Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel. Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel, car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms : « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ». Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’orient : vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient. Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal. Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu. Sur l’ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ; car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice.
PSAUME 126
Quand Yahvé ramena les captifs de Sion, nous étions comme en rêve;
alors notre bouche s'emplit de rire et nos lèvres de chansons. Alors on disait chez les païens : Merveilles que fit pour eux Yahvé!
Merveilles que fit pour nous Yahvé, nous étions dans la joie. Ramène, Yahvé, nos captifs comme torrents au Négeb!
Ceux qui sèment dans les larmes moissonnent en chantant.
Il s'en va, il s'en va en pleurant, il porte la semence; il s'en vient, il s'en vient en chantant, il rapporte ses gerbes.
Deuxième Lecture
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens (Ph 1, 4-6.8-11)
Frères, à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais, à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour l’annonce de l’Évangile. J’en suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus. Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ, comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.
ÉVANGILE DU JOUR Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 3, 1-6)
L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.
PAROLES DU SAINT PÈRE En ce temps de l'Avent, laissons-nous guider par l'exhortation du Baptiste: «Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers!», nous dit-il. Nous préparons le chemin du Seigneur et nous redressons ses sentiers, lorsque nous faisons notre examen de conscience, lorsque nous scrutons nos attitudes, afin de chasser ces attitudes pécheresses que j'ai mentionnées, qui ne sont pas de Dieu: le succès à tout prix; le pouvoir aux dépens des plus faibles; la soif de richesse; le plaisir à tout prix. Que la Vierge Marie nous aide à nous préparer à la rencontre avec cet Amour toujours plus grand, que porte Jésus, et qui, dans la nuit de Noël, s'est fait tout petit, comme une graine tombée en terre. Et Jésus est cette semence: la semence du Royaume de Dieu. (Angélus du 4 décembre 2016)
FAUSTI - Jean est le prototype de l'homme que Dieu a préparé pour se présenter devant Son visage, qui est Jésus, et pour ouvrir le chemin aux autres. C'est la personne qui est prête à accueillir le Seigneur qui vient. Synthèse vivante de l'Ancien Testament, nous voyons en lui la caractéristique fondamentale de toute l'histoire d'Israël : l'attente. Fruit d'une foi absolue en la promesse, c'est la condition indispensable à son accomplissement. Dieu a été si en retard dans l'accomplissement de sa promesse, parce qu'il attendait d'être attendu par quelqu'un qui L' eût accueilli S'il n'est pas reçu, même s'il vient, c'est comme s'Il ne fût pas venu. Ceux qui attendent "tendent" à ce qui n'est pas encore là. Jean est tout sur l'avenir de Dieu et appelle les hommes à rompre leur équilibre pour s'y tourner. La Parole de Dieu s'adresse à tous, religieux ou non, toute chair est appelée à la conversion pour voir le salut. L'endroit où vient cette Parole est dans le désert. C'est le lieu vide et inhabitable où l'homme trouve sa propre vérité et la vérité de Dieu. Seul son silence est un terrain propice pour accueillir Sa Parole. Le désert rappelle l'expérience fondamentale de l'exode, la sortie de la non-identité et de l'esclavage vers la liberté et le service de Dieu. Jean vit dans le désert pour indiquer que la situation permanente de l'homme est celle de l'exode. Il doit constamment sortir de tout esclavage et marcher vers la promesse de Dieu, sans autre garantie que Sa fidélité. Dans le désert, le ciel et la terre sont également vides, thèses du silence. Rien ne distrait. En ce, rien de ce qui est là , peut résonner et être entendue la Parole nouvelle et créative. Le désert est en synthèse la vie de Dieu, l'opposé de celle de l'homme qui s'en échappe. Il préfère en fait les tombeaux de l'Egypte, la fuite de la liberté. Jean parcourt la région du Jourdain, le seuil de la terre promise, et ce fait géographique est aussi théologique. Il le qualifie de dernier prophète avant son accomplissement.
--> Il prêche le baptême. Être baptisé, c'est plonger, descendre. A l'acceptation de sa propre mort symbolique, exprimée par l'immersion dans l'eau, s'ajoute le désir d'une renaissance, représentée par l'émergence. Jean appelle à un baptême de conversion. Ce n'est pas qu'un rituel. Cela implique vraiment un changement de mentalité et de vie. Cette conversion est ordonnée à la rémission des péchés. Le mal ne doit pas être expié : il est pardonné par Celui qui nous aime. Dieu est Amour, donc don. Le mal est vaincu par le pardon, l'éminent super don de Son Amour pour nous, afin que là où le péché abondait, la grâce surabonde.L'important est de reconnaître son propre péché devant Lui. Le péché est objectif, et il est envers Dieu. On en sort avec Son pardon. La culpabilité, en revanche, est subjective : c'est un sentiment d'échec envers soi-même, qui conduit à une expiation qui ne rachète jamais. On ne peut en sortir qu'avec un sens correct du péché, dans une expérience de Dieu comme Amour qui pardonne. Jean, conformément à son nom, prêche la grâce et la consolation de Dieu. C'est un cri qui monte en ce lieu de vérité de l'homme qu'est le désert. C'est un cri humain, une voix, mais pas encore une parole : "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, redressez ses sentiers".(Is 40,3). Nous entendons la voix avant le mot. Jean montre ensuite Christ , tout comme la Parole est signifiée par la voix. La voix donne corps à la Parole, la Parole donne sens à la voix. Ainsi chacun de nous, comme le Baptiste, doit être une voix dont la Parole est le Christ. Toute l'histoire humaine est une voix et un cri dénués de sens, qui trouve en Jésus, la Parole éternelle de Dieu, son sens et sa vie. Ce cri nous invite aussi à rectifier Ses voies, c'est-à-dire les voies de Dieu. L'homme ne les connaît pas, les perd et se trompe sur ce chemin. Les ravins pleins sont des inégalités et les injustices applanées.. Que l'abîme de l'injustice soit rempli par la miséricorde de l'homme et l'abîme du désespoir par la miséricorde de Dieu. La foi, premier don de la miséricorde de Dieu, remplit le ravin de méfiance. L'humilité est la vérité de l'homme, qui est terre, et dans cette vérité de son homme rencontre Dieu qui seul en elle vient à sa rencontre pour le sauver. Le salut de Dieu est donné à tous ceux qui font l'expérience de la précarité de leur condition d'homme et du péché de ne pas être un homme.
D. Fredo - Quand nous lisons l'Évangile, pour en apprécier la richesse, nous devons nous mettre à la place des premiers lecteurs ou auditeurs qui ne savaient pas comment tout cela allait finir. L'évangéliste écrit avec pompe : "En la quinzième année de l'empire de Tibère César..." Le début de ce passage est solennel, car l'évangéliste veut ensuite susciter la surprise. Il commence par Tibère César. A cette époque, les puissants se considéraient comme des dieux, aussi l'évangéliste commence-t-il par la personne qui est la plus haute, pour eux la plus proche de Dieu, et qui est un Dieu lui-même, l'empereur. Alors que Ponce Pilate est gouverneur de Judée, qu'Hérode est gouverneur de Galilée, et que Philippe, son frère, est gouverneur d'Iturée et de Trachonite, on voit combien ce début est solennel, l'évangéliste va repêcher un certain Lysania, personnage semi-inconnu, gouverneur d'Abilène, c'est-à-dire de l'anti-Liban, sous les grands prêtres Annas et Caïphe. Pourquoi "grands prêtres" ? Le grand prêtre était unique. Mais l'évangéliste en place deux, Annas et Caïphe. Pourquoi tout cela ? L'évangéliste veut atteindre le chiffre sept. Le chiffre sept, dans le langage de la Bible, représente ce qui est plein, ce qui est complet, ce qui est total. Nous pourrions dire avec un langage compréhensible pour nous aujourd'hui "c'était le G7 de l'époque", les personnes les plus puissantes de la terre. Eh bien, voici la surprise : la Parole de Dieu est venue sur... Sur qui la Parole de Dieu est-elle descendue ? Nous avons ici Tibère César, l'empereur, Dieu lui-même, nous avons aussi les grands prêtres qui étaient les représentants de Dieu sur terre. Vers qui Dieu va-t-il se tourner pour manifester sa Parole ? Eh bien, lorsque Dieu doit intervenir dans l'histoire - c'est là la surprise - il évite soigneusement les lieux et les personnes sacrés et religieux car il sait qu'ils sont notoirement réfractaires à son message. En fait, voilà la surprise, la Parole de Dieu est venue à ... non pas aux puissants, mais à un certain Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Mais que fait Jean dans le désert ? Jean, en tant que fils de prêtre, à l'âge de dix-huit ans devait se rendre au temple pour être examiné pour faire afin de vérifier qu'il n'avait aucun des défauts qui empêchaient l'exercice du sacerdoce et ensuite continuer, perpétuer le sacerdoce de son père. Jean ne l'a pas fait. Jean est l'enfant qui dès le sein de sa mère a été rempli du Saint-Esprit, il est l'homme de l'Esprit, pas l'homme du rituel. Il rompt donc avec la société et va dans le désert, loin de Jérusalem et du temple. La Parole de Dieu descend sur lui.Il traverse toute la région du Jourdain, le Jourdain nous rappelle le fleuve que le peuple juif devait traverser pour entrer dans la terre promise.Or la terre promise est devenue une terre d'esclavage dont le peuple doit sortir. Prêcher un baptême... le terme "baptême" n'a pas notre sens liturgique, c'était un rite dans lequel - le terme signifie immersion - on était complètement immergé dans l'eau, on mourait symboliquement à ce qu'on avait été, et on ressortait comme une personne nouvelle, avec une autre vision des valeurs. Jean prêche donc ce signe comme l'image d'un changement de conversion. Dans la langue grecque, la conversion s'exprime de deux manières : l'une est la conversion religieuse, le retour à Dieu, le retour à la religion et les évangélistes évitent soigneusement ce terme. L'autre, utilisée par l'évangéliste, est le changement de comportement, un changement radical dans son existence.C'est pourquoi ce message de changement ne pouvait pas être adressé à la caste sacerdotale au pouvoir, qui n'aime pas le changement.
Première Lecture
RispondiEliminaLecture du livre du prophète Baruc
(Ba 5, 1-9)
Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère,
et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,
enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu,
mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel.
Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,
car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms :
« Paix-de-la-justice »
et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».
Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur,
et regarde vers l’orient :
vois tes enfants rassemblés du couchant au levant
par la parole du Dieu Saint ;
ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.
Tu les avais vus partir à pied,
emmenés par les ennemis,
et Dieu te les ramène, portés en triomphe,
comme sur un trône royal.
Car Dieu a décidé
que les hautes montagnes et les collines éternelles
seraient abaissées,
et que les vallées seraient comblées :
ainsi la terre sera aplanie,
afin qu’Israël chemine en sécurité
dans la gloire de Dieu.
Sur l’ordre de Dieu,
les forêts et les arbres odoriférants
donneront à Israël leur ombrage ;
car Dieu conduira Israël dans la joie,
à la lumière de sa gloire,
avec sa miséricorde et sa justice.
PSAUME 126
Quand Yahvé ramena les captifs de Sion,
nous étions comme en rêve;
alors notre bouche s'emplit de rire et nos lèvres de chansons.
Alors on disait chez les païens :
Merveilles que fit pour eux Yahvé!
Merveilles que fit pour nous Yahvé, nous étions dans la joie.
Ramène, Yahvé, nos captifs comme torrents au Négeb!
Ceux qui sèment dans les larmes
moissonnent en chantant.
Il s'en va, il s'en va en pleurant, il porte la semence;
il s'en vient, il s'en vient en chantant, il rapporte
ses gerbes.
Deuxième Lecture
Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens
(Ph 1, 4-6.8-11)
Frères,
à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous,
c’est avec joie que je le fais,
à cause de votre communion avec moi,
dès le premier jour jusqu’à maintenant,
pour l’annonce de l’Évangile.
J’en suis persuadé,
celui qui a commencé en vous un si beau travail
le continuera jusqu’à son achèvement
au jour où viendra le Christ Jésus.
Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous
dans la tendresse du Christ Jésus.
Et, dans ma prière,
je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus
dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance
pour discerner ce qui est important.
Ainsi, serez-vous purs et irréprochables
pour le jour du Christ,
comblés du fruit de la justice
qui s’obtient par Jésus Christ,
pour la gloire et la louange de Dieu.
ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
(Lc 3, 1-6)
L’an quinze du règne de l’empereur Tibère,
Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée,
Hérode étant alors au pouvoir en Galilée,
son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide,
Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe,
la parole de Dieu fut adressée dans le désert
à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain,
en proclamant un baptême de conversion
pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé,
toute montagne et toute colline seront abaissées ;
les passages tortueux deviendront droits,
les chemins rocailleux seront aplanis ;
et tout être vivant verra le salut de Dieu.
PAROLES DU SAINT PÈRE
RispondiEliminaEn ce temps de l'Avent, laissons-nous guider par l'exhortation du Baptiste: «Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers!», nous dit-il. Nous préparons le chemin du Seigneur et nous redressons ses sentiers, lorsque nous faisons notre examen de conscience, lorsque nous scrutons nos attitudes, afin de chasser ces attitudes pécheresses que j'ai mentionnées, qui ne sont pas de Dieu: le succès à tout prix; le pouvoir aux dépens des plus faibles; la soif de richesse; le plaisir à tout prix. Que la Vierge Marie nous aide à nous préparer à la rencontre avec cet Amour toujours plus grand, que porte Jésus, et qui, dans la nuit de Noël, s'est fait tout petit, comme une graine tombée en terre. Et Jésus est cette semence: la semence du Royaume de Dieu. (Angélus du 4 décembre 2016)
FAUSTI - Jean est le prototype de l'homme que Dieu a préparé pour se présenter devant Son visage, qui est Jésus, et pour ouvrir le chemin aux autres.
RispondiEliminaC'est la personne qui est prête à accueillir le Seigneur qui vient.
Synthèse vivante de l'Ancien Testament, nous voyons en lui la caractéristique fondamentale de toute l'histoire d'Israël : l'attente.
Fruit d'une foi absolue en la promesse, c'est la condition indispensable à son accomplissement. Dieu a été si en retard dans l'accomplissement de sa promesse, parce qu'il attendait d'être attendu par quelqu'un qui L' eût accueilli
S'il n'est pas reçu, même s'il vient, c'est comme s'Il ne fût pas venu.
Ceux qui attendent "tendent" à ce qui n'est pas encore là.
Jean est tout sur l'avenir de Dieu et appelle les hommes à rompre leur équilibre pour s'y tourner.
La Parole de Dieu s'adresse à tous, religieux ou non, toute chair est appelée à la conversion pour voir le salut.
L'endroit où vient cette Parole est dans le désert. C'est le lieu vide et inhabitable où l'homme trouve sa propre vérité et la vérité de Dieu.
Seul son silence est un terrain propice pour accueillir Sa Parole.
Le désert rappelle l'expérience fondamentale de l'exode, la sortie de la non-identité et de l'esclavage vers la liberté et le service de Dieu.
Jean vit dans le désert pour indiquer que la situation permanente de l'homme est celle de l'exode. Il doit constamment sortir de tout esclavage et marcher vers la promesse de Dieu, sans autre garantie que Sa fidélité.
Dans le désert, le ciel et la terre sont également vides, thèses du silence. Rien ne distrait.
En ce, rien de ce qui est là , peut résonner et être entendue la Parole nouvelle et créative. Le désert est en synthèse la vie de Dieu, l'opposé de celle de l'homme qui s'en échappe. Il préfère en fait les tombeaux de l'Egypte, la fuite de la liberté.
Jean parcourt la région du Jourdain, le seuil de la terre promise, et ce fait géographique est aussi théologique. Il le qualifie de dernier prophète avant son accomplissement.
--> Il prêche le baptême. Être baptisé, c'est plonger, descendre. A l'acceptation de sa propre mort symbolique, exprimée par l'immersion dans l'eau, s'ajoute le désir d'une renaissance, représentée par l'émergence. Jean appelle à un baptême de conversion. Ce n'est pas qu'un rituel. Cela implique vraiment un changement de mentalité et de vie.
RispondiEliminaCette conversion est ordonnée à la rémission des péchés. Le mal ne doit pas être expié : il est pardonné par Celui qui nous aime. Dieu est Amour, donc don.
Le mal est vaincu par le pardon, l'éminent super don de Son Amour pour nous, afin que là où le péché abondait, la grâce surabonde.L'important est de reconnaître son propre péché devant Lui.
Le péché est objectif, et il est envers Dieu. On en sort avec Son pardon.
La culpabilité, en revanche, est subjective : c'est un sentiment d'échec envers soi-même, qui conduit à une expiation qui ne rachète jamais. On ne peut en sortir qu'avec un sens correct du péché, dans une expérience de Dieu comme Amour qui pardonne.
Jean, conformément à son nom, prêche la grâce et la consolation de Dieu. C'est un cri qui monte en ce lieu de vérité de l'homme qu'est le désert. C'est un cri humain, une voix, mais pas encore une parole : "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur, redressez ses sentiers".(Is 40,3).
Nous entendons la voix avant le mot. Jean montre ensuite Christ , tout comme la Parole est signifiée par la voix. La voix donne corps à la Parole, la Parole donne sens à la voix.
Ainsi chacun de nous, comme le Baptiste, doit être une voix dont la Parole est le Christ.
Toute l'histoire humaine est une voix et un cri dénués de sens, qui trouve en Jésus, la Parole éternelle de Dieu, son sens et sa vie.
Ce cri nous invite aussi à rectifier Ses voies, c'est-à-dire les voies de Dieu. L'homme ne les connaît pas, les perd et se trompe sur ce chemin.
Les ravins pleins sont des inégalités et les injustices applanées..
Que l'abîme de l'injustice soit rempli par la miséricorde de l'homme et l'abîme du désespoir par la miséricorde de Dieu.
La foi, premier don de la miséricorde de Dieu, remplit le ravin de méfiance. L'humilité est la vérité de l'homme, qui est terre, et dans cette vérité de son homme rencontre Dieu qui seul en elle vient à sa rencontre pour le sauver.
Le salut de Dieu est donné à tous ceux qui font l'expérience de la précarité de leur condition d'homme et du péché de ne pas être un homme.
D. Fredo - Quand nous lisons l'Évangile, pour en apprécier la richesse, nous devons nous mettre à la place des premiers lecteurs ou auditeurs qui ne savaient pas comment tout cela allait finir. L'évangéliste écrit avec pompe : "En la quinzième année de l'empire de Tibère César..." Le début de ce passage est solennel, car l'évangéliste veut ensuite susciter la surprise. Il commence par Tibère César. A cette époque, les puissants se considéraient comme des dieux, aussi l'évangéliste commence-t-il par la personne qui est la plus haute, pour eux la plus proche de Dieu, et qui est un Dieu lui-même, l'empereur. Alors que Ponce Pilate est gouverneur de Judée, qu'Hérode est gouverneur de Galilée, et que Philippe, son frère, est gouverneur d'Iturée et de Trachonite, on voit combien ce début est solennel, l'évangéliste va repêcher un certain Lysania, personnage semi-inconnu, gouverneur d'Abilène, c'est-à-dire de l'anti-Liban, sous les grands prêtres Annas et Caïphe. Pourquoi "grands prêtres" ? Le grand prêtre était unique. Mais l'évangéliste en place deux, Annas et Caïphe. Pourquoi tout cela ? L'évangéliste veut atteindre le chiffre sept. Le chiffre sept, dans le langage de la Bible, représente ce qui est plein, ce qui est complet, ce qui est total. Nous pourrions dire avec un langage compréhensible pour nous aujourd'hui "c'était le G7 de l'époque", les personnes les plus puissantes de la terre.
RispondiEliminaEh bien, voici la surprise : la Parole de Dieu est venue sur... Sur qui la Parole de Dieu est-elle descendue ? Nous avons ici Tibère César, l'empereur, Dieu lui-même, nous avons aussi les grands prêtres qui étaient les représentants de Dieu sur terre. Vers qui Dieu va-t-il se tourner pour manifester sa Parole ? Eh bien, lorsque Dieu doit intervenir dans l'histoire - c'est là la surprise - il évite soigneusement les lieux et les personnes sacrés et religieux car il sait qu'ils sont notoirement réfractaires à son message.
En fait, voilà la surprise, la Parole de Dieu est venue à ... non pas aux puissants, mais à un certain Jean, fils de Zacharie, dans le désert. Mais que fait Jean dans le désert ? Jean, en tant que fils de prêtre, à l'âge de dix-huit ans devait se rendre au temple pour être examiné pour faire afin de vérifier qu'il n'avait aucun des défauts qui empêchaient l'exercice du sacerdoce et ensuite continuer, perpétuer le sacerdoce de son père. Jean ne l'a pas fait. Jean est l'enfant qui dès le sein de sa mère a été rempli du Saint-Esprit, il est l'homme de l'Esprit, pas l'homme du rituel. Il rompt donc avec la société et va dans le désert, loin de Jérusalem et du temple. La Parole de Dieu descend sur lui.Il traverse toute la région du Jourdain, le Jourdain nous rappelle le fleuve que le peuple juif devait traverser pour entrer dans la terre promise.Or la terre promise est devenue une terre d'esclavage dont le peuple doit sortir. Prêcher un baptême... le terme "baptême" n'a pas notre sens liturgique, c'était un rite dans lequel - le terme signifie immersion - on était complètement immergé dans l'eau, on mourait symboliquement à ce qu'on avait été, et on ressortait comme une personne nouvelle, avec une autre vision des valeurs.
Jean prêche donc ce signe comme l'image d'un changement de conversion. Dans la langue grecque, la conversion s'exprime de deux manières : l'une est la conversion religieuse, le retour à Dieu, le retour à la religion et les évangélistes évitent soigneusement ce terme. L'autre, utilisée par l'évangéliste, est le changement de comportement, un changement radical dans son existence.C'est pourquoi ce message de changement ne pouvait pas être adressé à la caste sacerdotale au pouvoir, qui n'aime pas le changement.