Livre de l'Ecclésiastique 35,15b-17.20-22a. Le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes. Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l’opprimé. Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin, ni la plainte répétée de la veuve. Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli, sa supplication parviendra jusqu’au ciel. La prière du pauvre traverse les nuées ; tant qu’elle n’a pas atteint son but, il demeure inconsolable. Il persévère tant que le Très-Haut n’a pas jeté les yeux sur lui, ni prononcé la sentence en faveur des justes et rendu justice.
Psaume 34(33) 2-3.16.18.19.23. Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m'entendent et soient en fête !
Le Seigneur regarde les justes, il écoute, attentif à leurs cris. Le Seigneur entend ceux qui l'appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé, il sauve l'esprit abattu. Le Seigneur rachètera ses serviteurs : pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,6-8.16-18. Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,9-14.
En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’ Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’ Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Les paroles des Papes L’Évangile de la liturgie d’aujourd’hui nous présente une parabole qui met en scène deux protagonistes, un pharisien et un publicain (cf. Lc 18, 9-14), c’est-à-dire un homme religieux et un pécheur déclaré. Tous deux montent au Temple pour prier, mais seul le publicain s’élève véritablement vers Dieu, parce qu’il descend humblement dans la vérité de lui-même et se présente tel qu’il est, sans masque, avec sa pauvreté (...). Dans l’humilité, en effet, nous devenons capables de porter à Dieu, sans faux-semblants, ce que nous sommes vraiment, les limites et les blessures, les péchés, les misères qui pèsent sur nos cœurs, et d’invoquer sa miséricorde pour qu’il nous guérisse, nous relève. C'est Lui qui nous relèvera, pas nous. Plus nous descendons dans l’humilité, plus Dieu nous élève. (...) Frères, sœurs, le pharisien et le publicain nous intéressent de près. En pensant à eux, regardons-nous nous-mêmes : vérifions si en nous, comme chez le pharisien, il y a « l’intime présomption d’être justes » (v. 9) qui nous conduit à mépriser les autres. (...) Là où il y a trop de moi, il y a peu de Dieu. (...) Demandons l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, l’humble servante du Seigneur, image vivante de ce que le Seigneur aime accomplir, en renversant les puissants de leurs trônes et en élevant les humbles (cf. Lc 1, 52). (Pape François, Angélus 23 octobre 2022)
PAPE FRANÇOIS ANGÉLUS 23 octobre 2016 La seconde lecture de la liturgie du jour nous présente l’exhortation de saint Paul à Timothée, son collaborateur et fils bien-aimé, dans laquelle il repense à son existence d’apôtre entièrement consacré à la mission (cf. 2 Tm 4). Voyant désormais approcher la fin de son chemin terrestre, il le décrit en référence à trois saisons : le présent, le passé, le futur.
Le présent, il l’interprète avec la métaphore du sacrifice : « Je suis déjà répandu en libation » (v. 6). En ce qui concerne le passé, Paul indique sa vie passée à travers les images du « bon combat » et de la « course » d’un homme qui a été cohérent avec ses engagements et ses responsabilités (cf. v. 7); par conséquent, pour l’avenir, il espère en la reconnaissance de la part de Dieu, qui est « le juste juge » (v. 8). Mais la mission de Paul se révèle efficace, juste et fidèle uniquement grâce à la proximité et à la force du Seigneur, qui a fait de lui un annonciateur de l’Évangile à tous les peuples. Voici son expression : « Le Seigneur, lui, m’a assisté et m’a rempli de force afin que, par moi, le message fût proclamé et qu’il parvînt aux oreilles de tous les païens » (v. 17).
Dans ce récit autobiographique de saint Paul se reflète l’Église, en particulier aujourd’hui, journée mondiale des missions, dont le thème est « Église missionnaire, témoin de miséricorde » . En Paul, la communauté chrétienne trouve son modèle, dans la conviction que c’est la présence du Seigneur qui rend efficace le travail apostolique et l’œuvre d’évangélisation. L’expérience de l’apôtre des nations nous rappelle que nous devons nous engager dans les activités pastorales et missionnaires, d’une part, comme si le résultat dépendait de nos efforts, avec l’esprit de sacrifice de l’athlète qui ne s’arrête pas même face aux défaites; de l’autre, cependant, en sachant que le vrai succès de notre mission est un don de la Grâce : c’est l’Esprit Saint qui rend efficace la mission de l’Église dans le monde.
Aujourd’hui est le temps de la mission et le temps du courage! Le courage de renforcer les pas vacillants, de reprendre le goût de se dépenser pour l’Évangile, de reprendre confiance dans la force que la mission porte en elle. C’est le temps du courage, même si avoir du courage ne signifie pas avoir la garantie du succès. Il nous est demandé du courage pour lutter, pas nécessairement pour vaincre; pour annoncer, pas nécessairement pour convertir. Il nous est demandé du courage pour être des alternatives au monde, mais sans jamais faire de polémiques ou être agressifs. Il nous est demandé du courage pour nous ouvrir à tous, sans jamais réduire l’absolu et l’unicité du Christ, unique Sauveur de tous. Il nous est demandé du courage pour résister à l’incrédulité, sans devenir arrogants. Il nous est demandé aussi le courage du publicain de l’Évangile d’aujourd’hui, qui avec humilité n’osait pas même lever les yeux au ciel, mais se frappait la poitrine en disant : « O Dieu, aie pitié de moi pécheur » . Aujourd’hui c’est le temps du courage! Aujourd’hui il faut du courage!
Que la Vierge Marie, modèle de l’Église « en sortie » et docile à l’Esprit Saint, nous aide à être tous, par la force de notre baptême, des disciples missionnaires pour apporter le message du salut à toute la famille humaine.
L'Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du synode des évêques, sur le thème : « L'Église catholique au Moyen-Orient : Communion et témoignage. “La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme” » (Ac 4, 32), s'est conclue ce matin par une célébration solennelle dans la basilique Saint-Pierre. Par ailleurs, on fête ce dimanche la Journée mondiale des missions, qui a pour thème « La construction de la communion ecclésiale est la clef de la mission ». La ressemblance entre les thèmes de ces deux événements d'Église est frappante. Tous deux invitent à regarder l'Église comme un mystère de communion qui, par nature, est destiné à tout l'homme et à tous les hommes. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait ceci : « L'Église existe pour évangéliser, c'est-à-dire pour prêcher et enseigner, être le canal du don de la grâce, réconcilier les pécheurs avec Dieu, perpétuer le sacrifice du Christ dans la sainte messe, qui est le mémorial de sa mort et de sa résurrection glorieuse » . Evangelii nuntiandi, ). C'est pourquoi la prochaine Assemblée générale ordinaire du synode des évêques sera consacrée en 2012 au thème : « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». À toute époque et en tout lieu — même aujourd'hui au Moyen-Orient — l'Église est présente et œuvre pour accueillir chaque homme et lui offrir en Christ la plénitude de la vie. Comme l'écrivait le théologien italo-allemand Romano Guardini : « La réalité “Église” implique toute la plénitude de l'être chrétien qui se développe dans l'histoire, puisqu'elle embrasse la plénitude de l'humain qui est en rapport avec Dieu » (Formation liturgique, Brescia 2008, 106-107).
Chers amis, dans la liturgie d'aujourd'hui, on lit le témoignage de saint Paul concernant le prix final que le Seigneur remettra « à tous ceux qui auront attendu avec amour son Apparition » (2 Tm 4, 8). Il ne s'agit pas d'une attente inactive ou solitaire, au contraire ! L'apôtre a vécu en communion avec le Christ ressuscité pour « que le message fut proclamé » afin qu'il « parvint aux oreilles de tous les païens » (2 Tm 4, 17). Le devoir missionnaire n'est pas de révolutionner le monde, mais de le transfigurer, puisant la force de Jésus Christ qui « nous convoque à la table de sa parole et de l'Eucharistie, pour apprécier le don de sa présence, nous former à son école et vivre toujours plus consciemment en union avec lui, Maître et Seigneur » (Message pour la 84e Journée mondiale des missions ). Même les chrétiens d'aujourd'hui — comme il est écrit dans la lettre à Diognète — « montrent comme leur vie sociale est merveilleuse et... extraordinaire. Ils passent leur existence sur terre mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies mais outrepassent les lois par leur manière de vivre... Ils sont condamnés à mort et c'est ainsi qu'ils trouvent la vie. Tout en faisant le bien, ils sont... persécutés et grandissent en nombre chaque jour » .
Confions les communautés chrétiennes et tous les missionnaires de l'Évangile à la Vierge Marie, qui a reçu de Jésus crucifié la nouvelle mission d'être Mère de tous ceux qui veulent croire en Lui et le suivre.
FAUSTI - Dans ce diptyque, nous avons deux modèles de foi et de prière. D'un côté, le pharisien, qui prie devant son moi. Confiant en sa propre bonté, il se justifie et condamne les autres. D'autre part, le publicain qui, se sentant distant de Dieu et incapable de confier en soi-même, s'accuse et invoque le pardon. Tout comme celle des lépreux et de l'aveugle, c'est la prière qui purifie et éclaire, en introduisant à Jérusalem. C'est une prière à deux pôles : Sa Miséricorde et ma misère. L'humilité est la seule qualité capable d'attirer le Très-Haut : elle fait de moi un vase qui, vidé du "Moi", peut être rempli de Dieu. Cette prière du publicain sera la mienne quand je découvrirai mon péché de pharisien. Le publicain ne se considère pas comme un pécheur, mais comme "le" pécheur, "le plus responsable de tous". Les autres sont pour lui, contrairement au pharisien, tous justes. Tous les personnages de l'Évangile de Luc peuvent être ramenés à ces deux figures, qui représentent respectivement l'impossibilité et la possibilité du salut. En fait, plus exactement : nous, chrétiens sérieux, nous sommes tous frères jumeaux du pharisien, le juste présumé, que Jésus veut convertir en délinquant confessé, afin qu'il puisse accepter la grâce. Jésus révèle au pharisien comment il est, mettant un miroir devant lui : le publicain, en qui il ne veut pas se reconnaître, c'est la partie profonde de son ego qu'il n'accepte pas. L'Evangile de Luc encourage cette identification d'une manière scandaleuse, condamnant le juste et justifiant le pécheur. Le juste est condamné parce que, dans l'effort d'observer les prescriptions de la Loi, il néglige le commandement dont elles proviennent : l'amour de Dieu et celui de son prochain. Le pécheur, par contre, est justifié. C'est là le véritable scandale de l'Évangile, qui nous permet d'accueillir notre réalité de pécheurs dans celle de Dieu qui nous aime inconditionnellement, non pour nos mérites, mais pour Son Amour de Père. La foi et la prière qu'ils introduisent dans le Royaume sont fondées sur cette humilité confiante, fruit de la nouvelle connaissance de soi et de Dieu. En fait, sans humilité, la prière est du moi et non de Dieu, la confiance est en elle-même et non en Lui. La première est l'autoglorification, la seconde est la présomption. Ce récit nous aide à discerner notre prière. C'est vrai quand, nous reconnaissant dans le pharisien, nous faisons nôtre la prière du publicain. L'humilité que Luc exige de chaque croyant est de reconnaître son propre orgueil humiliant de pharisien.
Livre de l'Ecclésiastique
RispondiElimina35,15b-17.20-22a.
Le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes.
Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l’opprimé.
Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin, ni la plainte répétée de la veuve.
Celui dont le service est agréable à Dieu sera bien accueilli, sa supplication parviendra jusqu’au ciel.
La prière du pauvre traverse les nuées ; tant qu’elle n’a pas atteint son but, il demeure inconsolable. Il persévère tant que le Très-Haut n’a pas jeté les yeux sur lui,
ni prononcé la sentence en faveur des justes et rendu justice.
Psaume 34(33)
2-3.16.18.19.23.
Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m'entendent et soient en fête !
Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur entend ceux qui l'appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l'esprit abattu.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre
à Timothée 4,6-8.16-18.
Bien-aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu.
J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.
Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.
La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux.
Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ;
le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles.
Amen.
Évangile de Jésus-Christ
selon saint Luc 18,9-14.
En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’
Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »
Les paroles des Papes
RispondiEliminaL’Évangile de la liturgie d’aujourd’hui nous présente une parabole qui met en scène deux protagonistes, un pharisien et un publicain (cf. Lc 18, 9-14), c’est-à-dire un homme religieux et un pécheur déclaré. Tous deux montent au Temple pour prier, mais seul le publicain s’élève véritablement vers Dieu, parce qu’il descend humblement dans la vérité de lui-même et se présente tel qu’il est, sans masque, avec sa pauvreté (...). Dans l’humilité, en effet, nous devenons capables de porter à Dieu, sans faux-semblants, ce que nous sommes vraiment, les limites et les blessures, les péchés, les misères qui pèsent sur nos cœurs, et d’invoquer sa miséricorde pour qu’il nous guérisse, nous relève. C'est Lui qui nous relèvera, pas nous. Plus nous descendons dans l’humilité, plus Dieu nous élève. (...) Frères, sœurs, le pharisien et le publicain nous intéressent de près. En pensant à eux, regardons-nous nous-mêmes : vérifions si en nous, comme chez le pharisien, il y a « l’intime présomption d’être justes » (v. 9) qui nous conduit à mépriser les autres. (...) Là où il y a trop de moi, il y a peu de Dieu. (...) Demandons l’intercession de la Très Sainte Vierge Marie, l’humble servante du Seigneur, image vivante de ce que le Seigneur aime accomplir, en renversant les puissants de leurs trônes et en élevant les humbles (cf. Lc 1, 52).
(Pape François, Angélus 23 octobre 2022)
PAPE FRANÇOIS ANGÉLUS 23 octobre 2016
EliminaLa seconde lecture de la liturgie du jour nous présente l’exhortation de saint Paul à Timothée, son collaborateur et fils bien-aimé, dans laquelle il repense à son existence d’apôtre entièrement consacré à la mission (cf. 2 Tm 4). Voyant désormais approcher la fin de son chemin terrestre, il le décrit en référence à trois saisons : le présent, le passé, le futur.
Le présent, il l’interprète avec la métaphore du sacrifice : « Je suis déjà répandu en libation » (v. 6). En ce qui concerne le passé, Paul indique sa vie passée à travers les images du « bon combat » et de la « course » d’un homme qui a été cohérent avec ses engagements et ses responsabilités (cf. v. 7); par conséquent, pour l’avenir, il espère en la reconnaissance de la part de Dieu, qui est « le juste juge » (v. 8). Mais la mission de Paul se révèle efficace, juste et fidèle uniquement grâce à la proximité et à la force du Seigneur, qui a fait de lui un annonciateur de l’Évangile à tous les peuples. Voici son expression : « Le Seigneur, lui, m’a assisté et m’a rempli de force afin que, par moi, le message fût proclamé et qu’il parvînt aux oreilles de tous les païens » (v. 17).
Dans ce récit autobiographique de saint Paul se reflète l’Église, en particulier aujourd’hui, journée mondiale des missions, dont le thème est « Église missionnaire, témoin de miséricorde » . En Paul, la communauté chrétienne trouve son modèle, dans la conviction que c’est la présence du Seigneur qui rend efficace le travail apostolique et l’œuvre d’évangélisation. L’expérience de l’apôtre des nations nous rappelle que nous devons nous engager dans les activités pastorales et missionnaires, d’une part, comme si le résultat dépendait de nos efforts, avec l’esprit de sacrifice de l’athlète qui ne s’arrête pas même face aux défaites; de l’autre, cependant, en sachant que le vrai succès de notre mission est un don de la Grâce : c’est l’Esprit Saint qui rend efficace la mission de l’Église dans le monde.
Aujourd’hui est le temps de la mission et le temps du courage! Le courage de renforcer les pas vacillants, de reprendre le goût de se dépenser pour l’Évangile, de reprendre confiance dans la force que la mission porte en elle. C’est le temps du courage, même si avoir du courage ne signifie pas avoir la garantie du succès. Il nous est demandé du courage pour lutter, pas nécessairement pour vaincre; pour annoncer, pas nécessairement pour convertir. Il nous est demandé du courage pour être des alternatives au monde, mais sans jamais faire de polémiques ou être agressifs. Il nous est demandé du courage pour nous ouvrir à tous, sans jamais réduire l’absolu et l’unicité du Christ, unique Sauveur de tous. Il nous est demandé du courage pour résister à l’incrédulité, sans devenir arrogants. Il nous est demandé aussi le courage du publicain de l’Évangile d’aujourd’hui, qui avec humilité n’osait pas même lever les yeux au ciel, mais se frappait la poitrine en disant : « O Dieu, aie pitié de moi pécheur » . Aujourd’hui c’est le temps du courage! Aujourd’hui il faut du courage!
Que la Vierge Marie, modèle de l’Église « en sortie » et docile à l’Esprit Saint, nous aide à être tous, par la force de notre baptême, des disciples missionnaires pour apporter le message du salut à toute la famille humaine.
BENOÎT XVI ANGÉLUS 24 octobre 2010
EliminaL'Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du synode des évêques, sur le thème : « L'Église catholique au Moyen-Orient : Communion et témoignage. “La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme” » (Ac 4, 32), s'est conclue ce matin par une célébration solennelle dans la basilique Saint-Pierre. Par ailleurs, on fête ce dimanche la Journée mondiale des missions, qui a pour thème « La construction de la communion ecclésiale est la clef de la mission ». La ressemblance entre les thèmes de ces deux événements d'Église est frappante. Tous deux invitent à regarder l'Église comme un mystère de communion qui, par nature, est destiné à tout l'homme et à tous les hommes. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait ceci : « L'Église existe pour évangéliser, c'est-à-dire pour prêcher et enseigner, être le canal du don de la grâce, réconcilier les pécheurs avec Dieu, perpétuer le sacrifice du Christ dans la sainte messe, qui est le mémorial de sa mort et de sa résurrection glorieuse » . Evangelii nuntiandi, ). C'est pourquoi la prochaine Assemblée générale ordinaire du synode des évêques sera consacrée en 2012 au thème : « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». À toute époque et en tout lieu — même aujourd'hui au Moyen-Orient — l'Église est présente et œuvre pour accueillir chaque homme et lui offrir en Christ la plénitude de la vie. Comme l'écrivait le théologien italo-allemand Romano Guardini : « La réalité “Église” implique toute la plénitude de l'être chrétien qui se développe dans l'histoire, puisqu'elle embrasse la plénitude de l'humain qui est en rapport avec Dieu » (Formation liturgique, Brescia 2008, 106-107).
Chers amis, dans la liturgie d'aujourd'hui, on lit le témoignage de saint Paul concernant le prix final que le Seigneur remettra « à tous ceux qui auront attendu avec amour son Apparition » (2 Tm 4, 8). Il ne s'agit pas d'une attente inactive ou solitaire, au contraire ! L'apôtre a vécu en communion avec le Christ ressuscité pour « que le message fut proclamé » afin qu'il « parvint aux oreilles de tous les païens » (2 Tm 4, 17). Le devoir missionnaire n'est pas de révolutionner le monde, mais de le transfigurer, puisant la force de Jésus Christ qui « nous convoque à la table de sa parole et de l'Eucharistie, pour apprécier le don de sa présence, nous former à son école et vivre toujours plus consciemment en union avec lui, Maître et Seigneur » (Message pour la 84e Journée mondiale des missions ). Même les chrétiens d'aujourd'hui — comme il est écrit dans la lettre à Diognète — « montrent comme leur vie sociale est merveilleuse et... extraordinaire. Ils passent leur existence sur terre mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies mais outrepassent les lois par leur manière de vivre... Ils sont condamnés à mort et c'est ainsi qu'ils trouvent la vie. Tout en faisant le bien, ils sont... persécutés et grandissent en nombre chaque jour » .
Confions les communautés chrétiennes et tous les missionnaires de l'Évangile à la Vierge Marie, qui a reçu de Jésus crucifié la nouvelle mission d'être Mère de tous ceux qui veulent croire en Lui et le suivre.
FAUSTI - Dans ce diptyque, nous avons deux modèles de foi et de prière.
EliminaD'un côté, le pharisien, qui prie devant son moi. Confiant en sa propre bonté, il se justifie et condamne les autres.
D'autre part, le publicain qui, se sentant distant de Dieu et incapable de confier en soi-même, s'accuse et invoque le pardon.
Tout comme celle des lépreux et de l'aveugle, c'est la prière qui purifie et éclaire, en introduisant à Jérusalem.
C'est une prière à deux pôles : Sa Miséricorde et ma misère.
L'humilité est la seule qualité capable d'attirer le Très-Haut : elle fait de moi un vase qui, vidé du "Moi", peut être rempli de Dieu.
Cette prière du publicain sera la mienne quand je découvrirai mon péché de pharisien.
Le publicain ne se considère pas comme un pécheur, mais comme "le" pécheur, "le plus responsable de tous".
Les autres sont pour lui, contrairement au pharisien, tous justes.
Tous les personnages de l'Évangile de Luc peuvent être ramenés à ces deux figures, qui représentent respectivement l'impossibilité et la possibilité du salut.
En fait, plus exactement : nous, chrétiens sérieux, nous sommes tous frères jumeaux du pharisien, le juste présumé, que Jésus veut convertir en délinquant confessé, afin qu'il puisse accepter la grâce.
Jésus révèle au pharisien comment il est, mettant un miroir devant lui :
le publicain, en qui il ne veut pas se reconnaître, c'est la partie profonde de son ego qu'il n'accepte pas.
L'Evangile de Luc encourage cette identification d'une manière scandaleuse, condamnant le juste et justifiant le pécheur.
Le juste est condamné parce que, dans l'effort d'observer les prescriptions de la Loi, il néglige le commandement dont elles proviennent : l'amour de Dieu et celui de son prochain.
Le pécheur, par contre, est justifié.
C'est là le véritable scandale de l'Évangile, qui nous permet d'accueillir notre réalité de pécheurs dans celle de Dieu qui nous aime inconditionnellement, non pour nos mérites, mais pour Son Amour de Père.
La foi et la prière qu'ils introduisent dans le Royaume sont fondées sur cette humilité confiante, fruit de la nouvelle connaissance de soi et de Dieu.
En fait, sans humilité, la prière est du moi et non de Dieu, la confiance est en elle-même et non en Lui.
La première est l'autoglorification, la seconde est la présomption.
Ce récit nous aide à discerner notre prière.
C'est vrai quand, nous reconnaissant dans le pharisien, nous faisons nôtre la prière du publicain.
L'humilité que Luc exige de chaque croyant est de reconnaître son propre orgueil humiliant de pharisien.