PREMIÈRE LECTURE « Naaman retourna chez l’homme de Dieu et déclara : Il n’y a pas d’autre Dieu que celui d’Israël » (2 R 5, 14-17) Lecture du deuxième livre des Rois
En ces jours-là, le général syrien Naaman, qui était lépreux, descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole d’Élisée, l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! Je t’en prie, accepte un présent de ton serviteur. » Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n’accepterai rien. » Naaman le pressa d’accepter, mais il refusa. Naaman dit alors : « Puisque c’est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël. »
– Parole du Seigneur.
PSAUME (Ps 97 (98), 1, 2-3ab,3cd-4) R/ Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations. (Ps 97, 2)
Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ; par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire.
Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations ; il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël.
La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez !
DEUXIÈME LECTURE « Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons » (2 Tm 2, 8-13) Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée
Bien-aimé, souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, le descendant de David : voilà mon évangile. C’est pour lui que j’endure la souffrance, jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n’enchaîne pas la parole de Dieu ! C’est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent, eux aussi, le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle.
Voici une parole digne de foi : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera. Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même.
– Parole du Seigneur.
ÉVANGILE « Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » (Lc 17, 11-19) Alléluia. Alléluia. Rendez grâce à Dieu en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. Alléluia. (1 Th 5, 18)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
Les paroles des Papes « Dix lépreux vinrent à sa rencontre » (Lc 17, 12). Dans un autre passage de l’Évangile, il est dit que Jésus « toucha » (Lc 5, 13) le lépreux qui s’approchait de lui. Jésus se laisse donc rencontrer ; il est devenu notre prochain afin que nous puissions le rencontrer au seuil le plus tragique et le plus pénible de la souffrance. De la croix, il nous enseigne à chercher son visage dans les malades, à nous approcher de ceux qui souffrent là où ils vivent leur pauvreté. […] L’exemple du Christ doit nous encourager à persévérer dans notre engagement auprès des milieux sociaux encore insensibles ou impuissants face au drame de la lèpre. Nous ne devons pas abandonner si nos efforts semblent parfois infructueux ou si nous nous trouvons face à des environnements où la terreur du mal inspire des mesures défensives inhumaines, fruit d’aversions instinctives et irrationnelles envers les malades. Nous devons continuer à œuvrer pour que ces mêmes environnements, qui semblent les plus résistants, s’ouvrent aussi à l’espérance. Accueillons le cri adressé à Jésus par les lépreux eux-mêmes : « Jésus, Maître, prends pitié de nous » (Lc 17, 13). […] Le Seigneur a confié entre nos mains de nombreuses œuvres de charité, afin qu’à travers elles, nous devenions coresponsables de son dessein de salut. (Saint Jean-Paul II – Homélie, 21 septembre 1986)
PAPE BENOÎT XVI 10 octobre 2010 La Célébration eucharistique, action de grâce à Dieu par excellence, est marquée aujourd’hui pour nous, réunis auprès de la Tombe de Saint Pierre, par un motif extraordinaire: la grâce de voir réunis pour la première fois au sein d’une Assemblée synodale, autour de l’Evêque de Rome et Pasteur universel, les évêques de la région du Moyen-Orient. Cet événement si singulier démontre l’intérêt de l’Eglise tout entière pour la précieuse et bien-aimée portion du Peuple de Dieu qui vit en Terre Sainte et dans tout le Moyen-Orient.
Rendons grâce tout d’abord au Seigneur de l’histoire parce qu’Il a permis que, malgré des vicissitudes souvent difficiles et tourmentées, le Moyen-Orient voit toujours, depuis le temps de Jésus jusqu’à nos jours, la continuité de la présence des chrétiens. En ces terres, l’unique Eglise du Christ s’exprime dans la variété des traditions liturgiques, spirituelles, culturelles et disciplinaires des six vénérables Eglises orientales catholiques sui iuris, ainsi que dans la Tradition latine. Le salut fraternel que j’adresse avec une grande affection aux Patriarches de chacune d’entre elles, veut s’étendre en ce moment à tous les fidèles confiés à leur charge pastorale dans leurs pays respectifs ainsi qu’au sein de la diaspora.
En ce XXVIIIe Dimanche du temps per annum, la Parole de Dieu offre un thème de méditation qui se rapproche de manière significative de l’événement synodal que nous inaugurons aujourd’hui. La lecture continue de l’Evangile selon saint Luc nous conduit à l’épisode de la guérison des dix lépreux, dont un seul, un samaritain, revient sur ses pas pour remercier Jésus. En relation avec ce texte, la première lecture, extraite du Second Livre des Rois, raconte la guérison de Naamân, chef de l’armée araméenne, lui aussi lépreux, qui est guéri en s’immergeant par sept fois dans les eaux du Jourdain suivant l’ordre du prophète Elisée. Naamân retourne lui aussi auprès du prophète et, reconnaissant en lui le médiateur de Dieu, professe la foi en l’unique Seigneur. Nous nous trouvons donc face à deux malades de la lèpre, deux non juifs, qui guérissent parce qu’ils croient à la parole de l’envoyé de Dieu. Ils guérissent dans leur corps, mais s’ouvrent à la foi, et celle-ci les guérit dans leur âme, c’est-à-dire qu’elle les sauve.
Le Psaume responsorial chante cette réalité: «Yahvé a fait connaître son salut, aux yeux des païens révélé sa justice, se rappelant son amour et sa fidélité pour la maison d'Israël» (Ps 98, 2-3). Voici alors le thème: le salut est universel, mais il passe par une médiation déterminée, historique: la médiation du peuple d’Israël qui devient ensuite celle de Jésus Christ et de l’Eglise. La porte de la vie est ouverte pour tous, mais il s’agit bien d’une «porte», c’est-à-dire d’un passage défini et nécessaire. C’est ce qu’affirme de manière synthétique la formule paulinienne que nous avons écoutée dans la Seconde Lettre à Timothée: «Le salut qui est dans le Christ Jésus» (2 Tm 2, 10). C’est le mystère de l’universalité du salut et, en même temps, de son lien nécessaire avec la médiation historique de Jésus Christ, précédée par celle du peuple d’Israël et prolongée par celle de l’Eglise. Dieu est amour et veut que tous les hommes participent de Sa vie. Pour réaliser ce dessein, Lui qui est Un et Trine, crée dans le monde un mystère de communion humain et divin, historique et transcendant: Il le crée à travers la «méthode» pour ainsi dire — de l’alliance, se liant d’un amour fidèle et inépuisable aux hommes, se formant un peuple saint qui devienne une bénédiction pour toutes les familles de la terre (cf. Gn 12, 3). Ainsi, il se révèle comme le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob (cf. Ex 3, 6) qui veut conduire son peuple à la «terre» de la liberté et de la paix. Cette «terre» n’est pas de ce monde; tout le dessein divin dépasse l’histoire, mais le Seigneur veut le construire avec les hommes, pour les hommes et dans les hommes, à partir des critères d’espace et de temps dans lesquels ils vivent et que Lui-même a donnés.
--->Ce que nous appelons «le Moyen-Orient» fait partie, avec sa propre spécificité, de tels critères. Cette région du monde, Dieu la voit aussi dans une perspective différente, nous pourrions dire «d’en haut»: c’est la terre d’Abraham, d’Isaac et de Jacob; la terre de l’exode et du retour de l’exil; la terre du temple et des prophètes; la terre dans laquelle le Fils Unique est né de Marie, où il a vécu, est mort et est ressuscité; le berceau de l’Eglise, constituée afin d’apporter l’Evangile du Christ jusqu’aux frontières du monde. Et nous aussi, en tant que croyants, nous regardons vers le Moyen-Orient avec ce même regard, dans la perspective de l’histoire du salut. C’est cette optique intérieure qui m’a guidé dans les voyages apostoliques en Turquie, en Terre Sainte — Jordanie, Israël, Palestine — et à Chypre, où j’ai pu connaître de près les joies et les préoccupations des communautés chrétiennes. C’est aussi pour cela que j’ai accueilli volontiers la proposition des Patriarches et des Evêques de convoquer une Assemblée synodale afin de réfléchir ensemble, à la lumière de l’Ecriture Sainte et de la Tradition de l’Eglise, sur le présent et sur l’avenir des fidèles et des populations du Moyen-Orient.
Regarder cette partie du monde dans la perspective de Dieu signifie reconnaître en elle «le berceau» d’un dessein universel de salut dans l’amour, un mystère de communion qui se réalise dans la liberté et demande par conséquent aux hommes une réponse. Abraham, les prophètes, la Vierge Marie sont les protagonistes de cette réponse qui a toutefois son accomplissement en Jésus Christ, fils de cette même terre, mais descendu du Ciel. De Lui, de son Cœur et de son Esprit, est née l’Eglise, qui est pèlerine en ce monde, mais lui appartient pourtant. L’Eglise est constituée pour être, au milieu des hommes, signe et instrument de l’unique et universel projet salvifique de Dieu; elle accomplit cette mission en étant simplement elle-même, c’est-à-dire «communion et témoignage», comme le rappelle le thème de l’Assemblée synodale qui s’ouvre aujourd’hui et qui fait référence à la célèbre définition de Luc de la première communauté chrétienne: «La multitude de ceux qui étaient croyants avait un seul cœur et une seule âme» (Ac 4,32). Sans communion, il ne peut pas y avoir de témoignage: le grand témoignage est précisément la vie de la communion. Jésus le dit clairement: «A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres» (Jn 13, 35). Cette communion est la vie même de Dieu qui se communique dans l’Esprit Saint, par Jésus Christ. Il s’agit donc d’un don, et non de quelque chose que nous devons avant tout construire nous-mêmes avec nos propres forces. Et c’est précisément pour cela qu’elle interpelle notre liberté et attend notre réponse: la communion requiert toujours la conversion, comme un don qui réclame d’être toujours mieux accueilli et réalisé. Les premiers chrétiens, à Jérusalem, étaient peu nombreux. Personne n’aurait pu imaginer ce qui s’est réalisé par la suite. Et l’Eglise vit toujours de cette même force qui l’a fait partir puis croître. La Pentecôte est l’événement originaire, mais est aussi un dynamisme permanent, et le Synode des Evêques est un moment privilégié dans lequel peut se renouveler, dans le chemin de l’Eglise, la grâce de la Pentecôte, afin que la Bonne Nouvelle soit annoncée avec franchise et puisse être accueillie par toutes les foules.
PAPE FRANÇOIS 9 octobre 2022 Alors que Jésus est en chemin, dix lépreux viennent à sa rencontre en criant : "Aie pitié de nous" (Lc 17, 13). Les dix sont guéris, mais un seul d'entre eux revient pour remercier Jésus : c'est un Samaritain, une sorte d'hérétique pour les juifs. Au début, ils marchent ensemble, mais ensuite ce Samaritain fait la différence lorsqu’il revient « en louant Dieu à haute voix » (v. 15). Arrêtons-nous sur ces deux aspects que nous pouvons recueillir dans l'Évangile d'aujourd'hui : marcher ensemble et rendre grâce.
Tout d'abord, marcher ensemble. Au début du récit, il n'y a aucune différence entre le Samaritain et les neuf autres. On parle simplement de dix lépreux, qui font groupe et, sans division, vont à la rencontre de Jésus. La lèpre, comme nous le savons, n'était pas seulement un fléau physique – qu'aujourd'hui encore nous devons nous efforcer d'éradiquer – mais aussi une "maladie sociale", car à l'époque, par peur de la contamination, les lépreux devaient rester en dehors de la communauté (cf. Lv 13, 46). Par conséquent, ils ne pouvaient pas entrer dans les centres habités, ils étaient tenus à l'écart, relégués en marge de la vie sociale et même religieuse, isolés. Marchant ensemble, ces lépreux expriment leur désarroi contre une société qui les exclut. Et notons bien : le Samaritain, même s'il est considéré comme un hérétique, un "étranger", fait groupe avec les autres. Frères et sœurs, la maladie et la fragilité communes font tomber les barrières et dépasser toute exclusion.
C'est une belle image pour nous aussi : si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous nous rappelons que nous sommes tous malades dans le cœur, que nous sommes tous pécheurs, tous dans le besoin de la miséricorde du Père. Et nous cessons alors de nous diviser sur la base des mérites, des rôles que nous jouons ou de tout autre aspect extérieur de la vie, et les murs intérieurs tombent, les préjugés tombent. Alors, enfin, nous nous redécouvrons frères. Naaman le syrien aussi – nous le rappelle la première Lecture – bien que riche et puissant, a dû, pour être guéri, faire une chose simple : se plonger dans le fleuve dans lequel tous les autres se baignaient. Il a dû d'abord enlever son armure, ses vêtements (cf. 2 R 5) : comme il est bon pour nous d'enlever nos armures extérieures, nos barrières défensives, et prendre un bon bain d'humilité, en nous rappelant que nous sommes tous fragiles à l'intérieur, que nous avons tous besoin de guérison, tous frères.
--->Rappelons-nous ceci : la foi chrétienne nous demande toujours de marcher ensemble avec les autres, jamais d’être des marcheurs solitaires ; elle nous invite toujours à sortir de nous-mêmes vers Dieu et vers nos frères et sœurs, jamais de nous refermer sur nous-mêmes ; elle nous demande toujours de reconnaître que nous avons besoin de guérison et de pardon, et de partager les fragilités de ceux qui nous entourent, sans nous sentir supérieurs.
Frères et sœurs, vérifions si dans notre vie, dans nos familles, dans les lieux où nous travaillons et que nous fréquentons chaque jour, nous sommes capables de marcher ensemble avec les autres, nous sommes capables d'écouter, de surmonter la tentation de nous barricader dans notre autoréférence et de ne penser qu'à nos besoins. Mais marcher ensemble – c'est-à-dire être "synodal" – c’est aussi la vocation de l'Église. Demandons-nous dans quelle mesure nous sommes réellement des communautés ouvertes et inclusives envers tout le monde ; si nous sommes capables de travailler ensemble, prêtres et laïcs, au service de l'Évangile ; si nous avons une attitude d'accueil – non seulement avec des mots mais avec des gestes concrets – envers ceux qui sont loin et envers tous ceux qui s'approchent de nous, ne se sentant pas à la hauteur à cause de leurs parcours de vie mouvementés. Les faisons-nous sentir qu'ils font partie de la communauté ou bien les excluons-nous ? J'ai peur quand je vois des communautés chrétiennes diviser le monde entre les bons et les mauvais, entre les saints et les pécheurs : c’est ainsi qu’on finit par se sentir meilleurs que les autres et écarter nombre de ceux que Dieu veut embrasser. S’il vous plait, toujours inclure, dans l'Église comme dans la société, encore marquée par tant d'inégalités et de marginalisations. Inclure tout le monde. Et aujourd’hui, le jour où Scalabrini devient saint, je voudrais penser aux migrants. L’exclusion des migrants est scandaleuse ! En fait, l’exclusion des migrants est criminelle, elle les fait mourir devant nous. Et ainsi, aujourd’hui nous avons la Méditerranée qui est le plus grand cimetière du monde. L’exclusion des migrants est dégoûtante, elle est immorale, elle est criminelle. Ne pas ouvrir les portes à ceux qui sont dans le besoin. “Non, nous ne les excluons pas, nous les renvoyons” : dans les camps, où ils sont exploités et vendus comme esclaves. Frères et sœurs, aujourd’hui, pensons à nos migrants, à ceux qui meurent. Et ceux qui sont capables d’entrer, les recevons-nous comme des frères ou les exploitons-nous? Je laisse la question, seulement. Le deuxième aspect est l’action de grâce. Dans le groupe des dix lépreux, il n'y en a qu'un seul qui, se voyant guéri, retourne louer Dieu et montrer de la gratitude à Jésus. Les neuf autres sont guéris, mais partent ensuite chacun de son côté, oubliant Celui qui les a guéris. Oublier les grâces que Dieu nous donne. Le Samaritain, en revanche, fait du don qu'il a reçu le début d'un nouveau chemin : il retourne vers Celui qui l'a guéri, il va pour connaître Jésus de près, il commence une relation avec Lui. Son attitude de gratitude n'est donc pas un simple geste de courtoisie, mais le début d'un parcours de reconnaissance : il se prosterne aux pieds du Christ (cf. Lc 17, 16), c'est-à-dire qu'il fait un geste d'adoration ; il reconnaît que Jésus est le Seigneur, et qu'Il est plus important que la guérison reçue.
FAUSTI- Le voyage de Jésus à Jérusalem décrit l'itinéraire spirituel du disciple. Commence alors la troisième et dernière étape, qui mène à Jéricho, porte de la terre promise. Mais qui a mains innocentes et cœur pur pour escalader la montagne du Seigneur ? Seul le Juste a la force de faire le saint chemin. (Ps 84, 6). Pour nous, c'est infranchissable ! Mais Sa miséricorde nous ordonne, pécheurs et fugitifs, d'aller à Jérusalem ; Sa Parole nous envoie faire ce qui nous est interdit. Lui, le seul pèlerin qui monte là-haut, nous le permet : c'est le Samaritain qui vient à notre rencontre, exilés de Son Visage et exclus de Sa Gloire, pour prendre en charge notre maladie. Sa Miséricorde l'a blessé de notre lèpre et nous guérit par Ses blessures (Is 53,5). Tous les hommes ont péché et sont dévorés par la mort, impurs et exclus. Le lépreux est une personne contaminée qui contamine.... Seul Dieu peut le guérir, avec un miracle semblable à la résurrection. Il est celui qui vit visiblement la mort. L'invocation . "Jésus, aie pitié !" est le point auquel Luc veut amener son lecteur : c'est la prière du Nom qui nous associe à Lui, dans Son propre cheminement, dans lequel nous sommes purifiés. Notre désir pour Lui est immédiatement satisfait par la rencontre avec Celui dont le nom est Jésus = "Dieu sauve", car "Il sauvera Son peuple de ses péchés. Notre invocation "Jésus, Seigneur, prends pitié de nous", dite "prière du cœur", Lui est adressée avec confiance.
Cette histoire, qui change constamment à chaque verset et contient une dixaine de verbes de mouvement, ne parle pas de la possibilité, mais de la réalité de l'impossible. Le salut, que personne ne peut atteindre, a déjà été donné aux tous les dix hommes : ils sont en effet sur le même chemin de Celui qui est venu pour chercher nous tous. Mais un seul pour le moment a la foi et rencontre le Sauveur. Celui-ci est responsable des neuf autres, afin qu'eux aussi soient guéris et qu'ils retournent vers le Seigneur faisant Eucharistie, en remerciant. Le salut n'est pas en fait la guérison de la lèpre, mais la rencontre avec le Seigneur qui nous a guéris. La soif n'est pas étanchée avec un verre d'eau, il faut trouver la source. Au don doit correspondre notre remerciement au donateur. Seul la relation avec Lui nous sauve : Ses dons sont des moyens simples de nous mettre en communion avec Lui ; seul l'Amour reconnu et accepté nous guérit de la mort intérieure, qui est la vraie lèpre. C'est pourquoi le salut se situe entre "déjà" et "pas encore". Déjà offert à tous, tous ne l'ont pas encore accepté. Neuf sur dix ne savent encore pas que leur vie a été condamnée à mort, ils vivent et meurent encore en la lèpre. Ils sont comme un oiseau dans une cage qui ne sait pas que la porte est ouverte. Le seul qui revient dans l'Eucharistie est envoyé pour annoncer la bonne nouvelle à tous. Les yeux des aveugles s'ouvrent et voient la lumière !... L'annonce conduit à la découverte et à l'acceptation du don. Le don n'est tel que lorsqu'il trouve les mains qui le prennent et le cœur qui s'en réjouit . C'est la première fois que Jésus est appelé par Son Nom. "Il n'y a pas d'autre salut, car il n'y a pas d'autre nom donné aux hommes sous le ciel dans lequel il est établi que nous pouvons être sauvés. (Act. 4.12). L'invocation nous unit à Lui, chemin qui mène au Père. Le salut est notre relation eucharistique avec Jésus. Ceux qui l'ont découvert sont responsables devant Lui de tous leurs frères et sœurs. Ils en deviennent annonceurs.
PREMIÈRE LECTURE
RispondiElimina« Naaman retourna chez l’homme de Dieu et déclara : Il n’y a pas d’autre Dieu que celui d’Israël » (2 R 5, 14-17)
Lecture du deuxième livre des Rois
En ces jours-là,
le général syrien Naaman, qui était lépreux,
descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois,
pour obéir à la parole d’Élisée, l’homme de Dieu ;
alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant :
il était purifié !
Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ;
il entra, se présenta devant lui et déclara :
« Désormais, je le sais :
il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël !
Je t’en prie, accepte un présent de ton serviteur. »
Mais Élisée répondit :
« Par la vie du Seigneur que je sers,
je n’accepterai rien. »
Naaman le pressa d’accepter, mais il refusa.
Naaman dit alors :
« Puisque c’est ainsi,
permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays
autant que deux mulets peuvent en transporter,
car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice
à d’autres dieux qu’au Seigneur Dieu d’Israël. »
– Parole du Seigneur.
PSAUME
(Ps 97 (98), 1, 2-3ab,3cd-4)
R/ Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations. (Ps 97, 2)
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s’est assuré la victoire.
Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.
La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !
DEUXIÈME LECTURE
« Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons » (2 Tm 2, 8-13)
Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée
Bien-aimé,
souviens-toi de Jésus Christ,
ressuscité d’entre les morts,
le descendant de David :
voilà mon évangile.
C’est pour lui que j’endure la souffrance,
jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur.
Mais on n’enchaîne pas la parole de Dieu !
C’est pourquoi je supporte tout
pour ceux que Dieu a choisis,
afin qu’ils obtiennent, eux aussi,
le salut qui est dans le Christ Jésus,
avec la gloire éternelle.
Voici une parole digne de foi :
Si nous sommes morts avec lui,
avec lui nous vivrons.
Si nous supportons l’épreuve,
avec lui nous régnerons.
Si nous le rejetons,
lui aussi nous rejettera.
Si nous manquons de foi,
lui reste fidèle à sa parole,
car il ne peut se rejeter lui-même.
– Parole du Seigneur.
ÉVANGILE
« Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » (Lc 17, 11-19)
Alléluia. Alléluia.
Rendez grâce à Dieu en toute circonstance :
c’est la volonté de Dieu à votre égard
dans le Christ Jésus.
Alléluia. (1 Th 5, 18)
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là,
Jésus, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent :
« Jésus, maître,
prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
– Acclamons la Parole de Dieu.
Les paroles des Papes
RispondiElimina« Dix lépreux vinrent à sa rencontre » (Lc 17, 12). Dans un autre passage de l’Évangile, il est dit que Jésus « toucha » (Lc 5, 13) le lépreux qui s’approchait de lui. Jésus se laisse donc rencontrer ; il est devenu notre prochain afin que nous puissions le rencontrer au seuil le plus tragique et le plus pénible de la souffrance. De la croix, il nous enseigne à chercher son visage dans les malades, à nous approcher de ceux qui souffrent là où ils vivent leur pauvreté. […] L’exemple du Christ doit nous encourager à persévérer dans notre engagement auprès des milieux sociaux encore insensibles ou impuissants face au drame de la lèpre. Nous ne devons pas abandonner si nos efforts semblent parfois infructueux ou si nous nous trouvons face à des environnements où la terreur du mal inspire des mesures défensives inhumaines, fruit d’aversions instinctives et irrationnelles envers les malades. Nous devons continuer à œuvrer pour que ces mêmes environnements, qui semblent les plus résistants, s’ouvrent aussi à l’espérance. Accueillons le cri adressé à Jésus par les lépreux eux-mêmes : « Jésus, Maître, prends pitié de nous » (Lc 17, 13). […] Le Seigneur a confié entre nos mains de nombreuses œuvres de charité, afin qu’à travers elles, nous devenions coresponsables de son dessein de salut.
(Saint Jean-Paul II – Homélie, 21 septembre 1986)
PAPE BENOÎT XVI
RispondiElimina10 octobre 2010
La Célébration eucharistique, action de grâce à Dieu par excellence, est marquée aujourd’hui pour nous, réunis auprès de la Tombe de Saint Pierre, par un motif extraordinaire: la grâce de voir réunis pour la première fois au sein d’une Assemblée synodale, autour de l’Evêque de Rome et Pasteur universel, les évêques de la région du Moyen-Orient. Cet événement si singulier démontre l’intérêt de l’Eglise tout entière pour la précieuse et bien-aimée portion du Peuple de Dieu qui vit en Terre Sainte et dans tout le Moyen-Orient.
Rendons grâce tout d’abord au Seigneur de l’histoire parce qu’Il a permis que, malgré des vicissitudes souvent difficiles et tourmentées, le Moyen-Orient voit toujours, depuis le temps de Jésus jusqu’à nos jours, la continuité de la présence des chrétiens. En ces terres, l’unique Eglise du Christ s’exprime dans la variété des traditions liturgiques, spirituelles, culturelles et disciplinaires des six vénérables Eglises orientales catholiques sui iuris, ainsi que dans la Tradition latine. Le salut fraternel que j’adresse avec une grande affection aux Patriarches de chacune d’entre elles, veut s’étendre en ce moment à tous les fidèles confiés à leur charge pastorale dans leurs pays respectifs ainsi qu’au sein de la diaspora.
En ce XXVIIIe Dimanche du temps per annum, la Parole de Dieu offre un thème de méditation qui se rapproche de manière significative de l’événement synodal que nous inaugurons aujourd’hui. La lecture continue de l’Evangile selon saint Luc nous conduit à l’épisode de la guérison des dix lépreux, dont un seul, un samaritain, revient sur ses pas pour remercier Jésus. En relation avec ce texte, la première lecture, extraite du Second Livre des Rois, raconte la guérison de Naamân, chef de l’armée araméenne, lui aussi lépreux, qui est guéri en s’immergeant par sept fois dans les eaux du Jourdain suivant l’ordre du prophète Elisée. Naamân retourne lui aussi auprès du prophète et, reconnaissant en lui le médiateur de Dieu, professe la foi en l’unique Seigneur. Nous nous trouvons donc face à deux malades de la lèpre, deux non juifs, qui guérissent parce qu’ils croient à la parole de l’envoyé de Dieu. Ils guérissent dans leur corps, mais s’ouvrent à la foi, et celle-ci les guérit dans leur âme, c’est-à-dire qu’elle les sauve.
Le Psaume responsorial chante cette réalité: «Yahvé a fait connaître son salut, aux yeux des païens révélé sa justice, se rappelant son amour et sa fidélité pour la maison d'Israël» (Ps 98, 2-3). Voici alors le thème: le salut est universel, mais il passe par une médiation déterminée, historique: la médiation du peuple d’Israël qui devient ensuite celle de Jésus Christ et de l’Eglise. La porte de la vie est ouverte pour tous, mais il s’agit bien d’une «porte», c’est-à-dire d’un passage défini et nécessaire. C’est ce qu’affirme de manière synthétique la formule paulinienne que nous avons écoutée dans la Seconde Lettre à Timothée: «Le salut qui est dans le Christ Jésus» (2 Tm 2, 10). C’est le mystère de l’universalité du salut et, en même temps, de son lien nécessaire avec la médiation historique de Jésus Christ, précédée par celle du peuple d’Israël et prolongée par celle de l’Eglise. Dieu est amour et veut que tous les hommes participent de Sa vie. Pour réaliser ce dessein, Lui qui est Un et Trine, crée dans le monde un mystère de communion humain et divin, historique et transcendant: Il le crée à travers la «méthode» pour ainsi dire — de l’alliance, se liant d’un amour fidèle et inépuisable aux hommes, se formant un peuple saint qui devienne une bénédiction pour toutes les familles de la terre (cf. Gn 12, 3). Ainsi, il se révèle comme le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob (cf. Ex 3, 6) qui veut conduire son peuple à la «terre» de la liberté et de la paix. Cette «terre» n’est pas de ce monde; tout le dessein divin dépasse l’histoire, mais le Seigneur veut le construire avec les hommes, pour les hommes et dans les hommes, à partir des critères d’espace et de temps dans lesquels ils vivent et que Lui-même a donnés.
--->Ce que nous appelons «le Moyen-Orient» fait partie, avec sa propre spécificité, de tels critères. Cette région du monde, Dieu la voit aussi dans une perspective différente, nous pourrions dire «d’en haut»: c’est la terre d’Abraham, d’Isaac et de Jacob; la terre de l’exode et du retour de l’exil; la terre du temple et des prophètes; la terre dans laquelle le Fils Unique est né de Marie, où il a vécu, est mort et est ressuscité; le berceau de l’Eglise, constituée afin d’apporter l’Evangile du Christ jusqu’aux frontières du monde. Et nous aussi, en tant que croyants, nous regardons vers le Moyen-Orient avec ce même regard, dans la perspective de l’histoire du salut. C’est cette optique intérieure qui m’a guidé dans les voyages apostoliques en Turquie, en Terre Sainte — Jordanie, Israël, Palestine — et à Chypre, où j’ai pu connaître de près les joies et les préoccupations des communautés chrétiennes. C’est aussi pour cela que j’ai accueilli volontiers la proposition des Patriarches et des Evêques de convoquer une Assemblée synodale afin de réfléchir ensemble, à la lumière de l’Ecriture Sainte et de la Tradition de l’Eglise, sur le présent et sur l’avenir des fidèles et des populations du Moyen-Orient.
EliminaRegarder cette partie du monde dans la perspective de Dieu signifie reconnaître en elle «le berceau» d’un dessein universel de salut dans l’amour, un mystère de communion qui se réalise dans la liberté et demande par conséquent aux hommes une réponse. Abraham, les prophètes, la Vierge Marie sont les protagonistes de cette réponse qui a toutefois son accomplissement en Jésus Christ, fils de cette même terre, mais descendu du Ciel. De Lui, de son Cœur et de son Esprit, est née l’Eglise, qui est pèlerine en ce monde, mais lui appartient pourtant. L’Eglise est constituée pour être, au milieu des hommes, signe et instrument de l’unique et universel projet salvifique de Dieu; elle accomplit cette mission en étant simplement elle-même, c’est-à-dire «communion et témoignage», comme le rappelle le thème de l’Assemblée synodale qui s’ouvre aujourd’hui et qui fait référence à la célèbre définition de Luc de la première communauté chrétienne: «La multitude de ceux qui étaient croyants avait un seul cœur et une seule âme» (Ac 4,32). Sans communion, il ne peut pas y avoir de témoignage: le grand témoignage est précisément la vie de la communion. Jésus le dit clairement: «A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples: si vous avez de l'amour les uns pour les autres» (Jn 13, 35). Cette communion est la vie même de Dieu qui se communique dans l’Esprit Saint, par Jésus Christ. Il s’agit donc d’un don, et non de quelque chose que nous devons avant tout construire nous-mêmes avec nos propres forces. Et c’est précisément pour cela qu’elle interpelle notre liberté et attend notre réponse: la communion requiert toujours la conversion, comme un don qui réclame d’être toujours mieux accueilli et réalisé. Les premiers chrétiens, à Jérusalem, étaient peu nombreux. Personne n’aurait pu imaginer ce qui s’est réalisé par la suite. Et l’Eglise vit toujours de cette même force qui l’a fait partir puis croître. La Pentecôte est l’événement originaire, mais est aussi un dynamisme permanent, et le Synode des Evêques est un moment privilégié dans lequel peut se renouveler, dans le chemin de l’Eglise, la grâce de la Pentecôte, afin que la Bonne Nouvelle soit annoncée avec franchise et puisse être accueillie par toutes les foules.
PAPE FRANÇOIS 9 octobre 2022
RispondiEliminaAlors que Jésus est en chemin, dix lépreux viennent à sa rencontre en criant : "Aie pitié de nous" (Lc 17, 13). Les dix sont guéris, mais un seul d'entre eux revient pour remercier Jésus : c'est un Samaritain, une sorte d'hérétique pour les juifs. Au début, ils marchent ensemble, mais ensuite ce Samaritain fait la différence lorsqu’il revient « en louant Dieu à haute voix » (v. 15). Arrêtons-nous sur ces deux aspects que nous pouvons recueillir dans l'Évangile d'aujourd'hui : marcher ensemble et rendre grâce.
Tout d'abord, marcher ensemble. Au début du récit, il n'y a aucune différence entre le Samaritain et les neuf autres. On parle simplement de dix lépreux, qui font groupe et, sans division, vont à la rencontre de Jésus. La lèpre, comme nous le savons, n'était pas seulement un fléau physique – qu'aujourd'hui encore nous devons nous efforcer d'éradiquer – mais aussi une "maladie sociale", car à l'époque, par peur de la contamination, les lépreux devaient rester en dehors de la communauté (cf. Lv 13, 46). Par conséquent, ils ne pouvaient pas entrer dans les centres habités, ils étaient tenus à l'écart, relégués en marge de la vie sociale et même religieuse, isolés. Marchant ensemble, ces lépreux expriment leur désarroi contre une société qui les exclut. Et notons bien : le Samaritain, même s'il est considéré comme un hérétique, un "étranger", fait groupe avec les autres. Frères et sœurs, la maladie et la fragilité communes font tomber les barrières et dépasser toute exclusion.
C'est une belle image pour nous aussi : si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous nous rappelons que nous sommes tous malades dans le cœur, que nous sommes tous pécheurs, tous dans le besoin de la miséricorde du Père. Et nous cessons alors de nous diviser sur la base des mérites, des rôles que nous jouons ou de tout autre aspect extérieur de la vie, et les murs intérieurs tombent, les préjugés tombent. Alors, enfin, nous nous redécouvrons frères. Naaman le syrien aussi – nous le rappelle la première Lecture – bien que riche et puissant, a dû, pour être guéri, faire une chose simple : se plonger dans le fleuve dans lequel tous les autres se baignaient. Il a dû d'abord enlever son armure, ses vêtements (cf. 2 R 5) : comme il est bon pour nous d'enlever nos armures extérieures, nos barrières défensives, et prendre un bon bain d'humilité, en nous rappelant que nous sommes tous fragiles à l'intérieur, que nous avons tous besoin de guérison, tous frères.
--->Rappelons-nous ceci : la foi chrétienne nous demande toujours de marcher ensemble avec les autres, jamais d’être des marcheurs solitaires ; elle nous invite toujours à sortir de nous-mêmes vers Dieu et vers nos frères et sœurs, jamais de nous refermer sur nous-mêmes ; elle nous demande toujours de reconnaître que nous avons besoin de guérison et de pardon, et de partager les fragilités de ceux qui nous entourent, sans nous sentir supérieurs.
EliminaFrères et sœurs, vérifions si dans notre vie, dans nos familles, dans les lieux où nous travaillons et que nous fréquentons chaque jour, nous sommes capables de marcher ensemble avec les autres, nous sommes capables d'écouter, de surmonter la tentation de nous barricader dans notre autoréférence et de ne penser qu'à nos besoins. Mais marcher ensemble – c'est-à-dire être "synodal" – c’est aussi la vocation de l'Église. Demandons-nous dans quelle mesure nous sommes réellement des communautés ouvertes et inclusives envers tout le monde ; si nous sommes capables de travailler ensemble, prêtres et laïcs, au service de l'Évangile ; si nous avons une attitude d'accueil – non seulement avec des mots mais avec des gestes concrets – envers ceux qui sont loin et envers tous ceux qui s'approchent de nous, ne se sentant pas à la hauteur à cause de leurs parcours de vie mouvementés. Les faisons-nous sentir qu'ils font partie de la communauté ou bien les excluons-nous ? J'ai peur quand je vois des communautés chrétiennes diviser le monde entre les bons et les mauvais, entre les saints et les pécheurs : c’est ainsi qu’on finit par se sentir meilleurs que les autres et écarter nombre de ceux que Dieu veut embrasser. S’il vous plait, toujours inclure, dans l'Église comme dans la société, encore marquée par tant d'inégalités et de marginalisations. Inclure tout le monde. Et aujourd’hui, le jour où Scalabrini devient saint, je voudrais penser aux migrants. L’exclusion des migrants est scandaleuse ! En fait, l’exclusion des migrants est criminelle, elle les fait mourir devant nous. Et ainsi, aujourd’hui nous avons la Méditerranée qui est le plus grand cimetière du monde. L’exclusion des migrants est dégoûtante, elle est immorale, elle est criminelle. Ne pas ouvrir les portes à ceux qui sont dans le besoin. “Non, nous ne les excluons pas, nous les renvoyons” : dans les camps, où ils sont exploités et vendus comme esclaves. Frères et sœurs, aujourd’hui, pensons à nos migrants, à ceux qui meurent. Et ceux qui sont capables d’entrer, les recevons-nous comme des frères ou les exploitons-nous? Je laisse la question, seulement.
Le deuxième aspect est l’action de grâce. Dans le groupe des dix lépreux, il n'y en a qu'un seul qui, se voyant guéri, retourne louer Dieu et montrer de la gratitude à Jésus. Les neuf autres sont guéris, mais partent ensuite chacun de son côté, oubliant Celui qui les a guéris. Oublier les grâces que Dieu nous donne. Le Samaritain, en revanche, fait du don qu'il a reçu le début d'un nouveau chemin : il retourne vers Celui qui l'a guéri, il va pour connaître Jésus de près, il commence une relation avec Lui. Son attitude de gratitude n'est donc pas un simple geste de courtoisie, mais le début d'un parcours de reconnaissance : il se prosterne aux pieds du Christ (cf. Lc 17, 16), c'est-à-dire qu'il fait un geste d'adoration ; il reconnaît que Jésus est le Seigneur, et qu'Il est plus important que la guérison reçue.
FAUSTI- Le voyage de Jésus à Jérusalem décrit l'itinéraire spirituel du disciple.
RispondiEliminaCommence alors la troisième et dernière étape, qui mène à Jéricho, porte de la terre promise.
Mais qui a mains innocentes et cœur pur pour escalader la montagne du Seigneur ?
Seul le Juste a la force de faire le saint chemin. (Ps 84, 6). Pour nous, c'est infranchissable !
Mais Sa miséricorde nous ordonne, pécheurs et fugitifs, d'aller à Jérusalem ; Sa Parole nous envoie faire ce qui nous est interdit.
Lui, le seul pèlerin qui monte là-haut, nous le permet : c'est le Samaritain qui vient à notre rencontre, exilés de Son Visage et exclus de Sa Gloire, pour prendre en charge notre maladie.
Sa Miséricorde l'a blessé de notre lèpre et nous guérit par Ses blessures (Is 53,5).
Tous les hommes ont péché et sont dévorés par la mort, impurs et exclus.
Le lépreux est une personne contaminée qui contamine.... Seul Dieu peut le guérir, avec un miracle semblable à la résurrection. Il est celui qui vit visiblement la mort.
L'invocation . "Jésus, aie pitié !" est le point auquel Luc veut amener son lecteur : c'est la prière du Nom qui nous associe à Lui, dans Son propre cheminement, dans lequel nous sommes purifiés.
Notre désir pour Lui est immédiatement satisfait par la rencontre avec Celui dont le nom est Jésus = "Dieu sauve", car "Il sauvera Son peuple de ses péchés.
Notre invocation "Jésus, Seigneur, prends pitié de nous", dite "prière du cœur", Lui est adressée avec confiance.
Cette histoire, qui change constamment à chaque verset et contient une dixaine de verbes de mouvement, ne parle pas de la possibilité, mais de la réalité de l'impossible.
Le salut, que personne ne peut atteindre, a déjà été donné aux tous les dix hommes : ils sont en effet sur le même chemin de Celui qui est venu pour chercher nous tous.
Mais un seul pour le moment a la foi et rencontre le Sauveur.
Celui-ci est responsable des neuf autres, afin qu'eux aussi soient guéris et qu'ils retournent vers le Seigneur faisant Eucharistie, en remerciant.
Le salut n'est pas en fait la guérison de la lèpre, mais la rencontre avec le Seigneur qui nous a guéris.
La soif n'est pas étanchée avec un verre d'eau, il faut trouver la source.
Au don doit correspondre notre remerciement au donateur. Seul la relation avec Lui nous sauve : Ses dons sont des moyens simples de nous mettre en communion avec Lui ; seul l'Amour reconnu et accepté nous guérit de la mort intérieure, qui est la vraie lèpre.
C'est pourquoi le salut se situe entre "déjà" et "pas encore".
Déjà offert à tous, tous ne l'ont pas encore accepté. Neuf sur dix ne savent encore pas que leur vie a été condamnée à mort, ils vivent et meurent encore en la lèpre.
Ils sont comme un oiseau dans une cage qui ne sait pas que la porte est ouverte.
Le seul qui revient dans l'Eucharistie est envoyé pour annoncer la bonne nouvelle à tous. Les yeux des aveugles s'ouvrent et voient la lumière !... L'annonce conduit à la découverte et à l'acceptation du don.
Le don n'est tel que lorsqu'il trouve les mains qui le prennent et le cœur qui s'en réjouit .
C'est la première fois que Jésus est appelé par Son Nom.
"Il n'y a pas d'autre salut, car il n'y a pas d'autre nom donné aux hommes sous le ciel dans lequel il est établi que nous pouvons être sauvés.
(Act. 4.12). L'invocation nous unit à Lui, chemin qui mène au Père.
Le salut est notre relation eucharistique avec Jésus. Ceux qui l'ont découvert sont responsables devant Lui de tous leurs frères et sœurs.
Ils en deviennent annonceurs.