O Dieu le Père qui as envoyé dans le monde ton Fils, Parole de vérité et de l'Esprit Sainctificateur pour révéler aux hommes le mystère ineffable de Ta Vie, accorde que dans la confession de la vraie foi nous reconnaissons la gloire de la Trinité et nous adorons le Dieu unique en trois personnes. Par notre Seigneur Jésus-Christ. Père Saint et Miséricordieux, qui en ton Fils nous a rachetés et dans l'Esprit tu nous as sanctifiés, accorde-nous de grandir dans l'espérance qui ne déçoit pas, afin que ta sagesse habite en nous.
1 - La Sagesse a été conçue avant l’apparition de la terre (Pr 8, 22-31) Proverbes
Écoutez ce que déclare la Sagesse de Dieu : « Le Seigneur m’a faite pour lui, principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours. Avant les siècles j’ai été formée, dès le commencement, avant l’apparition de la terre.
Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée, avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde.
Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme, qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme, quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre. Et moi, je grandissais à ses côtés.
Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes. »
– Parole du Seigneur.
PSAUME (Ps 8) R/ Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par toute la terre ! (Ps 8, 2)
À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ; tu l’établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds.
Les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.
DEUXIÈME LECTURE Vers Dieu par le Christ dans l’amour répandu par l’Esprit (Rm 5) lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères, nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ; et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.
– Parole du Seigneur.
ÉVANGILE « Tout ce que possède le Père est à moi ; l’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » (Jn 16, 12-15) Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia. (Ap 1, 8)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »
PAPE FRANÇOIS ANGÉLUS 12 juin 2022 Chers frères et sœurs, bonjour et bon dimanche!
C’est aujourd’hui la solennité de la Très Sainte Trinité, et dans l’Evangile de la célébration, Jésus nous présente les deux autres Personnes divines, le Père et le Saint-Esprit. De l’Esprit il dit : « Il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira ». Puis, parlant du Père, il dit : « Tout ce qu’a le Père est à moi » (Jn 16, 14-15). Notons que l’Esprit Saint parle, mais pas de lui-même : il annonce Jésus et révèle le Père. Et observons aussi que le Père, qui possède tout, parce qu’il est l’origine de toute chose, donne au Fils tout ce qu’il possède : il ne garde rien pour lui et il se donne entièrement au Fils. C’est-à-dire que le Saint-Esprit ne parle pas de lui-même, il parle de Jésus, il parle des autres. Et le Père ne se donne pas, il donne le Fils. C’est la générosité ouverte, l’une ouverte à l’autre.
Et maintenant, regardons-nous, ce dont nous parlons et ce que nous possédons. Lorsque nous parlons, nous voulons toujours qu’on dise du bien de nous et souvent, nous ne parlons que de nous et de ce que nous faisons. Combien de fois ! « J’ai fait ceci, j’ai fait cela » ... « J’ai eu ce problème... ». On parle toujours comme ça. Quelle différence par rapport au Saint-Esprit, qui parle en annonçant les autres, et le Père le Fils ! Et, en ce qui concerne ce que nous possédons, comme nous en sommes jaloux et comme nous avons du mal à le partager avec les autres, même avec ceux qui manquent du nécessaire ! En paroles c’est facile, mais en pratique, c’est très difficile.
Voilà pourquoi célébrer la Sainte Trinité n’est pas tant un exercice théologique, qu’une révolution dans notre mode de vie. Dieu, en qui chaque Personne vit pour l’autre en relation continue, en rapport continu, non pour elle-même, nous appelle à vivre avec les autres et pour les autres. Ouverts. Aujourd’hui, nous pouvons nous demander si notre vie reflète le Dieu auquel nous croyons : moi qui professe la foi en Dieu Père et Fils et Saint-Esprit, est-ce que je crois vraiment que pour vivre, j’ai besoin des autres, j’ai besoin de me donner aux autres, j’ai besoin de servir les autres ? Est-ce que je l’affirme à travers les mots ou est-ce que je l’affirme à travers ma vie ?
Chers frères et sœurs, le Dieu un et trine doit se manifester ainsi, en actes plutôt qu’en paroles. Dieu, qui est l’auteur de la vie, se transmet moins par les livres que par le témoignage de la vie. Lui qui, comme l’écrit l’évangéliste Jean, « est amour » (1 Jn 4, 16), se révèle à travers l’amour. Pensons aux personnes bonnes, généreuses, douces que nous avons rencontrées : en nous souvenant de leur façon de penser et d’agir, nous pouvons avoir un petit reflet de Dieu-Amour. Et que signifie aimer ? Pas seulement aimer et faire le bien, mais d’abord, à la racine, accueillir, être ouverts aux autres, faire de la place aux autres, donner de la place aux autres. Cela signifie aimer, à la racine.
Pour mieux le comprendre, pensons aux noms des Personnes divines, que nous prononçons chaque fois que nous faisons le signe de croix : dans chaque nom, il y a la présence de l’autre. Le Père, par exemple, ne le serait pas sans le Fils ; de même le Fils ne peut être considéré seul, mais toujours comme le Fils du Père. Et le Saint-Esprit, à son tour, est l’Esprit du Père et du Fils. En bref, la Trinité nous enseigne que l’un ne va jamais sans l’autre. Nous ne sommes pas des îles, nous sommes dans le monde pour vivre à l’image de Dieu : ouverts, ayant besoin des autres et ayant besoin d’aider les autres. Posons-nous alors cette dernière question : dans la vie de tous les jours, suis-je moi aussi un reflet de la Trinité ? Le signe de la croix que je fais chaque jour — Père et Fils et Saint-Esprit —, ce signe de la croix que nous faisons chaque jour, reste-t-il un geste pour lui-même ou inspire-t-il ma façon de parler, de rencontrer, de répondre, de juger, de pardonner ?
Basilique vaticane Dimanche 27 mai 2012 Chers frères et sœurs,
Je suis heureux de célébrer avec vous cette Messe, animée aujourd’hui par le chœur de l’Académie de Sainte-Cécile et par l’orchestre des jeunes — que je remercie — en la solennité de Pentecôte. Ce mystère constitue le baptême de l’Eglise, c’est un événement qui lui a donné, pour ainsi dire, sa forme initiale et l’impulsion pour sa mission. Et cette «forme» et cette «impulsion» sont toujours valables, toujours actuelles, et elles se renouvellent en particulier à travers les actions liturgiques. Ce matin, je voudrais m’arrêter sur un aspect essentiel du mystère de la Pentecôte, qui est pour nous toujours aussi important. La Pentecôte est la fête de l’union, de la compréhension et de la communion humaine. Nous pouvons tous constater que dans notre monde, alors même que nous sommes toujours plus proches les uns les autres avec le développement des moyens de communication et que les distances géographiques semblent disparaître, la compréhension et la communion entre les personnes est souvent superficielle et difficile. Il demeure des déséquilibres qui conduisent assez souvent au conflit; le dialogue entre les générations devient difficile et parfois l’affrontement prévaut; nous assistons à des événements quotidiens où il semble que les hommes deviennent plus agressifs et plus méfiants; se comprendre les uns les autres semble demander trop d’efforts, et on préfère rester dans son propre «moi», dans ses propres intérêts. Dans ce contexte, pouvons-nous trouver véritablement et vivre cette unité dont nous avons besoin?
Le récit de la Pentecôte dans les Actes des apôtres, que nous avons écouté dans la première lecture (cf. Ac 2, 1-11), contient en arrière-plan l’une des histoires fondamentales que nous trouvons au commencement de l’Ancien Testament: l’histoire antique de la construction de la Tour de Babel (cf. Gn 11, 1-9). Mais qu’est-ce que Babel? C’est la description d’un royaume où les hommes ont accumulé tant de pouvoir qu’ils pensent pouvoir s’affranchir d’un Dieu lointain et être assez forts pour pouvoir construire tout seuls un chemin qui s’élève jusqu’au ciel, pour en ouvrir les portes et prendre la place de Dieu. Mais précisément dans ces circonstances, il arrive quelque chose d’étrange et de singulier. Tandis que les hommes travaillaient ensemble pour construire la tour, ils ont soudain réalisé qu’ils étaient en train de construire les uns contre les autres. Tandis qu’ils tentaient d’être comme Dieu, ils couraient le risque de n’être même plus des hommes, car ils avaient perdu un élément fondamental de l’être de la personne humaine: la capacité de se mettre d’accord, de se comprendre et d’œuvrer ensemble.
Ce récit biblique contient une vérité éternelle; nous le voyons dans l’histoire, mais aussi dans le monde actuel. Avec le progrès de la science et de la technique, nous avons acquis le pouvoir de dominer les forces de la nature, de manipuler les éléments, de fabriquer des êtres vivants, parvenant presque jusqu’à l’homme lui-même. Dans ce contexte, prier Dieu semble quelque chose de dépassé, d’inutile, parce que nous pouvons construire et réaliser nous-mêmes tout ce que nous voulons. Mais nous ne nous apercevons pas que nous sommes en train de revivre l’expérience de Babel. C’est vrai, nous avons multiplié les possibilités de communiquer, d’obtenir et de transmettre des informations, mais peut-on dire que la capacité de se comprendre s’est développée ou bien, paradoxalement, que l’on se comprend toujours moins? Ne semble-t-il pas que se répand entre les hommes un sentiment de méfiance, de soupçon, de peur mutuelle, à tel point que les hommes deviennent même dangereux les uns pour les autres? Revenons alors à la question initiale: peut-il vraiment exister l’unité, la concorde? Et comment?
--->Nous trouvons la réponse dans l’Ecriture Sainte: l’unité ne peut exister qu’avec le don de l’Esprit de Dieu, qui nous donnera un cœur nouveau et un langage nouveau, une capacité nouvelle de communiquer. Et c’est ce qui s’est passé à la Pentecôte. Ce matin-là, cinquante jours après Pâques, un vent violent souffla sur Jérusalem et la flamme de l’Esprit Saint descendit sur les disciples réunis, se posa sur chacun et alluma en eux le feu divin, un feu d’amour, capable de transformer. La peur disparut, leur cœur sentit une force nouvelle, leurs langues se délièrent et ils commencèrent à parler en toute franchise, si bien que tous purent comprendre l’annonce de Jésus Christ mort et ressuscité. A la Pentecôte, là où régnaient la division et le sentiment d’être étrangers, sont nées l’unité et la compréhension.
Mais lisons l’Evangile d’aujourd’hui, dans lequel Jésus affirme: «Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière» (Jn 16, 13). Ici, Jésus, parlant de l’Esprit Saint, nous explique ce qu’est l’Eglise et comment elle doit vivre pour être elle-même, pour être le lieu de l’unité et de la communion dans la vérité. Il nous dit qu’agir en tant que chrétien signifie ne pas être enfermé dans son propre «moi», mais être tourné vers le tout.
--->Cela signifie accueillir en soi-même l’Eglise tout entière ou, mieux encore, la laisser nous accueillir intérieurement. Aussi, lorsque je parle, je pense, j’agis comme chrétien, je ne le fais pas en m’enfermant dans mon «moi», mais je le fais toujours dans le tout et à partir du tout: ainsi l’Esprit Saint, Esprit d’unité et de vérité, peut continuer à agir dans nos cœurs et dans les esprits des hommes, les poussant à se rencontrer et à s’accueillir réciproquement. C’est précisément en agissant ainsi, que l’Esprit nous introduit dans la vérité tout entière, qui est Jésus, qu’il nous guide pour l’approfondir, la comprendre: nous ne grandissons pas dans la connaissance en nous enfermant dans notre «moi», mais seulement en devenant capables d’écouter et de partager, seulement dans le «nous» de l’Eglise, dans une attitude de profonde humilité intérieure. Les raisons pour lesquelles Babel est Babel et la Pentecôte est la Pentecôte sont ainsi plus claires. Là où les hommes veulent se faire Dieu, ils ne peuvent que se dresser les uns contre les autres. Là où, au contraire, ils se placent dans la vérité du Seigneur, ils s’ouvrent à l’action de son Esprit qui les soutient et les unit. L’opposition entre Babel et Pentecôte est évoquée aussi dans la seconde lecture, dans laquelle l’Apôtre dit: «Laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle» (Gal 5, 16). Saint Paul nous explique que notre vie personnelle est marquée par un conflit intérieur, par une division, entre les pulsions de la chair et celles de l’Esprit; et nous ne pouvons pas toutes les suivre. En effet, nous ne pouvons pas être en même temps égoïstes et généreux, suivre la tendance à dominer les autres et éprouver la joie du service désintéressé. Nous devons toujours choisir quelle pulsion suivre et nous ne pouvons le faire de façon authentique qu’avec l’aide de l’Esprit du Christ. Saint Paul énumère — comme nous venons de l’entendre — les œuvres de la chair, ce sont les péchés d’égoïsme et de violence, tels que l’inimitié, la discorde, la jalousie, les désaccords; ce sont des pensées et des actions qui ne font pas vivre de façon véritablement humaine et chrétienne, dans l’amour. C’est une orientation qui conduit à la perte de sa vie. Au contraire, l’Esprit Saint nous guide vers les hauteurs de Dieu, pour que nous puissions vivre, déjà sur cette terre, le germe de vie divine qui est en nous. Saint Paul affirme en effet: «Le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix» (Gal 5, 22). Et notons que l’Apôtre utilise le pluriel pour décrire les œuvres de la chair, qui provoquent la dispersion de l’être humain, alors qu’il utilise le singulier pour définir l’action de l’Esprit, il parle de «fruit», exactement comme la dispersion de Babel s’oppose à l’unité de Pentecôte.Chers amis, nous devons vivre selon l’Esprit d’unité et de vérité, et nous devons prier pour cela afin que l’Esprit nous illumine et nous guide pour vaincre la fascination de suivre nos vérités, et pour accueillir la vérité du Christ transmise dans l’Eglise. Le récit de Luc de la Pentecôte nous dit que Jésus, avant de monter au ciel, demanda aux Apôtres de rester ensemble pour se préparer à recevoir le don de l’Esprit Saint. Et ceux-ci se réunirent en prière avec Marie, au Cénacle, dans l’attente de l’événement promis (cf. Ac 1, 14). Recueillie avec Marie, comme à sa naissance, l’Eglise encore aujourd’hui prie: «Veni Sancte Spiritus! — Viens, Esprit Saint, remplis les cœurs de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour!». Amen.
VOYAGE APOSTOLIQUE À BERN (SUISSE) 5 - 6 JUIN 2004
HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II
Dimanche 6 juin 2004 «Béni soit Dieu le Père, et le Fils unique de Dieu, ainsi que le Saint-Esprit, car il nous a traités avec amour» (Antienne d’ouverture)
1. En ce premier dimanche après la Pentecôte, l’Église nous invite à célébrer le mystère de la Sainte Trinité. Nous le faisons, chers frères et sœurs, dans un décor superbe de sommets enneigés, de vertes vallées riches en fleurs et en fruits, de nombreux lacs et de torrents, qui rendent admirable votre terre. Notre méditation est guidée par la première lecture, qui nous amène à contempler la Sagesse divine «lorsque Dieu affermissait les cieux... chargeait de puissance les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme; lorsqu’il imposait à la mer ses limites... lorsqu’il établissait les fondements de la terre» (Pr 8, 27-29).
Cependant, notre regard ne doit pas uniquement se tourner vers la création, «œuvre des mains de Dieu» (Psaume responsorial); il se rend spécialement attentif aux personnes qui nous environnent. Je vous salue avec affection, chers Frères et Sœurs de cette merveilleuse région située au cœur de l’Europe. J’aimerais serrer la main à chacun de vous pour le saluer personnellement et lui dire : «Le Seigneur est avec toi et il t’aime !».
Je salue fraternellement les Évêques de Suisse, avec leur Président Monseigneur Amédée Grab, Évêque de Coire, ainsi que Monseigneur Kurt Koch, Évêque de Bâle, que je remercie pour les paroles qu’il m’a adressées en votre nom à tous. J’adresse mes salutations déférentes à Monsieur le Président de la Confédération Helvétique ainsi qu’aux Autorités, qui nous honorent de leur présence.
Enfin, j’adresse un salut particulier et plein d’affection à tous les jeunes catholiques de Suisse, que j’ai rencontrés hier soir au Palais Bern Expo, où nous avons écouté ensemble l’invitation exigeante et enthousiasmante de Jésus : «Levez-vous!». Chers jeunes amis, sachez que le Pape vous aime, qu’il vous accompagne par la prière quotidienne, qu’il compte sur votre collaboration pour l’annonce de l’Évangile et qu’il vous encourage avec confiance à avancer sur le chemin de la vie chrétienne.
2. «Ce que nous croyons de ta gloire, parce que tu l’as révélé», dirons-nous dans la Préface. Notre assemblée eucharistique est le témoignage et la proclamation de la gloire du Très-Haut et de sa présence agissante dans l’histoire. Soutenus par l’Esprit que le Père nous a envoyé par l’intermédiaire de son Fils, «la détresse elle-même fait notre orgueil, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance; la persévérance produit la valeur éprouvée; la valeur éprouvée produit l’espérance» (Rm 5, 3-4).
Chers Frères, je demande au Seigneur de pouvoir être au milieu de vous un témoin de l’espérance, de l’espérance qui «ne trompe pas», parce qu’elle est fondée sur l’amour de Dieu qui «a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint» (Rm 5,5). C’est de cela que le monde a aujourd’hui particulièrement besoin: d’un supplément d’espérance!
3. «Tu es un seul Dieu, tu es un seul Seigneur» (Préface). Les trois Personnes divines, égales et distinctes, sont un seul Dieu. Leur distinction réelle ne divise pas l’unité de la nature divine.
Cette communion profonde, le Christ nous la propose comme modèle, à nous ses disciples : «Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé». (Jn 17, 21). La célébration du mystère de la Sainte Trinité constitue chaque année pour les chrétiens un pressant appel à l’engagement pour l’unité. C’est un appel qui nous concerne tous, pasteurs et fidèles, qui nous incite à une conscience renouvelée de notre responsabilité dans l’Église, Épouse du Christ. Comment ne pas voir, avec ces paroles du Christ, l’impérieuse préoccupation œcuménique ? J’affirme aussi de nouveau, à cette occasion, notre volonté d’avancer sur le chemin difficile, mais riche de joie, de la pleine communion de tous les croyants.
---->Toutefois, il est certain qu’une forte contribution à la cause œcuménique viendra de la volonté des catholiques de vivre l’unité entre eux. Dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, j’ai souligné la nécessité de «faire de l’Église la maison et l’école de la communion» (n. 43), tenant le regard du cœur fixé «sur le mystère de la Trinité qui habite en nous, et dont la lumière doit aussi être perçue sur le visage des frères» (ibid.). C’est ainsi que se nourrit «la spiritualité de la communion», qui, partant des lieux dans lesquels se façonne l’homme et le chrétien, rejoint les paroisses, les associations, les mouvements. Une Église locale dans laquelle fleurira la spiritualité de la communion saura se purifier constamment des «toxines» de l’égoïsme, qui engendrent jalousies, méfiances, replis frileux, oppositions nuisibles. 4. L’évocation de ces risques suscite en nous une prière spontanée à l’Esprit Saint, que Jésus a promis de nous envoyer : «Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière» (Jn 16, 13).
Qu’est-ce que la vérité, Jésus a dit un jour: «Je suis le chemin, la vérité et la vie» (Jn 14, 6). La juste formulation de la question n’est donc pas «Qu’est-ce que la vérité ?», mais «Qui est la vérité ?».
Telle est la question que se pose aussi l’homme du troisième millénaire. Chers Frères et Sœurs, nous ne pouvons pas nous taire, parce que nous la connaissons. La vérité est Jésus Christ, venu dans le monde pour nous révéler et nous donner l’amour du Père. Nous sommes appelés à témoigner de cette vérité par la parole mais surtout par notre vie !
5. Chers Amis, l’Église est mission ! Elle a besoin, aujourd’hui encore, de «prophètes» capables de réveiller dans la communauté la foi dans le Verbe, révélateur de Dieu riche en miséricorde (cf. Ep 2,4). Le temps est venu de préparer de jeunes générations d’apôtres qui n’auront pas peur de proclamer l’Évangile. Pour tout baptisé, il est essentiel de passer d’une foi de convenance à une foi mûre, qui s’exprime clairement dans des choix personnels clairs, convaincus et courageux.
Seule une telle foi, célébrée et partagée dans la liturgie et dans la charité fraternelle, peut nourrir et fortifier la communauté des disciples du Seigneur et construire l’Église missionnaire, libérée des fausses peurs parce qu’assurée de l’amour du Père.
6. «L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint» (Rm 5, 5). Ce n’est pas un mérite qui nous revient; c’est un don gratuit. Malgré le poids de notre péché, Dieu nous a aimés et nous a rachetés par le sang du Christ. Sa grâce nous a guéris en profondeur.
C’est pourquoi nous pouvons proclamer avec le Psalmiste: «Comme il est grand, Seigneur, ton amour, dans tout l’univers !». Comme il est grand en moi, dans les autres, en tout être humain !
Telle est la véritable source de la grandeur de l’homme, telle est la racine de son indestructible dignité. En tout être humain se reflète l’image de Dieu. C’est ici la plus profonde «vérité» de l’homme qui, en aucun cas, ne peut être niée ou violée. En définitive, tout outrage fait à l’homme constitue un outrage à son Créateur, qui l’aime avec un amour de Père.
La Suisse a en effet une grande tradition de respect pour l’homme. Il s’agit de la tradition qui est placée sous le signe de la Croix: la Croix-Rouge !
Chrétiens de ce noble Pays, soyez toujours à la hauteur de votre glorieux passé ! En tout être humain sachez reconnaître et honorer l’image de Dieu ! En l’homme, créé par Dieu, se reflète la gloire de la Sainte Trinité.
Disons donc: «Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit: au Dieu qui est, qui était et qui vient» (Acclamation à l’Évangile). Amen !
FAUSTI : Jésus nous a laissé en héritage le commandement de nous aimer les uns les autres (Jn 13:34). Ici, il va plus loin en amont : Il dit de L'aimer. Le but de l'amour est la réciprocité, par laquelle l'un devient la vie de l'autre. En L'aimant, nous devenons ce qu'Il est ; et nous pouvons aimer nos frères et sœurs de Son amour, qui est le même que celui du Père. Le christianisme est avant tout l'amour pour Jésus, qui nous assimile à Lui, le Fils, en nous donnant Son amour pour le Père et pour nos frères et sœurs. L'amour n'est pas seulement un sentiment. Il implique toute la personne, lui donnant une nouvelle façon d'être. Il informe sa compréhension, son désir et son action. Concrètement, on aime avec des faits et en vérité. (1 Jn 3:18). L'observation de ses commandements est la condition pour rester dans l'alliance du Dieu fidèle, qui nous a aimés, choisis et libérés. On peut les observer soit par obligation, comme des esclaves, comme le fait le frère aîné de la parabole (Lc 15:29), soit par amour des fils. Pour Jésus, le principe d'observance est l'amour d'un cœur qui sait être aimé, le nouveau cœur de la nouvelle alliance. Il appelle ces commandements "mes" commandements parce que les Écritures et Moïse parlent de Lui, et Il parle de "commandements" au pluriel parce que Son commandement, même s'il est unique (Jn 13:34), est aussi multiple. En effet, l'amour s'exprime dans chaque action et nous fait discerner, ici et maintenant, ce qu'il est préférable de faire. C'est pourquoi il est l'accomplissement de la Loi avec tous ses différents préceptes. "Aime et fais ce que tu veux" - (Saint Augustin) - ne signifie pas que celui qui aime se permet de tout faire, mais que l'amour ne fait de mal à personne (Rom 13:10) et guide spontanément la volonté à faire le bien. Celui qui fait le mal n'aime pas. Comme Jésus par son départ devient le pontife entre nous et Dieu, le frère qui intercède auprès du Père. Il nous ouvre l'accès à Lui et à Ses dons. Jésus demande au Père le don définitif pour nous. Il obtient tout ce qu'Il demande. (11,42). C'est pour cela que le Consolateur nous est certainement donné. Nous prions ... pour nous préparer à Le recevoir. "Consolateur", car "con-solaire" signifie être avec quelqu'un qui est seul, pour qu'il ne soit plus seul. Le Consolateur est Celui qui est "avec" nous, nous offrant cette compagnie qui surmonte notre solitude radicale. Ce Consolateur est un autre respect à Jésus, qui s'en va maintenant. Ce Consolateur est donné par le Père à ceux qui aiment le Fils et observent ses recommandations. L'aimer signifie vivre comme Lui, en observant Sa Parole. Et Sa Parole est le commandement de s'aimer les uns les autres (13:34). Seuls ceux qui aiment le Fils et les frères et sœurs expérimentent l'Amour du Père. La venue de Dieu, Père et Fils, sera celle de l'Esprit, précisément de ceux qui aiment le Fils et les frères.
--->La demeure de Dieu parmi les hommes, son Alliance définitive, est celle de l'amour. Celui qui aime Jésus devient le temple de Dieu, le lieu de Sa présence. Il a en lui le Fils qui est dans le Père et le Père qui est dans le Fils. En lui, le Père et le Fils placent leur demeure, se manifestant à lui et en lui. La place que Jésus nous prépare près du Père, c'est nous-mêmes qui, dans l'amour, devenons Sa demeure et celle du Père. Celui qui n'aime pas Jésus n'observe pas Ses Paroles. Pour cette raison, il ignore le Fils envoyé par le Père pour révéler Son Amour pour nous. La période pendant laquelle Il a habité avec nous est le centre et le sommet du temps. Par la proclamation de l'Évangile, chaque époque entre dans ce temps, dans lequel Dieu se révèle de manière définitive et normative. L'Esprit d'Amour nous enseignera et imprimera le Fils dans nos cœurs. Dieu, qui était avec nous d'abord dans la Loi et ensuite avec nous dans la chair du Fils, sera en nous avec Son Esprit. L'Esprit Saint, qui est Amour, nous fera comprendre tout ce que le Fils nous a dit. L'Amour, en nous faisant comprendre, nous fait ainsi rappeler, porter dans nos cœurs, tout ce que Jésus a dit, car nous pouvons vivre avec cela. Jésus a tout dit et tout donné. L'Esprit Saint n'ajoutera rien à ce qu'il a révélé et donné, mais il fera entrer toujours plus profondément en nous le mystère du Fils et du Père, avec un Amour qui nous fait connaître et avec une connaissance qui nous
O Dieu le Père
RispondiEliminaqui as envoyé dans le monde ton Fils, Parole de vérité
et de l'Esprit Sainctificateur
pour révéler aux hommes le mystère ineffable de Ta Vie,
accorde que dans la confession de la vraie foi
nous reconnaissons la gloire de la Trinité
et nous adorons le Dieu unique en trois personnes.
Par notre Seigneur Jésus-Christ.
Père Saint et Miséricordieux,
qui en ton Fils nous a rachetés
et dans l'Esprit tu nous as sanctifiés,
accorde-nous de grandir dans l'espérance qui ne déçoit pas,
afin que ta sagesse habite en nous.
1 - La Sagesse a été conçue avant l’apparition de la terre
(Pr 8, 22-31)
Proverbes
Écoutez ce que déclare la Sagesse de Dieu :
« Le Seigneur m’a faite pour lui,
principe de son action,
première de ses œuvres, depuis toujours.
Avant les siècles j’ai été formée,
dès le commencement, avant l’apparition de la terre.
Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée,
quand n’étaient pas les sources jaillissantes.
Avant que les montagnes ne soient fixées,
avant les collines, je fus enfantée,
avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace,
les éléments primitifs du monde.
Quand il établissait les cieux, j’étais là,
quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme,
qu’il amassait les nuages dans les hauteurs
et maîtrisait les sources de l’abîme,
quand il imposait à la mer ses limites,
si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre,
quand il établissait les fondements de la terre.
Et moi, je grandissais à ses côtés.
Je faisais ses délices jour après jour,
jouant devant lui à tout moment,
jouant dans l’univers, sur sa terre,
et trouvant mes délices avec les fils des hommes. »
– Parole du Seigneur.
PSAUME
(Ps 8)
R/ Ô Seigneur, notre Dieu,
qu’il est grand, ton nom,
par toute la terre ! (Ps 8, 2)
À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
le couronnant de gloire et d’honneur ;
tu l’établis sur les œuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds.
Les troupeaux de bœufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.
DEUXIÈME LECTURE
Vers Dieu par le Christ dans l’amour répandu par l’Esprit (Rm 5)
lettre de saint Paul Apôtre aux Romains
Frères,
nous qui sommes devenus justes par la foi,
nous voici en paix avec Dieu
par notre Seigneur Jésus Christ,
lui qui nous a donné, par la foi,
l’accès à cette grâce
dans laquelle nous sommes établis ;
et nous mettons notre fierté
dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu.
Bien plus, nous mettons notre fierté
dans la détresse elle-même,
puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ;
la persévérance produit la vertu éprouvée ;
la vertu éprouvée produit l’espérance ;
et l’espérance ne déçoit pas,
puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs
par l’Esprit Saint qui nous a été donné.
– Parole du Seigneur.
ÉVANGILE
« Tout ce que possède le Père est à moi ; l’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître » (Jn 16, 12-15)
Alléluia.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia. (Ap 1, 8)
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
LES PAROLES DES PAPES
RispondiEliminaPAPE FRANÇOIS ANGÉLUS 12 juin 2022
Chers frères et sœurs, bonjour et bon dimanche!
C’est aujourd’hui la solennité de la Très Sainte Trinité, et dans l’Evangile de la célébration, Jésus nous présente les deux autres Personnes divines, le Père et le Saint-Esprit. De l’Esprit il dit : « Il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu’il entendra, il le dira ». Puis, parlant du Père, il dit : « Tout ce qu’a le Père est à moi » (Jn 16, 14-15). Notons que l’Esprit Saint parle, mais pas de lui-même : il annonce Jésus et révèle le Père. Et observons aussi que le Père, qui possède tout, parce qu’il est l’origine de toute chose, donne au Fils tout ce qu’il possède : il ne garde rien pour lui et il se donne entièrement au Fils. C’est-à-dire que le Saint-Esprit ne parle pas de lui-même, il parle de Jésus, il parle des autres. Et le Père ne se donne pas, il donne le Fils. C’est la générosité ouverte, l’une ouverte à l’autre.
Et maintenant, regardons-nous, ce dont nous parlons et ce que nous possédons. Lorsque nous parlons, nous voulons toujours qu’on dise du bien de nous et souvent, nous ne parlons que de nous et de ce que nous faisons. Combien de fois ! « J’ai fait ceci, j’ai fait cela » ... « J’ai eu ce problème... ». On parle toujours comme ça. Quelle différence par rapport au Saint-Esprit, qui parle en annonçant les autres, et le Père le Fils ! Et, en ce qui concerne ce que nous possédons, comme nous en sommes jaloux et comme nous avons du mal à le partager avec les autres, même avec ceux qui manquent du nécessaire ! En paroles c’est facile, mais en pratique, c’est très difficile.
Voilà pourquoi célébrer la Sainte Trinité n’est pas tant un exercice théologique, qu’une révolution dans notre mode de vie. Dieu, en qui chaque Personne vit pour l’autre en relation continue, en rapport continu, non pour elle-même, nous appelle à vivre avec les autres et pour les autres. Ouverts. Aujourd’hui, nous pouvons nous demander si notre vie reflète le Dieu auquel nous croyons : moi qui professe la foi en Dieu Père et Fils et Saint-Esprit, est-ce que je crois vraiment que pour vivre, j’ai besoin des autres, j’ai besoin de me donner aux autres, j’ai besoin de servir les autres ? Est-ce que je l’affirme à travers les mots ou est-ce que je l’affirme à travers ma vie ?
Chers frères et sœurs, le Dieu un et trine doit se manifester ainsi, en actes plutôt qu’en paroles. Dieu, qui est l’auteur de la vie, se transmet moins par les livres que par le témoignage de la vie. Lui qui, comme l’écrit l’évangéliste Jean, « est amour » (1 Jn 4, 16), se révèle à travers l’amour. Pensons aux personnes bonnes, généreuses, douces que nous avons rencontrées : en nous souvenant de leur façon de penser et d’agir, nous pouvons avoir un petit reflet de Dieu-Amour. Et que signifie aimer ? Pas seulement aimer et faire le bien, mais d’abord, à la racine, accueillir, être ouverts aux autres, faire de la place aux autres, donner de la place aux autres. Cela signifie aimer, à la racine.
Pour mieux le comprendre, pensons aux noms des Personnes divines, que nous prononçons chaque fois que nous faisons le signe de croix : dans chaque nom, il y a la présence de l’autre. Le Père, par exemple, ne le serait pas sans le Fils ; de même le Fils ne peut être considéré seul, mais toujours comme le Fils du Père. Et le Saint-Esprit, à son tour, est l’Esprit du Père et du Fils. En bref, la Trinité nous enseigne que l’un ne va jamais sans l’autre. Nous ne sommes pas des îles, nous sommes dans le monde pour vivre à l’image de Dieu : ouverts, ayant besoin des autres et ayant besoin d’aider les autres. Posons-nous alors cette dernière question : dans la vie de tous les jours, suis-je moi aussi un reflet de la Trinité ? Le signe de la croix que je fais chaque jour — Père et Fils et Saint-Esprit —, ce signe de la croix que nous faisons chaque jour, reste-t-il un geste pour lui-même ou inspire-t-il ma façon de parler, de rencontrer, de répondre, de juger, de pardonner ?
---> Que la Vierge, fille du Père, mère du Fils et épouse de l’Esprit, nous aide à accueillir et à témoigner dans notre vie du mystère de Dieu-Amour.
EliminaHOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
RispondiEliminaBasilique vaticane
Dimanche 27 mai 2012
Chers frères et sœurs,
Je suis heureux de célébrer avec vous cette Messe, animée aujourd’hui par le chœur de l’Académie de Sainte-Cécile et par l’orchestre des jeunes — que je remercie — en la solennité de Pentecôte. Ce mystère constitue le baptême de l’Eglise, c’est un événement qui lui a donné, pour ainsi dire, sa forme initiale et l’impulsion pour sa mission. Et cette «forme» et cette «impulsion» sont toujours valables, toujours actuelles, et elles se renouvellent en particulier à travers les actions liturgiques. Ce matin, je voudrais m’arrêter sur un aspect essentiel du mystère de la Pentecôte, qui est pour nous toujours aussi important. La Pentecôte est la fête de l’union, de la compréhension et de la communion humaine. Nous pouvons tous constater que dans notre monde, alors même que nous sommes toujours plus proches les uns les autres avec le développement des moyens de communication et que les distances géographiques semblent disparaître, la compréhension et la communion entre les personnes est souvent superficielle et difficile. Il demeure des déséquilibres qui conduisent assez souvent au conflit; le dialogue entre les générations devient difficile et parfois l’affrontement prévaut; nous assistons à des événements quotidiens où il semble que les hommes deviennent plus agressifs et plus méfiants; se comprendre les uns les autres semble demander trop d’efforts, et on préfère rester dans son propre «moi», dans ses propres intérêts. Dans ce contexte, pouvons-nous trouver véritablement et vivre cette unité dont nous avons besoin?
Le récit de la Pentecôte dans les Actes des apôtres, que nous avons écouté dans la première lecture (cf. Ac 2, 1-11), contient en arrière-plan l’une des histoires fondamentales que nous trouvons au commencement de l’Ancien Testament: l’histoire antique de la construction de la Tour de Babel (cf. Gn 11, 1-9). Mais qu’est-ce que Babel? C’est la description d’un royaume où les hommes ont accumulé tant de pouvoir qu’ils pensent pouvoir s’affranchir d’un Dieu lointain et être assez forts pour pouvoir construire tout seuls un chemin qui s’élève jusqu’au ciel, pour en ouvrir les portes et prendre la place de Dieu. Mais précisément dans ces circonstances, il arrive quelque chose d’étrange et de singulier. Tandis que les hommes travaillaient ensemble pour construire la tour, ils ont soudain réalisé qu’ils étaient en train de construire les uns contre les autres. Tandis qu’ils tentaient d’être comme Dieu, ils couraient le risque de n’être même plus des hommes, car ils avaient perdu un élément fondamental de l’être de la personne humaine: la capacité de se mettre d’accord, de se comprendre et d’œuvrer ensemble.
Ce récit biblique contient une vérité éternelle; nous le voyons dans l’histoire, mais aussi dans le monde actuel. Avec le progrès de la science et de la technique, nous avons acquis le pouvoir de dominer les forces de la nature, de manipuler les éléments, de fabriquer des êtres vivants, parvenant presque jusqu’à l’homme lui-même. Dans ce contexte, prier Dieu semble quelque chose de dépassé, d’inutile, parce que nous pouvons construire et réaliser nous-mêmes tout ce que nous voulons. Mais nous ne nous apercevons pas que nous sommes en train de revivre l’expérience de Babel. C’est vrai, nous avons multiplié les possibilités de communiquer, d’obtenir et de transmettre des informations, mais peut-on dire que la capacité de se comprendre s’est développée ou bien, paradoxalement, que l’on se comprend toujours moins? Ne semble-t-il pas que se répand entre les hommes un sentiment de méfiance, de soupçon, de peur mutuelle, à tel point que les hommes deviennent même dangereux les uns pour les autres? Revenons alors à la question initiale: peut-il vraiment exister l’unité, la concorde? Et comment?
--->Nous trouvons la réponse dans l’Ecriture Sainte: l’unité ne peut exister qu’avec le don de l’Esprit de Dieu, qui nous donnera un cœur nouveau et un langage nouveau, une capacité nouvelle de communiquer. Et c’est ce qui s’est passé à la Pentecôte. Ce matin-là, cinquante jours après Pâques, un vent violent souffla sur Jérusalem et la flamme de l’Esprit Saint descendit sur les disciples réunis, se posa sur chacun et alluma en eux le feu divin, un feu d’amour, capable de transformer. La peur disparut, leur cœur sentit une force nouvelle, leurs langues se délièrent et ils commencèrent à parler en toute franchise, si bien que tous purent comprendre l’annonce de Jésus Christ mort et ressuscité. A la Pentecôte, là où régnaient la division et le sentiment d’être étrangers, sont nées l’unité et la compréhension.
EliminaMais lisons l’Evangile d’aujourd’hui, dans lequel Jésus affirme: «Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière» (Jn 16, 13). Ici, Jésus, parlant de l’Esprit Saint, nous explique ce qu’est l’Eglise et comment elle doit vivre pour être elle-même, pour être le lieu de l’unité et de la communion dans la vérité. Il nous dit qu’agir en tant que chrétien signifie ne pas être enfermé dans son propre «moi», mais être tourné vers le tout.
--->Cela signifie accueillir en soi-même l’Eglise tout entière ou, mieux encore, la laisser nous accueillir intérieurement. Aussi, lorsque je parle, je pense, j’agis comme chrétien, je ne le fais pas en m’enfermant dans mon «moi», mais je le fais toujours dans le tout et à partir du tout: ainsi l’Esprit Saint, Esprit d’unité et de vérité, peut continuer à agir dans nos cœurs et dans les esprits des hommes, les poussant à se rencontrer et à s’accueillir réciproquement. C’est précisément en agissant ainsi, que l’Esprit nous introduit dans la vérité tout entière, qui est Jésus, qu’il nous guide pour l’approfondir, la comprendre: nous ne grandissons pas dans la connaissance en nous enfermant dans notre «moi», mais seulement en devenant capables d’écouter et de partager, seulement dans le «nous» de l’Eglise, dans une attitude de profonde humilité intérieure. Les raisons pour lesquelles Babel est Babel et la Pentecôte est la Pentecôte sont ainsi plus claires. Là où les hommes veulent se faire Dieu, ils ne peuvent que se dresser les uns contre les autres. Là où, au contraire, ils se placent dans la vérité du Seigneur, ils s’ouvrent à l’action de son Esprit qui les soutient et les unit.
EliminaL’opposition entre Babel et Pentecôte est évoquée aussi dans la seconde lecture, dans laquelle l’Apôtre dit: «Laissez-vous mener par l’Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle» (Gal 5, 16). Saint Paul nous explique que notre vie personnelle est marquée par un conflit intérieur, par une division, entre les pulsions de la chair et celles de l’Esprit; et nous ne pouvons pas toutes les suivre. En effet, nous ne pouvons pas être en même temps égoïstes et généreux, suivre la tendance à dominer les autres et éprouver la joie du service désintéressé. Nous devons toujours choisir quelle pulsion suivre et nous ne pouvons le faire de façon authentique qu’avec l’aide de l’Esprit du Christ. Saint Paul énumère — comme nous venons de l’entendre — les œuvres de la chair, ce sont les péchés d’égoïsme et de violence, tels que l’inimitié, la discorde, la jalousie, les désaccords; ce sont des pensées et des actions qui ne font pas vivre de façon véritablement humaine et chrétienne, dans l’amour. C’est une orientation qui conduit à la perte de sa vie. Au contraire, l’Esprit Saint nous guide vers les hauteurs de Dieu, pour que nous puissions vivre, déjà sur cette terre, le germe de vie divine qui est en nous. Saint Paul affirme en effet: «Le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix» (Gal 5, 22). Et notons que l’Apôtre utilise le pluriel pour décrire les œuvres de la chair, qui provoquent la dispersion de l’être humain, alors qu’il utilise le singulier pour définir l’action de l’Esprit, il parle de «fruit», exactement comme la dispersion de Babel s’oppose à l’unité de Pentecôte.Chers amis, nous devons vivre selon l’Esprit d’unité et de vérité, et nous devons prier pour cela afin que l’Esprit nous illumine et nous guide pour vaincre la fascination de suivre nos vérités, et pour accueillir la vérité du Christ transmise dans l’Eglise. Le récit de Luc de la Pentecôte nous dit que Jésus, avant de monter au ciel, demanda aux Apôtres de rester ensemble pour se préparer à recevoir le don de l’Esprit Saint. Et ceux-ci se réunirent en prière avec Marie, au Cénacle, dans l’attente de l’événement promis (cf. Ac 1, 14). Recueillie avec Marie, comme à sa naissance, l’Eglise encore aujourd’hui prie: «Veni Sancte Spiritus! — Viens, Esprit Saint, remplis les cœurs de tes fidèles et allume en eux le feu de ton amour!». Amen.
VOYAGE APOSTOLIQUE À BERN (SUISSE)
RispondiElimina5 - 6 JUIN 2004
HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II
Dimanche 6 juin 2004
«Béni soit Dieu le Père, et le Fils unique de Dieu, ainsi que le Saint-Esprit, car il nous a traités avec amour» (Antienne d’ouverture)
1. En ce premier dimanche après la Pentecôte, l’Église nous invite à célébrer le mystère de la Sainte Trinité. Nous le faisons, chers frères et sœurs, dans un décor superbe de sommets enneigés, de vertes vallées riches en fleurs et en fruits, de nombreux lacs et de torrents, qui rendent admirable votre terre. Notre méditation est guidée par la première lecture, qui nous amène à contempler la Sagesse divine «lorsque Dieu affermissait les cieux... chargeait de puissance les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme; lorsqu’il imposait à la mer ses limites... lorsqu’il établissait les fondements de la terre» (Pr 8, 27-29).
Cependant, notre regard ne doit pas uniquement se tourner vers la création, «œuvre des mains de Dieu» (Psaume responsorial); il se rend spécialement attentif aux personnes qui nous environnent. Je vous salue avec affection, chers Frères et Sœurs de cette merveilleuse région située au cœur de l’Europe. J’aimerais serrer la main à chacun de vous pour le saluer personnellement et lui dire : «Le Seigneur est avec toi et il t’aime !».
Je salue fraternellement les Évêques de Suisse, avec leur Président Monseigneur Amédée Grab, Évêque de Coire, ainsi que Monseigneur Kurt Koch, Évêque de Bâle, que je remercie pour les paroles qu’il m’a adressées en votre nom à tous. J’adresse mes salutations déférentes à Monsieur le Président de la Confédération Helvétique ainsi qu’aux Autorités, qui nous honorent de leur présence.
Enfin, j’adresse un salut particulier et plein d’affection à tous les jeunes catholiques de Suisse, que j’ai rencontrés hier soir au Palais Bern Expo, où nous avons écouté ensemble l’invitation exigeante et enthousiasmante de Jésus : «Levez-vous!». Chers jeunes amis, sachez que le Pape vous aime, qu’il vous accompagne par la prière quotidienne, qu’il compte sur votre collaboration pour l’annonce de l’Évangile et qu’il vous encourage avec confiance à avancer sur le chemin de la vie chrétienne.
2. «Ce que nous croyons de ta gloire, parce que tu l’as révélé», dirons-nous dans la Préface. Notre assemblée eucharistique est le témoignage et la proclamation de la gloire du Très-Haut et de sa présence agissante dans l’histoire. Soutenus par l’Esprit que le Père nous a envoyé par l’intermédiaire de son Fils, «la détresse elle-même fait notre orgueil, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance; la persévérance produit la valeur éprouvée; la valeur éprouvée produit l’espérance» (Rm 5, 3-4).
Chers Frères, je demande au Seigneur de pouvoir être au milieu de vous un témoin de l’espérance, de l’espérance qui «ne trompe pas», parce qu’elle est fondée sur l’amour de Dieu qui «a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint» (Rm 5,5). C’est de cela que le monde a aujourd’hui particulièrement besoin: d’un supplément d’espérance!
3. «Tu es un seul Dieu, tu es un seul Seigneur» (Préface). Les trois Personnes divines, égales et distinctes, sont un seul Dieu. Leur distinction réelle ne divise pas l’unité de la nature divine.
Cette communion profonde, le Christ nous la propose comme modèle, à nous ses disciples : «Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé». (Jn 17, 21). La célébration du mystère de la Sainte Trinité constitue chaque année pour les chrétiens un pressant appel à l’engagement pour l’unité. C’est un appel qui nous concerne tous, pasteurs et fidèles, qui nous incite à une conscience renouvelée de notre responsabilité dans l’Église, Épouse du Christ. Comment ne pas voir, avec ces paroles du Christ, l’impérieuse préoccupation œcuménique ? J’affirme aussi de nouveau, à cette occasion, notre volonté d’avancer sur le chemin difficile, mais riche de joie, de la pleine communion de tous les croyants.
---->Toutefois, il est certain qu’une forte contribution à la cause œcuménique viendra de la volonté des catholiques de vivre l’unité entre eux. Dans la Lettre apostolique Novo millennio ineunte, j’ai souligné la nécessité de «faire de l’Église la maison et l’école de la communion» (n. 43), tenant le regard du cœur fixé «sur le mystère de la Trinité qui habite en nous, et dont la lumière doit aussi être perçue sur le visage des frères» (ibid.). C’est ainsi que se nourrit «la spiritualité de la communion», qui, partant des lieux dans lesquels se façonne l’homme et le chrétien, rejoint les paroisses, les associations, les mouvements. Une Église locale dans laquelle fleurira la spiritualité de la communion saura se purifier constamment des «toxines» de l’égoïsme, qui engendrent jalousies, méfiances, replis frileux, oppositions nuisibles.
Elimina4. L’évocation de ces risques suscite en nous une prière spontanée à l’Esprit Saint, que Jésus a promis de nous envoyer : «Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière» (Jn 16, 13).
Qu’est-ce que la vérité, Jésus a dit un jour: «Je suis le chemin, la vérité et la vie» (Jn 14, 6). La juste formulation de la question n’est donc pas «Qu’est-ce que la vérité ?», mais «Qui est la vérité ?».
Telle est la question que se pose aussi l’homme du troisième millénaire. Chers Frères et Sœurs, nous ne pouvons pas nous taire, parce que nous la connaissons. La vérité est Jésus Christ, venu dans le monde pour nous révéler et nous donner l’amour du Père. Nous sommes appelés à témoigner de cette vérité par la parole mais surtout par notre vie !
5. Chers Amis, l’Église est mission ! Elle a besoin, aujourd’hui encore, de «prophètes» capables de réveiller dans la communauté la foi dans le Verbe, révélateur de Dieu riche en miséricorde (cf. Ep 2,4). Le temps est venu de préparer de jeunes générations d’apôtres qui n’auront pas peur de proclamer l’Évangile. Pour tout baptisé, il est essentiel de passer d’une foi de convenance à une foi mûre, qui s’exprime clairement dans des choix personnels clairs, convaincus et courageux.
Seule une telle foi, célébrée et partagée dans la liturgie et dans la charité fraternelle, peut nourrir et fortifier la communauté des disciples du Seigneur et construire l’Église missionnaire, libérée des fausses peurs parce qu’assurée de l’amour du Père.
6. «L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint» (Rm 5, 5). Ce n’est pas un mérite qui nous revient; c’est un don gratuit. Malgré le poids de notre péché, Dieu nous a aimés et nous a rachetés par le sang du Christ. Sa grâce nous a guéris en profondeur.
C’est pourquoi nous pouvons proclamer avec le Psalmiste: «Comme il est grand, Seigneur, ton amour, dans tout l’univers !». Comme il est grand en moi, dans les autres, en tout être humain !
Telle est la véritable source de la grandeur de l’homme, telle est la racine de son indestructible dignité. En tout être humain se reflète l’image de Dieu. C’est ici la plus profonde «vérité» de l’homme qui, en aucun cas, ne peut être niée ou violée. En définitive, tout outrage fait à l’homme constitue un outrage à son Créateur, qui l’aime avec un amour de Père.
La Suisse a en effet une grande tradition de respect pour l’homme. Il s’agit de la tradition qui est placée sous le signe de la Croix: la Croix-Rouge !
Chrétiens de ce noble Pays, soyez toujours à la hauteur de votre glorieux passé ! En tout être humain sachez reconnaître et honorer l’image de Dieu ! En l’homme, créé par Dieu, se reflète la gloire de la Sainte Trinité.
Disons donc: «Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit: au Dieu qui est, qui était et qui vient» (Acclamation à l’Évangile). Amen !
FAUSTI : Jésus nous a laissé en héritage le commandement de nous aimer les uns les autres (Jn 13:34).
RispondiEliminaIci, il va plus loin en amont : Il dit de L'aimer.
Le but de l'amour est la réciprocité, par laquelle l'un devient la vie de l'autre.
En L'aimant, nous devenons ce qu'Il est ; et nous pouvons aimer nos frères et sœurs de Son amour, qui est le même que celui du Père. Le christianisme est avant tout l'amour pour Jésus, qui nous assimile à Lui, le Fils, en nous donnant Son amour pour le Père et pour nos frères et sœurs.
L'amour n'est pas seulement un sentiment. Il implique toute la personne, lui donnant une nouvelle façon d'être. Il informe sa compréhension, son désir et son action.
Concrètement, on aime avec des faits et en vérité. (1 Jn 3:18).
L'observation de ses commandements est la condition pour rester dans l'alliance du Dieu fidèle, qui nous a aimés, choisis et libérés. On peut les observer soit par obligation, comme des esclaves, comme le fait le frère aîné de la parabole (Lc 15:29), soit par amour des fils.
Pour Jésus, le principe d'observance est l'amour d'un cœur qui sait être aimé, le nouveau cœur de la nouvelle alliance.
Il appelle ces commandements "mes" commandements parce que les Écritures et Moïse parlent de Lui, et Il parle de "commandements" au pluriel parce que Son commandement, même s'il est unique (Jn 13:34), est aussi multiple.
En effet, l'amour s'exprime dans chaque action et nous fait discerner, ici et maintenant, ce qu'il est préférable de faire.
C'est pourquoi il est l'accomplissement de la Loi avec tous ses différents préceptes.
"Aime et fais ce que tu veux" - (Saint Augustin) - ne signifie pas que celui qui aime se permet de tout faire, mais que l'amour ne fait de mal à personne (Rom 13:10) et guide spontanément la volonté à faire le bien. Celui qui fait le mal n'aime pas.
Comme Jésus par son départ devient le pontife entre nous et Dieu, le frère qui intercède auprès du Père. Il nous ouvre l'accès à Lui et à Ses dons.
Jésus demande au Père le don définitif pour nous. Il obtient tout ce qu'Il demande. (11,42).
C'est pour cela que le Consolateur nous est certainement donné. Nous prions ... pour nous préparer à Le recevoir.
"Consolateur", car "con-solaire" signifie être avec quelqu'un qui est seul, pour qu'il ne soit plus seul.
Le Consolateur est Celui qui est "avec" nous, nous offrant cette compagnie qui surmonte notre solitude radicale.
Ce Consolateur est un autre respect à Jésus, qui s'en va maintenant. Ce Consolateur est donné par le Père à ceux qui aiment le Fils et observent ses recommandations.
L'aimer signifie vivre comme Lui, en observant Sa Parole.
Et Sa Parole est le commandement de s'aimer les uns les autres (13:34).
Seuls ceux qui aiment le Fils et les frères et sœurs expérimentent l'Amour du Père.
La venue de Dieu, Père et Fils, sera celle de l'Esprit, précisément de ceux qui aiment le Fils et les frères.
--->La demeure de Dieu parmi les hommes, son Alliance définitive, est celle de l'amour.
EliminaCelui qui aime Jésus devient le temple de Dieu, le lieu de Sa présence.
Il a en lui le Fils qui est dans le Père et le Père qui est dans le Fils.
En lui, le Père et le Fils placent leur demeure, se manifestant à lui et en lui.
La place que Jésus nous prépare près du Père, c'est nous-mêmes qui, dans l'amour, devenons Sa demeure et celle du Père.
Celui qui n'aime pas Jésus n'observe pas Ses Paroles.
Pour cette raison, il ignore le Fils envoyé par le Père pour révéler Son Amour pour nous.
La période pendant laquelle Il a habité avec nous est le centre et le sommet du temps.
Par la proclamation de l'Évangile, chaque époque entre dans ce temps, dans lequel Dieu se révèle de manière définitive et normative.
L'Esprit d'Amour nous enseignera et imprimera le Fils dans nos cœurs.
Dieu, qui était avec nous d'abord dans la Loi et ensuite avec nous dans la chair du Fils, sera en nous avec Son Esprit.
L'Esprit Saint, qui est Amour, nous fera comprendre tout ce que le Fils nous a dit.
L'Amour, en nous faisant comprendre, nous fait ainsi rappeler, porter dans nos cœurs, tout ce que Jésus a dit,
car nous pouvons vivre avec cela.
Jésus a tout dit et tout donné. L'Esprit Saint n'ajoutera rien à ce qu'il a révélé et donné, mais il fera entrer toujours plus profondément en nous le mystère du Fils et du Père, avec un Amour qui nous fait connaître et avec une connaissance qui nous