Réjouis-toi, Jérusalem, et vous tous qui l'aimez, rassemblez-vous. Brillez de joie avec, toi qui étais en deuil. Ainsi vous vous réjouirez et serez satisfait au sein de ses consolations. (Cf. Is 66,10-11)
Ô Père, qui par ton Fils opère à merveille la rédemption du genre humain, accorde au peuple chrétien de se dépêcher avec une foi vivante et un engagement généreux vers Pâques qui approche. Pour notre Seigneur Jésus-Christ.
Ô Père, qu'en Christ crucifié et ressuscité offrez à tous vos enfants l'étreinte de la réconciliation, donne-nous la grâce d'une vraie conversion, pour célébrer joyeusement la Pâques de l'Agneau. Il est Dieu, et il vit et règne avec vous.
PREMIÈRE LECTURE L’arrivée du peuple de Dieu en Terre Promise et la célébration de la Pâque (Jos 5, 9a.10-12)
Lecture du livre de Josué
En ces jours-là, le Seigneur dit à Josué : « Aujourd'hui, j'ai enlevé de vous le déshonneur de l'Égypte. » Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho. Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés. À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.
– Parole du Seigneur.
PSAUME (Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7) R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! (cf. Ps 33, 9a)
Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m’entendent et soient en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre.
Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses.
DEUXIÈME LECTURE « Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ » (2 Co 5, 17-21) Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
Frères, si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu.
ÉVANGILE « Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15, 1-3.11-32) Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (Lc 15, 18)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’ Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : ‘Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui rapporte la parabole dite du fils prodigue (cf. Lc 15, 11-32). Elle nous fait entrer dans le cœur de Dieu, qui pardonne toujours avec compassion et tendresse, toujours. Dieu pardonne toujours, c’est nous qui nous lassons de demander pardon, mais Lui pardonne toujours. Elle nous dit que Dieu est Père, que non seulement il accueille à nouveau, mais qu’il se réjouit et fait la fête pour son fils, revenu à la maison après avoir dilapidé toute ses possessions. Ce fils, c’est nous, et il est émouvant de penser que le Père nous aime toujours et nous attend.
Mais dans la même parabole, il y a également le fils aîné, qui entre en crise face à ce Père. Et qui peut nous faire entrer en crise nous aussi. En effet, il y a aussi ce fils aîné en nous et, au moins en partie, nous sommes tentés de lui donner raison : il avait toujours fait son devoir, il n’avait pas quitté la maison, c’est pourquoi il est indigné de voir son père embrasser à nouveau son frère qui s’est mal comporté. Il proteste et dit : « Voilà tant d’années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres », et au contraire, « pour ton fils que voici » tu fais même la fête ! (vv. 29-30). Je ne te comprends pas. Telle est l’indignation du fils aîné.
De ces paroles ressort le problème du fils aîné. Dans son rapport avec le Père, il fonde tout sur la stricte observance des ordres, sur le sens du devoir. Cela peut être aussi notre problème, notre problème entre nous et avec Dieu : perdre de vue qu'il est Père et vivre une religion distante, faite d’interdictions et de devoirs. Et la conséquence de cette distance est la rigidité envers le prochain, que l’on ne voit plus comme un frère. Dans la parabole, en effet, le fils aîné ne dit pas au Père mon frère, non, mais ton fils, comme pour dire : ce n’est pas mon frère. Et à la fin, c’est précisément lui qui risque d’être exclu de la maison. En effet — dit le texte — « il ne voulait pas entrer » (v. 28). Parce qu’il y avait l’autre.
Voyant cela, le Père sort le supplier : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi » (v. 31). Il cherche à lui faire comprendre que pour lui, chaque fils est toute sa vie. C’est ce que savent bien les parents, qui s’approchent beaucoup du sentiment de Dieu. Il y a une belle phrase d’un père dans un roman : « Quand je suis devenu père, j’ai compris Dieu » (Honoré de Balzac, le Père Goriot). A ce moment de la parabole, le Père ouvre son cœur à son fils aîné et lui exprime deux besoins, qui ne sont pas des ordres, mais des nécessités du cœur : « Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie » (v. 32). Voyons si nous aussi, nous avons dans le cœur ces deux besoins du Père : faire la fête et se réjouir.
Tout d’abord faire la fête, c’est-à-dire manifester notre proximité à qui se repentit ou est en chemin, à qui est en crise ou est éloigné. Pourquoi faut-il faire cela ? Parce que cela aidera à surmonter la peur et le découragement, qui peuvent venir du souvenir de ses propres péchés. Celui qui a commis une faute se sent souvent réprimandé par son propre cœur ; la distance, l’indifférence et les mots durs n’aident pas. C’est pourquoi selon le Père, il faut donc lui offrir un accueil chaleureux, qui l’encourage à persévérer. « Mais père, il a fait tant de bêtises ! » : un accueil chaleureux. Et nous, est-ce que nous agissons ainsi ? Cherchons-nous ceux qui sont loin, souhaitons-nous faire la fête avec eux ? Combien de bien peut faire un cœur ouvert, une oreille attentive, un sourire transparent ; faire la fête, ne pas mettre mal à l’aise ! Le père pouvait dire : c’est bien, mon fils, reviens à la maison, reviens travailler, va dans ta chambre, installe-toi, et au travail ! Et cela aurait été un bon pardon. Mais non ! Dieu ne sait pas pardonner sans faire la fête ! Et le père fait la fête, en raison de la joie qu’il éprouve car son fils est revenu.
-->Et puis, selon le Père, il faut se réjouir. Celui qui a un cœur à l’écoute de Dieu, lorsqu’il voit le repentir d’une personne, quelle que soit la gravité de ses erreurs, s’en réjouit. Il ne s’arrête pas sur les erreurs, il ne pointe pas du doigt le mal, mais il se réjouit du bien, car le bien de l’autre est aussi le mien ! Et nous, savons-nous voir les autres ainsi ? Je me permets de raconter une histoire, fictive, mais qui fait voir le cœur du père. Il y a eu un opéra pop, il y a trois ou quatre ans, sur le thème du fils prodigue, avec toute l’histoire. Et à la fin, quand ce fils décide de revenir auprès du père, il se confie à un ami et lui dit : « Tu sais, j’ai peur que mon père me rejette, qu’il ne me pardonne pas ». Et l’ami lui donne ce conseil : « Envoie une lettre à ton père et dis-lui : “Père, je suis repenti, je veux revenir à la maison, mais je ne suis pas sûr que tu seras content. Si tu veux me recevoir, s’il te plaît, met un mouchoir blanc à la fenêtre” ». Puis il se met en route. Et quand il fut près de la maison, là où la route dessinait son dernier virage, il vit devant lui sa maison. Et que vit-il ? Non pas un mouchoir : elle était pleine de mouchoirs blancs, les fenêtres, tout ! Le Père nous reçoit ainsi, avec plénitude, avec joie. Voilà notre Père !
Savons-nous nous réjouir pour les autres ? Que la Vierge Marie nous enseigne à accueillir la miséricorde de Dieu, afin qu’elle devienne la lumière à travers laquelle regarder notre prochain.
A l’issue de l’Angélus
Chers frères et sœurs, plus d’un mois s’est écoulé depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, depuis le début de cette guerre cruelle et insensée qui, comme chaque guerre, représente un échec pour tous, pour nous tous. Il faut répudier la guerre, lieu de mort où les pères et les mères enterrent leurs enfants, où les hommes tuent leurs frères sans même les avoir vus, où les puissants décident et les pauvres meurent.
La guerre ne détruit pas seulement le présent, mais aussi l’avenir d’une société. J’ai lu que depuis le début de l’agression contre l’Ukraine, un enfant sur deux a été déplacé du pays. Cela veut dire détruire l’avenir, provoquer des traumatismes dramatiques chez les plus petits et innocents parmi nous. Voilà la bestialité de la guerre, acte barbare et sacrilège !
La guerre ne peut pas être quelque chose d’inévitable : nous ne devons pas nous habituer à la guerre ! Au contraire, nous devons convertir l’indignation d’aujourd'hui en engagement de demain. Parce que, si nous sortons de tout ça comme avant, nous serons d’une certaine manière tous coupables. Face au danger d'autodestruction, que l’humanité comprenne que le moment est venu d’abolir la guerre, de l’éliminer de l’histoire de l’homme avant qu’elle n’élimine l’homme de l’histoire.
Je prie pour que chaque responsable politique réfléchisse à cela, s’engage pour cela ! Et, en regardant l’Ukraine martyrisée, qu’il comprenne que chaque jour de guerre aggrave la situation pour tout le monde. C’est pourquoi je renouvelle mon appel : assez, que l’on s’arrête, que se taisent les armes, que l’on négocie sérieusement pour la paix ! Prions encore, sans nous lasser, la Reine de la paix, à laquelle nous avons consacré l’humanité, en particulier la Russie et l’Ukraine, avec une grande et intense participation, pour laquelle je vous remercie tous. Prions ensemble. Je vous salue Marie...
-->L'homme qui a abandonné Dieu ressent le vide absolu, l'alternative à Dieu n'est pas l'athéisme, mais l'angoisse du nihilisme. Je pense qu'aujourd'hui le néant est le pédagogue normal du Christ. Le désir de Dieu, fin du voyage, est le principe de mise en marche. La nostalgie du Père est essentielle à l'homme, qui est toujours un fils. La nostalgie qui est la douleur du retour : c'est la douleur qui connaît et indique le chemin pour trouver la paix, et grandit en proportion de la distance. S'il cesse de fuir et regarde vers le ciel, vers Lui, il réalise le sourire avec lequel Il l'a toujours regardé. Mais le fils n'a pas encore compris que le Père est amour gratuit et pense, ne l'ayant pas mérité, renoncer à sa paternité. S'il se regarde lui-même, il voit son propre échec, mais s'il le regarde, il découvre sa propre essence en tant que fils. La conversion, c'est accueillir Dieu comme le Père qui aime librement. Voyant le mal du fils, le Père est troublé par les entrailles... l'émotion est la qualité fondamentale de ce Dieu qui est Miséricorde. Le baiser du Père de la vie est son amour paternel pour le Fils. Tous les autres dons sont contenus dans ce Baiser, qui est l'Esprit Saint, la Vie commune du Père et le Fils donné au pécheur. Le Père est pressé. Il sait à quel point son fils nuit à son idée de revenir comme serviteur. Sa paternité est toujours prête pour nous quand nous retournons à Lui. Et le vêtement neuf qu'il porte pour nous, c'est le Christ lui-même. Il est le vêtement nouveau de ceux qui sont régénérés dans le Baptême. Il nous fait et nous révèle des enfants. Et ils commencèrent à célébrer, le début de ce qui sera sans fin. Le fils aîné est Israël, le premier-né de Dieu, la figure de toute personne juste. Pour lui, retourner au Père signifie participer à sa fête pour le frère. Dans la fête il y a l'harmonie de l'amour mutuel et la danse du Père et du Fils dans un seul Esprit. Nous sommes tous invités à devenir Ses enfants, vivant par le Fils. Personne n'a disparu, pas même le bon. Alors ce sera fête, joie, symphonie, danse. Ce sera le retour de toute la création au Père dans le Fils, en qui et pour qui tout a été fait. C'est notre salut : la joie pleine de Dieu !
Réjouis-toi, Jérusalem,
RispondiEliminaet vous tous qui l'aimez, rassemblez-vous.
Brillez de joie avec,
toi qui étais en deuil.
Ainsi vous vous réjouirez et serez satisfait au sein de ses consolations. (Cf. Is 66,10-11)
Ô Père, qui par ton Fils
opère à merveille la rédemption du genre humain,
accorde au peuple chrétien de se dépêcher
avec une foi vivante et un engagement généreux
vers Pâques qui approche.
Pour notre Seigneur Jésus-Christ.
Ô Père,
qu'en Christ crucifié et ressuscité
offrez à tous vos enfants
l'étreinte de la réconciliation,
donne-nous la grâce d'une vraie conversion,
pour célébrer joyeusement la Pâques de l'Agneau.
Il est Dieu, et il vit et règne avec vous.
PREMIÈRE LECTURE
L’arrivée du peuple de Dieu en Terre Promise et
la célébration de la Pâque (Jos 5, 9a.10-12)
Lecture du livre de Josué
En ces jours-là,
le Seigneur dit à Josué :
« Aujourd'hui, j'ai enlevé de vous le déshonneur de l'Égypte. »
Les fils d’Israël campèrent à Guilgal
et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois,
vers le soir, dans la plaine de Jéricho.
Le lendemain de la Pâque,
en ce jour même,
ils mangèrent les produits de cette terre :
des pains sans levain et des épis grillés.
À partir de ce jour, la manne cessa de tomber,
puisqu’ils mangeaient des produits de la terre.
Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël,
qui mangèrent cette année-là
ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan.
– Parole du Seigneur.
PSAUME
(Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7)
R/ Goûtez et voyez
comme est bon le Seigneur ! (cf. Ps 33, 9a)
Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !
Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.
Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.
DEUXIÈME LECTURE
« Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ » (2 Co 5, 17-21)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens
Frères,
si quelqu’un est dans le Christ,
il est une créature nouvelle.
Le monde ancien s’en est allé,
un monde nouveau est déjà né.
Tout cela vient de Dieu :
il nous a réconciliés avec lui par le Christ,
et il nous a donné le ministère de la réconciliation.
Car c’est bien Dieu
qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui :
il n’a pas tenu compte des fautes,
et il a déposé en nous la parole de la réconciliation.
Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ,
et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel :
nous le demandons au nom du Christ,
laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n’a pas connu le péché,
Dieu l’a pour nous identifié au péché,
afin qu’en lui nous devenions justes
de la justice même de Dieu.
– Parole du Seigneur.
ÉVANGILE
Elimina« Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15, 1-3.11-32)
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (Lc 15, 18)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’
Mais le père dit à ses serviteurs :
‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
‘Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
‘Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »
– Acclamons la Parole du Seigneur
PAPE FRANÇOIS
RispondiEliminaANGÉLUS 27 mars 2022
Chers frères et sœurs,bon dimanche, bonjour!
L’Evangile de la liturgie d’aujourd’hui rapporte la parabole dite du fils prodigue (cf. Lc 15, 11-32). Elle nous fait entrer dans le cœur de Dieu, qui pardonne toujours avec compassion et tendresse, toujours. Dieu pardonne toujours, c’est nous qui nous lassons de demander pardon, mais Lui pardonne toujours. Elle nous dit que Dieu est Père, que non seulement il accueille à nouveau, mais qu’il se réjouit et fait la fête pour son fils, revenu à la maison après avoir dilapidé toute ses possessions. Ce fils, c’est nous, et il est émouvant de penser que le Père nous aime toujours et nous attend.
Mais dans la même parabole, il y a également le fils aîné, qui entre en crise face à ce Père. Et qui peut nous faire entrer en crise nous aussi. En effet, il y a aussi ce fils aîné en nous et, au moins en partie, nous sommes tentés de lui donner raison : il avait toujours fait son devoir, il n’avait pas quitté la maison, c’est pourquoi il est indigné de voir son père embrasser à nouveau son frère qui s’est mal comporté. Il proteste et dit : « Voilà tant d’années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres », et au contraire, « pour ton fils que voici » tu fais même la fête ! (vv. 29-30). Je ne te comprends pas. Telle est l’indignation du fils aîné.
De ces paroles ressort le problème du fils aîné. Dans son rapport avec le Père, il fonde tout sur la stricte observance des ordres, sur le sens du devoir. Cela peut être aussi notre problème, notre problème entre nous et avec Dieu : perdre de vue qu'il est Père et vivre une religion distante, faite d’interdictions et de devoirs. Et la conséquence de cette distance est la rigidité envers le prochain, que l’on ne voit plus comme un frère. Dans la parabole, en effet, le fils aîné ne dit pas au Père mon frère, non, mais ton fils, comme pour dire : ce n’est pas mon frère. Et à la fin, c’est précisément lui qui risque d’être exclu de la maison. En effet — dit le texte — « il ne voulait pas entrer » (v. 28). Parce qu’il y avait l’autre.
Voyant cela, le Père sort le supplier : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi » (v. 31). Il cherche à lui faire comprendre que pour lui, chaque fils est toute sa vie. C’est ce que savent bien les parents, qui s’approchent beaucoup du sentiment de Dieu. Il y a une belle phrase d’un père dans un roman : « Quand je suis devenu père, j’ai compris Dieu » (Honoré de Balzac, le Père Goriot). A ce moment de la parabole, le Père ouvre son cœur à son fils aîné et lui exprime deux besoins, qui ne sont pas des ordres, mais des nécessités du cœur : « Il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie » (v. 32). Voyons si nous aussi, nous avons dans le cœur ces deux besoins du Père : faire la fête et se réjouir.
Tout d’abord faire la fête, c’est-à-dire manifester notre proximité à qui se repentit ou est en chemin, à qui est en crise ou est éloigné. Pourquoi faut-il faire cela ? Parce que cela aidera à surmonter la peur et le découragement, qui peuvent venir du souvenir de ses propres péchés. Celui qui a commis une faute se sent souvent réprimandé par son propre cœur ; la distance, l’indifférence et les mots durs n’aident pas. C’est pourquoi selon le Père, il faut donc lui offrir un accueil chaleureux, qui l’encourage à persévérer. « Mais père, il a fait tant de bêtises ! » : un accueil chaleureux. Et nous, est-ce que nous agissons ainsi ? Cherchons-nous ceux qui sont loin, souhaitons-nous faire la fête avec eux ? Combien de bien peut faire un cœur ouvert, une oreille attentive, un sourire transparent ; faire la fête, ne pas mettre mal à l’aise ! Le père pouvait dire : c’est bien, mon fils, reviens à la maison, reviens travailler, va dans ta chambre, installe-toi, et au travail ! Et cela aurait été un bon pardon. Mais non ! Dieu ne sait pas pardonner sans faire la fête ! Et le père fait la fête, en raison de la joie qu’il éprouve car son fils est revenu.
-->Et puis, selon le Père, il faut se réjouir. Celui qui a un cœur à l’écoute de Dieu, lorsqu’il voit le repentir d’une personne, quelle que soit la gravité de ses erreurs, s’en réjouit. Il ne s’arrête pas sur les erreurs, il ne pointe pas du doigt le mal, mais il se réjouit du bien, car le bien de l’autre est aussi le mien ! Et nous, savons-nous voir les autres ainsi ?
EliminaJe me permets de raconter une histoire, fictive, mais qui fait voir le cœur du père. Il y a eu un opéra pop, il y a trois ou quatre ans, sur le thème du fils prodigue, avec toute l’histoire. Et à la fin, quand ce fils décide de revenir auprès du père, il se confie à un ami et lui dit : « Tu sais, j’ai peur que mon père me rejette, qu’il ne me pardonne pas ». Et l’ami lui donne ce conseil : « Envoie une lettre à ton père et dis-lui : “Père, je suis repenti, je veux revenir à la maison, mais je ne suis pas sûr que tu seras content. Si tu veux me recevoir, s’il te plaît, met un mouchoir blanc à la fenêtre” ». Puis il se met en route. Et quand il fut près de la maison, là où la route dessinait son dernier virage, il vit devant lui sa maison. Et que vit-il ? Non pas un mouchoir : elle était pleine de mouchoirs blancs, les fenêtres, tout ! Le Père nous reçoit ainsi, avec plénitude, avec joie. Voilà notre Père !
Savons-nous nous réjouir pour les autres ? Que la Vierge Marie nous enseigne à accueillir la miséricorde de Dieu, afin qu’elle devienne la lumière à travers laquelle regarder notre prochain.
A l’issue de l’Angélus
Chers frères et sœurs, plus d’un mois s’est écoulé depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, depuis le début de cette guerre cruelle et insensée qui, comme chaque guerre, représente un échec pour tous, pour nous tous. Il faut répudier la guerre, lieu de mort où les pères et les mères enterrent leurs enfants, où les hommes tuent leurs frères sans même les avoir vus, où les puissants décident et les pauvres meurent.
La guerre ne détruit pas seulement le présent, mais aussi l’avenir d’une société. J’ai lu que depuis le début de l’agression contre l’Ukraine, un enfant sur deux a été déplacé du pays. Cela veut dire détruire l’avenir, provoquer des traumatismes dramatiques chez les plus petits et innocents parmi nous. Voilà la bestialité de la guerre, acte barbare et sacrilège !
La guerre ne peut pas être quelque chose d’inévitable : nous ne devons pas nous habituer à la guerre ! Au contraire, nous devons convertir l’indignation d’aujourd'hui en engagement de demain. Parce que, si nous sortons de tout ça comme avant, nous serons d’une certaine manière tous coupables. Face au danger d'autodestruction, que l’humanité comprenne que le moment est venu d’abolir la guerre, de l’éliminer de l’histoire de l’homme avant qu’elle n’élimine l’homme de l’histoire.
Je prie pour que chaque responsable politique réfléchisse à cela, s’engage pour cela ! Et, en regardant l’Ukraine martyrisée, qu’il comprenne que chaque jour de guerre aggrave la situation pour tout le monde. C’est pourquoi je renouvelle mon appel : assez, que l’on s’arrête, que se taisent les armes, que l’on négocie sérieusement pour la paix ! Prions encore, sans nous lasser, la Reine de la paix, à laquelle nous avons consacré l’humanité, en particulier la Russie et l’Ukraine, avec une grande et intense participation, pour laquelle je vous remercie tous. Prions ensemble. Je vous salue Marie...
-->L'homme qui a abandonné Dieu ressent le vide absolu, l'alternative à Dieu n'est pas l'athéisme, mais l'angoisse du nihilisme.
RispondiEliminaJe pense qu'aujourd'hui le néant est le pédagogue normal du Christ.
Le désir de Dieu, fin du voyage, est le principe de mise en marche.
La nostalgie du Père est essentielle à l'homme, qui est toujours un fils. La nostalgie qui est la douleur du retour : c'est la douleur qui connaît et indique le chemin pour trouver la paix, et grandit en proportion de la distance. S'il cesse de fuir et regarde vers le ciel, vers Lui, il réalise le sourire avec lequel Il l'a toujours regardé. Mais le fils n'a pas encore compris que le Père est amour gratuit et pense, ne l'ayant pas mérité, renoncer à sa paternité.
S'il se regarde lui-même, il voit son propre échec, mais s'il le regarde, il découvre sa propre essence en tant que fils.
La conversion, c'est accueillir Dieu comme le Père qui aime librement.
Voyant le mal du fils, le Père est troublé par les entrailles... l'émotion est la qualité fondamentale de ce Dieu qui est Miséricorde.
Le baiser du Père de la vie est son amour paternel pour le Fils.
Tous les autres dons sont contenus dans ce Baiser, qui est l'Esprit Saint, la Vie commune du Père et le Fils donné au pécheur.
Le Père est pressé. Il sait à quel point son fils nuit à son idée de revenir comme serviteur. Sa paternité est toujours prête pour nous quand nous retournons à Lui. Et le vêtement neuf qu'il porte pour nous, c'est le Christ lui-même.
Il est le vêtement nouveau de ceux qui sont régénérés dans le Baptême. Il nous fait et nous révèle des enfants.
Et ils commencèrent à célébrer, le début de ce qui sera sans fin.
Le fils aîné est Israël, le premier-né de Dieu, la figure de toute personne juste. Pour lui, retourner au Père signifie participer à sa fête pour le frère.
Dans la fête il y a l'harmonie de l'amour mutuel et la danse du Père et du Fils dans un seul Esprit. Nous sommes tous invités à devenir Ses enfants, vivant par le Fils.
Personne n'a disparu, pas même le bon.
Alors ce sera fête, joie, symphonie, danse.
Ce sera le retour de toute la création au Père dans le Fils, en qui et pour qui tout a été fait.
C'est notre salut : la joie pleine de Dieu !