mercoledì 16 aprile 2025

JEUDI SAINT


 

8 commenti:

  1. Messe Chrismale
    Première lecture
    Le Seigneur m’a consacré par l’onction, il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, et leur donner l’huile de joie (Is 61, 1-3a.6a.8b-9)
    Lecture du livre du prophète Isaïe

    L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi
    parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
    Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles,
    guérir ceux qui ont le cœur brisé,
    proclamer aux captifs leur délivrance,
    aux prisonniers leur libération,
    proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur,
    et un jour de vengeance pour notre Dieu,
    consoler tous ceux qui sont en deuil,
    ceux qui sont en deuil dans Sion,
    mettre le diadème sur leur tête au lieu de la cendre,
    l’huile de joie au lieu du deuil,
    un habit de fête au lieu d’un esprit abattu.
    Vous serez appelés « Prêtres du Seigneur » ;
    on vous dira « Servants de notre Dieu ».
    Loyalement, je vous donnerai la récompense,
    je conclurai avec vous une alliance éternelle.
    Vos descendants seront connus parmi les nations,
    et votre postérité, au milieu des peuples.
    Qui les verra pourra reconnaître
    la descendance bénie du Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

    Psaume
    (88 (89), 20ab.21, 22.25, 27.29)
    R/ Ton amour, Seigneur,
    sans fin je le chante ! (cf. 88, 2a)

    Autrefois, tu as parlé à tes amis,
    dans une vision tu leur as dit :
    « J’ai trouvé David, mon serviteur,
    je l’ai sacré avec mon huile sainte.

    « Ma main sera pour toujours avec lui,
    mon bras fortifiera son courage.
    Mon amour et ma fidélité sont avec lui,
    mon nom accroît sa vigueur.

    « Il me dira : “Tu es mon Père,
    mon Dieu, mon roc et mon salut !”
    Sans fin je lui garderai mon amour,
    mon alliance avec lui sera fidèle. »

    Deuxième lecture
    « Il a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père » (Ap 1, 5-8)
    Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

    Que la grâce et la paix vous soient données
    de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle,
    le premier-né des morts,
    le prince des rois de la terre.

    À lui qui nous aime,
    qui nous a délivrés de nos péchés par son sang,
    qui a fait de nous un royaume
    et des prêtres pour son Dieu et Père,
    à lui, la gloire et la souveraineté
    pour les siècles des siècles. Amen.
    Voici qu’il vient avec les nuées,
    tout œil le verra,
    ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ;
    et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre.
    Oui ! Amen !

    Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga,
    dit le Seigneur Dieu,
    Celui qui est, qui était et qui vient,
    le Souverain de l’univers.

    – Parole du Seigneur.

    Évangile
    « L’Esprit du Seigneur est sur moi ; il m’a consacré par l’onction » (Lc 4, 16-21)
    Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
    L’Esprit du Seigneur est sur moi :
    il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
    Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Is 61, 1)

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
    Jésus vint à Nazareth, où il avait été élevé.
    Selon son habitude,
    il entra dans la synagogue le jour du sabbat,
    et il se leva pour faire la lecture.
    On lui remit le livre du prophète Isaïe.
    Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
    L’Esprit du Seigneur est sur moi
    parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction.
    Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,
    annoncer aux captifs leur libération,
    et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue,
    remettre en liberté les opprimés,
    annoncer une année favorable accordée par le Seigneur.

    Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit.
    Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
    Alors il se mit à leur dire :
    « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture
    que vous venez d’entendre. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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  2. CÈNE DU SEIGNEUR
    Première lecture
    Prescriptions concernant le repas pascal (Ex 12, 1-8.11-14)
    Lecture du livre de l’Exode

    En ces jours-là, dans le pays d’Égypte,
    le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
    « Ce mois-ci
    sera pour vous le premier des mois,
    il marquera pour vous le commencement de l’année.
    Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël :
    le dix de ce mois,
    que l’on prenne un agneau par famille,
    un agneau par maison.
    Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau,
    elle le prendra avec son voisin le plus proche,
    selon le nombre des personnes.
    Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger.
    Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année.
    Vous prendrez un agneau ou un chevreau.
    Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois.
    Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël,
    on l’immolera au coucher du soleil.
    On prendra du sang,
    que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau
    des maisons où on le mangera.
    On mangera sa chair cette nuit-là,
    on la mangera rôtie au feu,
    avec des pains sans levain et des herbes amères.
    Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins,
    les sandales aux pieds,
    le bâton à la main.
    Vous mangerez en toute hâte :
    c’est la Pâque du Seigneur.
    Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ;
    je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte,
    depuis les hommes jusqu’au bétail.
    Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements :
    Je suis le Seigneur.
    Le sang sera pour vous un signe,
    sur les maisons où vous serez.
    Je verrai le sang, et je passerai :
    vous ne serez pas atteints par le fléau
    dont je frapperai le pays d’Égypte.

    Ce jour-là
    sera pour vous un mémorial.
    Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage.
    C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

    – Parole du Seigneur.

    Psaume
    (115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18)
    R/ La coupe de bénédiction
    est communion au sang du Christ. (cf. 1 Co 10, 16)

    Comment rendrai-je au Seigneur
    tout le bien qu’il m’a fait ?
    J’élèverai la coupe du salut,
    j’invoquerai le nom du Seigneur.

    Il en coûte au Seigneur
    de voir mourir les siens !
    Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
    moi, dont tu brisas les chaînes ?

    Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
    j’invoquerai le nom du Seigneur.
    Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
    oui, devant tout son peuple.

    Deuxième lecture
    « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur » (1 Co 11, 23-26)
    Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

    Frères,
    moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur,
    et je vous l’ai transmis :
    la nuit où il était livré,
    le Seigneur Jésus prit du pain,
    puis, ayant rendu grâce,
    il le rompit, et dit :
    « Ceci est mon corps, qui est pour vous.
    Faites cela en mémoire de moi. »
    Après le repas, il fit de même avec la coupe,
    en disant :
    « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang.
    Chaque fois que vous en boirez,
    faites cela en mémoire de moi. »

    Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain
    et que vous buvez cette coupe,
    vous proclamez la mort du Seigneur,
    jusqu’à ce qu’il vienne.

    – Parole du Seigneur.

    Évangile
    « Il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15)
    Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
    Je vous donne un commandement nouveau,
    dit le Seigneur :
    « Aimez-vous les uns les autres
    comme je vous ai aimés. »
    Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Jn 13, 34)

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    Avant la fête de la Pâque,
    sachant que l’heure était venue pour lui
    de passer de ce monde à son Père,
    Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,
    les aima jusqu’au bout.

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    Risposte
    1. --->Au cours du repas,
      alors que le diable
      a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote,
      l’intention de le livrer,
      Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains,
      qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
      se lève de table, dépose son vêtement,
      et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
      puis il verse de l’eau dans un bassin.
      Alors il se mit à laver les pieds des disciples
      et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
      Il arrive donc à Simon-Pierre,
      qui lui dit :
      « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
      Jésus lui répondit :
      « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ;
      plus tard tu comprendras. »
      Pierre lui dit :
      « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! »
      Jésus lui répondit :
      « Si je ne te lave pas,
      tu n’auras pas de part avec moi. »
      Simon-Pierre
      lui dit :
      « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds,
      mais aussi les mains et la tête ! »
      Jésus lui dit :
      « Quand on vient de prendre un bain,
      on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds :
      on est pur tout entier.
      Vous-mêmes,
      vous êtes purs,
      mais non pas tous. »
      Il savait bien qui allait le livrer ;
      et c’est pourquoi il disait :
      « Vous n’êtes pas tous purs. »

      Quand il leur eut lavé les pieds,
      il reprit son vêtement, se remit à table
      et leur dit :
      « Comprenez-vous
      ce que je viens de faire pour vous ?
      Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”,
      et vous avez raison, car vraiment je le suis.
      Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
      je vous ai lavé les pieds,
      vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
      C’est un exemple que je vous ai donné
      afin que vous fassiez, vous aussi,
      comme j’ai fait pour vous. »

      – Acclamons la Parole de Dieu.

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    2. MESSE CHRISMALE HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS
      Jeudi Saint, 28 mars 2024

      « Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui » (Lc 4, 20). Ce passage de l’Évangile est toujours frappant, il nous permet de visualiser la scène d’imaginer ce moment de silence où tous les regards étaient fixés sur Jésus, dans un mélange d’étonnement et de méfiance. Nous savons cependant comment cela s’est terminé : après que Jésus eut démasqué les fausses attentes de ses compatriotes, ceux-ci « devinrent furieux » (Lc 4, 28), sortirent et le chassèrent hors de la ville. Leurs yeux s’étaient fixés sur Jésus, mais leurs cœurs n’étaient pas disposés à changer sur sa parole. Ils ont ainsi perdu la chance de leur vie.

      Mais ce soir, Jeudi saint, un autre croisement de regards a lieu. Le protagoniste est le premier pasteur de notre Église, Pierre. Au début, lui non plus ne s’est pas fié à la parole “démasquante” que le Seigneur lui a adressée : « Tu m’auras renié trois fois » (Mc 14, 30). Il a ainsi “perdu de vue” Jésus et l’a renié au chant du coq. Mais ensuite, quand « le Seigneur, se retournant, posa son regard sur » lui, celui-ci « se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite [...] Il sortit et, dehors, pleura amèrement » (Lc 22, 61-62). Ses yeux furent inondés de larmes qui jaillirent d’un cœur blessé, le libérant des fausses convictions et justifications. Ses larmes amères ont changé sa vie.

      Les paroles et les gestes de Jésus, pendant des années, n’avaient pas fait dévier Pierre de ses attentes qui étaient semblables à celles des habitants de Nazareth. Lui aussi attendait un Messie politique et puissant, fort et décidé, et face au scandale d’un Jésus faible, arrêté sans opposer de résistance, il déclara : « Non, je ne le connais pas ! » (Lc 22, 57). Et c’est vrai, il ne le connaissait pas. Il a commencé à le connaître quand, dans l’obscurité du reniement, il a fait place aux larmes de la honte, aux larmes du repentir. Et il le connaîtra vraiment quand, « peiné parce que, pour la troisième fois, Jésus lui demandait : “M’aimes-tu ?” », il se laissera pleinement traverser par le regard de Jésus. Alors du « non, je ne le connais pas ! », il passera au : « Seigneur, toi, tu sais tout » (Jn 21, 17).

      Chers frères prêtres, la guérison du cœur de Pierre, la guérison de l’Apôtre, la guérison du pasteur a lieu lorsque, blessé et repentant, on se laisse pardonner par Jésus : elle passe par les larmes, les pleurs amers, la douleur qui nous permet de redécouvrir l’amour. C’est pourquoi je souhaite partager avec vous quelques réflexions sur un aspect plutôt négligé - mais essentiel - de la vie spirituelle. Je vous le propose aujourd’hui avec un mot peut-être désuet, mais qu’il est bon je crois de redécouvrir : la componction.

      Le mot évoque la piqûre : la componction est une “piqûre au cœur”, une perforation qui le blesse, faisant couler les larmes du repentir. Un épisode concernant encore saint Pierre nous aide. Transpercé par le regard et par les paroles de Jésus ressuscité, le jour de la Pentecôte, purifié et embrasé par l’Esprit, il proclame aux habitants de Jérusalem : « Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié. » (cf. Ac 2, 36). Les auditeurs ressentent à la fois le mal qu’ils ont fait et le salut que le Seigneur leur accorde, et « en entendant ces choses – dit le texte – ils furent touchés au cœur » (Ac 2, 37).

      Voici la componction : elle n’est pas un sentiment de culpabilité qui abat, ni un scrupule qui paralyse, mais elle est une piqûre salutaire qui brûle à l’intérieur et guérit, parce que le cœur, lorsqu’il voit son mal et se reconnaît pécheur, s’ouvre, accueille l’action de l’Esprit Saint, eau vive qui l’émeut et fait couler des larmes sur son visage. Celui qui jette le masque et laisse Dieu regarder dans son cœur reçoit le don de ces larmes, les eaux les plus saintes après celles du baptême. [1] Chers frères prêtres, je vous souhaite cela aujourd’hui.

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    3. -->Il faut cependant bien comprendre ce que signifie pleurer sur nous-mêmes. Il ne s’agit pas de nous pleurer dessus, comme nous sommes souvent tentés de le faire. C’est le cas, par exemple, lorsque nous sommes déçus ou inquiets à cause de nos attentes qui ont échoué, du manque de compréhension des autres, peut-être des confrères et des supérieurs. Ou bien lorsque, par un étrange et malsain plaisir de l’âme, nous aimons ressasser les torts que nous avons reçus pour nous apitoyer sur notre sort, en pensant n’avoir pas reçu ce que nous méritions et en imaginant que l’avenir ne peut que nous réserver de continuelles surprises négatives. Cela – enseigne saint Paul – c’est la tristesse selon le monde, opposée à la tristesse selon Dieu. [2]

      Pleurer sur nous-mêmes, au contraire, c’est nous repentir sérieusement d’avoir attristé Dieu avec le péché ; c’est reconnaître que nous sommes toujours en dette et jamais en crédit ; c’est admettre que nous avons perdu le chemin de la sainteté, n’ayant pas su garder la foi en l’amour de Celui qui a donné sa vie pour nous. [3] C’est regarder en moi-même et regretter mon ingratitude et mon inconstance ; c’est réfléchir avec tristesse sur ma duplicité et mes mensonges ; c’est descendre dans les méandres de mon hypocrisie, l’hypocrisie cléricale, chers frères, cette hypocrisie dans laquelle beaucoup, beaucoup tombent… Faites attention à l’hypocrisie cléricale. Pour ensuite, à partir de là, lever le regard vers le Crucifié et me laisser émouvoir par son amour qui pardonne toujours et relève, qui ne déçoit jamais les attentes de ceux qui se confient en Lui. Ainsi les larmes continuent à couler et purifient le cœur.

      La componction, en effet, demande un effort mais redonne la paix ; elle ne provoque pas d’angoisse mais soulage l’âme de ses fardeaux parce qu’elle agit dans la blessure du péché, en nous disposant à y recevoir la caresse du Seigneur qui transforme le cœur quand il est « brisé et broyé » (Ps 51, 19), adouci par les larmes. La componction est donc l’antidote à la sclérocardie, cette dureté du cœur tant dénoncée par Jésus (cf. Mc 3, 5 ; 10, 5). Le cœur, en effet, sans repentir et sans pleurs, se raidit : il devient d’abord routinier, puis insouciant aux problèmes et indifférent aux personnes, puis froid et presque impassible, comme enveloppé d’une coque incassable, et finalement un cœur de pierre. Mais, comme la goutte creuse la pierre, les larmes creusent lentement les cœurs endurcis. On assiste ainsi au miracle de la tristesse, de la bonne tristesse qui conduit à la douceur.

      Nous comprenons alors pourquoi les maîtres spirituels insistent sur la componction. Saint Benoît invite à « confesser chaque jour à Dieu dans la prière ses fautes passées avec larmes et gémissements » [4], et il affirme qu’en priant, « ce n’est pas dans un flot de paroles mais dans la pureté du cœur et les larmes de la componction que nous serons exaucés ». [5] Et si, pour saint Jean Chrysostome, une seule larme éteint un brasier de fautes, [6] l’ Imitation du Christ recommande : « Disposez votre coeur à la componction », car « à cause de la légèreté de notre coeur et de l’insouciance de nos défauts, souvent nous ne sentons pas les maux de notre âme ». [7] La componction est le remède parce qu’elle nous ramène à la vérité sur nous-mêmes, de sorte que la profondeur de notre être de pécheurs révèle la réalité infiniment plus grande de notre être de pardonnés, la joie d’être pardonné. L’affirmation d’Isaac de Ninive n’est donc pas surprenante : « Celui qui oublie la mesure de ses propres péchés, oublie la mesure de la grâce de Dieu à son égard ». [8]

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    4. -->Certes, chers frères et sœurs, toute renaissance intérieure naît toujours de la rencontre entre notre misère et sa miséricorde – notre misère et sa miséricorde se rencontrent -, toute renaissance intérieure passe par notre pauvreté d’esprit qui permet à l’Esprit Saint de nous enrichir. On comprend dans cette lumière les affirmations fortes de nombre de maîtres spirituels. Pensons à celles, paradoxales, de saint Isaac : « Celui qui connaît ses propres péchés [...] est plus grand que celui qui, par la prière, ressuscite les morts. Celui qui pleure une heure sur lui-même est plus grand que celui qui sert le monde entier par la contemplation [...]. Celui à qui il est donné de se connaître lui-même est plus grand que celui à qui il est donné de voir les anges ». [9]
      Frères, venons-en à nous, prêtres, et demandons-nous combien la componction et les larmes sont présentes dans notre examen de conscience et dans notre prière. Demandons-nous si, avec les années, les larmes augmentent. À cet égard, il est bon que le contraire se produise par rapport à la vie biologique, où, quand on grandit, on pleure moins que lorsqu’on est enfant. Dans la vie spirituelle, en revanche, où il est important de devenir un enfant (cf. Mt 18, 3), celui qui ne pleure pas régresse, il vieillit intérieurement tandis que celui qui parvient à une prière plus simple et plus intime, faite d’adoration et d’émotion devant Dieu ; celui-là mûrit. Il s’attache de moins en moins à lui-même et de plus en plus au Christ, et devient pauvre en esprit. Il se sent ainsi plus proche des pauvres, les bien-aimés de Dieu, qu’auparavant - comme l’écrit saint François dans son testament - il tenait à l’écart parce qu’il était dans le péché, mais dont la compagnie d’amère qu’elle était devient douce. [10] Ainsi, celui qui a de la componction dans le cœur se sent de plus en plus frère de tous les pécheurs du monde, il se sent davantage frère, sans aucun sentiment de supériorité ou de dureté de jugement, mais toujours avec le désir d’aimer et de réparer.
      Et cela, chers frères est une autre caractéristique de la componction : la solidarité. Un cœur docile, animé de l’esprit des Béatitudes, devient naturellement enclin à la componction pour les autres : au lieu de se mettre en colère et de se scandaliser du mal fait par ses frères, il pleure leurs péchés. Il ne se scandalise pas. Il se produit une sorte de renversement. La tendance naturelle à être indulgent avec soi-même et inflexible avec les autres s’inverse et, par la grâce de Dieu, on devient ferme avec soi-même et miséricordieux avec les autres. Et le Seigneur recherche, surtout parmi ceux qui Lui sont consacrés, ceux qui pleurent les péchés de l’Église et du monde, en se faisant instrument d’intercession pour tous. Combien de témoins héroïques dans l’Église nous montrent cette voie ! Pensons aux moines du désert, en Orient et en Occident ; à l’intercession continue, faite de gémissements et de larmes, de saint Grégoire de Narek ; à l’offrande franciscaine pour l’Amour non aimé ; aux prêtres, comme le Curé d’Ars, qui ont vécu de pénitence pour le salut des autres. Chers frères, ce n’est pas de la poésie, c’est le sacerdoce !

      Chers frères, à nous, ses pasteurs, le Seigneur ne demande pas de jugements méprisants à l’endroit de ceux qui ne croient pas, mais de l’amour et des larmes pour ceux qui sont loin. Les situations difficiles que nous voyons et que nous vivons, le manque de foi, les souffrances que nous touchons qui, au contact d’un cœur en componction, ne suscitent pas la fermeté dans la polémique, mais la persévérance dans la miséricorde. Combien nous avons besoin d’être libérés de la dureté et des récriminations, des égoïsmes et des ambitions, des rigidités et des insatisfactions, pour nous abandonner à Dieu, se confier et trouver en Lui une paix qui sauve de toute tempête! Adorons, intercédons et pleurons pour les autres : nous permettrons au Seigneur de faire des merveilles. Et n’ayons pas peur : Il nous surprendra !

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    5. -->Notre ministère en bénéficiera. Aujourd’hui, dans une société sécularisée, nous courons le risque d’être très actifs et en même temps de nous sentir impuissants, avec le résultat de perdre l’enthousiasme avec la tentation de “baisser les bras”, de nous enfermer dans la plainte et de laisser la grandeur des problèmes l’emporter sur la grandeur de Dieu. Nous devenons alors amers et irritables, toujours à dire du mal, toujours à trouver une occasion pour nous plaindre. Mais si, au contraire, l’amertume et la componction portent sur notre propre cœur et non pas sur le monde, le Seigneur ne manquera pas de nous visiter et de nous relever. Comme nous y exhorte l’Imitation du Christ : « N’attire pas à toi les affaires des autres, et ne t’embarrasse pas dans celles des grands. Aie toujours l’œil sur toi d’abord, et reprends-toi particulièrement toi-même, de préférence à tes meilleurs amis. Si tu n’as pas la faveur des hommes, garde-toi de t’en attrister ; mais que ta peine soit de ne pas avoir dans ta vie cette sagesse, cette circonspection qui conviendrait à un serviteur de Dieu ». [11]

      Enfin, je voudrais souligner un aspect essentiel : la componction n’est pas tant le fruit de notre exercice, mais elle est une grâce et, comme telle, elle doit être demandée dans la prière. La repentance est un don de Dieu, elle est le fruit de l’action de l’Esprit Saint. Pour faciliter sa croissance, je partage deux petits conseils. Le premier est de ne pas regarder la vie et l’appel dans une perspective d’efficacité et d’immédiateté, liée seulement à aujourd’hui et à ses urgences et attentes, mais dans l’ensemble du passé et de l’avenir. Du passé, en rappelant la fidélité de Dieu – Dieu est fidèle –, en se souvenant de son pardon, en s’ancrant dans son amour ; et de l’avenir, en pensant au but éternel auquel nous sommes appelés, à la fin dernière de notre existence. Élargir les horizons, chers frères, élargir les horizons aide à dilater le cœur, stimule à rentrer en soi avec le Seigneur et à vivre la componction. Un deuxième conseil qui en découle : redécouvrir la nécessité de nous consacrer à une prière qui ne soit pas due et fonctionnelle, mais gratuite, calme et prolongée. Frère comment est ta prière ? Revenir à l’adoration – as-tu oublié d’adorer ?-, revenir à la prière du cœur. Répétons : Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. Ressentons la grandeur de Dieu dans notre petitesse de pécheurs, afin de regarder en nous-mêmes et de nous laisser traverser par son regard. Redécouvrons la sagesse de notre Sainte Mère l’Église qui nous introduit dans la prière avec toujours l’invocation du pauvre qui crie : Dieu viens à mon aide.

      Bien aimés, revenons enfin à saint Pierre et à ses larmes. L’autel placé sur son tombeau ne peut que nous faire penser à combien de fois, nous qui disons chaque jour « Prenez et mangez-en tous : ceci est mon Corps livré pour vous », nous décevons et attristons Celui qui nous aime au point de faire de nos mains les instruments de sa présence. Il est donc bon de faire nôtres les paroles avec lesquelles nous nous préparons à voix basse : « Le cœur humble et contrit, nous te supplions, Seigneur, accueille-nous », et encore : « Lave-moi de mes fautes, Seigneur, et purifie-moi de mon péché ». Frères, la certitude que nous a donnée aujourd’hui la Parole nous console en toutes choses: le Seigneur, consacré par l’onction (cf. Lc 4, 18), est venu « guérir ceux qui ont le cœur brisé » (Is 61, 1). Alors, si le cœur est brisé, il peut être pansé et guéri par Jésus. Merci, chers prêtres, merci pour vos cœurs ouverts et dociles ; merci pour vos peines et merci pour vos larmes ; merci parce que vous apportez la merveille de la miséricorde – pardonnez toujours, soyez miséricordieux - ; et apportez cette miséricorde, apportez Dieu aux frères et aux sœurs de notre temps. Chers prêtres, que le Seigneur vous réconforte, vous confirme et vous récompense. Merci.

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  3. FAUSTI - Jésus se lave les pieds non pas avant, mais pendant le dîner. Ce n'est donc pas de la purification pour le repas. C'est le centre de "son" repas. Cela donne au geste un sens spécifique d'anticipation de "sa" Pâque. Son acte illustre la nouvelle vie qu'il communique à ses frères et sœurs. Laver les pieds et donner la morsure à Judas, avec le commandement de l'amour mutuel, remplace chez Jean l'histoire de l'institution de l'Eucharistie. Il ne se dépouille pas seulement de son manteau, mais de ses vêtements : comme sur la croix, où il se donne à nous, il est le beau Pasteur qui donne sa vie pour les brebis.
    "Pris un chiffon" Le tablier et le séchoir, ensemble, devinrent son dernier vêtement : celui du serviteur.
    Sa nudité est couverte de service. C'est en elle que se trouve la Gloire de l'Amour de Dieu : c'est sa vraie robe, que l'homme Jésus, dans sa mort, assume définitivement. Son service, qui le fait déposer ses vêtements et le conduit à la croix, va au-delà du tombeau lui-même : c'est l'amour qui vainc la mort, la gloire du Seigneur de la vie, qui continuera toujours à laver ses pieds.
    Dieu dans la mer Rouge a révélé sa gloire en noyant ses ennemis et en sauvant son peuple. Maintenant, il révèle sa gloire en donnant sa vie pour les ennemis.
    C'est sa Pâque : le passage de la Mer Rouge est dans un bassin d'eau qui ne noie que celui qui sauve tout.
    Ce que Jésus fait maintenant, c'est le commencement du monde nouveau. Ce qu'Il a commencé et ce que nous continuerons à faire.
    Les pieds sont faits pour marcher, pour changer de place. L'endroit est différent pour chacun, laissé à notre liberté. Nécessairement vivant "maintenant", je choisis librement de vivre "ici" et non ailleurs. Avec mes pieds je fuis ce que je crains, et je vais vers ce que je désire.
    L'homme est toujours un viateur, un pèlerin ou un fugitif. Chaque voyage est enfin à la maison.
    Et la maison où je vis est le lieu où je suis accueilli et aimé.
    Sinon, je m'enfuis et j'erre. La maison de chacun est celle qui l'aime. Et celui qui aime est la maison de l'être aimé.
    La Pâque définitive qui nous ramène à la maison est l'amour du Fils qui lave les pieds de ses frères et sœurs, afin qu'ils marchent comme il a marché. Ainsi, en passant de ce monde au Père, il les fait sortir de l'esclavage avec lui pour revenir, dans la liberté des enfants, à Celui qu'ils avaient fui par la tromperie, c'est l'Exode dans lequel Dieu révèle sa gloire et vainc tout ennemi de l'homme, y compris l'ennemi ultime, la mort. Car celui qui aime ses frères est passé de la mort à la vie (1 Jn 3, 14).
    Ce que Marie a fait pour Jésus à Béthanie correspond à ce que Jésus fait pour ses disciples au Cénacle.
    Avec l'anticipation typique de ceux qui aiment, elle a répondu à l'amour avec amour. Pierre réagit parce qu'il ne comprend pas. Il s'oppose à Jésus comme après la première prédiction de sa mort et de sa résurrection.



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