1 LECTURE Livre de la Genèse 15,5-12.17-18. En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abram dans une vision. Il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. » Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. » Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa. Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate, soit le pays des Qénites, des Qenizzites, des Qadmonites, des Hittites, des Perizzites, des Refaïtes, des Amorites, des Cananéens, des Guirgashites et des Jébuséens. »
Psaume 27(26),1.7-8.9abcd.13-14.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ?
Écoute, Seigneur, je t'appelle ! Pitié ! Réponds-moi ! Mon cœur m'a redit ta parole : « Cherchez ma face. »
ne me cache pas ta face. N'écarte pas ton serviteur avec colère : tu restes mon secours. tu restes mon secours.
Mais, j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. »
Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 3,17-21.4,1. Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir. Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,28b-36. En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
ANGÉLUS 13 mars 2022 ..L’Evangile de la liturgie de ce deuxième dimanche de carême raconte la Transfiguration de Jésus (cf. Lc 9, 28-36). Alors qu’il prie sur une haute montagne, il change d’aspect, ses vêtements deviennent d’une blancheur fulgurante, et dans la lumière de sa gloire apparaissent Moïse et Elie, qui parlent avec Lui de la Pâque qui l’attend à Jérusalem, c’est-à-dire de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.
Les apôtres Pierre, Jean et Jacques, montés sur la montagne avec Jésus, sont les témoins de cet extraordinaire événement. Nous les imaginons les yeux écarquillés face à ce spectacle unique. Et il en aura été certainement ainsi. Mais l’évangéliste Luc observe que « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil » et que « s’étant réveillés » ils virent la gloire de Jésus (cf. v. 32). Le sommeil des trois disciples apparaît comme une fausse note. De plus, les mêmes disciples s’endormirent également au Gethsémani, au cours de la prière angoissée de Jésus, qui leur avait demandé de veiller (cf. Mc 14, 37-41). Cette somnolence étonne à des moments si importants.
Mais en lisant avec attention, nous voyons que Pierre, Jean et Jacques s’endorment avant que commence la Transfiguration, c’est-à-dire précisément pendant que Jésus est en prière. La même chose aura lieu au Gethsémani. Il s’agit évidemment d’une prière qui durait pendant longtemps, dans le silence et dans le recueillement. Nous pouvons penser qu’au début, eux aussi priaient, jusqu’à ce que la fatigue et le sommeil l’emportent.
Frères et sœurs, ce sommeil inopiné ne ressemble-t-il pas à tant de nos sommeils qui viennent au cours de moments que nous savons être importants ? Le soir, peut-être, quand nous voudrions prier, être un peu avec Jésus après une journée passée entre mille courses et occupations. Ou bien quand il est l’heure d’échanger quelques paroles en famille et que l’on n’a plus la force. Nous voudrions être plus éveillés, attentifs, actifs, ne pas perdre d’occasions précieuses, mais nous n’y arrivons pas, ou nous y arrivons d’une façon ou d’une autre, mais peu.
--->Le temps fort du carême est une opportunité dans ce sens. C’est une période pendant laquelle Dieu veut nous réveiller de la léthargie intérieure, de cette somnolence qui ne laisse pas l’Esprit s’exprimer. Parce que — souvenons-nous en bien — garder le cœur réveillé ne dépend pas seulement de nous : c’est une grâce, et elle doit être demandée. C’est ce que démontrent les trois disciples de l’Evangile : ils étaient bons, ils avaient suivi Jésus sur la montagne, mais avec leurs forces ils n’arrivaient pas à rester éveillés. Cela nous arrive à nous aussi. Mais ils se réveillent précisément au cours de la Transfiguration. Nous pouvons penser que c’est la lumière de Jésus qui les a réveillés. Comme eux, nous aussi avons besoin de la lumière de Dieu, qui nous fait voir les choses de façon différente ; elle nous attire, nous réveille, rallume le désir et la force de prier, de regarder à l’intérieur de nous et de consacrer du temps aux autres. Nous pouvons surmonter la fatigue du corps avec la force de l’Esprit de Dieu. Et quand nous ne réussissons pas à surmonter cela, nous devons dire à l’Esprit Saint : « Aide-nous, viens, viens Esprit Saint. Aide-moi : je veux rencontrer Jésus, je veux être attentif, éveillé ». Demander à l’Esprit Saint qu’il nous sorte de cette somnolence qui nous empêche de prier.
En ce temps de carême, après les difficultés de chaque journée, cela nous fera du bien de ne pas éteindre la lumière de la pièce sans nous placer sous la lumière de Dieu. Prier un peu avant de dormir. Donnons au Seigneur la possibilité de nous surprendre et de réveiller notre cœur. Nous pouvons le faire, par exemple, en ouvrant l’Evangile, en nous laissant émerveiller par la Parole de Dieu, parce que l’Ecriture illumine nos pas et embrase le cœur. Ou bien nous pouvons regarder le Crucifix et nous émerveiller devant l’amour fou de Dieu, qui ne se lasse jamais de nous et a le pouvoir de transfigurer nos journées, de leur donner un nouveau sens, une lumière différente, une lumière inattendue.
Que la Vierge nous aide à garder notre cœur réveillé pour accueillir ce temps de grâce que Dieu nous offre.
A l’issue de l’Angelus
Frères et sœurs, nous venons de prier la Vierge Marie. Cette semaine, la ville qui en porte le nom, Mariupol, est devenue une ville martyre de la guerre déchirante qui dévaste l’Ukraine. Devant la barbarie du meurtre d’enfants, d’innocents et de civils sans défense, il n’y a pas de raisons stratégiques qui tiennent : il faut uniquement cesser cette inacceptable agression armée, avant qu’elle ne réduise les villes en cimetières. La douleur dans le cœur, j’unis ma voix à celle des citoyens ordinaires, qui implore la fin de la guerre. Au nom de Dieu, que l’on écoute le cri de ceux qui souffrent et que l’on mette un terme aux bombardements et aux attaques ! Que l’on mise véritablement et résolument sur les négociations, et que les couloirs humanitaires soient efficaces et sûrs. Au nom de Dieu, je vous le demande : arrêtez ce massacre !
Je voudrais une fois de plus exhorter à l’accueil des nombreux réfugiés, dans lesquels le Christ est présent, et remercier pour le grand réseau de solidarité qui s’est formé. Je demande à toutes les communautés diocésaines et religieuses d’accroître les moments de prière pour la paix. Dieu est uniquement Dieu de la paix, il n’est pas Dieu de la guerre, et qui soutient la violence en profane le nom. A présent, prions en silence pour ceux qui souffrent et afin que Dieu convertisse les cœurs à une ferme volonté de paix. Je vous salue tous, romains et pèlerins venus d’Italie et de divers pays. Je souhaite à tous un bon dimanche et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. ..
S. JEAN PAUL II 15-3-92 En ce deuxième dimanche de Carême, la liturgie nous présente l'épisode de la TRANSFIGURATION du Seigneur sur le mont Thabor, qui atteint son point culminant dans les paroles du Père : "Celui-ci est mon Fils, l'élu ; écoutez-le !" (Lc 9, 35). Nous contemplons cet événement émouvant, dans lequel Jésus a manifesté sa gloire, pour préparer les disciples bien-aimés au dur passage de Sa Passion. Luc écrit : " Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques et il monta sur la montagne pour prier " (Lc 9, 28). Il est caractéristique de Luc de souligner l'habitude de Jésus de prier, comme un moment de solitude, de contemplation et d'intimité avec le Père. L'évangéliste nous dit qu'il priait au Jourdain, lorsque la voix du Père s'est révélée pour la première fois (Lc 3, 21) ; avant de choisir les Douze, lorsqu'il passa la nuit en prière (Lc 6, 21) ; dans ses fréquentes retraites dans des lieux solitaires (Lc 5, 5-16) et, surtout, à Gethsémani, où "à genoux, il pria : Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe" (Lc 22, 39-46). Ces exemples et les fréquentes exhortations qu'il adresse à ses disciples nous disent que la prière doit avoir la première place dans la vie chrétienne, surtout en ce temps de Carême, qui est un moment privilégié de communion avec Dieu. Sur le mont Thabor, alors que Jésus priait, son visage changea, son vêtement devint blanc et rayonnant, et deux hommes apparurent à ses côtés, Élie et Moïse, qui parlèrent de " son départ, qu'il achèverait à Jérusalem " (Lc 9, 31), c'est-à-dire de Sa Passion et de Sa mort imminentes. Moïse et Elie sont des personnages célèbres de l'Ancien Testament : l'un est le chef et le législateur du peuple, l'autre le prophète du feu qui détruit l'iniquité ; deux préfigurations du Messie, nouveau libérateur et porteur sur terre du feu nouveau du salut. La beauté de la vision fascine les trois apôtres. Pierre voulut prolonger le plus possible cette expérience béatifiante et s'exclama : "Maître... faisons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie" (Lc 9, 33). Mais pendant qu'il parlait ainsi, un nuage vint les envelopper. Ne voyant rien de plus, ils ont eu peur, mais ont été réconfortés par la voix du Père. Le Thabor est un mystère de gloire et de passion. En effet, saint Luc, avant de décrire la TRANSFIGURATION, rapporte l'annonce que Jésus fait de Sa mort : " Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit repris par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu'il soit mis à mort et qu'il ressuscite le troisième jour " (Lc 9, 33). Toujours dans la scène de la TRANSFIGURATION, la mort du Christ apparaît comme le thème de la conversation entre Moïse et Elie. Cette mort est appelée un "exode", c'est-à-dire un départ : Jésus "partira", passant de la Passion à la gloire, du pèlerinage terrestre au triomphe céleste. ... L'épisode de la TRANSFIGURATION de Jésus est également une source de FOI particulièrement significative, une étape du chemin de FOI sur lequel le Seigneur a si patiemment guidé Ses disciples. La FOI est le choix de Dieu au-dessus des choses visibles. La FOI est l'adhésion à Lui de toute l'âme. La foi nous permet de voir tout ce qui existe avec les yeux de Dieu. Sans la FOI, on ne peut pas plaire à Dieu. Jésus a ouvertement demandé de croire en Lui. Et les Apôtres, après bien des hésitations, ont finalement embrassé la FOI de manière totale et irréversible, jusqu'au témoignage suprême du sang. La liturgie de la Parole insiste sur la FOI, elle insiste aussi en citant à la fois l'exemple d'Abraham, qui " crut au Seigneur, qui le lui attribua comme justice " (Gn 15,6), et elle insiste aussi sur l'exhortation de saint Paul aux Philippiens, à qui l'Apôtre dit que c'est seulement par la FOI que l'on peut rester ferme dans le Seigneur et atteindre la patrie céleste, où notre corps misérable sera TRANSFIGURÉ, c'est-à-dire rendu conforme à son corps glorieux (cf. Ph 3,18-19).
BENOÎT XVI - ANGELUS - 24 -2 - 2013 Aujourd'hui, deuxième dimanche de Carême, nous avons un évangile particulièrement beau, celui de la TRANSFIGURATION du Seigneur. L'évangéliste Luc insiste particulièrement sur le fait que Jésus s'est TRANSFIGURÉ en priant : il s'agit d'une expérience profonde de relation avec le Père au cours d'une sorte de retraite spirituelle que Jésus vit sur une haute montagne en compagnie de Pierre, Jacques et Jean, les trois disciples toujours présents aux moments de la manifestation divine du Maître (Lc 5,10 ; 8,51 ; 9,28). Le Seigneur, qui peu avant avait annoncé Sa mort et Sa résurrection (9,22), offre aux disciples un avant-goût de Sa gloire. Et aussi dans la TRANSFIGURATION, comme dans le baptême, la voix du Père céleste résonne : "Celui-ci est mon fils, l'élu ; écoutez-le !" (9,35). La présence de Moïse et d'Elie, qui représentent la Loi et les Prophètes de l'ancienne Alliance, est très significative : toute l'histoire de l'Alliance est orientée vers Lui, le Christ, qui accomplit un nouvel "exode" (9,31), non pas vers la terre promise comme au temps de Moïse, mais vers le Ciel. L'intervention de Pierre : "Maître, il est bon pour nous d'être ici" (9,33) représente la tentative d'un nouvel "exode" (9,31). (9:33) représente la tentative impossible d'arrêter cette expérience mystique. Saint Augustin commente : " [Pierre]... sur la montagne... avait le Christ comme nourriture pour son âme. Pourquoi serait-il descendu pour retourner à ses travaux et à ses peines, alors que là-haut, il était plein de sentiments de saint amour pour Dieu et qui, par conséquent, lui inspiraient une conduite sainte ? ". (Sermon 78, 3 : PL 38, 491). En méditant sur ce passage de l'Évangile, nous pouvons en tirer une leçon très importante. Tout d'abord, le primat de la prière, sans laquelle tout engagement dans l'apostolat et la charité se réduit à de l'activisme. Pendant le Carême, nous apprenons à consacrer le temps nécessaire à la prière, tant personnelle que communautaire, qui donne du souffle à notre vie spirituelle. De plus, la prière n'est pas un isolement du monde et de ses contradictions, comme Pierre voulait le faire sur le Thabor, mais la prière nous ramène sur le chemin, à l'action. L'existence chrétienne - écrivais-je dans mon Message pour ce Carême - consiste à monter continuellement sur la montagne de la rencontre avec Dieu, puis à redescendre en apportant l'amour et la force qui en découlent, afin de servir nos frères et sœurs avec le même amour de Dieu" (n° 3). Chers frères et sœurs, je sens que cette parole de Dieu m'est adressée d'une manière particulière à ce moment de ma vie. Merci ! Le Seigneur m'appelle à "gravir la montagne", à me consacrer encore plus à la prière et à la méditation. Au contraire, si Dieu me demande de le faire, c'est précisément pour que je puisse continuer à servir l'Église avec le même dévouement et le même amour avec lesquels j'ai essayé de le faire jusqu'à présent, mais d'une manière plus adaptée à mon âge et à mes forces. Invoquons l'intercession de la Vierge Marie : qu'elle nous aide tous à suivre toujours le Seigneur Jésus, dans la prière et dans la charité active.
FAUSTI - Le cœur du mystère de Jésus est révélé. Les disciples sont autorisés à entrer dans la connaissance du Père/Fils. L'obéissance à "Jésus seul", que le Père ordonne - "Écoutez-le" - est le sommet de l'histoire : c'est le huitième jour, le dimanche, l'éternel aujourd'hui du ciel ouvert sur l'haujourd'hui terrestre : du berceau et du Baptême de Capernaüm, du Calvaire, c'est le Royaume ouvert aux hommes, par la vie de Jésus qui commence sur le bois de la mangeoire et se termine sur celui de la Croix. C'est le jour du Seigneur, le "dies dominica" dans lequel nous fêtons avec Lui dans la Coena Domini. C'est à la fois la fin et le commencement, avec un dynamisme continu qui grandit infiniment, nous transformant de gloire en gloire (2 Co 3, 18). Déjà maintenant nous sommes ce qui apparaîtra alors (1 Jn 3,2) : des fils de Dieu ! Toute la création participe à la génération de cet homme nouveau. Le destin de la création n'est pas la défiguration et la mort, mais la transfiguration et la gloire de Dieu. Bien qu'encore en exil, nous sommes des enfants du Roi, qui sont en chemin de retour à la maison du Père. Comme avant la fraction du pain, Jésus a pris les Apôtres avec Lui, ainsi maintenant il prend avec Lui Pierre, Jean et Jacques. Jésus les unit à Soi-même de sa propre initiative : Il les prend et les transpose dans une situation particulière de révélation : Il les emmène avec Lui dans l'espace secret de Sa Communion avec le Père. Ils escaladèrent la montagne, connue des disciples, la montagne par excellence, la montagne de la prière et de l'élection, la montagne de la révélation ; les disciples furent chargés de sommeil et la descente de la montagne eut lieu le lendemain. Le sommeil et la nuit ne peuvent être éclairés que par la communion avec le Père. La prière de Jésus devient un complément de temps et de lieu, presque l'espace qui contient la Transfiguration, la Révélation du Père et la Gloire du Fils. C'est le lieu où nous découvrons Dieu comme Abba, notre source et sommes engendrés dans la gloire du Fils. Luc s'arrête pour contempler le Visage de Jésus, en soulignant son image visible, comme autre, différente, sainte! de ce Visage il nous donne l'aspect vrai, invisible et maintenant révélé, par un seul trait, la Gloire, Dieu dans Sa splendeur de beauté. C'est une luminosité qui vient de l'intérieur, qui élimine toute ombre, qui sur le visage, montre la réalité cachée, donne une visibilité à l'invisible. De cette gloire, il décrit la robe. C' est de couleur blanche et émet des éclairs. Si tel est le vêtement, quel sera le Corps ? Mais le Corps lui-même est le vêtement de la personne et l'humanité de Jésus, à son tour, est le vêtement de Sa Divine Personne, d'où il émane pleinement la "dynamis" de la gloire de Dieu. La foudre, expression de Dieu, est l'attribut du vêtement ! Jésus, dans la Transfiguration, se révèle être le centre de tout, de Dieu et de l'homme, uni en une seule histoire, incroyable si Moïse et Elie n'en étaient pas témoins. Moïse, la loi, et Elie, père des prophètes, sont en dialogue avec Jésus. Il leur répond parce que c'est Lui que la Loi et la prophétie ont promis et attendu. La Gloire de la Loi et de la prophétie est le Fils obéissant, la Parole elle-même, l'auditeur parfait du Père. C'est la Gloire du Dieu de la Loi et de la Prophétie, qui accomplit la promesse et comble l'attente. La Transfiguration est cette expérience anticipée de la Résurrection, l'ouverture de l'œil du disciple sur la Communion de Jésus avec le Père, son éveil avec Jésus qui prie. "Regardez-le et vous serez rayonnants " (Ps 34, 6). Les disciples veulent arrêter la gloire visible du Seigneur. L'expérience faite par Pierre et ses compagnons est celle de la beauté, la beauté originelle du Visage du Fils qui a soulevé une bande du voile qui le recouvre.
-->Le huitième jour, à la lumière de sa splendeur, déchire le sommeil et la nuit des disciples. La nuée est un signe de la Gloire de Dieu, ils y entrent, c'est-à-dire dans la puissance de Dieu qui les enveloppe : ceci est obéir à la " Voix " qui sort, cette Voix est Jésus lui-même, Parole éternelle de Dieu, Fils obéissant, qui doit être écouté. "C'est mon Fils, l'élu, écoutez-le !" C'est le centre de la Transfiguration, où la vision est liée à l'écoute, Dieu qui n'a pas de visage a une Voix : une Voix qui cherche un Visage. Jésus, le Visage parfait du Père, le Fils obéissant, le Verbe accompli, plein d'Amour. L'obéissance à Jésus, qui s'adresse à tous, indique le chemin par lequel nous pouvons tous être parmi ces trois qui viennent à la vision du mystère du Fils. Son écoute est la tente qui contient la Gloire. Ceux qui écoutent voient le Visage du Père dans le Fils maintenant reflété dans le leur.
1 LECTURE
RispondiEliminaLivre de la Genèse
15,5-12.17-18.
En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abram dans une vision. Il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! »
Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.
Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. »
Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? »
Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »
Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.
Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa.
Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui.
Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux.
Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate, soit le pays des Qénites, des Qenizzites, des Qadmonites, des Hittites, des Perizzites, des Refaïtes, des Amorites, des Cananéens, des Guirgashites et des Jébuséens. »
Psaume
27(26),1.7-8.9abcd.13-14.
Le Seigneur est ma lumière et mon salut ;
de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie ;
devant qui tremblerais-je ?
Écoute, Seigneur, je t'appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m'a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »
ne me cache pas ta face.
N'écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.
tu restes mon secours.
Mais, j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »
Lettre de saint Paul Apôtre
aux Philippiens 3,17-21.4,1.
Frères, ensemble imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l’exemple que nous vous donnons.
Car je vous l’ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ.
Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre.
Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux, d’où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ,
lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir.
Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés.
Évangile de Jésus-Christ
Eliminaselon saint Luc
9,28b-36.
En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie,
apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.
Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.
Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.
PAPE FRANÇOIS
RispondiEliminaANGÉLUS 13 mars 2022
..L’Evangile de la liturgie de ce deuxième dimanche de carême raconte la Transfiguration de Jésus (cf. Lc 9, 28-36). Alors qu’il prie sur une haute montagne, il change d’aspect, ses vêtements deviennent d’une blancheur fulgurante, et dans la lumière de sa gloire apparaissent Moïse et Elie, qui parlent avec Lui de la Pâque qui l’attend à Jérusalem, c’est-à-dire de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.
Les apôtres Pierre, Jean et Jacques, montés sur la montagne avec Jésus, sont les témoins de cet extraordinaire événement. Nous les imaginons les yeux écarquillés face à ce spectacle unique. Et il en aura été certainement ainsi. Mais l’évangéliste Luc observe que « Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil » et que « s’étant réveillés » ils virent la gloire de Jésus (cf. v. 32). Le sommeil des trois disciples apparaît comme une fausse note. De plus, les mêmes disciples s’endormirent également au Gethsémani, au cours de la prière angoissée de Jésus, qui leur avait demandé de veiller (cf. Mc 14, 37-41). Cette somnolence étonne à des moments si importants.
Mais en lisant avec attention, nous voyons que Pierre, Jean et Jacques s’endorment avant que commence la Transfiguration, c’est-à-dire précisément pendant que Jésus est en prière. La même chose aura lieu au Gethsémani. Il s’agit évidemment d’une prière qui durait pendant longtemps, dans le silence et dans le recueillement. Nous pouvons penser qu’au début, eux aussi priaient, jusqu’à ce que la fatigue et le sommeil l’emportent.
Frères et sœurs, ce sommeil inopiné ne ressemble-t-il pas à tant de nos sommeils qui viennent au cours de moments que nous savons être importants ? Le soir, peut-être, quand nous voudrions prier, être un peu avec Jésus après une journée passée entre mille courses et occupations. Ou bien quand il est l’heure d’échanger quelques paroles en famille et que l’on n’a plus la force. Nous voudrions être plus éveillés, attentifs, actifs, ne pas perdre d’occasions précieuses, mais nous n’y arrivons pas, ou nous y arrivons d’une façon ou d’une autre, mais peu.
--->Le temps fort du carême est une opportunité dans ce sens. C’est une période pendant laquelle Dieu veut nous réveiller de la léthargie intérieure, de cette somnolence qui ne laisse pas l’Esprit s’exprimer. Parce que — souvenons-nous en bien — garder le cœur réveillé ne dépend pas seulement de nous : c’est une grâce, et elle doit être demandée. C’est ce que démontrent les trois disciples de l’Evangile : ils étaient bons, ils avaient suivi Jésus sur la montagne, mais avec leurs forces ils n’arrivaient pas à rester éveillés. Cela nous arrive à nous aussi. Mais ils se réveillent précisément au cours de la Transfiguration. Nous pouvons penser que c’est la lumière de Jésus qui les a réveillés. Comme eux, nous aussi avons besoin de la lumière de Dieu, qui nous fait voir les choses de façon différente ; elle nous attire, nous réveille, rallume le désir et la force de prier, de regarder à l’intérieur de nous et de consacrer du temps aux autres. Nous pouvons surmonter la fatigue du corps avec la force de l’Esprit de Dieu. Et quand nous ne réussissons pas à surmonter cela, nous devons dire à l’Esprit Saint : « Aide-nous, viens, viens Esprit Saint. Aide-moi : je veux rencontrer Jésus, je veux être attentif, éveillé ». Demander à l’Esprit Saint qu’il nous sorte de cette somnolence qui nous empêche de prier.
EliminaEn ce temps de carême, après les difficultés de chaque journée, cela nous fera du bien de ne pas éteindre la lumière de la pièce sans nous placer sous la lumière de Dieu. Prier un peu avant de dormir. Donnons au Seigneur la possibilité de nous surprendre et de réveiller notre cœur. Nous pouvons le faire, par exemple, en ouvrant l’Evangile, en nous laissant émerveiller par la Parole de Dieu, parce que l’Ecriture illumine nos pas et embrase le cœur. Ou bien nous pouvons regarder le Crucifix et nous émerveiller devant l’amour fou de Dieu, qui ne se lasse jamais de nous et a le pouvoir de transfigurer nos journées, de leur donner un nouveau sens, une lumière différente, une lumière inattendue.
Que la Vierge nous aide à garder notre cœur réveillé pour accueillir ce temps de grâce que Dieu nous offre.
A l’issue de l’Angelus
Frères et sœurs, nous venons de prier la Vierge Marie. Cette semaine, la ville qui en porte le nom, Mariupol, est devenue une ville martyre de la guerre déchirante qui dévaste l’Ukraine. Devant la barbarie du meurtre d’enfants, d’innocents et de civils sans défense, il n’y a pas de raisons stratégiques qui tiennent : il faut uniquement cesser cette inacceptable agression armée, avant qu’elle ne réduise les villes en cimetières. La douleur dans le cœur, j’unis ma voix à celle des citoyens ordinaires, qui implore la fin de la guerre. Au nom de Dieu, que l’on écoute le cri de ceux qui souffrent et que l’on mette un terme aux bombardements et aux attaques ! Que l’on mise véritablement et résolument sur les négociations, et que les couloirs humanitaires soient efficaces et sûrs. Au nom de Dieu, je vous le demande : arrêtez ce massacre !
Je voudrais une fois de plus exhorter à l’accueil des nombreux réfugiés, dans lesquels le Christ est présent, et remercier pour le grand réseau de solidarité qui s’est formé. Je demande à toutes les communautés diocésaines et religieuses d’accroître les moments de prière pour la paix. Dieu est uniquement Dieu de la paix, il n’est pas Dieu de la guerre, et qui soutient la violence en profane le nom. A présent, prions en silence pour ceux qui souffrent et afin que Dieu convertisse les cœurs à une ferme volonté de paix.
Je vous salue tous, romains et pèlerins venus d’Italie et de divers pays.
Je souhaite à tous un bon dimanche et s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi. ..
S. JEAN PAUL II 15-3-92
RispondiEliminaEn ce deuxième dimanche de Carême, la liturgie nous présente l'épisode de la TRANSFIGURATION du Seigneur sur le mont Thabor, qui atteint son point culminant dans les paroles du Père : "Celui-ci est mon Fils, l'élu ; écoutez-le !" (Lc 9, 35). Nous contemplons cet événement émouvant, dans lequel Jésus a manifesté sa gloire, pour préparer les disciples bien-aimés au dur passage de Sa Passion. Luc écrit : " Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques et il monta sur la montagne pour prier " (Lc 9, 28). Il est caractéristique de Luc de souligner l'habitude de Jésus de prier, comme un moment de solitude, de contemplation et d'intimité avec le Père. L'évangéliste nous dit qu'il priait au Jourdain, lorsque la voix du Père s'est révélée pour la première fois (Lc 3, 21) ; avant de choisir les Douze, lorsqu'il passa la nuit en prière (Lc 6, 21) ; dans ses fréquentes retraites dans des lieux solitaires (Lc 5, 5-16) et, surtout, à Gethsémani, où "à genoux, il pria : Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe" (Lc 22, 39-46). Ces exemples et les fréquentes exhortations qu'il adresse à ses disciples nous disent que la prière doit avoir la première place dans la vie chrétienne, surtout en ce temps de Carême, qui est un moment privilégié de communion avec Dieu.
Sur le mont Thabor, alors que Jésus priait, son visage changea, son vêtement devint blanc et rayonnant, et deux hommes apparurent à ses côtés, Élie et Moïse, qui parlèrent de " son départ, qu'il achèverait à Jérusalem " (Lc 9, 31), c'est-à-dire de Sa Passion et de Sa mort imminentes. Moïse et Elie sont des personnages célèbres de l'Ancien Testament : l'un est le chef et le législateur du peuple, l'autre le prophète du feu qui détruit l'iniquité ; deux préfigurations du Messie, nouveau libérateur et porteur sur terre du feu nouveau du salut. La beauté de la vision fascine les trois apôtres. Pierre voulut prolonger le plus possible cette expérience béatifiante et s'exclama : "Maître... faisons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie" (Lc 9, 33). Mais pendant qu'il parlait ainsi, un nuage vint les envelopper. Ne voyant rien de plus, ils ont eu peur, mais ont été réconfortés par la voix du Père.
Le Thabor est un mystère de gloire et de passion. En effet, saint Luc, avant de décrire la TRANSFIGURATION, rapporte l'annonce que Jésus fait de Sa mort : " Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit repris par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu'il soit mis à mort et qu'il ressuscite le troisième jour " (Lc 9, 33). Toujours dans la scène de la TRANSFIGURATION, la mort du Christ apparaît comme le thème de la conversation entre Moïse et Elie. Cette mort est appelée un "exode", c'est-à-dire un départ : Jésus "partira", passant de la Passion à la gloire, du pèlerinage terrestre au triomphe céleste. ...
L'épisode de la TRANSFIGURATION de Jésus est également une source de FOI particulièrement significative, une étape du chemin de FOI sur lequel le Seigneur a si patiemment guidé Ses disciples. La FOI est le choix de Dieu au-dessus des choses visibles. La FOI est l'adhésion à Lui de toute l'âme. La foi nous permet de voir tout ce qui existe avec les yeux de Dieu. Sans la FOI, on ne peut pas plaire à Dieu. Jésus a ouvertement demandé de croire en Lui. Et les Apôtres, après bien des hésitations, ont finalement embrassé la FOI de manière totale et irréversible, jusqu'au témoignage suprême du sang. La liturgie de la Parole insiste sur la FOI, elle insiste aussi en citant à la fois l'exemple d'Abraham, qui " crut au Seigneur, qui le lui attribua comme justice " (Gn 15,6), et elle insiste aussi sur l'exhortation de saint Paul aux Philippiens, à qui l'Apôtre dit que c'est seulement par la FOI que l'on peut rester ferme dans le Seigneur et atteindre la patrie céleste, où notre corps misérable sera TRANSFIGURÉ, c'est-à-dire rendu conforme à son corps glorieux (cf. Ph 3,18-19).
BENOÎT XVI - ANGELUS - 24 -2 - 2013
RispondiEliminaAujourd'hui, deuxième dimanche de Carême, nous avons un évangile particulièrement beau, celui de la TRANSFIGURATION du Seigneur. L'évangéliste Luc insiste particulièrement sur le fait que Jésus s'est TRANSFIGURÉ en priant : il s'agit d'une expérience profonde de relation avec le Père au cours d'une sorte de retraite spirituelle que Jésus vit sur une haute montagne en compagnie de Pierre, Jacques et Jean, les trois disciples toujours présents aux moments de la manifestation divine du Maître (Lc 5,10 ; 8,51 ; 9,28). Le Seigneur, qui peu avant avait annoncé Sa mort et Sa résurrection (9,22), offre aux disciples un avant-goût de Sa gloire. Et aussi dans la TRANSFIGURATION, comme dans le baptême, la voix du Père céleste résonne : "Celui-ci est mon fils, l'élu ; écoutez-le !" (9,35). La présence de Moïse et d'Elie, qui représentent la Loi et les Prophètes de l'ancienne Alliance, est très significative : toute l'histoire de l'Alliance est orientée vers Lui, le Christ, qui accomplit un nouvel "exode" (9,31), non pas vers la terre promise comme au temps de Moïse, mais vers le Ciel. L'intervention de Pierre : "Maître, il est bon pour nous d'être ici" (9,33) représente la tentative d'un nouvel "exode" (9,31). (9:33) représente la tentative impossible d'arrêter cette expérience mystique. Saint Augustin commente : " [Pierre]... sur la montagne... avait le Christ comme nourriture pour son âme. Pourquoi serait-il descendu pour retourner à ses travaux et à ses peines, alors que là-haut, il était plein de sentiments de saint amour pour Dieu et qui, par conséquent, lui inspiraient une conduite sainte ? ". (Sermon 78, 3 : PL 38, 491).
En méditant sur ce passage de l'Évangile, nous pouvons en tirer une leçon très importante. Tout d'abord, le primat de la prière, sans laquelle tout engagement dans l'apostolat et la charité se réduit à de l'activisme. Pendant le Carême, nous apprenons à consacrer le temps nécessaire à la prière, tant personnelle que communautaire, qui donne du souffle à notre vie spirituelle. De plus, la prière n'est pas un isolement du monde et de ses contradictions, comme Pierre voulait le faire sur le Thabor, mais la prière nous ramène sur le chemin, à l'action. L'existence chrétienne - écrivais-je dans mon Message pour ce Carême - consiste à monter continuellement sur la montagne de la rencontre avec Dieu, puis à redescendre en apportant l'amour et la force qui en découlent, afin de servir nos frères et sœurs avec le même amour de Dieu" (n° 3).
Chers frères et sœurs, je sens que cette parole de Dieu m'est adressée d'une manière particulière à ce moment de ma vie. Merci ! Le Seigneur m'appelle à "gravir la montagne", à me consacrer encore plus à la prière et à la méditation. Au contraire, si Dieu me demande de le faire, c'est précisément pour que je puisse continuer à servir l'Église avec le même dévouement et le même amour avec lesquels j'ai essayé de le faire jusqu'à présent, mais d'une manière plus adaptée à mon âge et à mes forces. Invoquons l'intercession de la Vierge Marie : qu'elle nous aide tous à suivre toujours le Seigneur Jésus, dans la prière et dans la charité active.
FAUSTI - Le cœur du mystère de Jésus est révélé. Les disciples sont autorisés à entrer dans la connaissance du Père/Fils. L'obéissance à "Jésus seul", que le Père ordonne - "Écoutez-le" - est le sommet de l'histoire : c'est le huitième jour, le dimanche, l'éternel aujourd'hui du ciel ouvert sur l'haujourd'hui terrestre : du berceau et du Baptême de Capernaüm, du Calvaire, c'est le Royaume ouvert aux hommes, par la vie de Jésus qui commence sur le bois de la mangeoire et se termine sur celui de la Croix. C'est le jour du Seigneur, le "dies dominica" dans lequel nous fêtons avec Lui dans la Coena Domini. C'est à la fois la fin et le commencement, avec un dynamisme continu qui grandit infiniment, nous transformant de gloire en gloire (2 Co 3, 18).
RispondiEliminaDéjà maintenant nous sommes ce qui apparaîtra alors (1 Jn 3,2) : des fils de Dieu !
Toute la création participe à la génération de cet homme nouveau.
Le destin de la création n'est pas la défiguration et la mort, mais la transfiguration et la gloire de Dieu.
Bien qu'encore en exil, nous sommes des enfants du Roi, qui sont en chemin de retour à la maison du Père.
Comme avant la fraction du pain, Jésus a pris les Apôtres avec Lui, ainsi maintenant il prend avec Lui Pierre, Jean et Jacques. Jésus les unit à Soi-même de sa propre initiative : Il les prend et les transpose dans une situation particulière de révélation : Il les emmène avec Lui dans l'espace secret de Sa Communion avec le Père. Ils escaladèrent la montagne, connue des disciples, la montagne par excellence, la montagne de la prière et de l'élection, la montagne de la révélation ; les disciples furent chargés de sommeil et la descente de la montagne eut lieu le lendemain. Le sommeil et la nuit ne peuvent être éclairés que par la communion avec le Père. La prière de Jésus devient un complément de temps et de lieu, presque l'espace qui contient la Transfiguration, la Révélation du Père et la Gloire du Fils.
C'est le lieu où nous découvrons Dieu comme Abba, notre source et sommes engendrés dans la gloire du Fils.
Luc s'arrête pour contempler le Visage de Jésus, en soulignant son image visible, comme autre, différente, sainte! de ce Visage il nous donne l'aspect vrai, invisible et maintenant révélé, par un seul trait, la Gloire, Dieu dans Sa splendeur de beauté.
C'est une luminosité qui vient de l'intérieur, qui élimine toute ombre, qui sur le visage, montre la réalité cachée, donne une visibilité à l'invisible. De cette gloire, il décrit la robe. C' est de couleur blanche et émet des éclairs. Si tel est le vêtement, quel sera le Corps ?
Mais le Corps lui-même est le vêtement de la personne et l'humanité de Jésus, à son tour, est le vêtement de Sa Divine Personne, d'où il émane pleinement la "dynamis" de la gloire de Dieu.
La foudre, expression de Dieu, est l'attribut du vêtement !
Jésus, dans la Transfiguration, se révèle être le centre de tout, de Dieu et de l'homme, uni en une seule histoire, incroyable si Moïse et Elie n'en étaient pas témoins.
Moïse, la loi, et Elie, père des prophètes, sont en dialogue avec Jésus. Il leur répond parce que c'est Lui que la Loi et la prophétie ont promis et attendu.
La Gloire de la Loi et de la prophétie est le Fils obéissant, la Parole elle-même, l'auditeur parfait du Père. C'est la Gloire du Dieu de la Loi et de la Prophétie, qui accomplit la promesse et comble l'attente.
La Transfiguration est cette expérience anticipée de la Résurrection, l'ouverture de l'œil du disciple sur la Communion de Jésus avec le Père, son éveil avec Jésus qui prie.
"Regardez-le et vous serez rayonnants " (Ps 34, 6).
Les disciples veulent arrêter la gloire visible du Seigneur. L'expérience faite par Pierre et ses compagnons est celle de la beauté, la beauté originelle du Visage du Fils qui a soulevé une bande du voile qui le recouvre.
-->Le huitième jour, à la lumière de sa splendeur, déchire le sommeil et la nuit des disciples. La nuée est un signe de la Gloire de Dieu, ils y entrent, c'est-à-dire dans la puissance de Dieu qui les enveloppe : ceci est obéir à la " Voix " qui sort, cette Voix est Jésus lui-même, Parole éternelle de Dieu, Fils obéissant, qui doit être écouté.
Elimina"C'est mon Fils, l'élu, écoutez-le !" C'est le centre de la Transfiguration, où la vision est liée à l'écoute, Dieu qui n'a pas de visage a une Voix : une Voix qui cherche un Visage. Jésus, le Visage parfait du Père, le Fils obéissant, le Verbe accompli, plein d'Amour.
L'obéissance à Jésus, qui s'adresse à tous, indique le chemin par lequel nous pouvons tous être parmi ces trois qui viennent à la vision du mystère du Fils.
Son écoute est la tente qui contient la Gloire. Ceux qui écoutent voient le Visage du Père dans le Fils maintenant reflété dans le leur.