LECTURE DU JOUR Première lecture du livre du prophète Habacuc (Ha 1, 2-3 ; 2, 2-4)
Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? crier vers toi : « Violence ! », sans que tu sauves ? Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent.
Alors le Seigneur me répondit : Tu vas mettre par écrit une vision, clairement, sur des tablettes, pour qu’on puisse la lire couramment. Car c’est encore une vision pour le temps fixé ; elle tendra vers son accomplissement, et ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard.
Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité.
Deuxième lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée (2 Tm 1, 6-8.13-14)
Bien-aimé, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération. N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Tiens-toi au modèle donné par les paroles solides que tu m’as entendu prononcer dans la foi et dans l’amour qui est dans le Christ Jésus. Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous.
ÉVANGILE DU JOUR Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 17, 5-10)
En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : ‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’, et il vous aurait obéi.
Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Viens vite prendre place à table’ ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : ‘Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : ‘Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir’ »
HOMÉLIE DE BENOÎT XVI ...Chaque assemblée liturgique est l’espace de la présence de Dieu. Réunis pour la sainte Eucharistie, les disciples du Seigneur plongés dans le sacrifice rédempteur du Christ, proclament qu’Il est ressuscité, qu’il est vivant et donne la vie, et témoignent que sa présence est grâce, force et joie. Nous ouvrons le cœur à sa parole et nous accueillons le don de sa présence! Tous les textes de la liturgie de ce dimanche nous parlent de la foi, qui est le fondement de toute la vie chrétienne. Jésus a éduqué ses disciples à croître dans la foi, à croire et à placer leur confiance toujours plus en Lui, pour édifier leur vie sur le roc. C’est pour cela qu’ils demandent: «Augmente en nous la foi!» (Lc 17, 6). Il s’agit là d’une requête importante qu’ils adressent au Seigneur, et une requête fondamentale: les disciples ne demandent pas des dons matériels, ils ne demandent pas des privilèges, mais ils demandent la grâce de la foi, qui oriente et illumine toute la vie; ils demandent la grâce de reconnaître Dieu et de pouvoir être en relation intime avec lui, en recevant de Lui tous ses dons, et également ceux du courage, de l’amour et de l’espérance.
Sans répondre directement à leur prière, Jésus a recours à une image paradoxale pour exprimer l’incroyable vitalité de la foi. De même qu’un levier peut soulever un poids bien supérieur au sien, ainsi la foi, et même un degré minime de foi, peut accomplir des choses impensables, extraordinaires, comme déraciner un grand arbre et le replanter dans la mer (ibid.). La foi — avoir confiance dans le Christ, l’accueillir, le laisser nous transformer, le suivre jusqu’au bout — rend possible ce qui est humainement impossible, dans toute réalité. C’est ce dont témoigne également le prophète Habaquc dans la première lecture. Il implore le Seigneur à partir d’une terrible situation de violence, d’injustice, et d’oppression; et précisément dans cette situation difficile d’insécurité, le prophète introduit une vision qui laisse entrevoir une partie du projet que Dieu envisage et réalise dans l’histoire: «Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité» (Ha 2, 4). L’impie, celui qui n’agit pas selon Dieu, place sa confiance dans ses propres possibilités, mais s’appuie sur une réalité fragile et inconsistante, et donc il se pliera, et il est destiné à tomber; le juste, au contraire, place sa confiance dans une réalité cachée mais solide, il place sa confiance en Dieu et pour cela il aura la vie... La deuxième partie de l’Evangile d’aujourd’hui présente un autre enseignement, un enseignement d’humilité, qui est toutefois étroitement lié à la foi. Jésus nous invite à être humbles et donne l’exemple d’un serviteur qui a travaillé dans les champs. Lorsqu’il revient chez lui, le maître lui demande encore de travailler. Selon la mentalité de l’époque de Jésus, son maître avait tout le droit de le faire. Le serviteur devait une disponibilité complète à son maître; et le maître ne se considérait pas obligé envers lui parce qu’il avait exécuté les ordres reçus. Jésus nous fait prendre conscience que, face à Dieu, nous nous trouvons dans une situation semblable: nous sommes les serviteurs de Dieu; nous ne sommes pas créditeurs à son égard, mais nous sommes toujours débiteurs, car nous Lui devons tout, car chaque chose est son don. Accepter et accomplir sa volonté est l’attitude qu’il faut avoir chaque jour, à chaque moment de notre vie. Nous ne devons jamais nous présenter devant Dieu comme quelqu’un qui croit avoir rendu un service et mériter une grande récompense. Il s’agit d’une illusion qui peut naître chez tous, même chez les personnes qui travaillent beaucoup au service du Seigneur, dans l’Eglise.
....>Nous devons en revanche être conscients que, en réalité, nous ne faisons jamais assez pour Dieu. Nous devons dire, comme nous le suggère Jésus: «Nous sommes des serviteurs quelconques: nous n’avons fait que notre devoir» (Lc 17, 10). C’est une attitude d’humilité qui nous met vraiment à notre place et qui permet au Seigneur d’être vraiment généreux avec nous. En effet, dans un autre passage de l’Evangile il nous promet qu’«il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour» (cf. Lc 12, 37). Chers amis, si nous accomplissons chaque jour la volonté de Dieu, avec humilité, sans rien prétendre de Lui, ce sera Jésus lui-même qui nous servira, qui nous aidera, qui nous encouragera, qui nous donnera force et sérénité. Dans la lecture d’aujourd’hui, l’apôtre Paul parle lui aussi de la foi. Timothée est invité à avoir la foi et, au moyen de celle-ci, à exercer la charité. Le disciple est exhorté à raviver dans la foi également le don de Dieu qui est en lui par l’imposition des mains de Paul, c’est-à-dire le don de l’ordination, reçu pour exercer le ministère apostolique comme collaborateur de Paul (cf. 2 Tm 1, 6). Il ne doit pas laisser ce don s’éteindre, mais il doit le rendre toujours plus vivant au moyen de la foi. Et l’apôtre ajoute: «Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison» (v. 7)...
HOMÉLIE DE PAPE FRANÇOIS EN GÉORGIE ET AZERBAÏDJAN 2 OCTOBRE 2016) La Parole de Dieu nous présente aujourd’hui deux aspects essentiels de la vie chrétienne : la foi et le service. À propos de la foi, deux demandes particulières sont adressées au Seigneur. La première est celle du prophète Habacuc, qui implore Dieu pour qu’il intervienne et rétablisse la justice et la paix que les hommes ont rompu par la violence, les querelles et les disputes «Combien de temps, Seigneur, - dit-il- vais-je appeler, sans que tu m’entendes ?» (Ha 1, 2). Dieu, en répondant, n’intervient pas directement, il ne résout pas la situation d’une manière brusque, il ne se rend pas présent par la force. Au contraire, il invite à attendre avec patience, sans jamais perdre l’espérance ; surtout, il souligne l’importance de la foi. Parce que par sa foi, l’homme vivra (cf. Ha 2, 4). Ainsi Dieu fait de même avec nous : il ne cède pas à nos désirs qui voudraient changer le monde et les autres immédiatement et continuellement, mais il vise surtout à guérir le cœur, mon cœur, ton cœur, le cœur de chacun ; Dieu change le monde en changeant nos cœurs, et cela il ne peut le faire sans nous. Le Seigneur désire en effet que nous lui ouvrions la porte de notre cœur, pour pouvoir entrer dans notre vie. Et cette ouverture à lui, cette confiance en Lui est vraiment «la victoire remportée sur le monde : c’est notre foi» (1 Jn 5, 4). Parce que lorsque Dieu trouve un cœur ouvert et confiant, là il peut accomplir des merveilles.
Mais avoir la foi, une foi vive, n’est pas facile ; et voici alors la seconde demande, celle que dans l’Évangile les Apôtres adressent au Seigneur : «Augmente en nous la foi !» (Lc 17, 6). C’est une belle demande, une prière que nous aussi nous pourrions adresser à Dieu chaque jour. Mais la réponse divine est surprenante et aussi dans ce cas renverse la demande : «Si vous aviez de la foi…». C’est Lui qui nous demande d’avoir de la foi. Parce que la foi, qui est un don de Dieu et est toujours demandée, est aussi cultivée de notre part. Ce n’est pas une force magique qui descend du ciel, ce n’est pas une “dot” qui se reçoit une fois pour toutes, et non plus un superpouvoir qui sert à résoudre les problèmes de la vie. Parce qu’une foi utile pour satisfaire nos besoins serait une foi égoïste, toute centrée sur nous. La foi n’est pas confondue avec le bien-être ou avec le fait de se sentir bien, avec le fait d’être consolé dans l’âme parce que nous avons un peu de paix dans le cœur. La foi est un fil d’or qui nous lie au Seigneur, la pure joie de rester avec Lui, d’être unis à Lui ; c’est le don qui est valable pour la vie entière, mais qui porte du fruit si nous faisons notre part... Et quelle est notre part ? Jésus nous fait comprendre que c’est le service. Dans l’Évangile en effet, le Seigneur fait tout de suite suivre aux paroles sur la puissance de la foi, celles sur le service. Foi et service ne peuvent se séparer, elles sont même étroitement liées, nouées entre elles
FAUSTI Tout le voyage à Jérusalem contient une catéchèse qui développe les demandes du Notre Père : "Que Ton Nom soit sanctifié" (chap. 11) "Que Ton Règne vienne" (cc.12/13) "Donne-nous le pain" (c 14) "Pardonne-nous" (c.15) "Comme nous pardonnons (c 16) "Ne cédons pas, ne perdons pas la foi" (c.17). Luc ne contient pas la question "Que Ta Volonté soit faite": Jésus est le seul à l'accomplir (c 22, 42), satisfaisant toutes les autres demandes, même en notre nom. Cette partie, qui commence par la demande des Apôtres d'une plus grande foi et culmine dans l'illumination (18,43), montre la foi comme une possibilité de l'impossible, amour et gratuité, chemin de purification, qui nous rend conscients comment et quand le Royaume vient, vit de confiance et d'humilité, nous rend enfants et capables de décider pour le Fils qui va à Jérusalem donner Sa vie et fait nous apparaître à la lumière comme nouvelles personnes. Les Apôtres sont les disciples qui, ayant appris du Maître, reçoivent Son même mandat : ils sont envoyés pour porter la Miséricorde du Seigneur au-delà du cercle de la communauté, jusqu'aux extrémités de la terre. Les apôtres ne se sentent pas à la mesure de leur tâche parce qu'ils ont peu de foi. La foi est l'expérience personnelle de la Miséricorde du Père, l'origine de la mission aux frères et sœurs. Il faut la demander comme le pain quotidien et le pardon. Après la prière : "Apprends-nous à prier" (11,1), C'est la prière typique du croyant, en particulier de l'Apôtre : "Augmente en nous la foi ! Avec elle, tout est obtenu. Tout est possible pour ceux qui croient, car rien n'est impossible à Dieu (1:37). Le Seigneur explique que la foi est comme une petite semence, mais avec une force vitale et telle qu'elle déplace un arbre dans la mer. Pour cela, saint Paul dit : "Je peux tout faire en Celui qui me donne la force" (Ph 4,13), parce que mon impuissance est remplie de la puissance même de Dieu. Croire, c'est cesser de confier en soi-même et laisser qu'il soit Lui en action. C'est pourquoi "quand je suis faible, c'est alors que je suis fort" (Saint Paul 2 Co 12, 10). Nous passons maintenant de la foi personnelle de l'Apôtre à son œuvre apostolique d'annonce aux autres. Il est comparé au serviteur, ou plutôt à l'esclave, parce qu'il ne appartient pas à soi-même. Son esclavage est la plus haute réalisation de la liberté d'aimer : il le rend semblable à son Seigneur, entièrement du Père et de ses frères et sœurs. De même que l'esclave appartient à son maître qui l'asservit, de même l'Apôtre à son Seigneur qui lui donne la liberté d'être comme Lui, Son collaborateur, associé à Son Ministère. Cet esclavage par amour est une libération totale de l'égoïsme : "Vous, en effet, frères, vous êtes appelés à la liberté" et cela ne consiste pas à vivre selon l'égoïsme, mais à être, par la charité, esclaves les uns des autres. Les deux actions typiques de l'Apôtre sont : la proclamation (semeur) et le soin des frères (berger). Celui qui "laboure ou fait du pâturage" ne le fait pas pour un profit déshonorant, mais parce qu'il est poussé par l'amour de son Seigneur mort pour tous. Pour Paul, la plus haute récompense est de prêcher l'Evangile librement. L'Apôtre est associé au ministère de grâce et de miséricorde de son Seigneur pour le monde. L'origine de son service est la foi, comme expérience personnelle de Celui qui l'a aimé et s'est donné pour lui (Ga 2, 20). Pour cette raison, ce n'est plus dans la logique du doit et l'avoir, mais dans celle du don gratuit. L'amour qu'il a vécu le rend libre de servir comme son propre Seigneur.
LECTURE DU JOUR
RispondiEliminaPremière lecture du livre du prophète Habacuc
(Ha 1, 2-3 ; 2, 2-4)
Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler,
sans que tu entendes ?
crier vers toi : « Violence ! »,
sans que tu sauves ?
Pourquoi me fais-tu voir le mal
et regarder la misère ?
Devant moi, pillage et violence ;
dispute et discorde se déchaînent.
Alors le Seigneur me répondit :
Tu vas mettre par écrit une vision,
clairement, sur des tablettes,
pour qu’on puisse la lire couramment.
Car c’est encore une vision pour le temps fixé ;
elle tendra vers son accomplissement, et ne décevra pas.
Si elle paraît tarder, attends-la :
elle viendra certainement, sans retard.
Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite,
mais le juste vivra par sa fidélité.
Deuxième lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée
(2 Tm 1, 6-8.13-14)
Bien-aimé,
je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu
ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains
Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné,
mais un esprit de force, d’amour et de pondération.
N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur,
et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ;
mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances
liées à l’annonce de l’Évangile.
Tiens-toi au modèle donné par les paroles solides
que tu m’as entendu prononcer
dans la foi et dans l’amour qui est dans le Christ Jésus.
Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté,
avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous.
ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
(Lc 17, 5-10)
En ce temps-là,
les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’,
et il vous aurait obéi.
Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
‘Viens vite prendre place à table’ ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt :
‘Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
‘Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir’ »
PAROLES DES PAPES
RispondiEliminaHOMÉLIE DE BENOÎT XVI
...Chaque assemblée liturgique est l’espace de la présence de Dieu. Réunis pour la sainte Eucharistie, les disciples du Seigneur plongés dans le sacrifice rédempteur du Christ, proclament qu’Il est ressuscité, qu’il est vivant et donne la vie, et témoignent que sa présence est grâce, force et joie. Nous ouvrons le cœur à sa parole et nous accueillons le don de sa présence! Tous les textes de la liturgie de ce dimanche nous parlent de la foi, qui est le fondement de toute la vie chrétienne. Jésus a éduqué ses disciples à croître dans la foi, à croire et à placer leur confiance toujours plus en Lui, pour édifier leur vie sur le roc. C’est pour cela qu’ils demandent: «Augmente en nous la foi!» (Lc 17, 6). Il s’agit là d’une requête importante qu’ils adressent au Seigneur, et une requête fondamentale: les disciples ne demandent pas des dons matériels, ils ne demandent pas des privilèges, mais ils demandent la grâce de la foi, qui oriente et illumine toute la vie; ils demandent la grâce de reconnaître Dieu et de pouvoir être en relation intime avec lui, en recevant de Lui tous ses dons, et également ceux du courage, de l’amour et de l’espérance.
Sans répondre directement à leur prière, Jésus a recours à une image paradoxale pour exprimer l’incroyable vitalité de la foi. De même qu’un levier peut soulever un poids bien supérieur au sien, ainsi la foi, et même un degré minime de foi, peut accomplir des choses impensables, extraordinaires, comme déraciner un grand arbre et le replanter dans la mer (ibid.). La foi — avoir confiance dans le Christ, l’accueillir, le laisser nous transformer, le suivre jusqu’au bout — rend possible ce qui est humainement impossible, dans toute réalité. C’est ce dont témoigne également le prophète Habaquc dans la première lecture. Il implore le Seigneur à partir d’une terrible situation de violence, d’injustice, et d’oppression; et précisément dans cette situation difficile d’insécurité, le prophète introduit une vision qui laisse entrevoir une partie du projet que Dieu envisage et réalise dans l’histoire: «Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité» (Ha 2, 4). L’impie, celui qui n’agit pas selon Dieu, place sa confiance dans ses propres possibilités, mais s’appuie sur une réalité fragile et inconsistante, et donc il se pliera, et il est destiné à tomber; le juste, au contraire, place sa confiance dans une réalité cachée mais solide, il place sa confiance en Dieu et pour cela il aura la vie...
La deuxième partie de l’Evangile d’aujourd’hui présente un autre enseignement, un enseignement d’humilité, qui est toutefois étroitement lié à la foi. Jésus nous invite à être humbles et donne l’exemple d’un serviteur qui a travaillé dans les champs. Lorsqu’il revient chez lui, le maître lui demande encore de travailler. Selon la mentalité de l’époque de Jésus, son maître avait tout le droit de le faire. Le serviteur devait une disponibilité complète à son maître; et le maître ne se considérait pas obligé envers lui parce qu’il avait exécuté les ordres reçus. Jésus nous fait prendre conscience que, face à Dieu, nous nous trouvons dans une situation semblable: nous sommes les serviteurs de Dieu; nous ne sommes pas créditeurs à son égard, mais nous sommes toujours débiteurs, car nous Lui devons tout, car chaque chose est son don. Accepter et accomplir sa volonté est l’attitude qu’il faut avoir chaque jour, à chaque moment de notre vie. Nous ne devons jamais nous présenter devant Dieu comme quelqu’un qui croit avoir rendu un service et mériter une grande récompense. Il s’agit d’une illusion qui peut naître chez tous, même chez les personnes qui travaillent beaucoup au service du Seigneur, dans l’Eglise.
....>Nous devons en revanche être conscients que, en réalité, nous ne faisons jamais assez pour Dieu. Nous devons dire, comme nous le suggère Jésus: «Nous sommes des serviteurs quelconques: nous n’avons fait que notre devoir» (Lc 17, 10). C’est une attitude d’humilité qui nous met vraiment à notre place et qui permet au Seigneur d’être vraiment généreux avec nous. En effet, dans un autre passage de l’Evangile il nous promet qu’«il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour» (cf. Lc 12, 37). Chers amis, si nous accomplissons chaque jour la volonté de Dieu, avec humilité, sans rien prétendre de Lui, ce sera Jésus lui-même qui nous servira, qui nous aidera, qui nous encouragera, qui nous donnera force et sérénité.
EliminaDans la lecture d’aujourd’hui, l’apôtre Paul parle lui aussi de la foi. Timothée est invité à avoir la foi et, au moyen de celle-ci, à exercer la charité. Le disciple est exhorté à raviver dans la foi également le don de Dieu qui est en lui par l’imposition des mains de Paul, c’est-à-dire le don de l’ordination, reçu pour exercer le ministère apostolique comme collaborateur de Paul (cf. 2 Tm 1, 6). Il ne doit pas laisser ce don s’éteindre, mais il doit le rendre toujours plus vivant au moyen de la foi. Et l’apôtre ajoute: «Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de raison» (v. 7)...
HOMÉLIE DE PAPE FRANÇOIS
RispondiEliminaEN GÉORGIE ET AZERBAÏDJAN 2 OCTOBRE 2016)
La Parole de Dieu nous présente aujourd’hui deux aspects essentiels de la vie chrétienne : la foi et le service. À propos de la foi, deux demandes particulières sont adressées au Seigneur.
La première est celle du prophète Habacuc, qui implore Dieu pour qu’il intervienne et rétablisse la justice et la paix que les hommes ont rompu par la violence, les querelles et les disputes «Combien de temps, Seigneur, - dit-il- vais-je appeler, sans que tu m’entendes ?» (Ha 1, 2). Dieu, en répondant, n’intervient pas directement, il ne résout pas la situation d’une manière brusque, il ne se rend pas présent par la force. Au contraire, il invite à attendre avec patience, sans jamais perdre l’espérance ; surtout, il souligne l’importance de la foi. Parce que par sa foi, l’homme vivra (cf. Ha 2, 4). Ainsi Dieu fait de même avec nous : il ne cède pas à nos désirs qui voudraient changer le monde et les autres immédiatement et continuellement, mais il vise surtout à guérir le cœur, mon cœur, ton cœur, le cœur de chacun ; Dieu change le monde en changeant nos cœurs, et cela il ne peut le faire sans nous. Le Seigneur désire en effet que nous lui ouvrions la porte de notre cœur, pour pouvoir entrer dans notre vie. Et cette ouverture à lui, cette confiance en Lui est vraiment «la victoire remportée sur le monde : c’est notre foi» (1 Jn 5, 4). Parce que lorsque Dieu trouve un cœur ouvert et confiant, là il peut accomplir des merveilles.
Mais avoir la foi, une foi vive, n’est pas facile ; et voici alors la seconde demande, celle que dans l’Évangile les Apôtres adressent au Seigneur : «Augmente en nous la foi !» (Lc 17, 6). C’est une belle demande, une prière que nous aussi nous pourrions adresser à Dieu chaque jour. Mais la réponse divine est surprenante et aussi dans ce cas renverse la demande : «Si vous aviez de la foi…». C’est Lui qui nous demande d’avoir de la foi. Parce que la foi, qui est un don de Dieu et est toujours demandée, est aussi cultivée de notre part. Ce n’est pas une force magique qui descend du ciel, ce n’est pas une “dot” qui se reçoit une fois pour toutes, et non plus un superpouvoir qui sert à résoudre les problèmes de la vie. Parce qu’une foi utile pour satisfaire nos besoins serait une foi égoïste, toute centrée sur nous. La foi n’est pas confondue avec le bien-être ou avec le fait de se sentir bien, avec le fait d’être consolé dans l’âme parce que nous avons un peu de paix dans le cœur. La foi est un fil d’or qui nous lie au Seigneur, la pure joie de rester avec Lui, d’être unis à Lui ; c’est le don qui est valable pour la vie entière, mais qui porte du fruit si nous faisons notre part...
Et quelle est notre part ? Jésus nous fait comprendre que c’est le service. Dans l’Évangile en effet, le Seigneur fait tout de suite suivre aux paroles sur la puissance de la foi, celles sur le service. Foi et service ne peuvent se séparer, elles sont même étroitement liées, nouées entre elles
FAUSTI
RispondiEliminaTout le voyage à Jérusalem contient une catéchèse qui développe les demandes du Notre Père :
"Que Ton Nom soit sanctifié" (chap. 11)
"Que Ton Règne vienne" (cc.12/13)
"Donne-nous le pain" (c 14)
"Pardonne-nous" (c.15)
"Comme nous pardonnons (c 16)
"Ne cédons pas, ne perdons pas la foi" (c.17).
Luc ne contient pas la question "Que Ta Volonté soit faite": Jésus est le seul à l'accomplir (c 22, 42), satisfaisant toutes les autres demandes, même en notre nom.
Cette partie, qui commence par la demande des Apôtres d'une plus grande foi et culmine dans l'illumination (18,43), montre la foi comme une possibilité de l'impossible, amour et gratuité, chemin de purification, qui nous rend conscients comment et quand le Royaume vient, vit de confiance et d'humilité, nous rend enfants et capables de décider pour le Fils qui va à Jérusalem donner Sa vie et fait nous apparaître à la lumière comme nouvelles personnes.
Les Apôtres sont les disciples qui, ayant appris du Maître, reçoivent Son même mandat : ils sont envoyés pour porter la Miséricorde du Seigneur au-delà du cercle de la communauté, jusqu'aux extrémités de la terre. Les apôtres ne se sentent pas à la mesure de leur tâche parce qu'ils ont peu de foi.
La foi est l'expérience personnelle de la Miséricorde du Père, l'origine de la mission aux frères et sœurs.
Il faut la demander comme le pain quotidien et le pardon. Après la prière : "Apprends-nous à prier" (11,1),
C'est la prière typique du croyant, en particulier de l'Apôtre : "Augmente en nous la foi !
Avec elle, tout est obtenu. Tout est possible pour ceux qui croient, car rien n'est impossible à Dieu (1:37).
Le Seigneur explique que la foi est comme une petite semence, mais avec une force vitale et telle qu'elle déplace un arbre dans la mer.
Pour cela, saint Paul dit : "Je peux tout faire en Celui qui me donne la force" (Ph 4,13), parce que mon impuissance est remplie de la puissance même de Dieu.
Croire, c'est cesser de confier en soi-même et laisser qu'il soit Lui en action.
C'est pourquoi "quand je suis faible, c'est alors que je suis fort" (Saint Paul 2 Co 12, 10).
Nous passons maintenant de la foi personnelle de l'Apôtre à son œuvre apostolique d'annonce aux autres.
Il est comparé au serviteur, ou plutôt à l'esclave, parce qu'il ne appartient pas à soi-même.
Son esclavage est la plus haute réalisation de la liberté d'aimer : il le rend semblable à son Seigneur, entièrement du Père et de ses frères et sœurs.
De même que l'esclave appartient à son maître qui l'asservit, de même l'Apôtre à son Seigneur qui lui donne la liberté d'être comme Lui, Son collaborateur, associé à Son Ministère.
Cet esclavage par amour est une libération totale de l'égoïsme :
"Vous, en effet, frères, vous êtes appelés à la liberté" et cela ne consiste pas à vivre selon l'égoïsme, mais à être, par la charité, esclaves les uns des autres.
Les deux actions typiques de l'Apôtre sont : la proclamation (semeur) et le soin des frères (berger).
Celui qui "laboure ou fait du pâturage" ne le fait pas pour un profit déshonorant, mais parce qu'il est poussé par l'amour de son Seigneur mort pour tous.
Pour Paul, la plus haute récompense est de prêcher l'Evangile librement.
L'Apôtre est associé au ministère de grâce et de miséricorde de son Seigneur pour le monde.
L'origine de son service est la foi, comme expérience personnelle de Celui qui l'a aimé et s'est donné pour lui (Ga 2, 20).
Pour cette raison, ce n'est plus dans la logique du doit et l'avoir, mais dans celle du don gratuit.
L'amour qu'il a vécu le rend libre de servir comme son propre Seigneur.