naturelles et des épidémies, je nous libérerai du fatalisme et de la fausse vision apocalyptique. Le second aspect nous interpelle précisément en tant que chrétiens et en tant qu’Église : Jésus prédit des épreuves et des persécutions douloureuses que ses disciples devront endurer à cause de lui. Pourtant, il nous assure : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » Voilà à quel point tout est entre les mains de Dieu ! Les épreuves que nous rencontrons à cause de notre foi et de notre attachement à l’Évangile sont des occasions de témoigner ; elles ne doivent pas nous éloigner du Seigneur, mais au contraire nous appeler à nous abandonner davantage à lui, à la puissance de son Esprit et à sa (Pape François – Angélus, 17 novembre 2013)
Quelle est donc l’attitude du chrétien ? C’est l’espérance en Dieu, qui nous permet de ne pas être accablés par les événements tragiques. Bien au contraire, ils sont « un temps pour témoigner » (v. 13). Les disciples du Christ ne peuvent demeurer esclaves de la peur et de l’angoisse ; ils sont appelés à vivre l’histoire, à endiguer la force destructrice du mal, avec la certitude que l’action de bonté du Seigneur est toujours accompagnée de sa providence et de sa tendresse rassurante. C’est le signe éloquent que le Royaume de Dieu s’approche de nous, c’est-à-dire la réalisation du monde tel que Dieu le veut. C’est lui, le Seigneur, qui guide notre existence et connaît le dessein ultime de toute chose et de tout événement. (Pape François Angelus, 17 novembre 2019)
FAUSTI- Cette grande Apocalypse concerne le destin cosmique, "notre" histoire qui se terminera avec la fin du monde. La révélation ne signifie pas "désastre", mais "révélation" de quelque chose d'inconnu. Ces Paroles de Jésus ne révèlent pas quelque chose d'étrange et d'occulte, mais le sens profond de la réalité présente. Ils enlèvent le voile que nos peurs et nos erreurs ont mis devant nos yeux, et nous permettent de voir cette vérité qui est la Parole définitive de Dieu sur le monde. Le langage apocalyptique est coloré de couleurs fortes et paradoxales. Mais la vérité n'est-elle pas paradoxale, au-delà de toute opinion ? La première intention des évangélistes est de montrer que nous n'allons pas vers la fin, mais vers le bout. La dissolution de l'ancien monde est en même temps la naissance du nouveau. Luc est particulièrement soucieux de montrer la relation que l'objectif final a avec notre chemin actuel. Dieu réalise Son plan dans cette histoire avec ses contradictions : le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, la plénitude du Royaume, continue dans la vie des disciples. Sa croix est déjà le jugement sur l'ancien monde ; le disciple est appelé à la revivre dans le présent comme une semence de gloire future, dans l'attente de Son retour. Jésus ne satisfait pas la curiosité pour l'avenir. Nous Lui demandons "quand" sera la fin du monde et quels "signes". Mais Il a refusé et refusera toujours de répondre. Il est venu nous enseigner que le monde a dans le Père son commencement et sa fin, et il nous appelle à vivre le présent de ce point de vue, le seul qui donne sens à la vie. Jésus veut aussi dissiper les angoisses et l'alarmisme à propos de la fin du monde, qui prospèrent partout et ne font que du mal. L'homme, seul vivant conscient de ses propres limites, après le péché se laisse guider par la peur de la mort. Elle triomphe précisément dans la volonté d'être sauvé à tout prix, à l'origine de l'égoïsme et de tout mal. Jésus offre l'alternative d'une vie qui se laisse guider par la confiance dans le Père, dans une attitude de don et d'amour, qui a déjà vaincu la mort. Le Fils de Dieu, qui s'est fait Chair, nous a révélé la destinée de toute chair : son chemin comme Fils de l'homme est celui de tout homme et du monde entier, son mystère de mort et de résurrection est la vérité du présent dans son avenir. Se demandant "quand et quels sont les signes de la destruction du temple, les disciples entendent la fin du monde. En réalité, ce n'est pas la fin du monde, c'est un événement historique exemplaire, une figure de chaque moment de crise, qui constitue un défi pour le croyant, appelé à rendre témoignage à son Seigneur. Le bannissement aux faux espoirs d'une fin imminente. Les signes allégués de la fin sont toutes les choses qui se produisent "avant". sont les ingrédients normaux de notre existence avant la fin. Ni les guerres, ni les révoltes, ni les grands signes, ni le siège et la destruction de Jérusalem ne préfigurent la fin : ils ne sont que le début du "temps des païens", une nouvelle page du temps du salut, désormais ouverte à tous. Le véritable indice que le Royaume est proche et que l'événement humain est en voie d'achèvement est plutôt le témoignage des disciples, qui suivent et proclament leur Seigneur dans ce monde du mal, faisant de ce monde le lieu du Salut. L'univers va se terminer. Parce que ce qui commence, finit. Cependant, la victoire ne sera pas du mal, mais de la fidélité de Dieu à Son Amour pour nous. La résurrection du Crucifié nous donne la certitude : la pierre jetée par les bâtisseurs est devenue une tête d'angle. Mais le royaume ici-bas sera toujours comme une semence : il porte du fruit parce qu'il est petit, pris, jeté et caché. Il portera toujours les traits du Visage du Fils de l'Homme, délivré pour nous à la mort de croix. Mais ne vous découragez pas : c'est Sa victoire ! Le plan du salut se réalise précisément par la croix. "Il est nécessaire de traverser de nombreuses tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu" (At 14:22). Celles-ci nous associent à Jésus.
MESSAGE DU SAINT-PÈRE pour la 9ème Journée Mondiale des Pauvres16 novembre 2025, 33ème dimanche du Temps Ordinaire
C’est Toi mon espérance (Ps 71, 5)
1. « Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance » (Ps 71, 5). Ces paroles jaillissent d'un cœur accablé par de graves difficultés : « Tu m'as fait voir tant de maux et de détresses » (v. 20), dit le psalmiste. Malgré cela, son âme est ouverte et confiante, car elle est ferme dans la foi, qui reconnaît le soutien de Dieu et le professe : « Ma forteresse et mon roc, c'est toi » (v. 3). De là jaillit la confiance inébranlable que l'espérance en Lui ne déçoit pas : « En toi, Seigneur, j'ai mon refuge : garde-moi d'être humilié pour toujours » (v. 1).
Dans les épreuves de la vie, l'espérance est animée par la certitude ferme et encourageante de l'amour de Dieu répandu dans les cœurs par l'Esprit Saint. C'est pourquoi elle ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5) et saint Paul peut écrire à Timothée : « Si nous nous donnons de la peine et si nous combattons, c’est parce que nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant » (1 Tm 4, 10). Le Dieu vivant est en effet le « Dieu de l'espérance » (Rm 15, 13) qui dans Christ, par sa mort et sa résurrection, est devenu « notre espérance » (1 Tm 1, 1). Nous ne pouvons pas oublier que nous avons été sauvés dans cette espérance dans laquelle nous devons rester enracinés.
2. Le pauvre peut devenir témoin d'une espérance forte et fiable, justement parce qu'il la professe dans des conditions de vie précaires, faites de privations, de fragilité et d'exclusion. Il ne compte pas sur les certitudes du pouvoir et des biens ; au contraire, il les subit et en est souvent victime. Son espérance ne peut reposer qu'ailleurs. En reconnaissant que Dieu est notre première et unique espérance, nous accomplissons nous aussi le passage entre les espérances éphémères et l'espérance durable. Face au désir d'avoir Dieu comme compagnon de route, les richesses sont relativisées car découvrant le véritable trésor dont nous avons réellement besoin. Les paroles avec lesquelles le Seigneur Jésus exhortait ses disciples résonnent clairement et avec force : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler » (Mt 6, 19-20).
3. La plus grande pauvreté consiste à ne pas connaître Dieu. C'est ce que nous rappelait le Pape François lorsqu'il écrivait dans Evangelii gaudium : « La pire discrimination dont souffrent les pauvres est le manque d'attention spirituelle. L'immense majorité des pauvres ont une ouverture particulière à la foi ; ils ont besoin de Dieu et nous ne pouvons pas manquer de leur offrir son amitié, sa bénédiction, sa Parole, la célébration des sacrements et la proposition d'un chemin de croissance et de maturation dans la foi » (n° 200). Il y a là une conscience fondamentale et tout à fait originale de la manière de trouver en Dieu son trésor. L'apôtre Jean insiste en effet : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jn 4, 20).
C'est une règle de la foi et un secret de l'espérance : tous les biens de cette terre, les réalités matérielles, les plaisirs du monde, le bien-être économique, bien qu'importants, ne suffisent pas à rendre le cœur heureux. Les richesses sont souvent trompeuses et conduisent à des situations dramatiques de pauvreté, à commencer par celle de penser que l'on n'a pas besoin de Dieu et de mener sa vie indépendamment de Lui. Les paroles de saint Augustin me reviennent à l'esprit : « Que toute ton espérance soit en Dieu : sens que tu as besoin de Lui pour être comblé par Lui. Sans Lui, tout ce que tu auras ne servira qu'à te rendre encore plus vide » (Enarr. in Ps. 85,3).
4. L'espérance chrétienne à laquelle renvoie la Parole de Dieu est une certitude sur le chemin de la vie, car elle ne dépend pas de la force humaine, mais de la promesse de Dieu qui est toujours fidèle. C'est pourquoi, depuis les origines, les chrétiens ont voulu identifier l'espérance au symbole de l'ancre, qui offre stabilité et sécurité. L'espérance chrétienne est comme une ancre qui fixe notre cœur sur la promesse du Seigneur Jésus qui nous a sauvés par sa mort et sa résurrection et qui reviendra parmi nous. Cette espérance continue à indiquer comme véritable horizon de la vie les « cieux nouveaux » et la « terre nouvelle » (2 P 3, 13), où l'existence de toutes les créatures trouvera son sens authentique, car notre véritable patrie est dans les cieux (cf. Ph 3, 20).
La cité de Dieu nous engage donc pour les cités des hommes. Celles-ci doivent dès maintenant commencer à lui ressembler. L'espérance, soutenue par l'amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint (cf. Rm 5, 5) transforme le cœur humain en terre féconde, où peut germer la charité pour la vie du monde. La Tradition de l'Église réaffirme constamment cette circularité entre les trois vertus théologales : la foi, l'espérance et la charité. L'espérance naît de la foi qui la nourrit et la soutient sur le fondement de la charité, qui est la mère de toutes les vertus. Et c'est de charité que nous avons besoin aujourd'hui, maintenant. Ce n'est pas une promesse mais une réalité vers laquelle nous regardons avec joie et responsabilité : elle nous engage et oriente nos décisions vers le bien commun. Celui qui manque de charité, en revanche, non seulement manque de foi et d'espérance, mais enlève l'espérance à son prochain.
5. L'invitation biblique à l'espérance comporte donc le devoir d'assumer sans tarder des responsabilités cohérentes dans l'histoire. En effet, la charité « représente le plus grand commandement social » (Catéchisme de l'Église catholique, 1889). La pauvreté a des causes structurelles qui doivent être affrontées et éliminées. Pendant ce temps, nous sommes tous appelés à créer de nouveaux signes d'espérance qui témoignent de la charité chrétienne, comme l'ont fait tant de saints et saintes à travers les âges. Les hôpitaux et les écoles, par exemple, sont des institutions créées pour accueillir les plus faibles et les plus marginaux. Ils devraient désormais faire partie des politiques publiques de chaque pays, mais les guerres et les inégalités l'empêchent encore souvent. De plus en plus, les foyers d'accueil, les communautés pour mineurs, les centres d'écoute et d'accueil, les cantines pour les pauvres, les dortoirs, les écoles populaires deviennent aujourd'hui des signes d’espérance : autant de signes souvent cachés auxquels nous ne prêtons peut-être pas attention mais qui sont pourtant si importants pour secouer l'indifférence et susciter l'engagement dans différentes formes de volontariat !
Les pauvres ne sont pas une distraction pour l'Église, ils sont nos frères et sœurs les plus aimés, car chacun d'eux, par son existence et aussi par les paroles et la sagesse dont il est porteur, nous invite à toucher du doigt la vérité de l'Évangile. C'est pourquoi la Journée mondiale des pauvres veut rappeler à nos communautés que les pauvres sont au centre de toute l'œuvre pastorale. Non seulement en son aspect charitable, mais également en ce que l'Église célèbre et annonce. Dieu a pris leur pauvreté pour nous rendre riches à travers leurs voix, leurs histoires, leurs visages. Toutes les formes de pauvreté, sans exception, sont un appel à vivre concrètement l'Évangile et à offrir des signes efficaces d'espérance.
6. Telle est l'invitation qui nous est faite par la célébration du Jubilé. Ce n'est pas un hasard si la Journée mondiale des pauvres est célébrée vers la fin de cette année de grâce. Lorsque la Porte Sainte sera fermée, nous devrons garder et transmettre les dons divins qui ont été déversés dans nos mains tout au long d'une année de prière, de conversion et de témoignage. Les pauvres ne sont pas des objets de notre pastorale, mais des sujets créatifs qui nous poussent à trouver toujours de nouvelles façons de vivre l'Évangile aujourd'hui. Face à la succession de nouvelles vagues d'appauvrissement, le risque est de s'habituer et de se résigner. Nous rencontrons chaque jour des personnes pauvres ou démunies et il arrive parfois que ce soit nous-mêmes qui ayons moins, qui perdions ce qui nous semblait autrefois sûr : un logement, une alimentation suffisante pour la journée, l'accès aux soins, un bon niveau d'éducation et d'information, la liberté religieuse et d'expression.
En promouvant le bien commun, notre responsabilité sociale trouve son fondement dans le geste créateur de Dieu, qui donne à tous les biens de la terre : comme ceux-ci, les fruits du travail de l'homme doivent également être accessibles à tous de manière équitable. Aider les pauvres est en effet une question de justice avant d'être une question de charité. Comme le fait remarquer saint Augustin : « Tu donnes du pain à celui qui a faim, mais il vaudrait mieux que personne n'ait faim, même si cela signifie qu'il n'y aurait personne à qui donner. Tu offres des vêtements à celui qui est nu, mais combien il serait préférable que tous aient des vêtements et qu'il n'y ait pas cette indigence » (Commentaire sur 1Jn, VIII, 5).
Je souhaite donc que cette Année jubilaire puisse encourager le développement de politiques de lutte contre les formes anciennes et nouvelles de pauvreté, ainsi que de nouvelles initiatives de soutien et d'aide aux plus pauvres parmi les pauvres. Le travail, l'éducation, le logement, la santé sont les conditions d'une sécurité qui ne s'affirmera jamais par les armes. Je me félicite des initiatives déjà existantes et de l'engagement quotidien au niveau international d'un grand nombre d'hommes et de femmes de bonne volonté.
Confions-nous à la Très Sainte Vierge Marie, Consolatrice des affligés, et avec elle, élevons un chant d'espérance en faisant nôtres les paroles du Te Deum : «In Te, Domine, speravi, non confundar in aeternum – En toi, Seigneur, j'ai espéré, je ne serai jamais confondu »
Du Vatican, le 13 juin 2025, mémoire de saint Antoine de Padoue, Patron des pauvres
Livre de Malachie
RispondiElimina3,19-20a.
Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme la fournaise. Tous les arrogants, tous ceux qui commettent l’impiété, seront de la paille. Le jour qui vient les consumera, – dit le Seigneur de l’univers –, il ne leur laissera ni racine ni branche.
Mais pour vous qui craignez mon nom, le Soleil de justice se lèvera : il apportera la guérison dans son rayonnement. »
Psaume 98(97)
5-6.7-8.9.
Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !
Que résonnent la mer et sa richesse,
le monde et tous ses habitants ;
que les fleuves battent des mains,
que les montagnes chantent leur joie.
Acclamez le Seigneur, car il vient
pour gouverner la terre,
pour gouverner le monde avec justice
et les peuples avec droiture !
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre
aux Thessaloniciens 3,7-12.
Frères, vous savez bien, vous, ce qu’il faut faire pour nous imiter. Nous n’avons pas vécu parmi vous de façon désordonnée ;
et le pain que nous avons mangé, nous ne l’avons pas reçu gratuitement. Au contraire, dans la peine et la fatigue, nuit et jour, nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous.
Bien sûr, nous avons le droit d’être à charge, mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter.
Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cet ordre : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.
Or, nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire.
À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné.
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Luc
C 21,5-19.
En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara :
« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »
Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »
Mais avant tout cela, on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer.
Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »
Les paroles des Papes
RispondiEliminaAujourd’hui encore, de faux « sauveurs » cherchent à remplacer Jésus : des chefs religieux, des hommes saints, voire des sorciers, autant de figures qui veulent captiver l’esprit et le cœur des jeunes, surtout des plus jeunes. Jésus nous met en garde : « Ne les suivez pas ! » Et le Seigneur nous aide aussi à ne pas avoir peur. Du front de la guerre à la révolution, mais aussi des catastrophes naturelles et des épidémies, je nous libérerai du fatalisme et de la fausse vision apocalyptique. Le second aspect nous interpelle précisément en tant que chrétiens et en tant qu’Église : Jésus prédit des épreuves et des persécutions douloureuses que ses disciples devront endurer à cause de lui. Pourtant, il nous assure : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. » Voilà à quel point tout est entre les mains de Dieu ! Les épreuves que nous rencontrons à cause de notre foi et de notre attachement à l’Évangile sont des occasions de témoigner ; elles ne doivent pas nous éloigner du Seigneur, mais au contraire nous appeler à nous abandonner davantage à lui, à la puissance de son Esprit et à sa (Pape François – Angélus, 17 novembre 2013)
Quelle est donc l’attitude du chrétien ? C’est l’espérance en Dieu, qui nous permet de ne pas être accablés par les événements tragiques. Bien au contraire, ils sont « un temps pour témoigner » (v. 13). Les disciples du Christ ne peuvent demeurer esclaves de la peur et de l’angoisse ; ils sont appelés à vivre l’histoire, à endiguer la force destructrice du mal, avec la certitude que l’action de bonté du Seigneur est toujours accompagnée de sa providence et de sa tendresse rassurante. C’est le signe éloquent que le Royaume de Dieu s’approche de nous, c’est-à-dire la réalisation du monde tel que Dieu le veut. C’est lui, le Seigneur, qui guide notre existence et connaît le dessein ultime de toute chose et de tout événement. (Pape François Angelus, 17 novembre 2019)
FAUSTI- Cette grande Apocalypse concerne le destin cosmique, "notre" histoire qui se terminera avec la fin du monde. La révélation ne signifie pas "désastre", mais "révélation" de quelque chose d'inconnu.
RispondiEliminaCes Paroles de Jésus ne révèlent pas quelque chose d'étrange et d'occulte, mais le sens profond de la réalité présente. Ils enlèvent le voile que nos peurs et nos erreurs ont mis devant nos yeux, et nous permettent de voir cette vérité qui est la Parole définitive de Dieu sur le monde.
Le langage apocalyptique est coloré de couleurs fortes et paradoxales. Mais la vérité n'est-elle pas paradoxale, au-delà de toute opinion ?
La première intention des évangélistes est de montrer que nous n'allons pas vers la fin, mais vers le bout.
La dissolution de l'ancien monde est en même temps la naissance du nouveau.
Luc est particulièrement soucieux de montrer la relation que l'objectif final a avec notre chemin actuel.
Dieu réalise Son plan dans cette histoire avec ses contradictions : le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, la plénitude du Royaume, continue dans la vie des disciples.
Sa croix est déjà le jugement sur l'ancien monde ; le disciple est appelé à la revivre dans le présent comme une semence de gloire future, dans l'attente de Son retour. Jésus ne satisfait pas la curiosité pour l'avenir. Nous Lui demandons "quand" sera la fin du monde et quels "signes".
Mais Il a refusé et refusera toujours de répondre. Il est venu nous enseigner que le monde a dans le Père son commencement et sa fin, et il nous appelle à vivre le présent de ce point de vue, le seul qui donne sens à la vie.
Jésus veut aussi dissiper les angoisses et l'alarmisme à propos de la fin du monde, qui prospèrent partout et ne font que du mal.
L'homme, seul vivant conscient de ses propres limites, après le péché se laisse guider par la peur de la mort. Elle triomphe précisément dans la volonté d'être sauvé à tout prix, à l'origine de l'égoïsme et de tout mal.
Jésus offre l'alternative d'une vie qui se laisse guider par la confiance dans le Père, dans une attitude de don et d'amour, qui a déjà vaincu la mort.
Le Fils de Dieu, qui s'est fait Chair, nous a révélé la destinée de toute chair : son chemin comme Fils de l'homme est celui de tout homme et du monde entier, son mystère de mort et de résurrection est la vérité du présent dans son avenir. Se demandant "quand et quels sont les signes de la destruction du temple, les disciples entendent la fin du monde.
En réalité, ce n'est pas la fin du monde, c'est un événement historique exemplaire, une figure de chaque moment de crise, qui constitue un défi pour le croyant, appelé à rendre témoignage à son Seigneur.
Le bannissement aux faux espoirs d'une fin imminente. Les signes allégués de la fin sont toutes les choses qui se produisent "avant". sont les ingrédients normaux de notre existence avant la fin.
Ni les guerres, ni les révoltes, ni les grands signes, ni le siège et la destruction de Jérusalem ne préfigurent la fin : ils ne sont que le début du "temps des païens", une nouvelle page du temps du salut, désormais ouverte à tous.
Le véritable indice que le Royaume est proche et que l'événement humain est en voie d'achèvement est plutôt le témoignage des disciples, qui suivent et proclament leur Seigneur dans ce monde du mal, faisant de ce monde le lieu du Salut.
L'univers va se terminer. Parce que ce qui commence, finit. Cependant, la victoire ne sera pas du mal, mais de la fidélité de Dieu à Son Amour pour nous. La résurrection du Crucifié nous donne la certitude : la pierre jetée par les bâtisseurs est devenue une tête d'angle.
Mais le royaume ici-bas sera toujours comme une semence : il porte du fruit parce qu'il est petit, pris, jeté et caché.
Il portera toujours les traits du Visage du Fils de l'Homme, délivré pour nous à la mort de croix.
Mais ne vous découragez pas : c'est Sa victoire !
Le plan du salut se réalise précisément par la croix. "Il est nécessaire de traverser de nombreuses tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu" (At 14:22). Celles-ci nous associent à Jésus.
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EliminaMESSAGE DU SAINT-PÈRE
RispondiEliminapour la 9ème Journée Mondiale des Pauvres16 novembre 2025, 33ème dimanche du Temps Ordinaire
C’est Toi mon espérance (Ps 71, 5)
1. « Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance » (Ps 71, 5). Ces paroles jaillissent d'un cœur accablé par de graves difficultés : « Tu m'as fait voir tant de maux et de détresses » (v. 20), dit le psalmiste. Malgré cela, son âme est ouverte et confiante, car elle est ferme dans la foi, qui reconnaît le soutien de Dieu et le professe : « Ma forteresse et mon roc, c'est toi » (v. 3). De là jaillit la confiance inébranlable que l'espérance en Lui ne déçoit pas : « En toi, Seigneur, j'ai mon refuge : garde-moi d'être humilié pour toujours » (v. 1).
Dans les épreuves de la vie, l'espérance est animée par la certitude ferme et encourageante de l'amour de Dieu répandu dans les cœurs par l'Esprit Saint. C'est pourquoi elle ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5) et saint Paul peut écrire à Timothée : « Si nous nous donnons de la peine et si nous combattons, c’est parce que nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant » (1 Tm 4, 10). Le Dieu vivant est en effet le « Dieu de l'espérance » (Rm 15, 13) qui dans Christ, par sa mort et sa résurrection, est devenu « notre espérance » (1 Tm 1, 1). Nous ne pouvons pas oublier que nous avons été sauvés dans cette espérance dans laquelle nous devons rester enracinés.
2. Le pauvre peut devenir témoin d'une espérance forte et fiable, justement parce qu'il la professe dans des conditions de vie précaires, faites de privations, de fragilité et d'exclusion. Il ne compte pas sur les certitudes du pouvoir et des biens ; au contraire, il les subit et en est souvent victime. Son espérance ne peut reposer qu'ailleurs. En reconnaissant que Dieu est notre première et unique espérance, nous accomplissons nous aussi le passage entre les espérances éphémères et l'espérance durable. Face au désir d'avoir Dieu comme compagnon de route, les richesses sont relativisées car découvrant le véritable trésor dont nous avons réellement besoin. Les paroles avec lesquelles le Seigneur Jésus exhortait ses disciples résonnent clairement et avec force : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler » (Mt 6, 19-20).
3. La plus grande pauvreté consiste à ne pas connaître Dieu. C'est ce que nous rappelait le Pape François lorsqu'il écrivait dans Evangelii gaudium : « La pire discrimination dont souffrent les pauvres est le manque d'attention spirituelle. L'immense majorité des pauvres ont une ouverture particulière à la foi ; ils ont besoin de Dieu et nous ne pouvons pas manquer de leur offrir son amitié, sa bénédiction, sa Parole, la célébration des sacrements et la proposition d'un chemin de croissance et de maturation dans la foi » (n° 200). Il y a là une conscience fondamentale et tout à fait originale de la manière de trouver en Dieu son trésor. L'apôtre Jean insiste en effet : « Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas » (1 Jn 4, 20).
C'est une règle de la foi et un secret de l'espérance : tous les biens de cette terre, les réalités matérielles, les plaisirs du monde, le bien-être économique, bien qu'importants, ne suffisent pas à rendre le cœur heureux. Les richesses sont souvent trompeuses et conduisent à des situations dramatiques de pauvreté, à commencer par celle de penser que l'on n'a pas besoin de Dieu et de mener sa vie indépendamment de Lui. Les paroles de saint Augustin me reviennent à l'esprit : « Que toute ton espérance soit en Dieu : sens que tu as besoin de Lui pour être comblé par Lui. Sans Lui, tout ce que tu auras ne servira qu'à te rendre encore plus vide » (Enarr. in Ps. 85,3).
4. L'espérance chrétienne à laquelle renvoie la Parole de Dieu est une certitude sur le chemin de la vie, car elle ne dépend pas de la force humaine, mais de la promesse de Dieu qui est toujours fidèle. C'est pourquoi, depuis les origines, les chrétiens ont voulu identifier l'espérance au symbole de l'ancre, qui offre stabilité et sécurité. L'espérance chrétienne est comme une ancre qui fixe notre cœur sur la promesse du Seigneur Jésus qui nous a sauvés par sa mort et sa résurrection et qui reviendra parmi nous. Cette espérance continue à indiquer comme véritable horizon de la vie les « cieux nouveaux » et la « terre nouvelle » (2 P 3, 13), où l'existence de toutes les créatures trouvera son sens authentique, car notre véritable patrie est dans les cieux (cf. Ph 3, 20).
EliminaLa cité de Dieu nous engage donc pour les cités des hommes. Celles-ci doivent dès maintenant commencer à lui ressembler. L'espérance, soutenue par l'amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint (cf. Rm 5, 5) transforme le cœur humain en terre féconde, où peut germer la charité pour la vie du monde. La Tradition de l'Église réaffirme constamment cette circularité entre les trois vertus théologales : la foi, l'espérance et la charité. L'espérance naît de la foi qui la nourrit et la soutient sur le fondement de la charité, qui est la mère de toutes les vertus. Et c'est de charité que nous avons besoin aujourd'hui, maintenant. Ce n'est pas une promesse mais une réalité vers laquelle nous regardons avec joie et responsabilité : elle nous engage et oriente nos décisions vers le bien commun. Celui qui manque de charité, en revanche, non seulement manque de foi et d'espérance, mais enlève l'espérance à son prochain.
5. L'invitation biblique à l'espérance comporte donc le devoir d'assumer sans tarder des responsabilités cohérentes dans l'histoire. En effet, la charité « représente le plus grand commandement social » (Catéchisme de l'Église catholique, 1889). La pauvreté a des causes structurelles qui doivent être affrontées et éliminées. Pendant ce temps, nous sommes tous appelés à créer de nouveaux signes d'espérance qui témoignent de la charité chrétienne, comme l'ont fait tant de saints et saintes à travers les âges. Les hôpitaux et les écoles, par exemple, sont des institutions créées pour accueillir les plus faibles et les plus marginaux. Ils devraient désormais faire partie des politiques publiques de chaque pays, mais les guerres et les inégalités l'empêchent encore souvent. De plus en plus, les foyers d'accueil, les communautés pour mineurs, les centres d'écoute et d'accueil, les cantines pour les pauvres, les dortoirs, les écoles populaires deviennent aujourd'hui des signes d’espérance : autant de signes souvent cachés auxquels nous ne prêtons peut-être pas attention mais qui sont pourtant si importants pour secouer l'indifférence et susciter l'engagement dans différentes formes de volontariat !
Les pauvres ne sont pas une distraction pour l'Église, ils sont nos frères et sœurs les plus aimés, car chacun d'eux, par son existence et aussi par les paroles et la sagesse dont il est porteur, nous invite à toucher du doigt la vérité de l'Évangile. C'est pourquoi la Journée mondiale des pauvres veut rappeler à nos communautés que les pauvres sont au centre de toute l'œuvre pastorale. Non seulement en son aspect charitable, mais également en ce que l'Église célèbre et annonce. Dieu a pris leur pauvreté pour nous rendre riches à travers leurs voix, leurs histoires, leurs visages. Toutes les formes de pauvreté, sans exception, sont un appel à vivre concrètement l'Évangile et à offrir des signes efficaces d'espérance.
6. Telle est l'invitation qui nous est faite par la célébration du Jubilé. Ce n'est pas un hasard si la Journée mondiale des pauvres est célébrée vers la fin de cette année de grâce. Lorsque la Porte Sainte sera fermée, nous devrons garder et transmettre les dons divins qui ont été déversés dans nos mains tout au long d'une année de prière, de conversion et de témoignage. Les pauvres ne sont pas des objets de notre pastorale, mais des sujets créatifs qui nous poussent à trouver toujours de nouvelles façons de vivre l'Évangile aujourd'hui. Face à la succession de nouvelles vagues d'appauvrissement, le risque est de s'habituer et de se résigner. Nous rencontrons chaque jour des personnes pauvres ou démunies et il arrive parfois que ce soit nous-mêmes qui ayons moins, qui perdions ce qui nous semblait autrefois sûr : un logement, une alimentation suffisante pour la journée, l'accès aux soins, un bon niveau d'éducation et d'information, la liberté religieuse et d'expression.
EliminaEn promouvant le bien commun, notre responsabilité sociale trouve son fondement dans le geste créateur de Dieu, qui donne à tous les biens de la terre : comme ceux-ci, les fruits du travail de l'homme doivent également être accessibles à tous de manière équitable. Aider les pauvres est en effet une question de justice avant d'être une question de charité. Comme le fait remarquer saint Augustin : « Tu donnes du pain à celui qui a faim, mais il vaudrait mieux que personne n'ait faim, même si cela signifie qu'il n'y aurait personne à qui donner. Tu offres des vêtements à celui qui est nu, mais combien il serait préférable que tous aient des vêtements et qu'il n'y ait pas cette indigence » (Commentaire sur 1Jn, VIII, 5).
Je souhaite donc que cette Année jubilaire puisse encourager le développement de politiques de lutte contre les formes anciennes et nouvelles de pauvreté, ainsi que de nouvelles initiatives de soutien et d'aide aux plus pauvres parmi les pauvres. Le travail, l'éducation, le logement, la santé sont les conditions d'une sécurité qui ne s'affirmera jamais par les armes. Je me félicite des initiatives déjà existantes et de l'engagement quotidien au niveau international d'un grand nombre d'hommes et de femmes de bonne volonté.
Confions-nous à la Très Sainte Vierge Marie, Consolatrice des affligés, et avec elle, élevons un chant d'espérance en faisant nôtres les paroles du Te Deum : «In Te, Domine, speravi, non confundar in aeternum – En toi, Seigneur, j'ai espéré, je ne serai jamais confondu »
Du Vatican, le 13 juin 2025, mémoire de saint Antoine de Padoue, Patron des pauvres
LEO PP. XIV